Homo Deus : Pourquoi l’humain risque de ne plus être l’espèce dominante dans le futur

Ceci n’est pas de la science-fiction, mais arrive dans les décennies à venir

Temps de lecture estimé : 15 minutes

Après l’excellent Sapiens qui nous racontait une brève histoire de l’humanité, l’historien Yuval Noah Harari nous propose avec Homo Deus d’explorer l’avenir de l’humanité dans le siècle à avenir.

En faisant l’examen de l’humanisme, il révèle également comment la science et la technologie finiront par rendre les humains subordonnés aux algorithmes informatiques.

L’ouvrage est tellement enrichissant que j’ai décidé de vous présenter l’essentiel des idées en trois parties distinctes : le passé, le présent et le futur.

Homo Deus n’est pas un livre de prophéties sur le futur, mais un essai sur différentes possibilités qui pourraient arriver et amorcer la chute de l’humanité.

Personne ne saura ce qui pourra advenir dans les prochaines décennies, mais nous avons de nombreux indices qui indiquent l’avènement de nouvelles technologies dont le bouleversement serait sans précédent.

Tout ce que vous vous apprêtez à lire est à prendre avec beaucoup de recul.


Partie I : Comment l’Homo Sapiens a conquis le monde

Depuis quelques millions d’années, l’humanité a pris le contrôle de tous les écosystèmes à tel point que notre époque est appelée Anthropocène, l’ère géologique où l’humanité a une force capable de changer la surface de la planète.

Qu’est-ce qui nous a rendus si puissants ?

Premièrement, la capacité à coopérer entre nous de façon flexible et en grand nombre. Les fictions nous ont permis de collaborer à très grande échelle, de mettre en place des mécanismes de confiance et de partager des valeurs communes. Nous avons créé des fictions élaborées pour nous-mêmes : les religions, les nations, les sociétés, les croisades et l’argent.

L’autre raison pour justifier cette domination se trouve dans les liens intersubjectifs, soit tout ce qui lie les humains ; des histoires que nous nous racontons et qui nous motivent à agir comme l’argent, le patriotisme, la mode, etc.

Depuis la révolution Scientifique amorcée depuis 500 ans, la science a progressivement supplanté la religion en apportant des évolutions majeures dans de nombreux domaines. La médecine moderne a pratiquement doublé notre espérance de vie et réduit drastiquement la mortalité infantile.

D’après Harari, les trois plus grands fléaux de l’humanité que sont les guerres, les famines et les épidémies sont pratiquement résolues. Si des gens ont faim, c’est avant tout un problème politique et non technique.

La grande caractéristique de l’Homo Sapiens n’est pas tant son intelligence ou sa conscience individuelle, mais repose davantage sur sa caractéristique de groupe, sa capacité à se coordonner et à bâtir des narratifs pour se battre afin de contrôler le monde.

C’est cette puissance qui permet aujourd’hui à Sapiens de fabriquer des robots, de manipuler l’ADN et d’inventer la prochaine race humaine : Homo Deus (Homme Dieu).

Serions-nous les seuls à avoir une conscience ?

D’un point de vue neurologique, la conscience est ce qui émerge de l’activité cérébrale de notre cerveau. On se retrouve avec deux problèmes. Où se loge cette fameuse conscience ? Sachant qu’on ne l’a jamais trouvée à ce jour.

Les neurosciences observent notre cerveau, ce qu’on appelle l’activité de notre esprit ne se distingue en rien de l’activité du cerveau. Les chercheurs n’observent que des impulsions électriques entre des synapses. L’activité de l’esprit se résume à l’activité du cerveau. L’esprit se confond avec la matière.

D’où le deuxième problème qui se pose, serions-nous des algorithmes ? Soit des machines biologiques qui suivent un ensemble d’étapes précises qui aboutissent automatiquement à un résultat ou une pensée.

