La formule du bonheur : comment créer les conditions pour être heureux

Découvrez les vérités ultimes qui sont au cœur d’une vie vraiment heureuse selon un ancien cadre dirigeant de Google.

Onur Karapinar
Jul 22 · 11 min read
Photo de MI PHAM sur Unsplash

Temps de lecture estimé : 12 minutes

Bien souvent, malgré le fait d’avoir tout dans la vie, une famille aimante, de bons amis, une carrière réussie et une bonne santé, nous sommes malheureux.

Mo Gawdat est l’ancien directeur commercial de Google X et un entrepreneur qui a cofondé plus de 20 entreprises. Après la mort tragique de son fils en 2014, il a fait du bonheur son principal sujet de recherche et a partagé ses découvertes dans son livre, La Formule du Bonheur.

Selon Gawdat, il y a différents états que nous vivons en raison du genre de pensées que nous entretenons et différentes illusions et angles morts qui nous empêchent d’être heureux.

Le bonheur est notre état par défaut

Le bonheur est notre état par défaut. Un bébé, par exemple, est heureux si ses besoins immédiats comme la faim et le sommeil sont satisfaits. Nous n’avons pas besoin de partir en quête de ressources extérieures comme l’argent ou le succès pour être heureux si nos besoins immédiats sont satisfaits.

En grandissant, nous perdons la magie des premières années. Nous développons notre ego, succombons à la pression sociétale et sommes conditionnés pour trouver le bonheur en dehors de nous-mêmes : dans les choses matérialistes.

Au lieu d’essayer d’accumuler des choses ou d’atteindre des objectifs dans l’espoir qu’ils conduiront au bonheur, nous devons essayer de tendre directement vers le bonheur.

Lorsque nous faisons cela, nous réalisons que les plaisirs simples de la vie comme une tasse de thé chaude ou un coucher de soleil envoûtant nous rendent vraiment heureux.

Le bonheur est l’absence de malheur. Le malheur survient lorsque notre réalité ne correspond pas à nos attentes.

J’ai toujours en tête cette équation pour mesurer ma satisfaction dans pratiquement toute situation.

Satisfaction = attentes + qualité reçue (positive ou négative)

Si vous allez dans une chaîne de restauration rapide, vos attentes sont basses car vous savez que la qualité est moindre (qualité gustative médiocre, préparation rapide, prix bas, expérience industrielle).

Vos attentes basses vous persuadent de poursuivre l’expérience pour des questions de temps et de coût (service rapide, accessible).

En revanche, si vous allez dans le meilleur restaurant d’une ville, vos attentes vont spéculer à la hausse.

Vous allez en vouloir pour votre argent et prêter attention à tous les petits détails (hygiène, qualité de l’accueil, variété du choix, qualité des plats, dressage, goût, décoration, ambiance, expérience).

Si la qualité reçue n’est pas à la hauteur de tes attentes, vous allez vous sentir très déçu.

C’est pourquoi, j’ai toujours très peu d’attentes vis-à-vis de ce que je lis ou fais. Je me détache et me laisse surprendre au gré de mes intérêts et de ma curiosité.

Ainsi, la formule du bonheur reviendrait à n’avoir aucune attente pour être agréablement surpris.

Selon Gawdat, notre vision de la vie est filtrée par des “illusions“ et des “angles morts“, et ainsi, nous voyons les choses comme nous le voulons, non pas comme elles sont.

Nous n’acceptons pas les “vérités ultimes“ de la vie, et au lieu de vivre dans le moment présent, nous demeurons dans le passé (ce qui peut nous rendre nostalgiques) ou nous nous préoccupons de l’avenir (ce qui peut nous rendre anxieux).

Nous sommes les propres artisans de notre souffrance et nous pouvons déjouer ces pièges si nous prêtons attention à nos pensées, si nous vivons pleinement dans le moment présent et si nous acceptons notre réalité telle qu’elle se présente.

Éviter les états négatifs et embrasser les états positifs

Un état de confusion survient parce que nous ne comprenons pas la vraie nature des hauts et des bas inévitables de la vie.

L’état de souffrance survient lorsque nous revivons les expériences négatives du passé en les analysant à outrance et que nous nous inquiétons des événements futurs en imaginant le pire.

Notre cerveau a évolué pour se concentrer sur le négatif, c’est un instinct de survie hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs.

