L’art de la guerre : comment maximiser vos chances de gagner une guerre sans (trop) combattre

Découvrez des stratégies militaires millénaires pour mieux vous préparer à réussir ce que vous désirez.

Onur Karapinar
Aug 11 · 11 min read
Photo de Bogdan Kupriets sur Unsplash

Temps de lecture estimé : 11 minutes

L’Art de la guerre de Sun Tzu est l’un des premiers traités militaires. Écrit il y a plus de deux millénaires, l’ouvrage a traversé l’épreuve du temps pour s’imposer comme un classique sur la stratégie et la tactique militaire.

Sa sagesse a influencé des dirigeants et des généraux d’armée, et ses connaissances trouvent un écho particulier dans des domaines où la concurrence est de taille : la politique, le commerce, le sport, le divertissement.

Sun Tzu était un général militaire accompli, un stratège et un philosophe pendant la dynastie des Zhou de la Chine ancienne (500 ans avant notre ère).

Son approche de la guerre pourrait se résumer à la duperie, la rapidité d’exécution et de viser les points faibles de l’ennemi. L’objectif étant de minimiser le plus que possible les pertes et les coûts engendrés par une guerre.

Que vous soyez freelance, entrepreneur ou membre d’une organisation, les stratégies millénaires que vous allez découvrir dans cet article peuvent s’appliquer dans votre vie personnelle et professionnelle pour arriver à vos fins en étant le plus lucide.

Mieux vaut planifier minutieusement ses batailles plutôt que de n’avoir aucun plan. Cette capacité de projection et d’organisation peut grandement contribuer à la réussite de vos objectifs personnels et professionnels.

Tout est une question de préparation

Gagner une guerre ne signifie pas nécessairement écraser son adversaire, mais employer des stratégies habiles et subtiles de persuasion pour lui faire comprendre que vous avez l’avantage et qu’il ne vaut mieux pas vous attaquer.

Votre réputation peut terrasser toute tentative d’offensive à votre encontre ne serait-ce que par les représailles que vous pourriez faire pleuvoir sur ceux qui auraient osé vous défier.

Il y a trois grandes citations que l’on retrouve dans l’Art de la Guerre :

1. « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent guerres à soutenir, cent fois vous serez victorieux. »

Si vous ne connaissez pas votre ennemi, comment pouvez-vous assurer le succès ou la victoire ?

Dans le contexte d’une entreprise, comment pouvez-vous démarrer une entreprise sans connaître l’écart qui existe sur le marché, et comment votre entreprise se démarquera. L’information est essentielle.

2. « Le meilleur savoir-faire n’est pas de gagner cent victoires dans cent batailles, mais plutôt de vaincre l’ennemi sans combattre. »

La guerre coûte de l’argent et prend d’innombrables vies. Mieux vaut être plus malin que son ennemi et le neutraliser le plus rapidement possible. Les forces et les faiblesses de l’ennemi sont cruciales pour votre succès.

3. « Évitez ce qui est fort. Attaquez ce qui est faible. »

Dans un match de tennis, un joueur qui connaît la faiblesse de son adversaire retournera continuellement des balles sur la partie la plus faible du joueur. Si vous savez que vous adversaire à un revers faible, vous veillerez à ce que chaque retour échangé le force à faire usage de son mauvais revers.

Pour Sun Tzu, la guerre était une question de vie ou de mort. Il a fallu infuser ce mantra des généraux jusqu’aux soldats sur-le-champ de bataille. Tout le monde devait comprendre cette base pour assurer la victoire.

Planifiez toujours pour vous conduire à la victoire

Les nations qui partent en guerre sans avoir réfléchi aux questions clés s’aventurent droit dans l’autoroute de l’échec. Vous devez être capable de survivre avant d’espérer remporter une guerre. Par conséquent, sans avoir un plan approprié, il est imprudent de s’en prendre à l’ennemi.

Le chef ou le général, qui a le meilleur plan, aura, dans la plupart des cas, toujours l’ascendant sur celui qui ne l’a pas.

