Deep Work : Se transformer en machine de productivité

Nous évoluons dans un environnement où l’attention est le graal. Des milliards d’euros sont dépensés chaque années pour placer un produit devant nos yeux. Télévision, affichage, bannières en ligne, vidéos sur youtube ou encore influenceurs sur les réseaux sociaux… Il devient de plus en plus difficile de ne pas être interrompu dans une activité. Les distractions rythment notre quotidien…

Alors comment rester concentré pour accomplir nos objectifs ? Comment rester focus pour produire un travail de qualité ? Dans le cadre de mon challenge 2B1M, j’ai lu le livre Deep Work de Cal Newport. Après 10 ans de recherches et d’expérimentations, Newport nous livre les secrets et méthodes de sa productivité supérieure à la norme.

Dans son livre, il oppose deux termes :

  • Le Shallow Work : Tâches de type logistique, non exigeantes sur le plan cognitif, souvent exécutées en étant distrait. Ces efforts ont tendance à ne pas créer beaucoup de valeur dans le monde et sont faciles à reproduire.
  • Le Deep Work : Des activités professionnelles effectuées dans un état de concentration sans distraction qui poussent nos capacités cognitives à leur limite. Ces efforts créent une nouvelle valeur, améliorent nos compétences et sont difficiles à reproduire.

La capacité à effectuer un travail en profondeur devient de plus en plus rare au même moment où elle devient de plus en plus précieuse dans notre économie. Newport surnomme le Deep Work, “le super pouvoir du 21ème siècle”. Alors comment développer ce super pouvoir ?

1. Travailler profondément

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La clé pour développer une habitude de travail profonde est d’aller au-delà de nos bonnes intentions et d’ajouter des routines à notre vie professionnelle. L’objectif est de minimiser la friction nécessaire pour passer à un état de concentration ininterrompue. Cela peut être en définissant une heure et en déterminant un emplacement spécifique pour tous nos travaux approfondis.

Voici les points essentiels pour tirer le meilleur parti des sessions de travail approfondies :

  • Décidez où vous allez travailler et pour combien de temps. Créer une zone où vous pouvez vous permettre de vous concentrer.
  • Décidez comment vous travaillerez une fois que vous commencerez à travailler, quels sont vos processus ?
  • Comment allez-vous soutenir votre travail ? Avez-vous besoin d’être alimenté de manière adéquate avant de commencer ? Ou d’effectuer un exercice léger ?

Cal Newport propose 4 approches pour expérimenter le Deep Work :

  1. L’approche monastique : Cela signifie se fermer complètement, par exemple en se déplaçant dans une cabane dans les bois pour écrire un roman et ne pas revenir avant de l’avoir terminé.
  2. L’approche bimodale : Cela donne la priorité au travail en profondeur par-dessus tout. Vous pouvez définir un bloc de 4 à 6 heures chaque jour pour un travail approfondi, par exemple, où vous vous enfermez dans votre bureau, comme dans l’approche monastique. Cependant, une fois ce bloc terminé, vous êtes libre de faire toutes sortes d’autres tâches moins importantes.
  3. L’approche rythmique : Cela réduit votre travail en blocs de temps, similaire à la technique Pomodoro, et utilise un calendrier pour suivre vos progrès. Par exemple, vous pouvez planifier votre semaine à l’avance et prévoir 10 blocs de 90 minutes sur votre calendrier.
  4. L’approche journalistique : Si vous avez une routine quotidienne chargée, cela fonctionne bien. Ce que vous faites, c’est simplement consacrer du temps libre inattendu à un travail approfondi. Cependant la transition peut s’avérer difficile.

Dans n’importe quelle approche, il est primordial de mettre en place des temps d’arrêt. Cela permet de laisser le temps à ses idées de murir mais surtout de recharger l’énergie nécessaire pour travailler en profondeur. Chaque jour, nous avons une capacité limitée pour le travail approfondi. Se déconnecter à 100% le soir permet une régénération parfaite de notre potentiel de travail.

2. Embrasser l’ennui

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Aujourd’hui nos cerveaux sont formatés pour attendre et demander de la distraction. Nous regardons nos smartphones à tout moment d’ennui potentiel, que ce soit dans une file d’attente ou lorsqu’un ami va aux toilettes du restaurant. Cela signifie que nos cerveaux sont habitués à rechercher la distraction, il n’y a plus d’espace pour un travail en profondeur.

Il faut donc réorganiser notre schéma de pensée via l’organisation de nos semaines en définissant des temps de travail profond plutôt que des temps de distraction.