La vie était difficile pour les premiers hommes en ce qui concerne la chasse pour se nourrir, la protection contre des prédateurs et d’autres dangers. Baser ses décisions sur le pire des scénarios a été très utile pour nos ancêtres.

Aujourd’hui, notre environnement a changé et nous devrions en faire autant.

Les prédateurs sauvages ne menacent plus notre survie mais nous avons toujours gardé les réponses instinctives face au moindre soupçon de menace : le combat ou la fuite.

Combattre étant une option risquée et périlleuse, nous préférons nous évader de tout ce qui peut occasionner en nous une gêne, un mal-être ou même… l’ennui !

Nous éprouvons un état d’évasion lorsque nous essayons de remplacer notre douleur par des plaisirs éphémères, comme boire de l’alcool ou faire du shopping de façon excessive, ce qui conduit à un cycle sans fin.

Plus une récompense agréable est immédiate à obtenir, plus elle est susceptible d’être néfaste à long terme. Un dessert est sucré, délicieux et nous rend heureux à court terme, mais à long terme cela peut conduire à un diabète après quelques années.

Bien que nous ayons besoin de ces pauses de temps en temps pour trier les voix dans notre tête, il est préférable d’affronter nos peurs, ainsi que de recourir à des plaisirs plus sains comme l’exercice ou écouter de la musique.

Nous atteignons l’état de bonheur quand nous brisons les illusions, réparons les angles morts et voyons la vérité de notre vie telle qu’elle est et avec des attentes réalistes.

Gérer les illusions de pensées et de soi

Nos pensées, si elles ne sont pas régulées, peuvent être un obstacle au bonheur.

Une fois que nous avons pris le pouvoir sur nos pensées, nous pouvons les observer objectivement et esquiver leur attaque tout comme Néo dans le film Matrix. Quand il voit au-delà des images et des pensées illusoires plantées dans son cerveau, tout se transforme en un et en zéro devant ses yeux.

Nous devons faire quelque chose contre ce qui nous tracasse. De cette façon, notre cerveau se concentre sur l’action et non sur la pensée.

Il est également utile d’observer le dialogue dans notre tête. Parfois, ces dialogues intérieurs sont profondément enracinés dans une expérience passée.

Par exemple, je déteste passer des soirées avec des fumeurs et gros fêtards. En prêtant attention à mes pensées, je me suis rendu compte que mon ressenti provient du fait que je suis sensible aux personnes qui m’entourent et que je tiens à fréquenter des personnes “saines” pour ne pas être influencé négativement ou corrompu (personnes qui poussent au vice).

Remplacer une pensée négative par une pensée positive et se concentrer sur les stimuli externes — un robinet qui coule ou des muscles endoloris par une séance d’entraînement sont également utiles.

L’ego, ce que nous pensons être et ce que nous voulons que le monde nous perçoive comme tel, est un obstacle au bonheur. Nous pouvons nous découvrir nous-mêmes en appliquant les tests de la perception et de la permanence.

Le test de perception dit que si nous pouvons observer un aspect de nous-mêmes, cet aspect n’est pas le vrai nous. Par exemple, nous ne sommes pas nos corps physiques ou notre voix comme nous pouvons les observer.

L’épreuve de la permanence dit que seuls les aspects de nous-mêmes que nous ne perdons pas font partie du vrai nous. Par exemple, si nous tombons amoureux de quelqu’un, cela ne nous rend pas moins nous-mêmes, ce qui signifie que nous ne sommes pas nos émotions.

Brisez les illusions de la connaissance et du temps

L’illusion du savoir nous rend arrogants. Nous croyons que ce que nous savons est la vérité ultime, mais de nouvelles découvertes font surface chaque jour.

Par exemple, les lois de la gravité et du mouvement de Sir Isaac Newton découvertes en 1687 ont été considérées comme indiscutables, mais rendues insuffisantes par la thermodynamique classique de James Clerk Maxwell en 1861.

Pour briser cette “découverte, de débat, d’acceptation et d’arrogance“, nous devons accepter qu’il y aura toujours des choses que nous ne connaîtrons pas.

Par exemple, lorsque vous vous inquiétez du fait que votre ami ne répond pas à votre appel et supposez qu’il vous ignore, en réalité, il peut être simplement occupé.