Alors quelles sont les bases ?

La base du plan est la comparaison des forces et des faiblesses de votre ennemi avec les vôtres.

Les principaux points à méditer sont :

1) Lequel des chefs/généraux belligérants a un public plus loyal ?

Dans la vie de tous les jours, cela pourrait désigner la fiabilité de vos collègues ou la confiance de vos amis à votre égard. Êtes-vous une personne de confiance pour rassembler des personnalités de qualité prêtes à vous soutenir ?

Si vous avez un accident grave, qui serait prêt à venir vous voir à votre chevet ? Quelles sont les personnes sur qui vous pouvez compter ?

2) Lequel des chefs de guerre ou des généraux est le plus compétent ?

Qui est le meilleur parmi vous pour prendre une décision lorsqu’il s’agit de trouver un restaurant ? Un livre ? Une information juridique ? Un bon plan ?

Plus vous prenez de bonnes décisions dans votre domaine, plus vous êtes susceptible de réussir. Il n’y a rien de pire que de faire très bien quelque chose qui n’avait pas besoin d’être fait.

3) Quelle nation a une armée plus forte et plus disciplinée ?

Connaissez-vous des personnes qui font preuve d’autodiscipline dans leur mode de vie ? Qui sont les mieux formés ? Qui est parvenu à accomplir de grandes réalisations ?

Rester concentré envers son objectif, demeurer ferme et constant, ne pas céder aux nombreuses distractions peut vous apporter un véritable avantage concurrentiel surtout dans cette ère de distraction.

4) Quel pays peut appliquer des horaires stricts et régimentaires dans son armée ?

Respectez-vous votre parole ? Dormez-vous à la même heure ? Mangez-vous correctement ? Êtes-vous en proie à des addictions ?

La cohérence est familière et rassure. Elle vous fait gagner un temps précieux dans vos processus pour avancer et accélère votre efficience en vous empêchant de réfléchir aux décisions les plus élémentaires (Que manger ? Quand dormir ? Que faire de son temps libre ? etc.).

5) Quelles sont les conditions dans lesquelles la guerre sera menée : terrain, temps, distance à parcourir, etc.

Evoulez-vous dans un terrain qui subliment vos compétences et vos talents ? Ou bien avez-vous le sentiment d’être enfermé dans un endroit qui bride votre potentiel ? Qu’êtes-vous prêt à accomplir pour atteindre vos objectifs malgré d’éventuels scénarios qui jouent en votre défaveur ?

Si le pays dans lequel vous vivez ne semble pas en adéquation avec votre sensibilité, peut-être que vous pourriez envisager de vous installer à l’étranger pour sublimer vos talents.

Dans les conditions, comprenez que le contexte joue un rôle majeur qui préconditionne le potentiel de vos aptitudes. Pensez à l’école dans laquelle vous avez étudié, les professeurs que vous avez eus, vos camarades de classe avec qui vous avez grandi.

Vous pourriez vous demander comment ces informations pourraient-elles vous être utiles ?

Imaginez que vous venez d’être licencié et que vous avez de la difficulté à trouver du travail. Au lieu d’être déprimé, énumérez vos forces et vos faiblesses, puis élaborez un plan pour vous assurer que vous vous fixez un objectif pour obtenir un emploi dans un laps de temps.

Ça, c’est l’Art de la guerre !

Comment ?

Eh bien, vous êtes en train d’élaborer une stratégie, n’est-ce pas ? Votre ennemi est l’autre candidat. Vous ne lui ferez pas de mal, mais vous tenterez de gagner ce poste en étant plus malin que lui.

Cela me rappelle cette annonce publicitaire, simple et efficace, qui pourrait résumer la duperie dont fait preuve un candidat pour un poste.

Les scénaristes de cette publicité ont probablement parcouru l’Art de la Guerre.

