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Casey Neistat.

L’art douloureux et subtil du changement

Valentin Decker
Aug 17, 2017 · 8 min read

L’objectif de mes 3 articles précédents était de vous faire comprendre que :

- Ce que nous pensons être vrai n’est que le fruit de notre environnement et de nos biais mentaux.

- Le système éducatif, avec l’école traditionnelle en tête, nous a préparé et conditionné à un mode de vie bien particulier, industriel et identique pour tout le monde. Entre-temps le monde a changé, l’école non.

- Il est possible de faire des choses en accord avec ce que l’on ressent, ce que l’on aime et ce en quoi nous croyons. Mieux, c’est la seule façon d’être réellement heureux.

En bref, il est possible de faire les choses autrement. De sortir du cadre traditionnel. Et de se construire sa propre voie.

Cela demande du temps et ce n’est pas chose aisée pour autant. Mais une chose est certaine : c’est possible.

Alors comment agir concrètement, se lancer et faire le premier pas ?

Même quand on le sait indispensable, le changement est difficile et douloureux.

18 juin 2013, Virgin Megastore ferme définitivement ses portes. Sa présidente, Christine Mondollot, s’explique dans Les Echos. Elle révèle que le changement a été diagnostiqué mais « ce changement n’a pas été décidé. Il demandait une analyse lucide, une volonté forte de changement puis des investissements et du temps dont nous n’avons pas bénéficié ». Du temps …

Quelques mois plus tard, Richard Branson, fondateur des Virgin Megastore, se confie dans les Echos du 18 Septembre : « Nous avons vendu nos Megastore il y a dix ans déjà. Je dois admettre que j’ai pris cette décision au moment de la sortie de l’iPod, qui permettait d’avoir de la musique gratuitement sur Internet. La suite était écrite. »

Exemple tiré du livre « Napoléon, Hannibal… ce qu’ils auraient fait du digital. Les Grands Hommes face aux grands changements. » de Laurent Moisson

Même quand on le sait indispensable, le changement se fait en dernier recours, sous la contrainte. Avec le risque de se faire quand il est trop tard.

Vous savez que vous devez arrêter de fumer. Vous ne le faites pas pour autant.

La peur du changement est une de nos peurs les plus fortes.

Dans “Thinking Fast and Slow”, Daniel Kahneman explique que notre cerveau est câblé de telle manière à être plus sensible aux pertes qu’aux gains. Une perte de 100 € nous procure une émotion négative plus forte que l’émotion positive générée par un gain de 100 €.

Notre cerveau a peur du risque. Il préfère chercher la simplicité et le confort. Il aime piloter en mode automatique, prendre des décisions rapidement et fonctionner intuitivement. Il n’est pas à l’aise avec l’incertitude. Notre cerveau cherche la stabilité et les expériences familières. Pour ces raisons, il cherche constamment à créer des patterns et des modèles de pensée qui se répètent.

Changer, c’est remettre en cause l’existant. C’est prendre le risque de perdre ce que l’on a pour quelque chose de probablement meilleur. Pour un gain hypothétique.

Faire le premier pas est ce qu’il y a de plus dur. Le vrai challenge n’est pas de passer de 1 à 100, mais de 0 à 1.

Que se passe t-il concrètement si on ne se lance pas ?

La grenouille est un animal au sang froid.

Savez-vous ce qu’il se passe quand on en met une dans une casserole d’eau bouillante ? Soit elle parvient immédiatement à s’échapper, soit elle meurt dans les secondes qui suivent, ébouillantée.

Mais lorsque l’on commence d’abord par la mettre dans de l’eau froide et qu’on monte progressivement la température, elle ne le sent pas. Elle s’y habitue. Et quand elle le remarque, c’est trop tard, l’eau est déjà trop chaude et s’en est fini pour elle. Elle finit ébouillantée.

Elle s’y sentait bien dans l’eau froide. Le confort l’a finalement tué.

Et c’est exactement la même chose pour nous.

Incapable de reconnaître les moments où le changement est indispensable, on va commencer à se perdre dans la lassitude et la médiocrité. On va se ramollir petit à petit. On va accepter sa condition en pensant qu’il n’y a pas d’autre voie. On se dit alors qu’il est trop tard pour faire quoi que ce soit d’autre. Finalement, on accepte son sort. Et on se cache derrière toutes les excuses possibles pour justifier notre échec.

Et on devient comme la grenouille dans l’eau froide qui se réchauffe progressivement.

Alors qu’il fallait simplement commencer à se mettre en mouvement, à engager une dynamique. Aussi petite soit-elle.

La première étape indispensable au changement.

Dans “Rules for Radicals”, Saul Alinsky tente d’expliquer comment réussir une Révolution. Il explique à ceux qui ne possèdent rien comment renverser ceux qui possèdent, afin de prendre le pouvoir. Un texte à l’opposé du “Prince” de Machiavel, qui expliquait à ceux qui possèdent le pouvoir, comment le conserver.

Il explique qu’une Révolution, ou un changement, ne se décide pas du jour au lendemain.

Plusieurs étapes sont indispensables. Et la première consiste en une prise de conscience.

Il s’agit d’accepter et de digérer mentalement le fait qu’il est possible de faire les choses différemment. Une première phase d’éducation et de prise de confiance en ses capacités à changer sa condition actuelle est indispensable. Petit à petit, on va alors démonter l’idéologie sur laquelle reposent les voies traditionnelles, empruntées par la masse.

