Pourquoi sortir de sa zone de confort est-il devenu vital ?

Apprenez à voler plus haut

Aziz Acharki — Unsplash

C’est dans les eaux du sud de l’île grecque de Samos qu’Icare a trouvé la mort. Son père et lui étaient retenus dans le labyrinthe du Minotaure, condamnés par le roi Minos pour trahison.

Pour s’échapper par le ciel, le père d’Icare, Dédale, eut l’idée de fabriquer pour chacun d’eux, une paire d’ailes. Et bien que son père l’avertit de ne pas voler trop haut, au risque de faire fondre la cire retenant les ailes à son corps, Icare plein d’orgueil, vola trop près du soleil. Nous connaissons la suite ; il perdit ses ailes pour terminer noyé.

Cette histoire n’est qu’une partie du mythe d’Icare. Son père l’avait aussi prévenu de ne pas voler trop bas, au risque que la mer puisse alourdir ses ailes. Mais, il est bien plus facile de nous rappeler qu’il ne faut pas se faire remarquer, ne pas désobéir, ni prendre trop de risques, plutôt que de risquer trop discret.

Dans son livre, La supercherie d’Icare, Seth Godin parle de notre place dans la société. Il développe la part à accorder à la créativité et à l’art. Il traite également de notre capacité à nous exprimer et à faire la différence.

Dans cet article, nous allons comprendre :

  • Pourquoi les règles du travail ont-elles changé ?
  • Comment trouver des alternatives à la conformité ?
  • L’importance de transformer notre travail en art

Les règles du jeu ont changé

Les règles dans le monde du travail ont changé. Pour nos grands-parents et nos parents, l’objectif était de trouver une entreprise, de respecter les règles, de faire ce qu’on leur demandait et donc de ne pas voler trop près du soleil.

La nouvelle économie en marche

Aujourd’hui, nous ne sommes plus obligés de répéter ces mêmes principes. Il vaut toujours mieux essayer et se tromper, plutôt que de rester dans sa zone de sécurité. Nous ne passerons pas toute notre vie dans une seule et même entreprise. Beaucoup d’entre nous changeront et découvriront très probablement de nouveaux métiers. Des métiers qui, d’ailleurs n’existent peut-être même pas encore aujourd’hui.

Et pourtant, la mentalité “industrielle” est toujours présente dans les grandes entreprises. À l’époque, les produits et services créés ont prospéré car ils étaient produits en masse, rapidement et avec des coûts les plus faibles possibles. Il y avait alors peu de risque et de variation possible dans la production et la commercialisation de tels produits.

Mais nous sommes aujourd’hui dans l’ère de l’économie connectée. Tout l’enjeu est de réussir à créer suffisamment de valeur pour impacter les gens. Cette approche prend ainsi le contre-pied de ce qui était alors la norme il n’y pas si longtemps de ça.

Quand le monde change, écrit Seth Godin, les industriels deviennent stressés. Pourquoi ? Parce que leur système n’est pas pensé pour changer. L’objectif est de maximiser leur profit.

Lui, est convaincu que nous sommes tous des artistes. Il suffit de s’affranchir des codes de l’âge industriel pour expérimenter de nouvelles manières d’approcher le monde du travail.

Les révolutions entraînent le chaos. C’est pour cela qu’elles sont révolutionnaires. - Seth Godin

Comment devenir un artiste ?

Lorsqu’on parle d’art, il n’est pas seulement question des tableaux que l’on expose dans les galeries ou les musées. L’art est plus profond. C’est ce que nous produisons tous ; de nos mains ou avec un ordinateur, peu importe. Il se construit sur une vision, un engagement et une attitude vis-à-vis de notre environnement.

L’économie connectée bouleverse notre rapport à la création.

Aujourd’hui, lorsque nous voulons nous exprimer et faire passer nos idées, il suffit d’écrire sur Medium. Lorsque nous voulons créer un projet vidéo, il n’y a plus qu’à poster notre vidéo sur Youtube.

Internet nous a permis d’être connectés avec n’importe qui dans le monde. Cela a changé notre rapport au temps, à l’information et aux usages.

