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        <title><![CDATA[Stories by Pascal Jouary on Medium]]></title>
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            <title>Stories by Pascal Jouary on Medium</title>
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            <title><![CDATA[Mon entretien à Atlantico sur la guerre en Iran : “Un bouclier magique, vraiment ?]]></title>
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            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Wed, 18 Mar 2026 17:38:12 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2026-03-18T17:38:12.717Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Mon entretien à Atlantico sur la guerre en Iran : “Un bouclier magique, vraiment ? Jusqu’où tiendra la stratégie de défense mosaïque mise en place par le régime iranien</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/697/1*oJZZFz6XKh2DK14JBU1eJA.png" /></figure><p>Présentée comme un rempart quasi indestructible, la stratégie de « défense mosaïque » du régime iranien est aujourd’hui mise à l’épreuve par les frappes ciblées menées par les États-Unis et Israël. Si l’élimination de figures clés — jusqu’au guide suprême Ali Khamenei — révèle des failles inédites, le système conçu pour survivre à la décapitation continue, pour l’instant, d’absorber les chocs. Décryptage.</p><p><strong>Atlantico : Depuis plusieurs mois, les États-Unis et Israël ont procédé à des éliminations ciblées de dirigeants iraniens, jusqu’au sommet avec la mort du guide suprême. Peut-on parler d’une véritable stratégie de décapitation du régime, et quels sont les objectifs réels de cette stratégie américaine et israélienne ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary :</strong> Les États-Unis et Israël souhaitent faire chuter le régime par l’élimination de sa tête dirigeante. Or, ce régime continue d’exister, d’une certaine manière. Il est délicat de mettre fin aussi facilement à un régime de cette ampleur, compte tenu de la taille du pays, de l’étendue de ses proxys et soutiens, présents dans plusieurs États,et aussi son arsenal, même si celui-ci est sans commune mesure avec l’arsenal en face.</p><p>Cette guerre est d’une violence inouïe, à commencer par le choc psychologique initial, qui a, de toute façon, profondément transformé ce régime, au sens militaire et stratégique. Les États-Unis et Israël font tomber une à une les têtes pensantes du pouvoir et les éliminations vont se poursuivre.</p><p>Il y a eu une décision d’attaquer en premier via de nombreuses frappes simultanées à travers une opération soudaine et massive. Le déploiement des porte-avions américains ne s’inscrivait pas dans une simple pression diplomatique. Le véritable déclencheur a été la confirmation de la présence d’un grand nombre de cibles iraniennes au même endroit, notamment les plus importantes, à commencer par Ali Khamenei.</p><p>Les États-Unis ont souhaité décapiter le régime. Les objectifs étaient les suivants : l’affaiblissement définitif du régime iranien, de ses capacités militaires, de son idéologie et de son programme nucléaire.</p><p>Le premier résultat, l’affaiblissement militaire, est déjà largement atteint et devrait se poursuivre. Les capacités militaires, notamment liées à la perte de nombreuses figures dirigeantes, sont fortement entamées.</p><p>Le second objectif est plus complexe : l’idéologie est clairement affaiblie, mais il s’agit d’un processus différent.</p><p>Concernant le programme nucléaire, la situation est encore plus complexe. La rédaction d’Axios a évoqué l’idée de l’envoi d’un commando pour intervenir sur place afin de récupérer et d’extraire l’uranium présent. Cela paraît toutefois peu crédible à ce stade. Les Américains ne sont donc pas encore parvenus à cet objectif, qui est nettement plus difficile à atteindre.</p><p>D’autres objectifs posent également problème. Le détroit d’Ormuz constitue une véritable épine dans le pied. Tous les aspects de cette guerre n’ont pas été parfaitement anticipés. Par exemple, le bombardement d’une école de Minab, dû à un renseignement obsolète, alors même que des informations publiques sur cet établissement étaient facilement accessibles en ligne, illustre ces lacunes.</p><p>La situation dans le détroit d’Ormuz donne le sentiment d’un manque de préparation, alors que les conséquences sont mondiales. À cela s’ajoute la panique régionale : il n’était pas forcément attendu que l’Iran frappe autant de pays voisins, et avec une telle intensité. Certains objectifs paraissent bien planifiés, tandis que d’autres restent flous. Il semble également qu’il n’existe pas de véritable stratégie de sortie, et que les acteurs eux-mêmes ignorent quand ce conflit prendra fin.</p><p><strong>Emmanuel Razavi :</strong> Depuis plusieurs années, il y a eu des opérations d’espionnage et d’infiltration en Iran au plus haut niveau de l’organisation politique du régime comme de l’organisation militaire et paramilitaire. Tout cela s’inscrit en fait dans un travail de très long terme. Il y a eu des opérations d’espionnage technologique, notamment via l’utilisation de satellites ou de moyens d’écoute. Mais il y a aussi eu de vastes opérations d’infiltration. Tout cela s’inscrivait dans des préparatifs, dans un travail de long terme, au cas où l’affrontement finirait par arriver.</p><p>Israël sait depuis des années que la République islamique d’Iran veut développer le nucléaire militaire pour obtenir une bombe atomique. Les mollahs l’ont suffisamment dit pour qu’on les prenne au sérieux. Ils veulent rayer Israël de la surface de la Terre.</p><p>La stratégie d’espionnage s’est inscrite dans un cadre défensif. Elle a été pilotée, notamment sur le plan humain, par les Israéliens et, sur le plan technologique, beaucoup par les Américains. Tout cela afin de se préparer à un affrontement décisif.</p><p><strong>- La solidité du régime iranien et son organisation souterraine sont-elles liées à des </strong><a href="https://atlantico.fr/explore/tag/choix">choix</a><strong> structurels hérités de la guerre Iran-Irak ou à l’organisation du régime depuis les années 1980 et après la chute de Saddam Hussein ? Le régime s’était-il adapté à de tels plans d’éliminations ciblées de la part des Etats-Unis et d’Israël ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>Effectivement, après la guerre Iran-Irak en 1988 et la chute de Saddam Hussein en 2003, le régime s’est clairement adapté à ce type de scénarios de décapitation, notamment de la part des États-Unis et d’Israël. Le régime iranien a intégré ces expériences en élaborant la défense mosaïque, une doctrine militaire spécifiquement conçue pour assurer sa survie.</p><p>Cette doctrine comprend plusieurs éléments : une armée parallèle, des milices nombreuses réparties sur le territoire, des forces de résistance asymétriques, ainsi qu’une trentaine d’unités régionales plus ou moins autonomes. Cela inclut également des mécanismes de succession rapide à différents postes clés, afin de remplacer immédiatement les responsables éliminés et éviter toute vacance du pouvoir.