Si on utilise la métaphore de l’ordinateur pour expliquer le cerveau alors nous ne serions que des ordinateurs biologiques qui traitent des informations, des impulsions électriques entre des synapses, pour être réduits à un calcul binaire. Par conséquent, notre esprit ne serait qu’un algorithme que nous déchiffrerons un jour.

C’est ce genre de réflexions qui nourrissent l’émergence de l’intelligence artificielle. Les IA d’aujourd’hui sont capables de reconnaître des chats, des feux rouges, parce qu’on leur a donné beaucoup images. Ce modèle est appelé deep learning (apprentissage profond) et sert les ordinateurs actuellement.

Ironiquement, si nous sommes justes des circuits qui nous envoyant des flux électriques, alors l’IA serait aussi peut-être un cerveau auquel on pourrait lui attribuer une conscience.

Quand on va dans cette direction de l’infiniment petit, on ne trouve pas la réponse à cette question : pourquoi l’Homo Sapiens est le meilleur ?

Il faut voir cela au niveau macro.


Partie II : Comment l’Homo Sapiens donne du sens au monde

Les découvertes scientifiques qui sapent les fondements du libéralisme

Pas d’âme, pas de conscience, pas de libre arbitre non plus. La science du XXe siècle sape des libertés individuelles et les idées qui les sous-tendent : celle du libre arbitre.

Qu’est-ce que le libre arbitre ?

C’est le pouvoir, la faculté d’être à l’origine de ses actes et de ses choix. C’est avoir le contrôle de ses pensées et savoir qu’il n’y a que moi qui puisse me connaître suffisamment pour savoir tout ce que je veux.

Tout notre système libéral est basé sur cette idée, nos droits, notre liberté, nos responsabilités présument qu’on est doté du libre arbitre.

Or la science a démontré que le libre arbitre n’existe pas malheureusement. Nos capacités à choisir ne sont pas libres.

D’après Harari, tout ce qu’on choisit découlerait d’une chaine de réaction électrochimique dans notre cerveau, de l’activité de nos neurones. Nos décisions sont, soit déterminées par notre biologie ou alors cela est le fruit du hasard, mais cela n’émane ni de notre âme ni de notre conscience.

La théorie de l’évolution contredit elle-même cette notion de libre arbitre, car elle veut que nous soyons le produit de nos gènes et non de nos désirs. Nous sommes programmés pour la survie sociale et la reproduction, pas pour regarder nos smartphones ou jouer ses économies au casino.

À plusieurs reprises, des chercheurs ont démontré qu’ils étaient capables, en surveillant l’activité du cerveau, de prédire le choix des individus avant même qu’ils ne soient conscients de leurs choix.

En suivant cette logique, des forces extérieures peuvent influencer l’activité de nos neurones. La stimulation transcranienne à courant directe est une technique qui consiste à stimuler le cerveau en appliquant un faible courant électrique à l’aide d’électrodes posées sur le cuir chevelu.

Cette méthode est étudiée à toutes les sauces, certains prétendent qu’elles pourraient tout soulager (dépression, Alzheimer, schizophrénie, autisme) être utilisé pour voir ses effets sur le stress post-traumatique, améliorer notre capacité de concentration et d’apprentissage.

Mais où se situe le libre arbitre dans la sélection naturelle ?

Les gènes ne contrôlent pas finement nos actions individuelles, ils se chargent des besoins essentiels comme l’instinct de survie, la crainte de la mort, l’amour envers les enfants, tout ce qui favorise la transmission du matériel génétique.

Le libre arbitre se situe entre ces fonctions de base et ce que nous sommes réellement. Le comportement est rarement déterminé, nous avons le pouvoir d’agir contre les comportements répréhensibles.

Facebook a joué avec les fils d’actualités de certaines personnes pour mettre des nouvelles plus positives ou plus négatives, dans leurs statuts cela avait un impact. Employer des techniques pour simuler la spontanéité d’un mouvement porte un nom : l’astroturfing.