“Fais ce qu’on te dit, sois prudent et tu gagneras ta vie” n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Il est peut-être plus difficile de bien gagner sa vie aujourd’hui, mais il existe d’innombrables alternatives pour être épanoui dans ce que l’on fait chaque jour.

Déplaçons notre zone de confort

Nous partons tous du principe que ce qui nous est agréable, nous protège. Mais cette révolution a bousculé les règles pré-établies. Notre zone de sécurité s’est déplacée. Les endroits où nous nous sentions en sécurité — bureau près de la fenêtre, emploi stable, école prestigieuse, ne nous protègent plus.

Cette nouvelle zone de sécurité est un lieu de production, de créativité, d’innovation et parfois de destruction. Elle favorise désormais l’interconnexion et la relation entre tous.

Il faut alors réussir à repenser notre zone de confort, où l’on se sent bien avec cette nouvelle zone de sécurité. Pour réussir, nous avons besoin de créer du changement, de faire évoluer notre travail et de se remettre en question.

Une alternative à la conformité

Laissons la conformité aux industriels et aux grandes entreprises.

La conformité ne nous rend pas heureux

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises se rendent compte que le temps passé avec leurs clients créé bien plus de valeurs que l’acquisition de leur dernière ligne de production. Le système industriel a rendu le contact avec le client totalement impersonnel. C’est une course à la conformité.

Et c’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de start-ups réussissent en construisant une relation sincère avec leurs clients. J’ai récemment entendu un talk de Florent Robert, co-fondateur de Bruno. Sa startup dans le secteur bancaire s’est construite sur une relation de proximité avec ses bêta-testeurs, là où les banques traditionnelles sont à des années-lumières de créer de vraies relations avec leurs clients.

On retrouve également cette conformité dans les CVs. Les entreprises traditionnelles nous demandent la même chose. Tout le monde a les mêmes CVs, impersonnels au possible. Ces entreprises sont à la recherche de signes de conformités. Elles ont besoin de se rassurer en se disant qu’une école prestigieuse est un gage de qualité.

Pourquoi demandent-elles encore cela lorsque d’autres entreprises veulent nous entendre parler d’un projet ou d’une réalisation dont nous sommes fiers ?

Détachons-nous de l’école

Pour réussir aujourd’hui, il faut être capable de voir plus loin que son diplôme. L’école échoue à nous apprendre et ce diplôme a de moins en moins de valeurs pour ces entreprises de la nouvelle économie.

Elle est devenue un système industriel où chacun de nous est la copie conforme de son voisin. Comment réussir alors à se différencier ?

Ce qui compte, c’est ce que nous faisons, ce que nous créons. Nous devons tous réussir à sortir du cadre scolaire pour apprendre et développer nos compétences par nous-même.

C’est en faisant que l’on s’améliore. La théorie ne suffit plus dans un monde ultra-connecté avec une concurrence globalisée.

Il est bien plus intéressant pour un recruteur de regarder ce que nous avons créé sur Internet ou notre profil LinkedIn plutôt qu’une feuille A4, présentant notre parcours scolaire et nos expériences.

Quel que soit notre métier, développer des projets sur Internet permet d’envoyer un signal fort sur nos compétences et notre volonté de faire des choses qui comptent.

Comment apprendre du bébé singe ?

Quand un chaton est en danger, sa mère le saisit par la peau du cou pour le mettre en sécurité. Le bébé singe, lui, n’a pas d’autres choix que de s’accrocher au dos de sa mère s’il veut s’en sortir […] Le bébé singe obtient son salut par lui-même, le chaton est sauvé grâce à l’intervention d’un autre.

L’économie industrielle s’est construite sur le modèle du chaton. Il fallait respecter les consignes et l’autorité et ne surtout pas faire preuve d’initiative. Le monde a changé et l’économie de connexion laisse la place au bébé singe.

Par instinct naturel, nous attendons l’autorisation avant de faire les choses. En effet, l’approbation nous rassure. Mais dans cette nouvelle économie connectée, personne ne nous dira quoi faire.

