La plus grande partie de la vie se passe à mal faire

Comprendre son temps pour mieux l’employer

Temps de lecture estimé : 3 minutes

C’est dans la première lettre envoyée à Lucillius que Sénèque parle de l’emploi du temps.

« Le temps, tu te le laisses ravir par les affaires publiques, dérober par des futilités ou s’évaporer en distractions, reprends-le et ménage-le. »

Il y aurait donc du temps qu’on nous donne, qu’on nous dérobe et qu’on perd.

Comment définir le temps ?

D’abord, c’est un mouvement ininterrompu par lequel le présent devient le passé. Elle est une force qui agit sur le monde et sur les êtres. C’est le temps qui file entre nos doigts et succède aux événements dans un milieu infini.

Nous n’avons aucune emprise sur ce temps car il bavarde sans même qu’on ne l’interroge. On oublie avec le temps, on vit avec son temps, et on ne dure qu’un temps.

Le temps est une durée considérée comme une quantité mesurable. Le temps est un moment, une époque qui occupe une place déterminée dans la suite des événements ou qui peut être caractérisée comme le siècle des Lumières ou la finale de la coupe du monde de football en 1998 pour se remémorer des temps glorieux d’une nation.

À titre individuel, le temps est cette durée plus ou moins définie, dont quelqu’un dispose. C’est le temps qui nous est donné et c’est celui-là qui nous intéresse plus précisément.

Sa limite le rend d’autant plus précieux ; toute perte est définitive et la meilleure volonté du monde ne peut nous le rendre. Ce sont des heures qu’on nous subtilise de force. On travaille alors à durée déterminée : à temps partiel ou à temps plein.

On peut le perdre par surprise dans les embouteillages, une relation ou dans des études. Chercher à bien employer son temps nous conduit parfois dans des impasses.

Tout se joue en trois temps

Pour Sénèque, la perte de temps la plus risible est celle issue de la négligence, de son caractère frivole dont la dérive n’est pas sans conséquences.

« La plus grande partie de la vie passe à mal faire, une grande partie à ne rien faire, et la totalité à faire autre chose que ce que l’on devrait, à ne jamais vraiment être à ce que l’on fait. »

Arrêtez-vous un instant et relisez bien ce passage déroutant.

Peu importe votre âge, vous passez une grande partie de votre vie à faire des erreurs. Et c’est même rassurant, car cela est à l’origine de toute volonté de progrès. Comme le disait Oscar Wilde, l’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs.

Le temps où l’on ne fait rien est celui où l’on baigne dans l’oisiveté. Sans travail et sans occupation permanente, ce temps paralyse par son choix trop large à laquelle manque une structure ( « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ? »).

Quant au temps frustrant, celui où l’on ne fait pas ce que l’on voudrait, il est alimenté par des croyances difficiles qui nous empêche d’atteindre un but ou d’assouvir un désir. Cela se traduit, notamment, dans le salariat qui ne bénéficie qu’à une minorité, celle qui occupent les positions les plus hautes où les plus épanouissantes.

Pour Sénèque, notre grossière erreur serait de ne pas être capable d’apprécier le temps présent et de voir la mort uniquement devant nous alors qu’elle est déjà derrière en grande partie, car tout notre passé lui appartient. Comprenez que nous mourrons un peu à chaque instant !

Bien employer son temps

D’abord, prendre conscience qu’on est responsable de son temps. Il s’agit d’être maître de toutes ses heures, de se saisir du présent pour moins dépendre de l’avenir.

Ensuite, savoir pourquoi et comment vous dépensez votre temps afin d’optimiser vos pertes (file d’attente, transports en commun, retards).

L’un des premiers conseils que donnent des investisseurs est le suivant : pour gagner de l’argent, il faut d’abord ne pas en perdre. Savez-vous combien de temps vous passez dans ce que tout ce vous faites ?

Il y a des milliers de forces (réseaux sociaux, chaînes d’informations en continu, publicité, relations malsaines) qui conspirent contre vous pour vous retarder de poursuivre votre développement personnel.

C’est ainsi que la discipline permet d’être plus libre. Planifier agit comme un échafaudage pour mieux prévoir et exécuter ses journées. Lorsque vous savez quoi faire, tout devient plus simple et plus fluide.

Personne ne se croit redevable du temps qu’on donne, c’est pourtant le seul bien impossible à rendre en raison de sa nature fugitive et insaisissable.

Rien ne nous appartient plus que le temps. Tout le reste est d’emprunt. Comme l’avaient déjà compris nos ancêtres : « Tardive est l’épargne quand vient le fond du vase. » Car au fond, non seulement il reste peu, mais la qualité est moindre.

N’attendez pas d’être retraité pour en profiter !

Vous en voulez plus ? Rejoignez plus de 1 000 personnes qui reçoivent La Minute Essentielle, ma newsletter hebdomadaire qui partage idées inspirantes et stratégies actionnables sur les thèmes du développement personnel, la productivité, et bien plus. Dès votre inscription, vous serez invités à me faire part de vos défis personnels.


Vous avez appris quelque chose ? Cliquez sur les 👏 pour remercier l’auteur et aider d’autres personnes à trouver cet article.

Essentiel vous présente grandes idées et stratégies pour libérer votre potentiel et vivre une bonne vie. Abonnez-vous.