Facebook a le pouvoir de façonner les opinions de milliards de personnes en manipulant les informations auxquels sont exposés les utilisateurs du réseau social. Imaginez l’impact que cela peut avoir durant des élections présidentielles ou des scrutins à forts enjeux décisifs (référendums).

Nous avons grandi en pensant que nous étions des êtres individuels, uniques, mais finalement nous serions plutôt pluriels. Ou du moins qu’il y aurait deux soi en nous :

  • Expérientiel : les expériences qu’on vit en ce moment (la réalité).
  • Narratif : les histoires qu’on se raconte pour trouver du sens dans les expériences que l’on vit (la fiction).

Selon Harari, nous sommes un ensemble d’algorithmes biochimiques qui se raconte des histoires pour que tout cela trouve son sens.

Seulement, formuler cela n’est pas sans conséquences. Le mode de fonctionnement actuel ne va pas pouvoir tenir le coup parce que tout a été pensé avec cette idée qu’on avait un seul soi.

Ce soi avait de la valeur.

Il y a des raisons politiques, économiques, militaires pour penser qu’on est un individu unique et que nous avions une valeur. Ce système tient sur une croyance, l’histoire qu’on se raconte et l’idée que nous sommes des individus rationnels dotés d’un libre arbitre. Mais cela pourrait ne pas durer…

Homo Deus : Comment l’Homo Sapiens perd le contrôle

« Les gens ne devraient pas se concentrer sur la question de savoir comment arrêter le progrès technologique parce que cela est impossible. » 
Yuval Noah Harari

Compte tenu des progrès de la bio-ingénierie, des interfaces cerveau-ordinateur, etc. Harari pense qu’il est très probable que, dans un siècle ou deux, l’Homo sapiens disparaitra et sera remplacé par un être complètement différent.

Cette montée en puissance du transhumanisme, courant de pensée qui prône l’idée de l’amélioration de l’homme par la robotique, inquiète et soulève une prise de conscience de nombreuses personnalités comme Stephen Hawkins, Elon Musk et Bill Gates.

« Je pense que nous devrions être très prudents au sujet de l’intelligence artificielle. Si je devais miser sur ce qui constitue notre plus grande menace pour l’existence, ce serait ça. De plus en plus de scientifiques pensent qu’il devrait y avoir une surveillance réglementée, au niveau national et même international, juste pour s’assurer que nous ne faisons rien de stupide. » — Elon Musk

L’intelligence des machines pourrait très bien fonctionner pour elle-même, et nous rendre impuissants et donc voués à disparaitre.

« Le développement d’une intelligence artificielle complète peut signifier la fin de l’espèce humaine. […] Une fois que les humains auront développé une intelligence artificielle, elle va prendre son envol et se reconstruire elle-même à un rythme toujours plus rapide. Les humains, limités par la lente évolution biologique, ne pourront suivre et seront remplacés. » — Stephen Hawkins

Bien que l’IA en soit encore à ses balbutiements, son développement et ses progrès rapides ne peut que soulever des inquiétudes sur un cap qu’on ne sera plus en mesure de rattraper.

« Je suis dans le camp de ceux qui s’inquiètent du développement d’une super-intelligence. […] D’abord, les machines travailleront pour nous, et pas de façon hyper intelligente, ce qui peut être positif si on le gère bien. Dans quelques décennies, les progrès de l’intelligence seront tels que ça deviendra un problème. » — Bill Gates

Une certaine idée du progrès

« Une théorie nouvelle ne triomphe jamais. Ce sont ses adversaires qui finissent par mourir. » — Max Planck, physicien allemand et lauréat du prix Nobel de physique de 1918

La science avance à mesure que les générations trépassent, ce qui permet aux nouvelles théories d’avoir une chance de prospérer sur les autres.

L’une des grandes thèses d’Homo Deus est de dire que le plus grand projet de l’humanité est de surpasser la mort, découvrir le secret du bonheur et d’améliorer l’homme en dieu. La mort est abordée comme un problème technique qui peut être résolu.