</p><p>La défense mosaïque permet ainsi d’absorber les chocs. Même en cas de bombardements massifs, le pays conserve une capacité de résistance. D’ailleurs, certains commentateurs commencent à s’interroger sur la capacité réelle des États-Unis à prendre totalement le dessus, tant la résistance se maintient.</p><p>Par ailleurs, l’organisation souterraine s’inscrit aussi dans la volonté de poursuivre un programme nucléaire malgré les tentatives d’entrave. Plusieurs rapports de l’AIEA ont souligné les difficultés d’accès à certains sites en Iran, traduisant une stratégie de dissimulation.</p><p>Ainsi, le régime s’est inspiré à la fois de la guerre contre l’Irak et de l’invasion de l’Irak pour anticiper ce type de menace. Il a cherché à se préparer à un scénario similaire, ce qui explique en partie sa capacité actuelle de résistance.</p><p><strong>Pierre Berthelot : </strong>De manière quelque peu paradoxale, la très importante manifestation qui a eu lieu dans les rues de Téhéran vendredi dernier, et à laquelle participaient les principaux dirigeants du régime — à l’exception du Guide suprême — en est une illustration. Étaient présents notamment Larijani mais également le président de la République, des chefs militaires et religieux de premier plan, ainsi que le ministre des Affaires étrangères.</p><p>Le fait qu’ils aient défilé dans les rues de Téhéran, de manière relativement risquée, montre qu’ils étaient, d’une certaine manière, prêts au sacrifice de leur propre personne — une notion importante dans le chiisme qu’il ne faut pas négliger — en ayant conscience du risque encouru, mais qu’ils assument. Cette manifestation constituait une réponse à l’absence de mobilisation comparable du côté israélien dans les rues de Jérusalem. C’était une manière de montrer que le régime disposait encore d’une base populaire, qu’il n’avait pas peur, qu’il avait anticipé l’élimination de ses principales figures et qu’il était prêt à les remplacer. Il ne s’agit pas d’un acte de bravade ou d’un comportement irrationnel. Au contraire, cela montre qu’ils sont prêts à perdre la vie et que des successeurs sont déjà en place. Ces possibilités ont été anticipées. Les dirigeants iraniens ne veulent pas connaître le sort des dictatures laïques arabes. Dans des régimes comme ceux de Kadhafi ou de Saddam Hussein, le pouvoir était concentré au sein d’une famille ou d’un clan ; une fois ces chefs éliminés, l’ensemble du système s’effondre.</p><p>Les dirigeants iraniens ont donc cherché à éviter cette situation en prévoyant systématiquement des remplaçants. Dès lors que l’on anticipe des éliminations ciblées et que des successeurs sont déjà désignés, la capacité de résilience est nettement plus élevée.</p><p>Il convient également de rappeler qu’il s’agit d’un régime polycentrique reposant sur trois pôles : les religieux, les politiques et les militaires, chacun étant lui-même structuré en subdivisions internes. Si l’on prend le pôle militaire, on distingue les Pasdaran, qui constituent les troupes d’élite et l’armée idéologique du régime, l’armée régulière, ainsi que les Bassidjis, qui ne sont pas des militaires à proprement parler mais une force paramilitaire venant en appui des deux premières. Ces trois structures apparaissent relativement distinctes les unes des autres.</p><p><strong>Emmanuel Razavi : </strong>Le régime a été pensé dès la République islamique. Le système est basé sur le remplacement rapide de la personne décédée. La République islamique s’est dotée d’institutions extrêmement solides. Si le Guide suprême meurt, il est immédiatement remplacé par un triumvirat qui est chargé de gérer les affaires courantes dans l’attente de l’élection d’un nouveau guide suprême.</p><p>Dès lors qu’un chef meurt, son adjoint le remplace. Cela est lié à la structure même du régime tel qu’il a été pensé en 1979 lors de la proclamation de la Constitution de la République islamique. Le régime est doté de ces mêmes institutions qui lui permettent de résister, tout au moins sur le papier, aux éliminations ciblées qui se succèdent.</p><p>Au regard du nombre de personnes éliminées depuis le début de l’intervention américaine et israélienne, et même depuis le début de la guerre des douze jours au mois de juin dernier, il est possible de se rendre compte que la majeure partie des cadres historiques de la République islamique d’Iran ont été tués.</p><p>La République islamique n’a plus beaucoup d’options. Elle est en train d’épuiser ses cadres principaux, ses dirigeants et de s’éroder. Les institutions de la République islamique étaient prévues pour être fortes, à la condition qu’il y ait des personnalités qui soient les garants de ces institutions. Or, ces individus disparaissent les uns après les autres. Le régime iranien est en train de s’éroder.</p><p><strong>- Quelles sont les principales personnalités éliminées par les Etats-Unis et Israël jusqu’à présent au sein du régime iranien, et en quoi leur disparition affaiblit le fonctionnement du régime iranien ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>La liste des éliminations est assez longue. Cela concerne près de cinquante figures du pouvoir iranien, à différents niveaux. Il est donc difficile de toutes les citer.</p><p>L’élimination du Guide suprême, Ali Khamenei, a constitué un événement majeur et inédit. Parmi les autres personnalités récemment éliminées figure Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, souvent décrit comme l’un des hommes les plus puissants du régime, voire un possible numéro deux et successeur potentiel. Sa disparition constitue un coup d’arrêt très significatif pour le régime.</p><p>Parmi les personnalités éliminées figurent plusieurs responsables du renseignement, ainsi que Abdolrahim Mousavi, le chef d’état-major des armées, Mohammad Pakpour, le commandant en chef des Gardiens de la Révolution islamique mais également le ministre de la Défense, le conseiller du Guide suprême et l’ancien secrétaire du Conseil de sécurité nationale ou encore le chef du bureau militaire du Guide suprême.</p><p>Gholamreza Soleimani, dirigeant des Bassidjis, fait également partie des figures éliminées, ainsi que d’autres responsables importants des Gardiens de la Révolution. Au moins quatre hauts responsables non identifiés du ministère du Renseignement auraient également été éliminés.</p><p>Au total, environ cinquante figures importantes du pouvoir ont été ciblées et éliminées. Cela affaiblit le régime des mollahs sur plusieurs plans à travers la perte de légitimité idéologique et spirituelle, la fragilisation de la structure du pouvoir et la démonstration d’une faiblesse militaire face à ses adversaires.</p><p>Même si le régime conserve une certaine capacité de résilience et continue de riposter, l’ampleur des pertes est notable. Pour un pays qui rivalisait avec l’Arabie saoudite pour l’influence régionale et dans le monde musulman, et qui se permettait de menacer les États-Unis ou Israël, ces événements et ces éliminations montrent un affaiblissement significatif, bien que le régime n’ait pas encore dit son dernier mot.