“Pour réussir un travail en profondeur, vous devez formater votre cerveau pour qu’il soit capable de resister à des stimuli distrayants.”

Une façon de lutter contre cela est de pratiquer une méditation productive.

Le but de la méditation productive est de prendre une période pendant laquelle nous sommes occupés physiquement, mais pas mentalement, à marcher, à faire du jogging, à conduire, à se doucher, et à nous concentrer sur un seul problème professionnel bien défini.

La clé est de se rappeler la problématique de manière répétée et de le faire chaque fois que notre esprit erre. Cette pratique demande un entrainement régulier afin d’éviter de se perdre rapidement dans de nouvelles pensées sans rapport. Lorsque vous remarquez que votre attention s’éloigne du problème, rappelez-vous doucement que vous pouvez y revenir plus tard, puis redirigez votre attention.

Il est nécessaire de donner du temps à notre cerveau pour accéder à cette pratique. Il s’agit alors d’éviter de se ruer sur son smartphone à la moindre occasion.

3. Quitter les réseaux sociaux

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Lorsque nous passons d’une tâche A à une tâche B, notre attention ne suit pas immédiatement. Un résidu de notre attention reste bloqué en pensant à la tâche originale. Même si nous terminons la tâche A avant de continuer, notre attention reste divisée pendant un moment.

Pour produire à notre meilleur niveau, nous devons travailler pendant de longues périodes en nous concentrant sur une seule tâche sans distraction. Pour cela, il est important d’éviter de succomber au régulier scroll des réseaux sociaux, l’ouverture d’une notification ou encore le check de nos emails.

Internet fait partie intégrante de nos vies et il est donc difficile que nous arrêtions complètement de l’utiliser. Newport propose l’expérimentation de quitter les réseaux sociaux pendant seulement 30 jours, puis d’en tirer des conclusions : Les jours sans réseaux sociaux étaient-ils pires que les jours où vous pouviez consulter votre feed Instagram ? Quelqu’un a-t-il remarqué votre absence ? Cela a t-il eu un impact négatif sur vos objectifs ?

Si vous voulez éliminer l’attraction des sites de divertissement de votre temps et de votre attention, donnez à votre cerveau une alternative de qualité. Non seulement cela préservera votre capacité à résister à la distraction mais cela développera votre concentration. La lecture est une des meilleures alternatives.

J’ai pour ma part supprimé toutes les notifications de mon smartphone depuis 2 mois. J’ai immédiatement ressenti la différence. Certes je ne suis pas aussi réactif, mais je me sens plus libre et détendu.

4. Réduire le Shallow Work

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“Traitez le travail superficiel avec méfiance car ses dommages sont souvent largement sous-estimés et son importance largement surestimée. Ce type de travail est inévitable. Mais vous devez le limiter à un point où cela ne vous empêchera pas de tirer pleinement parti des efforts plus profonds qui détermineront votre impact.“

Newport suggère la planification de nos journées de A à Z. Avoir une journée structurée signifie avoir un calendrier complet, tout en restant ouvert pour adapter nos plans selon les besoins. Cette structure réduit les occasions de nous lancer dans un «travail superficiel». Si nous avons un planning trop flexible et non structuré, nous pouvons vite nous retrouver sur les réseaux sociaux, à effectuer des tâches improductives ou à nous perdre sur le Web sans réfléchir avant de commencer de nouvelles tâches.

En instaurant une structure, nous nous assurons de planifier des temps pour réfléchir à de nouvelles idées ou encore travailler en profondeur sur un sujet difficile. Ce type d’engagement est le plus susceptible de créer l’innovation.

L’approche plus structurée permet de représenter visuellement combien de temps nous travaillons avec profondeur et combien de temps nous consacrons à des activités moins impactantes. Il suffit alors d’évaluer le ratio et de l’ajuster de manière à ce que la majorité du temps de la journée se concentre sur le travail en profondeur.

En résumé, si vous souhaitez développer votre productivité, il faudra élaborer une routine structurée dans un environnement de travail sain privé de toute distraction. Comme toute nouvelle compétence, cela demandera beaucoup d’entrainement et de persévérance, mais le jeu en vaut la chandelle.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour me donner vos avis sur cet article ou me partager la partie qui vous a le plus intéréssé.

De mon côté je vais reprendre mon challenge avec une nouvelle lecture : Essentialism de Greg Mc Keown.

Je partage mes avancées sur mon compte Instagram @pierreglbd

A bientôt pour le résumé :)