À la Silicon Valley, l’immortalité est un sujet sérieux. En 2013, Google a lancé une société appelée Calico dont la mission est de résoudre la mort.

Après avoir dominé l’environnement, nous chercherons donc à vouloir tenter de percer notre monde intérieur : celui de nos gênes. Seuls des algorithmes sophistiqués seraient en mesure de comprendre et de traiter les données nécessaires pour interpréter toutes les interactions dans notre corps.

Nous sommes en train de donner vie à des entités inorganiques qui n’ont jamais existés auparavant.

Pour le moment, nous n’en sommes qu’à l’âge de pierre de l’IA, mais elle commence déjà à supplanter les professions à faible coût. Les caisses automatiques, les hôtes d’accueil, la comptabilité…

Tesla, Google et Uber développent la voiture autonome. Le jour où cette technologie sera mâture, probablement dans moins d’une décennie, ça sera la fin pour des millions de chauffeurs qui se retrouveront à la rue.

Les professions hautement qualifiées ne sont pas plus non à l’abri de l’intelligence artificielle.

Si une machine est capable de diagnostiquer mieux qu’un humain ce que vous avez. Allez-vous vraiment vous fier à un humain ? Ce n’est pas de la science-fiction, IBM de Watson est déjà en train d’y aller.

Si Watson a accès à toutes les banques de maladie dans le monde et qu’il connait votre génome et ceux de votre entourage, il pourrait trouver ce que vous avez avec une précision et une rapidité inégalable. Il ne ferme pas à 20 h, sera toujours disponible, et il n’y a pas de file d’attente.

Les guerres auront moins besoin de soldats ; cela se fera en ligne, des cyber guerres. Les usines auront moins besoin de travailleurs grâce à l’automatisation. Même les artistes sont touchés, il y a une IA qui imite Bach.

La majorité d’entre nous va perdre cette valeur économique parce que le système en aura plus besoin lorsque les robots sauront mieux faire tout ce que nous faisons.

Cela pose des grandes questions. Si des machines remplacent tous les corps de métiers, qu’est-ce qu’on va faire ? À quoi va-t-on servir ? Admettons que tout cela se concrétise, l’IA fait un meilleur travail que nous physique (20e siècle), mais également au niveau cognitif. Que nous reste-t-il ?

Nous sommes déjà un peu ces réseaux algorithmiques. On laisse le soin aux machines de dire ce qui est mieux pour nous selon les données que l’on transmet.

Au fur et à mesure que le temps passe, la technologie nous prendra plus de décisions. En fait, les technologies peuvent déjà surveiller nos données corporelles et prendre des décisions pour nous.

Les algorithmes extérieurs finiront par mieux nous comprendre que nous-mêmes et ils vont finir par décider pour nous. D’après une récente étude, à partir de 300 j’aime, un algorithme de Facebook pourrait prédire les réponses d’un sujet à un questionnaire de personnalité mieux que leur conjoint.

Facebook ou Google pourrait vous dire quel serait votre partenaire idéal, pour qui voter et quoi faire pour vivre selon vos données personnelles.

La propriété de ces données n’est pas entre les mains des gouvernements, mais d’entreprises privées. Mark Zuckerberg pourrait éventuellement se présenter aux prochaines élections américaines et être élu prochain président des États-Unis.

Combien d’autorité donnez-vous à votre téléphone pour gérer votre vie pour vous ? Combien d’informations donnez-vous gratuitement ?

De l’Humanisme libéral vers le Dataïsme

La Silicon Valley est peut-être l’endroit le plus intéressant du monde à étudier en matière de religion.

Dans ce foyer de l’innovation, un nouveau récit mythologique est en train de se répandre dans le monde : celui de l’intelligence artificielle, des données, des algorithmes défendus par des gourous de la Silicon Valley, certains se nomment même des évangélistes technologiques.