</p><p>En réalité, il y a une démonstration claire qu’ils ne font pas le poids face à Israël et aux États-Unis. Malgré les drones envoyés, leur force militaire reste très limitée. Ce constat repose notamment sur la facilité avec laquelle leurs têtes pensantes ont été éliminées, et ce malgré une structure décentralisée.</p><p>Cela entraîne une désorganisation du commandement militaire et de la chaîne de décision. Cette mosaïque défensive présente certes des avantages. Elle permet au régime de perdurer, puisqu’il n’y a pas qu’un seul chef. Cependant, lorsque de nombreux responsables disparaissent soudainement, cela provoque une désorganisation majeure, malgré ce système de mosaïque et ses mécanismes associés.</p><p>Cette situation les oblige à fonctionner en mode de crise permanente. Le pays a été largement frappé et, même s’il existe des bases souterraines, des tunnels, cela reste limité. Une grande partie des infrastructures était en surface. Le pays se retrouve donc dans une situation de crise généralisée.</p><p>Le fait d’avoir perdu autant de structures et de responsables empêche également la mise en place de stratégies complexes. Disposer d’unités autonomes réparties sur le territoire présente des avantages, mais tous ne sont pas des stratèges capables d’élaborer des ripostes élaborées. Même si des <a href="https://atlantico.fr/explore/tag/drones">drones</a> sont utilisés en représailles, cela limite les capacités stratégiques globales.</p><p>Ces éliminations encouragent également les luttes de pouvoir internes et entraînent un affaiblissement structurel profond du régime.</p><p><strong>Pierre Berthelot :</strong> Les éliminations ciblées ont commencé avec Qassem Soleimani, en 2019, qui était le chef de la force Al-Qods, l’unité des opérations extérieures des Gardiens de la révolution. Il était l’un des architectes de la mise en place de l’« axe de la résistance » autour de l’Iran, avec des membres en Iran, en Irak, au Liban, au Yémen ainsi qu’avec les Palestiniens. Cet ensemble poursuivait un double objectif : disposer de forces régionales dans le cadre de la rivalité avec Israël, mais aussi, il ne faut pas l’oublier, lutter contre Daesh. Soleimani a contribué à affaiblir Daesh dans la région.</p><p>L’ayatollah Khamenei est un autre personnage clé du régime qui a été éliminé. Il était le successeur de Khomeini et le plus ancien dirigeant iranien en fonction jusqu’au 28 février. Il était le dernier des révolutionnaires de 1979 à occuper encore une fonction de premier plan. Bien sûr, il existe encore des révolutionnaires de 1979 en place, mais ils ont, pour beaucoup, plus de 60 ans. En revanche, à l’époque, ils n’étaient pas des acteurs clés : ils étaient, au mieux, de jeunes militants révolutionnaires. Khamenei, en revanche, était déjà en 1979 l’un des personnages clés et devient officiellement le numéro deux du régime en 1981, lorsqu’il accède à la présidence de la République, avant de succéder à Khomeiny. Il incarnait ainsi la continuité de la révolution islamique, d’où son importance.</p><p>Parmi les autres personnages importants, il y a eu l’élimination de Ali Larijani, qui était l’un des architectes de la politique iranienne, tant sur le plan sécuritaire que diplomatique, depuis une vingtaine d’années. Il avait participé aux négociations sur le nucléaire de 2015 et avait été candidat à l’élection présidentielle, sans grand succès. Il occupait toutefois la fonction de chef du Conseil de sécurité nationale.</p><p>Des chefs des Pasdarans, ainsi que le chef des Bassidjis ont aussi été éliminés. Ces derniers constituent une milice au service du régime, qui ne correspond pas à des forces combattantes au sens militaire strict, mais plutôt à des forces paramilitaires.</p><p>Cela fait donc un nombre important de personnes. La question est désormais de savoir si cela va réellement affaiblir le régime. Plusieurs hypothèses existent. Certains affirment que non, car à chaque fois qu’un dirigeant est éliminé, un successeur est prévu ou rapidement désigné afin d’éviter toute vacance à la tête des structures. Le chef des Bassidjis avait un adjoint appelé à lui succéder. Une personnalité expérimentée remplacera Larijani, comme l’actuel ministre des Affaires étrangères ou une autre figure politique.</p><p>De même, les précédents dirigeants ont été remplacés. Le système n’est pas pyramidal au point que, si l’on en coupe la tête, tout s’effondre, comme cela a pu être observé en Libye ou en Irak. Ainsi, les hypothèses d’un affaiblissement du régime ne sont pas à exclure, mais elles ne sont pas certaines.</p><p><strong>- Une réunion à laquelle participaient 300 commandants locaux de la force du Basij a été ciblée par des frappes. Ces commandants voulaient diriger les différentes unités du Basij à l’échelle de Téhéran et devaient empêcher toute présence de la population dans les rues. Une telle opération peut-elle constituer un espoir pour le peuple iranien et pour les mouvements de contestation ? L’appareil répressif du régime est-il également affecté par ce type de frappes ciblées ?</strong></p><p><strong>Emmanuel Razavi : </strong>Le Bassidj est la milice civile du corps des Gardiens de la révolution islamique. Cette structure a été pensée pour se déployer dans l’ensemble du pays à travers des indicateurs, des mouchards, des miliciens. Il y a des unités d’intervention. Les commandants de ces unités, qui sont localisées à travers les différentes provinces, ont énormément de pouvoir localement. Ce sont des donneurs d’ordres. Ils peuvent prendre des initiatives. Ils peuvent tuer des civils en étant sûrs qu’ils ne seront jamais sanctionnés. Pourquoi? Parce que le régime considère qu’ils tuent au nom d’Allah et qu’en aucun cas ce n’est un péché au regard de la jurisprudence islamique.</p><p>Les Israéliens ont ciblé très précisément ces commandants de rang intermédiaire du bassidj pour entraver la répression et pour qu’ils n’aient plus les moyens de reproduire les horreurs commises les 8 et 9 janvier dernier via les massacres de masse.</p><p>Cette frappe ciblée va donner l’opportunité aux Iraniens de redescendre dans la rue pour manifester contre le régime. Cela contribue aussi à donner les moyens aux groupes d’opposition iranienne afin de prendre le relais et d’appuyer un mouvement de <a href="https://atlantico.fr/explore/tag/contestation">contestation</a> populaire et national à travers le pays.</p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>Cela peut représenter un espoir significatif pour le peuple iranien, qui subit un régime particulièrement dur. Les frappes américaines et israéliennes ne visent pas uniquement les militaires, mais aussi les forces de police, les milices et les Bassidj.</p><p>Cependant, il convient de nuancer cet espoir. D’après différentes estimations issues de centres d’études, les effectifs des forces de sécurité en Iran restent très importants : entre 200.000 et 300.000 policiers, entre 400.000 et 500.000 militaires, entre 150.000 et 190.000 membres des Gardiens de la Révolution, et environ 500.000 miliciens bassidj. Malgré les éliminations et les désertions, qui sont probablement en augmentation, il paraît difficile d’imaginer que les États-Unis et Israël puissent neutraliser l’ensemble de ces forces. Le régime conserve donc une base solide.