« Si les gens n’ont pas la sensation qu’ils ont le pouvoir de changer une mauvaise situation, ils n’y penseront même pas ».

« Une fois que les gens sont organisés et pensent qu’ils ont le pouvoir de faire changer les choses, quand ils seront face au changement, ils commenceront à réfléchir, à poser des questions à propos de comment faire que ce changement arrive ».

— Saul Alinsky

→ On réfléchit seulement à comment dépenser 1 million € une fois que l’on dispose réellement de ces 1 million € sur son compte en banque.

→ L’Homme a seulement commencé à explorer de nouveaux territoires une fois qu’il a découvert que la Terre était ronde.

Avec mes articles, mon objectif est de vous donner confiance en vous. De vous pousser à vous poser des questions et à remettre en cause votre perception du monde. Votre perception de ce qui est possible.

Vous donner espoir et confiance en votre capacité à changer les choses, que c’est à votre portée. Que d’autres avant vous l’ont fait. Et qu’ils n’étaient ni plus brillants, ni plus riches que vous.

Le changement se fait pas à pas.

« Les hommes n’aiment pas sortir de manière brusque de leur zone de confort et des expériences familières ; ils ont besoin d’un pont pour traverser à partir de leurs propres expériences, vers une nouvelle voie ».

— Saul Alinsky

Le changement est un processus long. Tout ce qui a de la valeur dans la vie demande du temps et de la pratique. Les premières racines d’un bambou mettent 5 ans à sortir de terre.

On a souvent tendance à voir le succès à postériori. On imagine les grands artistes comme étant des génies, possédant un don de la nature. Les grands entrepreneurs nés sous la bonne étoile. Les grands sportifs très talentueux, etc …

On ne parvient pas à vivre de son art du jour au lendemain.

Mais quand on écoute ces personnes parler, elles répètent toutes irrémédiablement la même chose : elles ont commencé petit, elles ont fait de nombreuses erreurs. Et surtout, le succès a mis plusieurs années à se dessiner.

Il est très difficile de changer de vie ou de quitter son job du jour au lendemain pour poursuivre ses rêves sans n’avoir rien préparé au préalable. Ce serait la pire chose à faire.

En amont, il faut au minimum avoir réfléchi à un plan d’action concret, avoir développé des compétences pratiques. Avoir des pistes sur lesquelles travailler. Avoir un site Internet qui tourne. Une audience que l’on pourrait monétiser. Des clients qui seraient prêts à payer pour ce que l’on fait …

Le changement se nourrit de frustration.

Les échecs, les frustrations et les déceptions sont les meilleurs moteurs de changement qui puissent exister. À la condition de reconnaître sa part de responsabilité individuelle dans ses erreurs. Il est toujours plus facile de blâmer les autres en cas d’échec. Mais le progrès arrive uniquement quand on accepte sa part de responsabilité, qu’on tire un diagnostic honnête de ce qui n’a pas marché et qu’on réfléchit à comment faire mieux.

Si cet article n’est pas lu, ce n’est pas parce que les gens sont trop bêtes pour ne pas s’y intéresser et comprendre ce que je dis. Mais parce que je n’ai pas réussi à les intéresser au point de passer un peu de temps à lire ces quelques lignes.

Pour Robert Greene, il existe deux types de périodes dans notre vie :

  • Les Dead Times : pendant ces moments, nous sommes passifs. Nous laissons les événements avoir une emprise sur nous et les subissons.
  • Les Alive Times : pendant ces périodes, chaque jour est utilisé pour devenir meilleur que la veille. Nous agissons concrètement et voyons chaque instant comme une opportunité d’apprendre.

L’objectif est de rester constamment dans les Alive times. Même dans la pire des situations. Voyez chaque échec comme une leçon et une opportunité de grandir.

Une peine de prison peut être vécue de deux façons :

→ On peut sombrer totalement et ne plus jamais s’en relever.
→ On peut profiter de ces années pour réfléchir, lire, écrire, faire de l’art … Et ressortir meilleur qu’avant.

Casey Neistat est un des Youtubeurs les plus populaires.

Il a commencé sa carrière en tant que plongeur et cuisinier dans un restaurant du Connecticut. Il raconte régulièrement comment s’est déroulé son ascension. Le processus était long et difficile. Il n’avait pas d’argent. À l’âge de 17 ans, il était déjà père d’un petit garçon. Son travail lui permettait de survivre avec sa famille tant bien que mal. Au mois de juin 2001, à l’âge de 20 ans, il décide de suivre son rêve et de déménager à New-York dans le but de devenir réalisateur.

Il n’avait jamais abandonné ses rêves de cinéma et continuait à faire des vidéos aussi souvent que possible. Il s’est nourri de ses propres frustrations et est constamment resté en Alive Time. Il passait des heures et des heures en cuisine, à ruminer sur la vie qu’il aurait aimé avoir et échafaudait un plan pour atteindre ses ambitions.

Aujourd’hui, Casey Neistat approche les 8 Millions d’abonnés sur Youtube et comptabilise près de 2 milliards de vues sur ses vidéos. Il est le Youtubeur avec l’une des croissances les plus fortes sur sa chaîne grâce notamment à la publication d’une vidéo par jour. Il vit de son art.

J’ai choisi de vivre. Et vous ?


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