Cette nouvelle religion est en train de rompre avec notre idéologie dominante qu’est l’humanisme libéral, soit le paradigme social, politique, économique qui soutient la pensée occidentale depuis deux siècles.

L’humanisme libéral prône que la source de tout sens, de toute autorité dans notre société réside dans l’individu. On passe d’une société religieuse, à une société centrée sur l’humain où chacun cherche à exprimer son unicité.

C’est l’expression dominante du libre arbitre. C’est sur cette idée d’humanisme libéral que ce sont développé les concepts de choix et de volonté.

Tous les jours, nous sommes bombardés de messages humanistes. Prêtez attention aux slogans publicitaires qui nous demandent de nous réaliser, d’accomplir nos rêves, de vivre passionnément, de s’écouter. Cela vient avec toute une boite à outils idéologique : la démocratie, les Droits de l’homme, le marché libre.

Dans la démocratie libérale, l’autorité suprême se joue dans l’arène politique, c’est la personne qui vote. Il écoute sa voix intérieure pour faire un choix.

Dans l’économie libérale, le consommateur a toujours raison. C’est lui qui détermine si un produit fonctionne ou pas. Vous aurez beau créer le meilleur produit du monde, mais si personne ne l’achète vous êtes condamnés à rester dans l’ombre.

L’éducation libérale, c’est l’éducation qui va nous apprendre à être des êtres autonomes. L’humanisme libéral définit que rien en dehors de vous et de votre conscience ne peut vous comprendre mieux que vous-même. Si cela vous fait du bien alors cela est bon pour vous.

Et quelles sont les alternatives à ce libéralisme ? Pour Harari, le libéralisme va s’écrouler par les idéologies de la Silicon Valley.

Le Dataïsme, religion de la Silicon Valley

Ce nouveau récit universel est porté par les prophètes de la Silicon Valley qui défendent l’autorité des algorithmes, l’autorité des big data.

Harari définit le néologisme du Dataïsme comme une foi universelle dans le pouvoir des algorithmes. Compte tenu des gigantesques flux de données et d’une puissance de calcul suffisante, un algorithme externe peut comprendre mieux les êtres humains qu’ils ne se comprennent.

Cette croyance perçoit l’univers et les organismes entiers comme des flux de données, sans individualité, nous ne serions que des collections d’algorithmes biochimiques.

Qu’est-ce que l’expérience humaine ? Ce sont des émotions, des sensations, des pensées. Pour le Dataïsme, toutes ces choses-là ne sont que des échanges de signaux électriques entre neurones, donc du traitement d’information qui peut être fait pour des algorithmes réalisés par des algorithmes biochimiques, donc des suites mathématiques très précises.

Les biologistes disent comprendre de mieux en mieux ces algorithmes-là. Qu’est-ce qui va se passer quand on va comprendre comment ces signaux électriques créent une expérience subjective, qu’est-ce qui va se passer quand l’expérience subjective sera réductible à des algorithmes et donc à de l’information manipulable ?

On sera capable de créer une intelligence qui nous connaitra mieux que nous ne connaissons nous-mêmes. Les conséquences sur long terme seront radicales. L’autorité change, on va passer du libre arbitre aux algorithmes conduisant donc à la fin de l’humanisme.

Si vous oubliez ce que vous faites dans votre vie, Google, lui, n’oubliera jamais toutes les données que vous lui donnez depuis 20 ans.

On n’écoutera plus ce qu’on ressent, mais prêterons grande attention aux algorithmes qui seront capables de scanner notre code génétique pour nous prédire de l’apparition de maladies, nous recommander des livres, nous dire avec qui nous marier.

L’autorité humaine transmise à des algorithmes

Si cela se produit, alors l’autorité passera des humains aux algorithmes. Des pratiques comme les élections démocratiques ou des marchés libres deviendront aussi obsolètes que les danses de la pluie et les couteaux de silex.