Gardez le contrôle de vos émotions

« Le général court cinq dangers : téméraire, il risque d’être tué. Lâche, il risque d’être capturé. Coléreux, il risque de se laisser emporter. Chatouilleux sur l’honneur, il risque d’être humilié. Compatissant, il risque d’être tourmenté. »
— Sun Tzu

Toutes les batailles ne doivent pas être livrées. En tant que leader/stratège, vous devez savoir quelles batailles peuvent être gagnées et lesquelles ne le peuvent pas. Plutôt que de vous abandonner à vos émotions, vous devez agir plus délibérément avec une approche calculée et mesurée du risque.

Les combattants habiles n’engagent que des batailles qu’ils savent qu’ils peuvent gagner. Si vous devez attaquer, attendez que l’ennemi se trompe et vous fournisse les informations pour porter l’estocade. Attaquez les points faibles de votre ennemi. N’attaquez jamais sur ses forces.

Selon Sun Tzu, un général sait que la réussite passe par cinq règles essentielles :

  1. Savoir quand combattre et ne pas combattre

Soyez conscient du terrain et des avantages qu’il peut offrir à votre ennemi, ainsi que des inconvénients qu’il peut vous causer.

Si l’ennemi se trouve dans une position avantageuse, reportez votre attaque. Ne vous déplacez pas dans une position où vos renforts peuvent être coupés.

L’esprit de l’armée ennemie est la clé. Si vous pensez qu’ils sont de bonne humeur et que leur moral est bon, évitez de les attaquer.

En tant que général/leader, vous devez attendre qu’une occasion se présente lorsque votre ennemi commet une erreur ou qu’il se trouve désavantagé.

Cela s’observe dans le sport, où la stratégie de certaines équipes consiste à jouer en contre-attaque pour rapidement prendre de court l’équipe adverse qui a laissé une grande faille à cause d’une manœuvre offensive trop marquée.

Un exemple incroyable est cette fin de match de football où l’équipe adverse, Leicester, pensait vraiment gagner.

L’excès de confiance de l’équipe de Leicester s’est répercuté par une contre-attaque incroyablement menée par l’équipe de Watford qui leur a donné une grande leçon en toute fin de match.

Dans des jeux de stratégie, une seule erreur peut être fatale. Les tourments du regret embrouillent la vision du jeu et le mental peut plus facilement céder sous la pression.

Utilisez tout ce que vous pouvez, trompez votre ennemi pour lui imposer votre volonté.

En temps de guerre, vous devez tromper votre ennemi pour qu’il devine quel sera votre prochain coup.

« Toute guerre est basée sur la tromperie. Par conséquent, lorsque nous sommes capables d’attaquer, nous devons paraître incapables. Lorsque nous utilisons nos forces, nous devons paraître inactifs. Quand nous sommes proches, nous faisons croire à l’ennemi que nous sommes loin. Au loin, nous devons faire croire à l’ennemi que nous sommes proches. » — Sun Tzu

Créez une illusion de faiblesse tout en étant fort en dessous pour rendre l’ennemi complaisant et donc enclin à faire des erreurs. Toujours prendre l’initiative et accorder de l’importance à l’effet de surprise.

Parfois, la concurrence semble toujours avoir une longueur d’avance sur vous. C’est probablement parce qu’ils ont investi du temps et de l’énergie à faire des recherches sur vous et à découvrir vos comportements.

Lorsque cela se produit, la meilleure chose à faire est d’agir de façon imprévisible. Faites le contraire de ce que vous pensez que les gens attendent, faites exprès de faire une erreur ou disparaissez pendant un certain temps.

Un comportement erroné jette les gens hors de leur jeu d’analyse, et pendant qu’ils sont occupés à essayer de comprendre votre nouveau modèle et à expliquer votre comportement, vous avez la possibilité de riposter.

C’est l’une des premières leçons que les bons joueurs de poker apprennent. Si vous ne jouez que lorsque vous avez au moins une paire ou plus, les autres joueurs vont rapidement se coucher à chaque fois que vous misez et vous n’allez pas rafler grand-chose. Mais si vous bluffez une fois ou deux et que vous perdez vos mains, vos adversaires ne seront plus aussi sûrs que vous jouez uniquement lorsque vous avez une bonne main.