Quand la vie nous semble injuste, nous ne savons peut-être pas que nous nous approchons de notre objectif de vie. J.K. Rowling a connu un mariage raté et un chômage qui l’ont “poussée“ à écrire la série Harry Potter, alors qu’en fait, elle avait pensé à cette idée des années auparavant.

Ce n’est pas le temps qui passe, c’est nous qui traversons le temps. La science a prouvé que, bien qu’il existe des indicateurs biologiques du temps comme la faim et le sommeil, ce que nous vivons est un temps mécanique construit par l’homme.

Notre bonheur ne doit pas dépendre de nos réalisations dans le temps. Par exemple, nous jugeons à tort notre productivité en fonction de la quantité de travail que nous pouvons accumuler en une journée, ou nous nous sentons inutilement tristes si nous ne nous marions pas avant un certain âge.

Comprendre les illusions de contrôle et la peur

Le besoin de contrôle est un instinct de survie. Bien qu’il y ait beaucoup de choses qui ne sont pas sous notre contrôle, nos attitudes et nos actions le sont.

Peu importe combien de fois vous essayez d’exercer un contrôle sur tout ce qui est extérieur à votre zone de contrôle — les autres, les événements, la chance — , vous ne pouvez pas bouger des objets inamovibles. Cela représente autant de temps perdu sur les choses que vous pouvez changer.

En fait, parfois, une tournure inattendue des événements peut mener à quelque chose de mieux que ce que nous avions prévu.

La peur est aussi un instinct de survie. Bien que cela ait bien fonctionné pour les premiers hommes, cela ne fonctionne pas aussi bien pour nous.

La peur est aussi généralement enracinée dans une expérience passée, comme une manifestation de conditionnement mental.

Peut-être que vous êtes arachnophobe parce que vous trouvez les araignées horribles à cause d’un film que vous avez vu petit ou qu’une personne mal intentionnée vous a montré par surprise l’image d’une énorme mygale pendant que vous étiez concentré à lire.

La peur peut aussi naître du fait de s’attendre au pire à l’avenir. Par exemple, nous pouvons continuer à vivre une relation violente de peur de ne jamais trouver l’amour.

Identifier correctement nos peurs et leur source, ainsi que les affronter de front, nous aidera à les surmonter. Imaginez le meilleur et le pire des scénarios, calculez de façon réaliste les probabilités qu’ils se produisent et planifiez la façon de les affronter s’ils se produisent.

Certains angles morts déforment l’information que notre cerveau traite

Les angles morts nous offrent une vision négative des choses, de sorte que nous pouvons être en sécurité en changeant légèrement de perception au lieu d’être désolés. Nous “filtrons” l’information que nous considérons comme non pertinente dans une situation donnée.

Le test de sensibilisation sélectif conçu par Daniel Simons et Christopher Chabris montre comment les participants qui regardent un match entre deux équipes ont tendance à filtrer l’information lorsqu’on leur demande de compter le nombre de passes effectuées par l’équipe blanche.

Vous pouvez passer le test en cliquant sur la vidéo.

Alors combien de passes avez-vous comptées ?

La bonne réponse est 15.

Mais dites-moi…

Avez-vous vu un homme vêtu d’un costume de gorille au milieu de la vidéo ?

Sinon, vous êtes tombés dans le même piège que les participants qui ont participé au test parce que vous étiez trop concentrés sur les t-shirts blancs.

Tout le reste n’était pas pertinent.

Voilà comment vous pouvez, pour des questions de croyances personnelles, omettre délibérément de partager des informations pour ne pas mettre à mal votre opinion que vous estimez la meilleure ou la cause que vous défendez.

La science dit que notre cerveau a tendance à rechercher les tendances, à repérer les récurrences en fonction de nos expériences passées et à prédire, souvent de façon inexacte, ce qui se produira dans une situation actuelle donnée. Dans la plupart des cas, elle conduit à une prophétie qui se réalise d’elle-même.

Percevoir les réalités actuelles à partir des souvenirs n’est pas utile, car les souvenirs ne sont rien de plus que notre version de l’histoire. Souvent, ce n’est pas la vérité.

Admettre cela, c’est déjà faire un grand pas pour éviter de se précipiter dans des conclusions hâtives et maladroites.