Nous pouvons déjà constater notre perte de contrôle, car nous ne pouvons plus traiter les immenses quantités de données qui nous inondent. Nos cerveaux ont été formés dans la savane africaine il y a des dizaines de milliers d’années, et ils ne sont pas à la hauteur du travail.

En conséquence, personne ne comprend l’économie mondiale, personne ne sait comment le pouvoir politique fonctionne aujourd’hui, et personne ne peut prédire à quoi ressemblera le marché du travail ou la société humaine d’ici 30–50 ans.

La seule façon d’éviter le chaos et la catastrophe est de transférer notre autorité à l’une des choses qui peuvent comprendre et traiter ce déluge de données : les algorithmes informatiques.

Lorsque vous utilisez des services gratuits comme Gmail, YouTube, Facebook, vous fournissez vos données personnelles en échange pour rester en contact avec vos amis et regarder des vidéos de chats.

Seulement, cet or numérique alimente une base de données que les géants du Web mettent à disposition de publicitaires pour qu’ils génèrent leurs revenus. Mais vos données personnelles pourraient alimenter des algorithmes qui pourraient vous dire quoi lire, qu’acheter, avec qui vous marier, pour qui voter.

Les humains sont remplacés quotidiennement par des algorithmes. C’est parce que nous avons besoin de choses à compléter rapidement, efficacement et de manière fiable. C’est pourquoi les algorithmes informatiques sont de plus en plus favorisés. Ils ne feront jamais grève, ne tomberont pas malades, travailleront autant qu’il y aura de l’électricité disponible.

Plus il y aura d’algorithmes, plus ces derniers prendront en charge de plus en plus de tâches humaines — menaçant donc notre autorité. Alors que faire ?

Certains proposent de fusionner avec la technologie pour être en mesure de contrer la domination future des algorithmes. C’est ce qu’on appelle le techno-humanisme. En fusionnant avec la technologie, nous pourrions associer la puissance des algorithmes à nos capacités cognitives.

Elon Musk a proposé Neuralink. La société vise à développer des composants électroniques pouvant être intégrés dans le cerveau pour fusionner avec la technologie et nous associer la puissance des algorithmes (augmenter la mémoire, piloter des terminaux, traiter des données plus rapidement, etc.).

Épilogue : La plus grande révolution de la biologie sur terre ?

Pendant 4 milliards d’années, toute forme de vie a évolué selon la loi de la sélection naturelle. Toutes ses formes ont été limitées dans le domaine organique. Nous sommes sur le point de remplacer la sélection naturelle par le design intelligent comme principal moteur de l’évolution de la vie.

La vie organique s’est adaptée aux conditions uniques de cette planète pendant 4 milliards d’années.

L’Homme se pense aujourd’hui au sommet de la création, mais ça ne sera pas toujours le cas selon Harari. Il pense que le rapport hiérarchique que nous avons avec les bêtes ressemblera peut-être à ce que d’autres de nos descendants auront sur nous.

Notre monde change et va continuer à changer. Notre histoire en tant qu’espèce repose sur ce changement et cette progression. Si nous comprenons mieux notre histoire et comment elle a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui, alors nous pouvons avoir une idée plus sûre de ce que nous pourrions devenir à l’avenir.

En conclusion, Harari termine son livre avec trois questions suivantes :

  1. Les organismes sont-ils vraiment des algorithmes, et la vie est-elle simplement un traitement de données ?
  2. Qu’est-ce qui est plus précieux — l’intelligence ou la conscience ?
  3. Que va-t-il arriver à la société, à la politique et à la vie quotidienne lorsque des algorithmes non conscients, mais hautement intelligents nous connaitront mieux que nous-mêmes ?

Quelles sont les réponses pour ne pas risquer d’être rendu obsolète par l’intelligence artificielle ? Selon Harari, cela passe par une bonne connaissance de soi, la résilience et le développement de son intelligence émotionnelle.


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