</p><p>Par conséquent, il ne faut pas s’attendre à un conflit particulièrement court. Il est probable que la guerre se prolonge. Compte tenu du nombre d’acteurs impliqués, une durée de plusieurs mois n’est pas à exclure. Même si la disparition de certains miliciens peut être perçue positivement, notamment au regard de leur rôle dans la répression des <a href="https://atlantico.fr/explore/tag/manifestations">manifestations</a> récentes, leur nombre demeure très élevé.</p><p><strong>- Quelles sont les spécificités de la stratégie de « défense mosaïque » de l’Iran, avec un organigramme qui permet de trouver en permanence des remplaçants afin d’absorber les chocs et la stratégie américaine et israélienne permet-elle de faire céder cette défense ? Jusqu’à quand le régime peut-il tenir ?</strong></p><p><strong>Pierre Berthelot : </strong>Cette stratégie mosaïque présente une double dimension. Elle vise, d’une part, à résister à une attaque américano-israélienne, voire à des actions menées par des groupes armés hostiles aux frontières du pays — comme les Kurdes iraniens ou les Baloutches à la frontière pakistanaise — et, d’autre part, à prévenir un éventuel soulèvement intérieur. Les responsables régionaux ont la possibilité de prendre des décisions avec une certaine autonomie, sans dépendre d’une chaîne de commandement qui pourrait être rompue en cas d’élimination de dirigeants, et ainsi d’agir au moment opportun.</p><p><strong>Emmanuel Razavi : </strong>Les Américains et les Israéliens ont éliminé la majeure partie des figures historiques de la République islamique d’Iran, ceux qui ont pris le pouvoir en 1979, ceux qui ont participé à la guerre Iran-Irak et qui sont rentrés après la guerre en étant auréolés de gloire et qui sont devenus des figures incontournables à la fois des Gardiens de la révolution, de l’armée et du système politico-religieux. Il ne reste plus beaucoup des “héros” de la guerre Iran-Irak. La plupart des hauts cadres dirigeants ont quasiment tous été décimés.</p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>Le régime iranien est effectivement conçu comme une structure en mosaïque, décentralisée et résiliente, avec des redondances institutionnelles. Cela lui permet d’absorber les chocs, comme ceux qu’il subit actuellement, de manière plus efficace.</p><p>Le commandement central est certes affaibli, ce qui crée un vide symbolique important, mais l’ensemble du système continue de fonctionner. La guerre tend ainsi à se transformer en un conflit d’attrition prolongé plutôt qu’en un effondrement rapide du régime iranien.</p><p>Toutefois, cette doctrine militaire iranienne de défense mosaïque a ses limites. Il permet d’éviter un effondrement immédiat, mais le régime est désormais profondément affaibli. Cette faiblesse ne signifie pas qu’il est incapable de nuire, mais elle affecte sa solidité en tant qu’État et en tant que puissance militaire. Son idéologie elle-même est fortement fragilisée.</p><p>Concernant la durée du conflit, les estimations ont évolué : d’abord une à deux semaines, puis quatre à cinq semaines, et désormais plusieurs mois. Au rythme actuel, les capacités militaires et organisationnelles devraient être fortement réduites.</p><p>Si la situation se maintient à ce niveau d’intensité pendant encore plusieurs semaines, voire un mois, même en présence de forces résiduelles, la capacité militaire globale de l’Iran sera considérablement diminuée et la désorganisation du pays très importante, malgré sa structure décentralisée.</p><p>Certes, il subsiste des tunnels et des bases souterraines, mais cela ne suffit pas à compenser l’ensemble des pertes. Il est donc plausible que ce conflit dure au moins six mois.</p><p>Les répercussions risquent d’être majeures, non seulement pour la région — notamment en raison du détroit d’Ormuz et de l’implication des pays voisins mais aussi à l’échelle mondiale, y compris à travers des risques accrus de terrorisme, déjà perceptibles. Il s’agit donc d’une guerre extrêmement violente sur le terrain, mais aussi d’un conflit aux conséquences globales.</p><p>Tout se passe comme si les Américains n’avaient pas anticipé l’ensemble de la situation. La question du blocage du détroit d’Ormuz reste problématique, et il est difficile de voir comment ils pourront y faire face. Les Américains ont évoqué la possibilité d’aider les navires à traverser, mais les modalités restent floues.</p><p>Par ailleurs, la riposte hybride de l’Iran, reposant à la fois sur l’utilisation de drones et sur des attaques dirigées contre de nombreux pays, contribue à déstabiliser toute la région. Les États-Unis ne semblent pas disposer d’une stratégie claire face à cette situation.</p><p>Concernant la résilience du régime, elle peut également s’expliquer par un soutien de la Chine et de la Russie, dont tous les aspects ne sont pas encore connus. Une aide satellitaire importante est déjà évoquée. Par ailleurs, des cargos seraient récemment partis de Chine avec des composants de missiles. Il reste à voir s’ils parviendront jusqu’en Iran sans être interceptés. Ainsi, même si la Russie et la Chine ne s’engagent pas directement, elles peuvent néanmoins fournir certaines formes de soutien contribuant à la résilience du régime iranien.</p><p>Une chute du régime est envisageable et pourrait résulter d’une combinaison de facteurs : une révolte intérieure, des actions d’espionnage, une éventuelle intervention de forces spéciales américaines ou israéliennes, ainsi que l’implication de groupes kurdes susceptibles d’entrer sur le territoire par petites unités.</p><p>Lien : <a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/un-bouclier-magique-vraiment-jusqu-ou-tiendra-la-strategie-de-defense-mosaique-mise-en-place-par-le-regime-iranien-pascal-jouary-pierre-berthelot-emmanuel-razavi">https://atlantico.fr/article/decryptage/un-bouclier-magique-vraiment-jusqu-ou-tiendra-la-strategie-de-defense-mosaique-mise-en-place-par-le-regime-iranien-pascal-jouary-pierre-berthelot-emmanuel-razavi</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=69dbe3f151a6" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Médias : mon travail en 20 entretiens, articles et vidéos]]></title>
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            <pubDate>Fri, 23 Jan 2026 21:37:21 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2026-01-23T21:37:21.735Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Médias : mon travail en 20 entretiens, articles et vidéos</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/1024/1*G19d0KPey056QnVp-BSpKw.jpeg" /></figure><p><strong><em>RFI, Atlantico, Marianne, Monde diplomatique, Sud radio, l’Humanité, Cartes du monde, Jeune Afrique, La boite noire, 20 minutes,…</em></strong></p><p><strong>1 Dans Atlantico : Entretien croisé avec Xavier Tytelman pour Atlantico sur les assassinats ciblés à Moscou</strong></p><p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/assassinats-generaux-russes-cacher-plus-que-de-simples-operations-ukrainiennes-moscou-russie-xavier-tytelman-philippe-jouary">Ces assassinats de généraux russes qui pourraient bien cacher plus que de simples opérations ukrainiennes</a></p><p><strong>2 Mon entretien à Atlantico sur le séisme Trump</strong></p><p><a href="https://medium.com/@PascalJouary/mon-entretien-%C3%A0-atlantico-sur-le-s%C3%A9isme-g%C3%A9opolitique-du-moment-bd23ed8efa42">https://medium.com/@PascalJouary/mon-entretien-%C3%A0-atlantico-sur-le-s%C3%A9isme-g%C3%A9opolitique-du-moment-bd23ed8efa42</a></p><p><strong>3 Sur Atlantico : pourquoi l’assassinat du chef des armes chimiques russes Igor Kirillov est plus qu’un simple revers militaire</strong></p><p><a href="https://medium.com/@PascalJouary/mon-entretien-%C3%A0-atlantico-sur-le-coup-d%C3%A9clat-du-sbu-%C3%A0-moscou-c230f297a815">Mon entretien à Atlantico sur le coup d’éclat du SBU à Moscou</a></p><p><strong>4 Mon entretien à Atlantico : “Guerre psychologique : la Russie fait planer un vent de panique en Europe et aux Etats-Unis avec l’envoi de colis piégés et des projets de sabotage dans des avions”</strong></p><p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/guerre-psychologique-la-russie-fait-planer-un-vent-de-panique-en-europe-et-aux-etats-unis-avec-lenvoi-de-colis-pieges-et-des-projets-de-sabotage-dans-des-avions-pascal-jouary">Guerre psychologique : la Russie fait planer un vent de panique en Europe et aux Etats-Unis avec l&#39;envoi de colis piégés et des projets de sabotage dans des avions</a></p><p><strong>5 Enquêter avec l’OSINT — Interview avec Cartes du monde</strong></p><p>( <a href="https://www.youtube.com/watch?v=CiBNsBjXvOI">https://www.youtube.com/watch?v=CiBNsBjXvOI</a> )</p><p><strong>6 Entretien avec Baptiste Robert : Pavel Durov et l’affaire Telegram</strong></p><p>( <a href="https://www.youtube.com/watch?v=eGawCOQ4B7E">https://www.youtube.com/watch?v=eGawCOQ4B7E</a> )</p><p><strong>7 Entretien avec Cartes du monde sur Palantir</strong></p><p>( <a href="https://www.youtube.com/watch?v=19oEa_jXyws">https://www.youtube.com/watch?v=19oEa_jXyws</a> )</p><p><strong>8 Sur RFI : RFI « Le secret-défense est-il devenu une raison ou déraison d’État ? »</strong></p><p><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/d%C3%A9bat-du-jour/20211203-le-secret-d%C3%A9fense-est-il-devenu-une-raison-ou-d%C3%A9raison-d-%C3%A9tat?source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">Débat du jour - Le secret-défense est-il devenu une raison ou déraison d&#39;État?</a></p><p><strong>9 Dans Marianne : Secret-défense : “Les décisions clés de la gestion de la pandémie sont classées pour des décennies”</strong></p><p><a href="https://www.marianne.net/societe/defense/secret-defense-les-decisions-cles-de-la-gestion-de-la-pandemie-sont-classees-pour-des-decennies?utm_term=Autofeed&amp;utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook&amp;Echobox=1636793425&amp;fbclid=IwAR2m2VyXOY4AbJ7wDofo5pmOuHsKluntsXsXGbqtnnnx6odY79NkZJUN1z8&amp;source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------#xtor=CS2-4">https://www.marianne.net/societe/defense/secret-defense-les-decisions-cles-de-la-gestion-de-la-pandemie-sont-classees-pour-des-decennies?utm_term=Autofeed&amp;utm_medium=Social&amp;utm_source=Facebook&amp;Echobox=1636793425&amp;fbclid=IwAR2m2VyXOY4AbJ7wDofo5pmOuHsKluntsXsXGbqtnnnx6odY79NkZJUN1z8&amp;source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------#xtor=CS2-4</a></p><p><strong>10 Dans l’Humanité : Humanité « La mise en accusation du secret défense »</strong></p><p><a href="https://www.humanite.fr/culture-et-savoirs/secret-defense/enquete-la-mise-en-accusation-du-secret-defense-755746?source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">Enquête La mise en accusation du secret-défense - L&#39;Humanité</a></p><p><strong>11 Dans le Monde diplomatique : Secret-défense, le livre noir. Une enquête sur 40 affaires entravées par la raison d’État</strong></p><p><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2022/01/BRAIBANT/64235?source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">Secret-défense, le livre noir. Une enquête sur 40 affaires entravées par la raison d&#39;État</a></p><p><strong>12 La guerre hybride russe : entretien avec la chaîne La boîte noire</strong></p><p>( <a href="https://www.youtube.com/watch?v=lKpDpbBCgDs">https://www.youtube.com/watch?v=lKpDpbBCgDs</a> )</p><p><strong>13 Entretien avec Cartes du monde sur le secret defense</strong></p><p>( <a href="https://www.youtube.com/watch?v=XO3FB8BpTZ0">https://www.youtube.com/watch?v=XO3FB8BpTZ0</a> )</p><p><strong>14 Sur Sud radio : SUD RADIO « Le secret-défense autour de la gestion du Covid ne sera levé que dans 50 ans ! »</strong></p><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=FhUmXLrvfos&amp;pp=ygUNcGFzY2FsIGpvdWFyedgGhQI%3D">https://www.youtube.com/watch?v=FhUmXLrvfos&amp;pp=ygUNcGFzY2FsIGpvdWFyedgGhQI%3D</a></p><p><strong>15 Dans Marianne : Mohammed Merah, Amedy Coulibaly, père Hamel… Tous ces ratés du secret-défense</strong></p><p><a href="https://www.marianne.net/societe/defense/extraits-mohammed-merah-amedy-coulibaly-pere-hamel-tous-ces-rates-du-secret-defense?fbclid=IwAR0CFebCRBO9Mg98vvA6csRIhizHDYshHWPm25RVk6NWbeYF4XjZ3snRW28&amp;source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">https://www.marianne.net/societe/defense/extraits-mohammed-merah-amedy-coulibaly-pere-hamel-tous-ces-rates-du-secret-defense?fbclid=IwAR0CFebCRBO9Mg98vvA6csRIhizHDYshHWPm25RVk6NWbeYF4XjZ3snRW28&amp;source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------</a></p><p><strong>16 Sur Le Média : LE MÉDIA « Secret défense en France : le scandale permanent »</strong></p><p><a href="https://www.lemediatv.fr/emissions/2021/secret-defense-en-france-le-scandale-permanent-108flUmOTNmc1W-Awmcz-w?source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">Secret défense en France : le scandale permanent | Le Média</a></p><p><strong>17 Dans Jeune Afrique : « Maurice Audin et Jean-Claude Saint-Aubin : la vérité entravée par le secret défense »</strong></p><p><a href="https://www.jeuneafrique.com/1266408/politique/maurice-audin-et-jean-claude-saint-aubin-la-verite-entravee-par-le-secret-defense/?source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">Maurice Audin et Jean-Claude Saint-Aubin : la vérité entravée par le &quot; secret défense &quot;</a></p><p><strong>18 Dans 20 minutes : Naufrage du « Bayesian » : Coffres-forts, services secrets… Le point sur l’enquête sur le voilier de luxe</strong></p><p><a href="https://www.20minutes.fr/monde/4111574-20240923-naufrage-bayesian-coffres-forts-services-secrets-point-enquete-voilier-luxe?source=post_page-----d7689f768255---------------------------------------">Coffres-forts, services secrets... Le point sur le naufrage du &quot; Bayesian &quot;</a></p><p><strong>19 Dans Atlantico : Attentats du 13 novembre 2015 — secret défense : anatomie des secrets antiterroristes</strong></p><p><a href="https://www.atlantico.fr/article/decryptage/attentats-du-13-novembre-2015-secret-defense---anatomie-des-secrets-antiterroristes-raison-d-etat-pascal-jouary?source=post_page-----576bbd71bbfe---------------------------------------">Attentats du 13 novembre 2015 - secret défense : anatomie des secrets antiterroristes</a></p><p><strong>20 Sur RTVE : Raison d’Etat et Secret Défense</strong></p><p><a href="https://www.rtve.es/play/audios/emission-en-francais/emission-francais-raison-detat-et-secret-defense-18-11-21/6214052/">Raison d&#39;Etat et Secret Défense</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=dd50373322e6" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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        <item>
            <title><![CDATA[Entretien croisé avec Xavier Tytelman pour Atlantico sur les assassinats ciblés à Moscou]]></title>
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            <category><![CDATA[ukraine]]></category>
            <category><![CDATA[guerre]]></category>
            <category><![CDATA[moscou]]></category>
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            <category><![CDATA[sarvarov]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Tue, 23 Dec 2025 16:22:22 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-12-23T16:22:22.042Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Dans la matinée de ce lundi 22 décembre, le général-lieutenant Fanil Sarvarov est mort dans l’explosion d’une voiture, dans le sud de la capitale russe.</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/689/1*AvHf5OYOVJWUtjjxpHu3SQ.png" /></figure><p><strong>Atlantico : Plusieurs assassinats de hauts gradés russes ont été recensés depuis le début du conflit en Ukraine. Récemment encore, c’était le cas du lieutenant-général Fanil Sarvarov, qui a été tué ce lundi 22 décembre 2025. Que sait-on, exactement, de ce qui se cache derrière ces assassinats ?</strong></p><p><strong>Xavier Tytelman : </strong>De fait, les assassinats de hauts gradés russes sont nombreux depuis le début de la guerre d’invasion menée contre l’Ukraine. On pourrait parler, bien sûr, Yaroslav Moskalik, chef adjoint de la direction générale opérationnelle de l’état-major russe, qui a été tué à Moscou en avril 2025, à l’aide d’une voiture piégée ou d’Igor Kirillov (commandant des forces russes de défense radiologique, chimique et biologique), tué de façon comparable mais à l’aide, cette fois, d’une trottinette électrique. N’oublions pas non plus Mikhaïl Gudkov, général de division de la 155è brigade stationnée à Vladivostok, qui a perdu la vie en juillet 2025 lors d’une frappe de missiles ukrainienne sur un poste de commandement dans la région de Koursk (près du front). C’est également le cas du colonel Sergueï Iline, qui a été tué dans la même frappe.</p><p>S’agissant de l’organisation même de ces assassinats, ont peut raisonnablement penser que ces opérations sont menées par les services ukrainiens. Il y a principalement deux acteurs possibles : le SBU, le service de sécurité ukrainien, et le GUR, le renseignement militaire. Ce sont les deux grandes structures capables de conduire ce type d’actions. Le SBU, notamment, est déjà connu pour avoir orchestré l’opération dite « toile d’araignée ». Les deux services disposent aujourd’hui de capacités comparables. Pour faire une analogie française, on pourrait dire que le SBU s’apparente à la DGSE et le GUR à la DRM. En temps de guerre, ces services ont considérablement développé leurs compétences, leurs réseaux et leur audace opérationnelle, au point de se permettre désormais des opérations de très haute valeur ajoutée.</p><p>D’une façon générale, ces services ont acquis une véritable expérience du terrain depuis le début du conflit. Surtout, ils ne travaillent pas seuls. L’organisation de ces opérations repose en grande partie sur l’existence de réseaux locaux efficaces. Les Ukrainiens ont un avantage considérable : ils peuvent s’appuyer sur une opposition intérieure, que ce soit en Russie ou en Biélorussie. On l’a vu très tôt, dès février 2022, lorsque des officiers et des opposants biélorusses ont saboté des lignes ferroviaires afin d’empêcher l’engagement de la Biélorussie aux côtés de la Russie dans l’invasion de l’Ukraine. On l’a vu également lorsque des opposants biélorusses ont fait exploser un avion radar A-50 sur un aéroport biélorusse. L’objectif était clair : empêcher les Russes d’utiliser le territoire biélorusse comme base arrière pour leurs opérations. Ce n’était pas un acte isolé, mais le symptôme d’une opposition structurée.</p><p>En Russie même, on observe des phénomènes similaires. Des Russes se rendent sur des bases aériennes pour incendier des avions ou des hélicoptères. On a encore eu récemment des cas d’hélicoptères Kamov-52 détruits dans le nord du pays, ou des sabotages de navires dans le port de Saint-Pétersbourg. Cela montre qu’il existe une opposition russe réelle, active, et de plus en plus importante. À cela s’ajoutent les Ukrainiens ayant vécu sous occupation. Certains d’entre eux se sont fondus dans la population russe ou dans les territoires annexés, parfois pendant près de dix ans. Ils ont construit une vie en apparence normale, tout en préparant et en facilitant des opérations pour Kiev. C’est exactement ce qui s’est produit lors de l’opération « Spiderweb », conduite par des Ukrainiens vivant en Crimée. Lorsque la Russie est arrivée en Crimée, beaucoup ont voulu partir. Les autorités russes leur ont répondu qu’ils étaient désormais russes. Ils sont donc restés, ont fait semblant de s’adapter, et ont en réalité aidé les Ukrainiens sur le long terme. Ce sont ces réseaux qui ont permis la destruction de dizaines de bombardiers stratégiques russes.</p><p>D’aucuns soupçonnent aujourd’hui de potentiels règlements de comptes internes à l’armée russe. Ce n’est pas une hypothèse crédible. Autant, dans certains cas, on peut parler de règlements de comptes mafieux lorsqu’il s’agit de milieux criminels. Mais ici, on est face à des cibles extrêmement stratégiques, très haut placées, et à des modes opératoires d’une efficacité remarquable. Ce ne sont pas des assassinats au sens mafieux du terme. Ce sont des éliminations ciblées de responsables directement impliqués dans la conduite de la guerre. Ce sont des gens qui ont planifié, ordonné ou supervisé des crimes de guerre. Des responsables de massacres, des responsables du bombardement d’hôpitaux, des responsables d’opérations clairement contraires au droit international. À chaque fois, les cibles sont choisies parce qu’elles sont légitimement attaquables, en raison des actions qu’elles ont conduites contre l’Ukraine. Il ne s’agit pas de frapper au hasard, ni de semer la terreur indistinctement.