Notre perception de la réalité peut être altérée

L’évolution fait en sorte que la plupart de nos actions, surtout lorsqu’elles sont confrontées au danger, sont guidées par l’émotion.

Quand les hommes des cavernes ont repéré un prédateur, ils ont paniqué, stimulant l’adrénaline et les aidant à se mettre en action sans poser de questions.

Même aujourd’hui, nous continuons à prendre des décisions fondées sur les émotions, puis à recueillir des données pour appuyer ces décisions émotionnelles.

Par exemple, si nous n’aimons pas un parti politique, nous décidons que le discours de son candidat ne sera pas assez bon, avant même qu’il ne parle. Pendant qu’il parle, nous aurons tendance à nous concentrer uniquement sur les mauvaises parties du discours pour justifier notre décision émotionnelle.

Examiner les données probantes et en arriver à ses conclusions à l’aide de processus plus ou moins rationnels. C’est le biais de confirmation.

L’exagération est une tendance naturelle chez toutes les espèces et elle entre également en jeu dans les situations négatives.

Daniel Kahneman, professeur à Princeton et prix Nobel, appelle cela “l’heuristique de disponibilité“ : si nous pensons à un incident dans lequel un risque est confirmé, notre cerveau exagérera sa probabilité.

Par exemple, nous attribuerions une probabilité plus élevée d’accident de voiture après avoir vu une voiture renversée sur le bord de la route.

Ou des personnes peuvent avoir une peur bleue de prendre l’avion parce qu’ils sont anxieux aux couvertures médiatiques sensationnelles que génère tout crash d’avion avec aucun survivant.

Vivre le moment présent, accepter le changement et aimer inconditionnellement

Le bonheur réside dans le fait de permettre à divers aspects de notre vie de trouver leur propre équilibre.

Seul l’amour authentique ou inconditionnel, que ce soit pour nous-mêmes ou pour les autres, peut nous rendre heureux, car il n’y a aucune attente. Toutes les autres émotions sont éphémères ou conditionnelles.

Par exemple, je suis admiratif des chiens guide d’aveugle, mais mon admiration peut s’estomper si le chien à l’air vieux, triste, fatigué ou mal en point. Par contre, l’instinct maternel d’une mère voue un amour inconditionnel pour son enfant.

Bien que notre état par défaut soit celui du bonheur, nous vivons beaucoup de moments malheureux. C’est principalement parce que nous ne vivons pas le moment présent, n’avons pas d’attentes réalistes et n’acceptons pas la vie telle qu’elle est.

Les illusions et les angles morts ne nous permettent pas de discerner le réel avec clarté. Nous voyons ce que nous voulons au lieu de ce qui est, ce qui mène au malheur et à la souffrance.

Si nous observons attentivement, nos vies sont une série de bonnes expériences avec quelques expériences négatives, et non l’inverse.

Nos pensées ne font pas de nous ce que nous sommes. Nos cerveaux sont conçus pour nous présenter diverses pensées, mais nous pouvons choisir celles que nous voulons divertir et celles que nous voulons abandonner.

Il y a certaines choses de la vie qui sont données, de la mort (cycle naturel pour renouveler la vie) aux expériences négatives. Nous devons embrasser ces vérités au lieu de les combattre si nous voulons être heureux.

La Minute Essentielle vous aide à libérer votre plein potentiel

Rejoignez plus de 2 900 personnes qui reçoivent La Minute Essentielle, ma newsletter personnelle qui partage des idées pour améliorer vos habitudes, accroître vos performances et découvrir des conseils issus des meilleurs livres, conférences, podcasts et bien d’autres surprises.

Dès votre inscription, vous recevrez un guide pratique gratuit de 96 pages : 87 petites habitudes pour libérer son potentiel — extrait de mon livre Petites Habitudes, Grandes Réussites : 51 pratiques inspirantes pour devenir la meilleure version de soi-même.

Cliquez sur l’image pour vous abonner à ma newsletter.
Cliquez sur l’image pour découvrir mon livre.

Essentiel

De grandes idées pour libérer votre potentiel.

Onur Karapinar

Written by

Auteur de “Petites Habitudes, Grandes Réussites” : www.bit.ly/oklivre | Newsletter pour mieux vivre et penser : www.onurkarapinar.com/newsletter

Essentiel

Essentiel

De grandes idées pour libérer votre potentiel.

Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch
Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore
Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade