Leaders Eat Last : Comment devenir un vrai leader qui mérite d’être suivi

Découvrez quelques leçons pragmatiques sur le leadership.

Temps de lecture estimé : 8 minutes

Dans Pourquoi Les Vrais Leaders Se Servent En Dernier, Simon Sinek s’interroge sur la nature du leadership, des conséquences d’un mauvais leadership et de comment nous pouvons devenir un bon leader qui mérite d’être suivi.

Simon Sinek est un des orateurs les plus reconnus dans le domaine du leadership. Son TED Comment les grands leaders nous inspirent à l’action est l’un des plus visionnés de l‘histoire de l’organisation.

Dans cet article, nous allons découvrir les ingrédients du leadership pour favoriser un environnement de confiance, d’épanouissement et de soutien qui assure que le groupe progresse et agisse dans le bon sens.

La hiérarchie est ancrée dans notre biologie

Notre besoin de hiérarchie et de leadership est enraciné dans notre biologie. Tout se résume à des hormones, qui ont évolué au cours des âges pour nous pousser à agir dans notre meilleur intérêt.

Le sentiment de bonheur, de fierté, de joie, d’amour, d’accomplissement est produit par 4 hormones prédominantes.

  1. L’endorphine : est l’hormone qui masque la douleur physique. Nos ancêtres chasseurs-cueilleurs étaient faits pour l’endurance ; ils pouvaient fatiguer une proie pendant des heures même s’ils étaient blessés. Et ils étaient prêts à recommencer parce que cela leur apporte du plaisir. C’est un bon système pour la survie du groupe.
  2. La dopamine : est l’hormone qui s’assure que vous agissez pour obtenir ce que vous désirez. Pour ce faire, elle vous récompense avec un sentiment de satisfaction à chaque fois vous avez accompli une tâche, comme cocher une case de to-do list, prendre du muscle ou perdre du poids.
  3. La sérotonine : est l’hormone du leadership, elle est responsable du sentiment de confiance, de fierté et de statut. En tant qu’animaux sociaux, nous avons besoin de la reconnaissance des autres. La sérotonine encourage à tisser des liens sociaux et motive à coopérer pour mieux travailler et survivre.
  4. L’ocytocine : est l’hormone qui provoque le sentiment d’amour, de confiance et d’amitié. Cette hormone est sécrétée en présence de nos amis les plus proches. C’est la raison pour laquelle nous adorons passer du temps avec nos amis même si nous ne faisons rien avec eux, on peut rester regarder la télé parce qu’on adore leur compagnie. L’ocytocine est ce que nous recherchons le plus.

Pour Sinek, les deux premières hormones (endorphine et dopamine) sont des hormones égoïstes parce que vous n’avez pas besoin de l’aide de quelqu’un d’autre pour les avoir. Ces hormones n’apportent aucun sentiment d’accomplissement, d’amour et de confiance, mais permettent de progresser.

La sérotonine et l’ocytocine affectent nos vies sociales en nous aidant à nouer des relations avec d’autres personnes.

L’ocytocine s’obtient par le contact physique (une poignée de main, un câlin, une tape de complicité) et par des actes de générosité. Un acte de générosité humaine est défini comme donner votre temps, votre énergie en n’attendant rien en retour.

Prendre des risques pour prendre soin des autres, c’est la définition anthropologique de ce qu’est un leader. Un leader construit la confiance en fournissant son temps, son énergie, son argent.

Donner votre temps et votre énergie est la raison pour laquelle le leadership est vraiment difficile parce que vous ne pouvez pas donner à tout le monde. Vous devez vous assurer de faire confiance aux autres et cela se passe dans le cercle de sécurité et d’appartenance.

Le cortisol, un mal pour un bien ?

Le cortisol est l’hormone qui génère du stress et de l’anxiété. Elle est conçue pour nous maintenir en vie, elle aiguise l’attention de nos sens en réponse à toute menace, nous rend paranoïaques et active la réponse combat-fuite selon l’intensité du danger.

Pour approvisionner cette énergie supplémentaire, le cortisol à besoin de bloquer tous des systèmes qui ne sont pas essentiels au moment présent (croissance, système immunitaire). Cela reste momentané et disparaît une fois à l’abri du danger. Vous n’êtes pas supposé maintenir le cortisol.

Seulement, lorsqu’on travaille dans un endroit qui ne donne pas le sentiment d’appartenance et de sécurité, le cortisol est sécrété dans le corps et cela nous rend paranoïaques (« je sais que mon patron ne m’aime pas »).

Une des choses que le cortisol fait est d’entraver la sécrétion d’ocytocine. Biologiquement, si vous travaillez dans un environnement hautement stressant vous ne sentez pas en sécurité, vous êtes biologiquement moins empathiques et moins généreux, on ne se soucie pas des autres parce que nous sommes trop préoccupés à nous protéger nous-mêmes.

Les leaders favorisent un environnement sûr pour encourager le progrès

Dans les temps préhistoriques, le danger était présent en permanence : nous devions nous protéger contre les prédateurs, les autres tribus rivales et les maladies, tout en essayant simultanément d’obtenir de la nourriture et un abri.

Vivre en groupe, cependant, nous permet de diviser les tâches nécessaires à l’auto-préservation, nous permettant ainsi de nous concentrer sur d’autres projets spécifiques, tels que la création de meilleurs outils. Ceux-ci, à leur tour, nous aident à progresser en tant que sociétés.

En tant que tel, nos cerveaux ont évolué pour donner la priorité au sentiment de sécurité, c’est pourquoi nous faisons maintenant des choses étranges comme rester dans des emplois que nous détestons simplement parce qu’ils nous font sentir en sécurité.

Notre cerveau recherche le confort et la sécurité. C’est son mode par défaut, sans cela, nous n’aurions pas survécu jusqu’ici.

Aujourd’hui, dans notre société contemporaine, tous nos problèmes de sécurité tournent autour de l’argent.

Pour Sinek, le travail d’un leader est d’apporter la sécurité à ceux qui le suivent, afin qu’ils puissent se concentrer sur la réalisation de leur vision commune.

Pour cela il parle d’un « cercle de sécurité » pour désigner une zone où les employés sont en confiance et consacrent donc plus de temps à saisir des occasions pour aider l’entreprise à prospérer et innover. Plus le cercle de sécurité autour du groupe est grand, plus les progrès sont rapides.

Comment savoir si vous êtes dans un cercle de sécurité ? Cela se joue beaucoup dans le ressenti. Vous pouvez vous sentir valorisés par vos collègues et pris en charge par vos supérieurs. Vous avez le sentiment d’avoir la confiance de votre organisation et qu’ils feront tout pour vous aider à réussir.

Chez Google, un employé peut passer un jour par semaine sur n’importe quel projet de son choix, la nourriture est gratuite et ils sont invités à poser des questions qu’ils veulent dans des réunions dédiées pour faire part de leurs idées, de leurs suggestions. Cela favorise un sentiment de sureté.

En revanche, si vous vous inquiétez des politiques de l’entreprise, qu’un de vos collègues ne vous fait pas confiance ou que vous éprouvez des soupçons de méfiance à l’égard de votre patron, alors c’est autant d’énergie que vous n’investissez pas dans votre travail parce que vous consacrerez votre temps à vous maintenir en sécurité. Ce sentiment de défiance sème les graines de la destruction.

Les entreprises qui n’accordent pas la priorité à leurs employés ne s’entourent que de mercenaires désincarnés qui ne viennent que pour de l’argent. Ce court terme se répercute sur la vision à long terme d’une entreprise qui aura besoin de mutualiser sa culture pour agir et avancer comme un seul corps.

La clé du progrès est de faire confiance à vos employés et de leur permettre de travailler à leur plein potentiel. Prendre soin des autres dans l’adversité, s’entraider et réussir ensemble cimentent des liens forts et structurent une fidélité à toute épreuve.

Être responsable, c’est apporter des réponses et se soucier des autres

Lorsque vous êtes un leader, vous avez du pouvoir et donc des responsabilités. Par définition, la responsabilité est la nécessité morale de répondre, de se porter garant de ses actions ou de celles des autres.

Pour Sinek, la responsabilité d’un leader tient sur deux points :

  1. Le leader doit déterminer ce qui est à l’intérieur du cercle d’appartenance, d’identifier le pourquoi (quels sont nos valeurs, quels sont nos croyances).
  2. Décider de la grandeur du cercle de sécurité et d’appartenance. Jusqu’où cela s’étend ? Mieux vaut que cela puisse atteindre aussi le stagiaire.

Que ce soit dans une entreprise, avec vos collègues ou votre famille, vous devez avoir conscience que vos actions en tant que leader ont un impact direct sur la vie des gens.

C’est pourquoi l’empathie est le trait le plus important d’un chef. Si vous pouvez vraiment vous mettre à la place d’autrui, de percevoir ce qu’ils ressentent, vous vous en soucierez vraiment, et vous gagnerez leur confiance.

Actuellement, ma liste de courriels compte plus de 1 100 personnes. J’ai supprimé à contrecœur 500 courriels parce que ces abonnés étaient inactifs et se sont donc écartés du cercle d’appartenance que j’ai défini (ils n’ont pas ouvert le moindre courriel après 2 mois).

Je fais cela pour plusieurs raisons. D’abord, parce que je veux m’assurer que je m’adresse à des personnes réellement intéressées par mon travail. Ensuite, parce que je veux leur présenter le meilleur contenu utile et inspirant qu’ils liront dans leur semaine. Enfin, parce que je veux bâtir de la confiance avec des personnes actives afin qu’on puisse apprendre ensemble.

C’est pourquoi, lors de l’inscription à ma newsletter, j’invite les nouveaux abonnés à me partager leurs défis personnels afin de savoir comment je pourrais les aider à travers mon travail.

Selon mes ressources, je peux leur proposer des recommandations pour répondre à leurs problématiques et parfois même leur proposer de s’appeler pour leur suggérer des solutions et des stratégies plus concrètes.

Il est de ma responsabilité de répondre à leurs besoins et leurs envies afin qu’ils puissent mieux vivre et penser selon leurs aspirations. C’est ma promesse et je me dois de la tenir envers les personnes qui ont décidé de me faire confiance.

Favoriser un environnement de travail de confiance

« Si nous travaillons dans un environnement où le leadership dit la vérité, où les licenciements ne sont pas occasionnés par défaut dans les moments difficiles et où les structures de motivation ne nous opposent pas, le résultat, grâce à l’augmentation des niveaux d’ocytocine et de sérotonine, c’est la confiance et la coopération. » — Simon Sinek

Simon souligne le rôle des leaders comme étant le plus important. Ce sont eux qui doivent faire des sacrifices pour s’assurer que ceux qui travaillent avec eux et au-dessous soient pris en charge, respectés et satisfaits.

Ayez du courage

Simon identifie le courage comme l’une des caractéristiques les plus importantes chez un leader. En tant que leader, vous devez être courageux pour protéger ceux qui travaillent pour vous à tous les échelons.

En retour, les travailleurs se sentiront en confiance, ils auront l’impression d’avoir l’espace, la liberté et la capacité de travailler plus fort, d’innover sur de nouvelles idées, de prendre des risques et de savoir qu’ils seront soutenus par leurs dirigeants.

Si le chef n’est pas courageux et que les employés ne se sentent pas protégés, ils seront plus susceptibles de ne pas innover de peur de faire quelque chose de mal ou d’enfreindre une règle. Ils vont simplement venir au travail, faire ce qu’il faut d’eux et rien de plus. Et cela crée des employés malheureux.

5 leçons de leadership

Simon présente ses cinq leçons clés de leadership :

  1. La culture est le gouvernail de l’entreprise. Une culture dicte comment les employés abordent divers problèmes, traitent les clients et hiérarchisent les valeurs. Si la culture fait défaut, les succès de l’entreprise feront également défaut. Quand la culture est celle de la confiance, l’entreprise tirera profit de l’innovation et des travailleurs acharnés.
  2. Le leader prend toujours ses responsabilités pour ses employés, que ce soit dans le succès ou les échecs. Pour leur donner la responsabilité et les tenir responsables pour faire avancer la mission. Si le capitaine fournit la direction et la protection, l’équipage fera ce qui doit être fait pour faire avancer la mission.
  3. L’intégrité compte. Les dirigeants doivent avoir l’intégrité, dire la vérité, quoi qu’il en soit, c’est la fondation pour construire la confiance essentielle.
  4. L’importance des relations humaines. La liaison avec vos collègues en dehors de l’environnement de travail est importante. Gardez le contact réel, rencontrez les personnes que vous aidez. Quitter le lieu de travail vous donne l’opportunité de vraiment vous connaître, de voir vos collègues comme des gens et des amis plutôt que comme des collègues ou, pire encore, comme des concurrents.
  5. Diriger les personnes, pas les chiffres. Les entreprises ont besoin de regarder au-delà du profit, bien que ce soit l’objectif de chaque entreprise, cela ne peut pas constituer la seule priorité.

C’est un besoin humain fondamental de se sentir protégé et respecté. Il est important que les dirigeants fassent ressentir cela à leurs employés. Pour ce faire, la clé est d’habiliter vos employés à se faire confiance mutuellement et de leur permettre de travailler à leur plein potentiel.

Un vrai leader doit toujours dire la vérité et doit être courageux. Nous devons nourrir nos relations et donner la priorité aux rencontres dans la vie réelle plutôt que de sombrer dans la paresse virtuelle.

Les entreprises doivent regarder au-delà du profit, bien que ce soit l’objectif de chaque entreprise, cela ne peut pas être la seule priorité.

Le leadership n’est pas un rang. Le leadership n’est pas une position. Le leadership est un choix. À partir du moment où vous décidez de prendre soin des autres, vous êtes devenu un leader.


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