</p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>Il y a beaucoup à dire sur ce sujet. Comme souvent en temps de guerre, il faut accepter une part importante d’incertitudes. Certaines informations ont pu être confirmées, d’autres restent très floues, et il y a aussi ce que l’on peut analyser sans pouvoir l’affirmer de manière catégorique. Force est de constater que la mort du lieutenant-général Fanil Sarvarov s’inscrit dans un contexte particulier. Il est loin d’être le premier et on pourrait ainsi citer Yaroslav Moskalik, chef adjoint de la direction générale opérationnelle de l’état-major russe, tué dans l’explosion d’une voiture piégée près de Moscou en avril dernier ou Igor Kirillov, le commandant des forces russes de défense radiologique, chimique et biologique. Celui-ci a été tué à l’<a href="https://atlantico.fr/explore/tag/aide">aide</a> d’une trottinette piégée en décembre 2024. Enfin, il faut aussi parler d’Andreï Averyanov — présenté comme le responsable de l’assassinat d’Evgueni Prigojine — qui est aujourd’hui porté disparu.</p><p>Ce qui est intéressant, c’est que l’on est face à une forme de guerre hybride. Elle n’est pas identique à celle que la Russie pratique depuis des années, mais on peut légitimement parler d’une guerre hybride ukrainienne, avec des modes opératoires spécifiques. Et ces modes opératoires rappellent d’ailleurs des choses que l’on a déjà vues ailleurs. Je fais souvent le parallèle — et je l’avais déjà évoqué lors d’un précédent entretien — avec des opérations dites « à l’israélienne ». On peut penser, par exemple, au film Munich. On y voit des hommes qui ne doivent surtout pas être officiellement rattachés à une armée, qui opèrent à l’étranger, qui préparent des explosifs, et qui disposent d’une liste très précise de personnes à éliminer, parce qu’elles sont jugées responsables de crimes ou de décisions majeures. Dans le cas qui nous occupe, il existe un élément très controversé : le site Mirotvorets, dont le nom signifie « le gardien de la paix ». Ce site est régulièrement présenté comme étant lié aux services ukrainiens, notamment au SBU ou au ministère de l’Intérieur. Officiellement, ces institutions nient tout lien. Dans les faits, il existe probablement des connexions indirectes, peut-être avec d’anciens membres des services. Ce n’est pas forcément une relation hiérarchique directe, mais il y a en tout cas un flou qui demeure.</p><p>Ce site recense des personnes considérées comme des ennemis de l’Ukraine. La liste est extrêmement large, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est très critiqué. On y trouve des journalistes, des habitants de <a href="https://atlantico.fr/explore/tag/crimee">Crimée</a>, des personnes ayant participé à la construction du pont de Kertch, parfois de manière très indirecte. Mais en haut de cette liste figurent aussi des individus clairement responsables de crimes de guerre. Ce sont des profils très différents, mais les hauts responsables militaires russes y occupent une place centrale. Notons d’ailleurs que, même sans ce site, il est évident que les services ukrainiens disposent de listes de cibles stratégiques. Certaines se trouvent en Crimée, ce qui est déjà complexe, mais d’autres sont à Moscou, et là on change complètement d’échelle. Envoyer un drone en Crimée n’a rien à voir avec le fait de s’introduire dans la capitale russe, qui est la ville la plus sécurisée du pays. Dès lors, plusieurs hypothèses existent. Soit les Ukrainiens parviennent eux-mêmes à agir sur place, soit ils s’appuient sur des relais, des complices, des alliés. Dans tous les cas, nous sommes face à des coups d’éclat majeurs. Et l’accumulation de ces opérations est essentielle : elle montre une capacité répétée, et non un acte isolé.</p><p>Il est en revanche extrêmement peu probable — à 99 % — qu’il s’agisse de règlements de comptes internes entre Russes ou de luttes de clans. Ce genre d’hypothèse circule parfois, mais elle ne tient pas vraiment. Ces opérations servent clairement les intérêts de l’Ukraine.</p><p>Sur le plan tactique, éliminer des hauts gradés qui ont participé à la guerre de Tchétchénie, à celle de Syrie, puis à la préparation de l’invasion de l’Ukraine, a un intérêt évident. Ce sont des hommes formés, expérimentés, qui ont structuré l’appareil militaire russe. Mais l’impact le plus fort est psychologique. Si l’on se met à la place d’un haut gradé russe à Moscou, on se pose immédiatement une série de questions : faut-il déménager ? Peut-on encore se déplacer librement ? Faut-il inspecter sa voiture chaque matin ? Cet effet est extrêmement puissant, parce qu’il instille le doute et la peur au cœur même de l’appareil militaire. Il y a aussi une dimension symbolique très forte. La Russie se présente comme une puissance invulnérable, notamment face à l’Ukraine. Or ces opérations montrent des failles de sécurité majeures, y compris dans la capitale. C’est une affirmation de puissance ukrainienne, mais aussi une démonstration de la vulnérabilité russe.</p><p>Certains diront que cela ne respecte pas les lois de la guerre. Mais que répondre aux Ukrainiens, qui subissent quotidiennement des frappes massives, souvent contre des civils, lorsqu’ils ciblent des responsables militaires directement impliqués dans la guerre ?</p><p>Il est difficile de les critiquer sur ce point. Ce ne sont pas des figures périphériques : ce sont des hommes qui ont préparé, organisé et dirigé cette guerre.</p><p>Enfin, sur le plan psychologique, l’impact est bien plus important que l’élimination de milliers de soldats sur le front. Vladimir Poutine semble accepter sans difficulté des pertes humaines massives, ce que l’on voit dans sa stratégie de chair à canon. En revanche, voir des officiers supérieurs assassinés à Moscou pose un problème d’une tout autre nature pour le Kremlin.</p><p><strong>Vous évoquez l’hypothèse d’une aide interne. Qu’est-ce qui permet de penser que des Russes pourraient participer, d’une manière ou d’une autre, à ces opérations ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>Naturellement, il est difficile d’affirmer quoique ce soit avec certitude et c’est pourquoi je tiens à rester prudent. Je ne dis donc pas que ces assassinats sont nécessairement le fait d’agents du SBU qui opèreraient directement depuis Moscou. L’infiltration d’agents ukrainiens dans la capitale russe est extrêmement complexe. En revanche, on sait qu’il existe une forme de résistance intérieure en Russie, même si elle est difficile à quantifier. Il y a eu des révoltes sur certains sites de mobilisation, des <a href="https://atlantico.fr/explore/tag/incendies">incendies</a>, des sabotages, des cocktails Molotov lancés contre des bâtiments administratifs.</p><p>Il me semble également qu’il y a eu des actes de sabotage sur des infrastructures ferroviaires, même si tous n’ont pas été formellement attribués. Il n’est donc pas absurde d’envisager que certains Russes, opposés à la guerre, puissent aider les Ukrainiens. Ce type de collaboration resterait évidemment clandestin. On ne le découvre généralement que lorsque les personnes sont arrêtées ou éliminées, jamais avant. D’un point de vue opérationnel, recruter quelqu’un sur place peut être aussi complexe que d’infiltrer un agent étranger, mais parfois plus efficace. Les deux options sont extrêmement difficiles. Il ne faut donc pas fermer cette hypothèse, d’autant plus que Moscou est la ville la plus sécurisée du pays.