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Homo Deus : 9 questions sur l’histoire du bonheur et de son futur

Voici pourquoi le bonheur est l’un des sujets les plus importants de l’humanité

Onur Karapinar
Jul 24, 2017 · 6 min read

Temps de lecture estimée : 4–5 minutes

L’historien Yuval Noah Harari est l’auteur de deux ouvrages fascinants au sujet de l’humanité. Le premier, Sapiens, est un best-seller traduit dans plus de 40 langues qui retrace brillamment l’histoire de notre évolution, de la savane africaine jusqu’aux politiques internationales.

Son dernier ouvrage, Homo Deus : une brève histoire de l’avenir, interroge son avenir. Harari raconte l’histoire des capacités acquises par les humains (Homo Sapiens) jusqu’à son évolution comme espèce dominante dans le monde.

Un bref résumé de l’histoire de l’avenir

  • Les organismes sont des algorithmes. Le jour où les données deviendront le paradigme qui animeront l’économie et la politique, alors Homo Sapiens cessera d’être l’espèce dominante sur Terre. Elle verrait son autorité transférée à des algorithmes qui peuvent comprendre, traiter, et gérer des données bien mieux que n’importe quel humain.
  • Les humains vivent dans une réalité intersubjective. De nombreuses fictions, bâties par nécessité d’unification, n’existent que dans notre imaginaire (religion, argent, droits de l’homme, entreprises, nations), nous donnant ainsi la capacité de collaborer en très grand nombre.
  • Donner du sens à ses actions et à ses pensées est ce qui a permis à l’humanité de réaliser ses nombreuses réalisations. La révolution scientifique opérée depuis 500 ans a apporté des changements qui ont globalement amélioré les conditions de vie de tous.
  • L’humanisme est une forme de religion qui vénère l’humanité au lieu de Dieu. Elle érige comme priorité absolue l’assouvissement des moindres désirs de l’humanité (individualisme).
  • Après avoir pratiquement résolu, au cours du 21e siècle, les trois plus grands fléaux de l’humanité (épidémie, famine et guerre), Harari croit que l’humanisme peut pousser les humains à rechercher l’immortalité, le bonheur et le pouvoir d’un Dieu.
  • Les développements technologiques menacent la capacité continue des humains à donner du sens à leur vie. Harari prophétise le remplacement de l’Homo Sapiens par un surhomme, ou « Homo Deus » (Homme Dieu) doté de capacités surnaturelles telles que la vie éternelle.

Homo Deus sera disponible en France, le 6 septembre prochain.

Harari a accordé de nombreux entretiens pour faire la promotion de son livre et partager ses thèses. Je vous propose de découvrir le contenu d’un entretien où il répond à propos du bonheur. Un sujet essentiel.


Est-ce l’évolution nous a conçu pour être heureux ?

Harari : L’évolution n’en a que faire du bonheur et de la souffrance. Elle ne pense qu’à la survie et à la reproduction. Les ficelles du bonheur et de la souffrance sont tirées par nos gènes pour nous pousser à la survie et à la reproduction.

Est-ce que la révolution agricole nous a rendu plus heureux ?

Harari : Ça dépend de qui nous sommes. Elle a rendu heureuse une petite élite de rois, de philosophes et de prêtres, mais pour la plus grande majorité de la population, les conditions de vie se sont aggravées. La vie d’un paysan moyen en Égypte ancienne était plus difficile que celle d’un chasseur-cueilleur 10 000 ans plus tôt.

Est-ce que la révolution industrielle (réfrigérateurs, voitures, téléphone, modernité), nous a rendu plus heureux ?

Harari : Ça dépend pour qui. En général, cela a été plus au bénéfice de la personne moyenne. Pour la première fois dans l’Histoire, il y a plus de personnes qui vivent sans craindre la famine, qui ne sont plus exposés à des fléaux épidémiques et qui sont à l’abri de la guerre et de violences à grande échelle. Dans ce sens, la révolution industrielle a bénéficié à une vaste majorité de l’humanité.

Quelle est la relation entre le produit intérieur brut d’un pays et le bonheur de ses citoyens ?

Harari : Jusqu’à un certain point, il y a une bonne corrélation. Mais une fois que vous atteignez un certain niveau de richesse du PIB moyen par personne, cela devient bien moins important. En outre, accroître la richesse d’un pays ou de personnes ne les rendent pas plus heureux.

Savons-nous réellement ce qui nous rend heureux ?

Harari : Non. Absolument pas. Après des milliers d’années de recherches et d’expérimentations ; l’humanité semble être ignorante des réelles sources de bonheur et de souffrance comme c’était le cas il y a 40 000 ans.

D’ici 100 ans, les humains comme vous et moi disparaîtront et la Terre sera peuplée par une forme de vie très différente, des cyborgs et des intelligences artificielles. Il est très difficile de prédire ce que de telles entités auraient comme genres d’émotions ou d’état esprit.

Le bonheur est-il surestimé ?

Harari : Non, je pense qu’il est sous-estimé et mal compris. Le bonheur est bien trop souvent assimilé au plaisir, et dès lors que vous intégrez le bonheur avec le plaisir, alors il y a un bon sens pour l’assumer.

Pourquoi avoir tant de problèmes dans la vie juste pour avoir quelques moments de plaisirs fugaces ? Si vous assimilez le bonheur avec le plaisir, alors ça n’est pas si important. Mais je pense que le bonheur est bien plus profond que le plaisir.

Pour les bouddhistes, toute souffrance provient du désir. Est-ce que le désir pour le bonheur crée ironiquement l’effet opposé, le malheur ?

Harari : Si vous ne faites que rêver à ce que vous désirez et que vous ne comprenez pas comment y parvenir, alors oui. Tout désire qui n’est pas assouvi est une profonde source d’insatisfaction.

Peu d’historiens écrivent au sujet du bonheur, mais vous le faites. Comment en êtes-vous arrivé à là ?

Harari : J’estime que c’est le sujet le plus important dans l’Histoire. Je considère que, lorsque vous en venez à évaluer les événements historiques, le but ultime pour moi est de savoir s’ils ont rendu les personnes plus heureuses ou plus misérables qu’auparavant.

Autrement, je ne vois pas d’autres manières dans lesquelles vous pouvez évaluer ou juger si les événements étaient bénéfiques ou non. Et si vous ne comprenez pas ce qu’est le bonheur ou ce qu’est la souffrance, alors vous n’avez pas vraiment de possibilité pour évaluer correctement les récurrences historiques.

Quelle est la seule chose qui vous rend le plus heureux ?

Harari : Comprendre la vérité. Je pense que c’est la vraie clé du bonheur est de comprendre la vérité à propos de soi et de la réalité. Quelqu’un qui sait qui il est et ce qu’est ma position et ce qu’est ma réalité, une telle personne est, je pense, réellement heureuse, ou du moins, sur le chemin pour être libéré de la souffrance et de la misère.


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