Bobby Fischer a utilisé cette stratégie exacte pour tromper Boris Spassky dans leur match pour le titre de champion du monde 1972 aux échecs. Il a fait une erreur de débutant lors de leur premier match, ne s’est même pas présenté pour le deuxième et a perdu par forfait, et est revenu quelques minutes avant le début du troisième match. Puis il a commencé à faire des demandes folles, comme déplacer des caméras, changer de salle et échanger des chaises.

Finalement, il a joué des ouvertures complètement atypiques à son style d’échecs habituel, et a finalement battu Spassky pour devenir champion du monde.

Embrouiller les esprits par des erreurs délibérées est un bon moyen de semer le trouble dans l’esprit de votre adversaire.

La tromperie est une tactique qui est utile parce qu’elle manipule l’ennemi pour qu’il fasse ce que vous voulez. Cela vous aidera à mieux connaître l’ennemi et, par conséquent, à élaborer de meilleures stratégies.

Soyez toujours attentif à ce qui vous entoure. Les tactiques changent avec le terrain.

Un bon général sait que les tactiques de combat changent avec l’environnement. Dans la vie quotidienne, nous savons qu’il y a des lieux à éviter, des personnes à ne pas croiser, des ordres qui doivent être désobéis.

De la même manière que l’eau qui suit son cours en fonction du sol, vous devez également vous adapter à la situation, au terrain et aux dispositions de l’ennemi.

Lors d’une rencontre entre deux équipes de football, l’entraîneur avec ses adjoints observe des informations qu’ils s’empressent de noter pour en discuter.

Pendant que la bataille se joue sur le terrain, les entraîneurs élaborent une stratégie pour améliorer le jeu en observant comment votre adversaire joue et quels sont ses points faibles.

Une bonne information placée au bon moment peut changer l’issue d’un match ou d’un entretien d’embauche.

Cela me rappelle une habile technique donnée par Robert Cialdini dans son livre Pre-suasion. Lors d’un entretien d’embauche, avant même que les recruteurs ne posent de questions, dites-leur : « Je voudrais savoir, par curiosité, quelle est la plus grande force que vous avez trouvée dans mon profil ? »

Cela va inciter les recruteurs à mettre l’accent sur ce qui est bon en vous. L’un pourrait dire « votre expérience à l’étranger », un autre pourrait dire « le fait que vous avez collaboré à un poste de haute responsabilité pendant X années » et un autre ajouterait autre chose et ainsi de suite.

Avec cette simple question, vous avez persuadé les recruteurs de vos atouts, ce qui va grandement vous aider à développer dans l’entretien ce qu’ils ont relevé d’intéressant en vous.

Prêtez attention au moral de ceux qui vous entourent. Comment se sentent-ils en votre compagnie ? Comment s’est passée la poignée de main ? Sont-ils fatigués ? Ont-ils faim ou soif ? Grimacent-ils lorsque vous évoquez certains sujets. Tout langage non verbal est un indice précieux qui peut informer de l’humeur d’une personne et de sa réceptivité à vos messages.

Dans la vie comme dans la guerre, tout est une question d’opportunités à saisir au bon moment. Sans un minimum de préparation et de projection, vous risquez de manquer d’informations essentielles pouvant vous conduire au succès souhaité.

Un général habile choisit de se battre uniquement lorsqu’il sait que sa victoire est assurée. Il est observateur, débrouillard et possède une grande capacité d’adaptation. Il impose sa volonté à l’ennemi, le trompe et le déstabilise pour le pousser à commettre une erreur fatale.

Sun Tzu a un message clair qui est évitez la guerre si vous le pouvez, mais si vous le devez, au moins planifiez bien pour qu’elle ne dure pas longtemps et qu’elle épuise les ressources.


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