Vous souffrez d’anxiété sociale ? La science est formelle : pratiquement personne ne pense à vous.

Emmanuel Laurent
Sep 28 · 8 min read

Cet article a été publié initialement sur le blog que je consacre au développement personnel : https://laviextra.com/

Souffrez-vous d’anxiété sociale ?

Soyez sincère.

Combien de fois par jour vous demandez-vous de quoi vous avez l’air ?

Combien de temps consacrez-vous, chaque jour, à douter de la justesse de votre attitude ?

De la pertinence de vos propos ?

À savoir si, oui ou non, vous allez plaire ?

Et à interpréter chaque expression de votre interlocuteur comme un jugement final ?

Usant, non ?

Usant et sans fondement, comme nous allons le voir dès maintenant si vous voulez bien me suivre.

Comme nombre de ceux qui débordent du cadre pour une raison ou une autre, j’ai longtemps été obsédé — sans m’en apercevoir — par une forme d’anxiété sociale qui peut se résumer ainsi : vais-je être accepté ?

Dans mon cas, l’affaire a débuté par une question récurrente au sujet de mon bronzage naturel :

Tu es de quelle origine ?

Ma mère est Française, mon père est Malien.

Mais dans l’esprit des gens, je suis Réunionnais.

Ou Algérien.

Ou Pascal Légitimus.

L’un de ces individus n’est pas Pascal Légitimus. Sauras-tu le retrouver ?

Sérieusement.

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a demandé ce que j’attendais pour reformer Les Inconnus.

Pascal, si tu lis ces lignes, sois tranquille : je leur explique qu’en ce moment je suis débordé, mais qu’ils ne sont pas à l’abri d’une bonne surprise.

À vrai dire, être souvent confondu avec Pascal Légitimus est plutôt amusant et en aucun cas préjudiciable, compte tenu du formidable capital sympathie dont jouit l’acteur.

En d’autres occasions, cependant, ma différence a donné lieu à certains désagréments.

Mais il est inutile de les détailler, car aujourd’hui, à 45 ans, voilà ce que je peux affirmer :

La pire discrimination que j’ai eu à subir est celle-là même que je me suis infligée par crainte du jugement d’autrui.

Et sous mille autres formes, cette anxiété sociale continue à se manifester de façon régulière sauf qu’aujourd’hui, j’ai pris conscience du phénomène.

En premier lieu, j’ai compris qu’il est inutile de chercher à censurer ce type de réflexions — ces bulles issues des profondeurs finissent à coup sûr par gagner la surface.

Aujourd’hui, lorsque surgit une inquiétude quant à l’un des innombrables défauts dont je serais affligé et qu’autrui a sûrement découvert, je ne monte plus dans le train du monologue qui file sans escale vers le royaume de l’inadéquation.

Lorsque cette anxiété se manifeste, je la traite comme un spot de publicité : je détourne le regard en attendant la reprise du programme qui mérite, lui, toute mon attention.

Comment y parvenir ?

Dans mon ebook 10 Impératifs Pour Cesser de Foirer, j’aborde en détail l’origine de cette anxiété sociale qui nous habite depuis que nous vivons en tribus.

En bref : être accepté par nos pairs a longtemps été une question de vie ou de mort.

Or ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais plusieurs millénaires d’évolution n’y ont rien changé : vous et moi continuons à danser sur les braises dès qu’il est question de ce qu’autrui pense de nous.

Vous êtes persuadé que votre prochain passe le plus clair de son temps à vous juger ?

La science n’est pas d’accord.

À vrai dire, selon la science, pratiquement personne ne pense à vous.

Comment ça, personne ne pense à moi ?!!

Et ma famille ?

Mes amis ?

Mes collègues ?

Et les personnes que je croise chaque jour ?

Et toutes celles avec qui je suis connecté ?

C’est du poulet ?!!

Selon la science, oui.

À 78 %.

En 1997, une étude consacrée au contenu des conversations humaines a établi que 78 % de nos échanges sont consacrés à nous-mêmes et à notre perception du monde.

Voilà ses conclusions :

Sur le plan social, la fonction principale de la conversation est de permettre à celui qui parle de communiquer autant d’informations que possible sur sa propre personne.

Dunbar, Marriott & Duncan

Par conséquent, le premier pas pour vous libérer de votre anxiété sociale consiste à intégrer le fait que la plupart des individus parlent essentiellement d’eux-mêmes.

Or l’affaire ne s’arrête pas là.

En 2013, une étude menée à Harvard a également montré que la majorité des individus est victimes d’un biais cognitif (soit une perception erronée) appelé « ancrage ».

Souvent, les gens se réfèrent à leur propre expérience pour appréhender l’expérience des autres.

Tamir & Mitchell

À titre d’exemple, imaginons que vous ne soyez pas à l’aise au milieu de la foule.

Si Fernand vous raconte qu’il a assisté au concert des Stones à Rio en compagnie d’un million et demi de spectateurs, vous allez présumer que l’expérience était plutôt désagréable même si, pour Fernand, ce fut la nuit de la décennie.

Fernand à la plage

En résumé : les rares fois où les gens pensent à vous, c’est au travers du filtre de leurs propres perceptions.

Et par-dessus le marché, la plupart du temps, les gens ne pensent qu’à eux-mêmes.