Personne ne vous choisira. Choisissez-vous. - Seth Godin

Nous avons désormais une infinité de connaissances et de connexion à notre disposition. Nous pouvons donc apprendre et développer de nouvelles compétences plus rapidement et plus efficacement qu’avant.

Cette abondance conduit alors vers deux formes de compétition :

  • Compétition vers le bas : chercher à vendre toujours moins cher
  • Compétition vers le haut : chercher à devenir une pièce maîtresse dont on nous ne pourra plus se passer.

Ce dernier point m’a fait penser à Buffer. En discutant avec leurs clients, ils se sont aperçus que la valeur perçue était bien plus grande que le prix facturé. Ils ont alors testé de doubler leur prix. Leur taux de conversion n’a pas diminué ; la valeur ajoutée était bien trop importante pour leurs clients.

Passons à l’action !

Le succès est la capacité d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. - Winston Churchill

L’art est personnel et doit refléter “l’artiste”, et ce, en quoi il croit. L’objectif lorsque l’on fait quelque chose que l’on aime, n’est pas d’être populaire, mais de faire un travail qui a de la valeur pour les personnes que nous choisissons de toucher.

L’ancien travail pouvait ressembler à ça : remplir des formulaires, assister à des réunions, écouter la hiérarchie. C’était bien trop mécanique.

Maintenant nous devons oser faire autre chose, prendre des initiatives, poser des questions, apprendre et recommencer. Nous devenons responsables de nos actions.

En revanche, en se lançant, il ne faut pas trop s’inquiéter du résultat. Peut-être que le produit que nous avons créé ne marchera pas, peut être que nos amis trouveront ça stupide d’écrire sur Medium. Mais cela n’a pas d’importance. Le plus important est de continuer à apprendre en faisant ce que l’on aime faire, tout en restant humble !

Il faut s’affranchir de l’autorité et arrêter de d’attendre l’autorisation à quelqu’un pour faire quelque chose. Avoir du cran, c’est aussi refuser de se soumettre. Le processus n’est pas facile, mais notre motivation nous aidera à avancer.

C’est parfois compliqué de changer ses habitudes et de se lancer pour faire ce qu’on a vraiment envie de faire. Nous avons peur parce que nous ne savons pas ce qu’il y a au bout du processus. Mais il n’est jamais trop tard pour commencer par une petite action.

C’est ce que vous faites qui est exceptionnel, pas ce que vous êtes. - Seth Godin

L’art de transformer son travail

Nous ne voyons jamais le monde tel qu’il est mais comme nous nous le représentons. L’effet placebo n’est pas le seul apanage des médicaments.

Nous voyons ce que nous croyons, et pas l’inverse. Il faut alors apprendre à voir les choses sous un autre angle pour transformer notre approche du travail et notre rapport aux autres.

Si on ne fait pas ça, on se conforte dans nos idées et dans notre zone de confort. Il devient alors plus difficile de nous améliorer et de voir autre chose que ce que l’on connaît déjà.

Améliorer sa créativité passe aussi par là : changer d’environnement, explorer un nouvel univers musical, lire des livres qui nous surprennent, etc.

Notre travail doit se transformer en art, à notre échelle. Chacun doit prendre à son tour des responsabilités et s’approprier les résultats de petites expérimentations, réussies ou non. Il faut avancer étape par étape, et ce, quelque soit l’environnement dans lequel nous travaillons chaque jour.

Il faut accepter de n’avoir jamais terminé. À la fin d’une journée de travail, il reste toujours un tweet à poster, une photo à retoucher, un article à publier ou un mail à envoyer. Et c’est tant mieux ! Accepter cette idée de n’avoir jamais terminé nous permet de ne jamais tomber dans la monotonie et de réévaluer sans cesse notre zone de confort.

L’art est un processus sans fin. Arrêtons de faire ce qu’on nous a dit de faire. Arrêtons de voler trop bas juste pour la carotte à la fin du mois.

Commençons par nous connecter les uns aux autres, diffusons nos idées et faisons des choses qui comptent pour nous. Le monde aura alors l’air bien différent.

Nous sommes tous des génies. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. — Albert Einstein

Pour découvrir l’intégralité du livre → La supercherie d’Icare

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