POURQUOI LES GENS NE PENSENT-ILS QU’À EUX ?

Selon une étude menée en 2018, lorsque notre cerveau n’est pas sollicité par un stimulus externe, une zone appelée MPFC/DA 10 s’active.

Cette zone correspond au « mode repos » cérébral.

Or l’imagerie médicale a montré que cette même zone s’active lorsque nous pensons à nous-mêmes.

En d’autres termes, lorsqu’il est au repos, notre cerveau est programmé pour nous faire penser à nous-mêmes.

À la lumière de ces avancées scientifiques, prenons un instant pour reconsidérer notre anxiété sociale, laquelle est donc fondée sur notre crainte du jugement d’autrui.

« On est d’accord que je viens de fournir la pire explication depuis l’invention du langage, là ? »

« Réveillez-moi. Par pitié. Jurez-moi que ce n’est pas moi qui ressemble à ça ! »

« C’est définitif. Tout le monde me prend pour un demeuré. »

Etc.

Voilà ce que vous vous dites.

Mais que se disent les autres ?

Impossible de le savoir.

Mais le scénario le plus probable est que les autres se demandent ce que vous pensez d’eux.

Ils sont vraisemblablement en train de s’interroger sur l’image qu’ils projettent tandis que vous vous contorsionnez pour entrer dans un cadre qui n’existe que dans votre imagination.

Pour la plupart des gens, vous êtes une luciole devant un feu d’artifice tiré en leur honneur.

Bon.

Assez parlé de moi.

À ton tour.

Alors, dis-moi un peu.

Qu’est-ce que tu penses de moi ?

Bien entendu, cela n’empêche personne de juger son prochain ni d’émettre quelque commentaire désobligeant sur Pierre, Paul ou Fernand.

D’ailleurs, pour un rappel à la réalité, rendez-vous sur YouTube et parcourez la section des commentaires sous une vidéo choisie au hasard.

Tenez : prenons le Best-of de Mozart, par exemple.

Cinquante-sept mille personnes ont jugé nécessaire de suspendre le cours de leurs activités pour cliquer sur pouce en bas et ainsi signifier au plus grand nombre qu’ils désapprouvent le meilleur de Mozart.

57 000.

Arrêtez la planète, je veux descendre.

Je vous comprends.

Mais soyons indulgents, car, en réalité, ces critiques ne sont pas destinées à leur cible.

En tous cas pas uniquement.

Que se passe-t-il dans l’esprit de celui qui vous critique de façon gratuite ?

Quelles fragilités révèle en réalité son comportement ?

Selon l’hypothèse de l’ancrage évoquée plus haut, les critiques les plus brutales d’autrui à votre encontre dévoilent en définitive ses propres insécurités, les doutes qu’il entretient à son propre sujet, mais qu’il projette sur vous afin de mieux les condamner.

Sans en être conscient, celui qui vous critique « ancre » ses propres jugements négatifs sur votre personne.

Ainsi, selon le même principe, lorsque vous avez la sensation d’être jugé par autrui, c’est parce que vous vous jugez vous-mêmes.

Sans fondement.

Quelle navrante perte de temps et d’énergie.

Voilà pourquoi il est grand temps de se détendre et d’envisager le bon côté de cet égocentrisme qui accapare nos pensées, tous autant que nous sommes.

Puisque vous occupez si peu de place dans l’esprit des autres, voilà qui libère autant d’espace pour enfin vous déployer et, partant, vous mettre à danser comme si personne ne regardait.

Ou bien, si vous préférez procéder par étapes avant d’improviser un foxtrot chaloupé à la terrasse du bistrot, commencez par identifier ces pensées toxiques à chaque fois qu’elles surgissent.

Ne cédez plus à la tentation de l’auto-dénigrement qui alimente votre anxiété sociale.

Laissez passer les réflexions qui suggèrent que vous n’êtes pas assez ceci ou qu’il vous manque cela sans leur fournir le carburant de votre attention.

Chaque fois que vous sentez poindre cette inquiétude, souvenez-vous qu’il ne s’agit que d’un spot de publicité.

Et que, comme tous les spots de publicité, il interrompt le cours de vos pensées pour vous faire sentir inadéquat, incomplet, à la seule fin de créer en vous une sensation factice de manque, laquelle est destinée à vous faire acheter un produit dont vous n’avez pas besoin — en l’occurrence, un sentiment d’insécurité chronique.

Cessez simplement d’y accorder toute votre attention.

Patientez, le temps que la réclame prenne fin.

La libération ne se produira pas de façon définitive dès vos premières tentatives, mais le simple fait d’identifier ces pensées lorsqu’elles se manifestent installe avec elles une distance qui va augmenter à mesure que vous répétez l’exercice.

La prochaine fois que vous vous surprenez à craindre le jugement d’autrui, à redouter que le regard de votre interlocuteur ne perce votre âme, souvenez-vous qu’en réalité, vous n’avez pas la moindre idée de ce qu’il est en train de se dire et que, comme l’a démontré la science, il y a peu de risque que cela vous concerne.

Au contraire.

Il est sans doute en train de se chercher dans votre regard.

Inspirez.

Expirez.

Revenez à l’instant présent.

Force et Lumière

Emmanuel

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Emmanuel Laurent

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