</p><p>Au fil du conflit, avec l’augmentation du nombre de morts, de blessés, de familles endeuillées, les possibilités de contestation interne existent. Elles ne sont pas majoritaires, mais elles ne sont pas inexistantes non plus. À ce stade, ce n’est qu’une hypothèse, mais elle ne peut pas être écartée.</p><p><strong>Certains assassinats ont pu, nous l’avons dit, cibler des civils comme Daria Douguina ou Maxime Fomine. Faut-il penser que ces opérations revêtent toutes la même importance stratégique ?</strong></p><p><strong>Xavier Tytelman : </strong>La question de Daria Douguina ou de Maxime Fomine diffère effectivement de celles des généraux. D’une façon générale, il faut bien comprendre que les Ukrainiens ne s’en prennent pas à n’importe quel militaire. Ils ne visent pas le commandant lambda qui se rend à son bureau le matin. Ils ciblent des individus précis, identifiés comme responsables directs d’atrocités : les massacres de Boutcha, les bombardements d’hôpitaux, les attaques contre les civils. Ce sont des personnes qui ont du sang sur les mains, qui ont été engagées dans des actions répréhensibles au regard du droit international et du droit de la guerre. On est là sur des crimes graves, parfois qualifiables de crimes contre l’humanité.</p><p>Les cas Daria Douguina et Maxime Fomine sont effectivement plus complexes et plus discutables. Mais il faut aussi regarder leur rôle réel. Lorsqu’on a des idéologues politiques, des propagandistes ou des figures publiques qui encouragent explicitement le peuple à tuer, à mener une guerre sainte, à massacrer les Ukrainiens où qu’ils se trouvent, on ne peut pas faire comme s’ils étaient de simples civils passifs. Quand l’Église russe elle-même est dirigée par un agent du FSB, et que certains de ses représentants appellent ouvertement à la violence, on est face à des civils qui participent très directement à la dynamique de guerre. Ils contribuent à la motivation, à la radicalisation et à la légitimation des crimes commis contre la population ukrainienne.</p><p>Donc, juridiquement, la question peut se poser. Mais d’un point de vue strictement moral ou politique, on peut considérer que ces personnes contribuent activement à la violence. Ce n’est peut-être pas légal au sens strict, mais c’est, a minima, perçu comme légitime par ceux qui subissent cette guerre.</p><p><strong>Ces assassinats s’appuient régulièrement sur des voitures (ou autres véhicules, type trottinette électrique) piégés. Que faut-il penser de ce mode opératoire ? Que dit-il, fondamentalement, des capacités militaires des auteurs supposés ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>On peut presque parler de signature. On a vu des voitures piégées, des trottinettes piégées, mais aussi des objets piégés, comme cette statuette utilisée dans un autre attentat, ciblant cette fois le blogueur militaire pro-russe Vladlen Tatarsky (Maxime Fomine, de son véritable nom), qui a été tué en avril 2023 à Saint-Pétersbourg. Même si l’on ne peut pas affirmer que toutes ces opérations ont les mêmes commanditaires, on retrouve un niveau de sophistication récurrent. Cela rappelle d’ailleurs certaines opérations attribuées au Mossad, pour prendre un exemple bien connu. Pas nécessairement parce que ce sont les mêmes méthodes exactes, mais parce qu’il y a cette idée de frapper de manière ciblée, symbolique et psychologiquement dévastatrice. Réussir à placer un explosif sous la voiture d’un haut gradé à Moscou, ou à piéger une trottinette dans la capitale, est extrêmement impressionnant. D’autant plus que, logiquement, après les premiers assassinats, les mesures de sécurité auraient dû être renforcées. Or, malgré la répétition des attaques, il semble que ce ne soit pas toujours le cas. Cela révèle des failles importantes dans le dispositif russe. On a tendance à imaginer Moscou comme une forteresse imprenable, et pourtant, ces opérations montrent l’inverse.</p><p>Du côté ukrainien, cela montre aussi une montée en compétence très nette. Au début du conflit, certains les prenaient pour des amateurs. Aujourd’hui, ils fabriquent massivement leurs propres armes, notamment des drones, et ont acquis une expérience que peu d’armées possèdent. Ils mènent une guerre moderne, technologique, mais aussi extrêmement violente et directe. Cette expérience leur a permis de développer des savoir-faire uniques, y compris dans des opérations de ce type. Ils montrent qu’ils sont capables soit de s’introduire eux-mêmes, soit de recruter sur place, dans les deux cas pour mener des actions très préparées.</p><p><strong>Faut-il penser de ces assassinats qu’ils sont de nature à avoir un impact réel sur le cours du conflit ? De quelle nature ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary : </strong>Je ne pense pas que cela changera le cours de la guerre, ni celui des négociations. La guerre se joue avant tout sur le terrain ukrainien. À l’exception éventuelle de Vladimir Poutine, la disparition d’un individu, aussi important soit-il, reste globalement remplaçable dans l’appareil russe. Les négociations actuelles sont largement illusoires. Les positions des deux camps sont inconciliables, et la parole de Vladimir Poutine n’inspire plus la confiance. Même au sein du renseignement américain, il existe des désaccords sur ses intentions réelles. Certains estiment qu’il ne veut pas la paix, mais la totalité de l’Ukraine. En revanche, l’impact psychologique est majeur. Ces opérations déplacent la guerre sur le territoire russe. Elles obligent Moscou à renforcer la protection de l’arrière, parfois au détriment du front. C’est une forme de guerre psychologique extrêmement efficace.</p><p>Les Russes eux-mêmes ont théorisé cette guerre hybride, en expliquant que les conflits modernes seraient de moins en moins purement militaires. Sur ce point, ils avaient raison. Si l’on parvient à affaiblir un pays non pas par des batailles, mais en modifiant son environnement politique, médiatique ou psychologique, on peut gagner sans tirer un coup de feu. C’est exactement ce type de logique qui est à l’œuvre ici. Ces assassinats montrent à la fois la force de l’Ukraine et les failles du système russe. Même s’ils restent relativement rares — entre huit et douze en trois ans — leur impact symbolique et psychologique est considérable. Et il ne faut surtout pas le sous-estimer.</p><p><strong>Xavier Tytelman : </strong>Il y a un impact très concret et très mesurable. Ces opérations obligent les Russes à retirer une partie de leurs forces du front pour sécuriser leurs arrières, ce qu’ils ne faisaient pas auparavant, car ils se pensaient relativement protégés sur leur propre territoire. On l’a vu très clairement après l’opération « Spiderweb ». Les Russes ont été contraints de déplacer des dizaines de systèmes de défense antiaérienne depuis le front vers l’intérieur du pays. Cela a mécaniquement affaibli leur dispositif face aux drones ukrainiens. Quand on frappe les arrières, on déshabille le front. C’est un principe militaire classique, mais qui fonctionne très bien ici. Ces opérations ont aussi un impact psychologique important. Elles fatiguent la société russe, elles la démoralisent, et surtout elles font entrer dans l’opinion publique l’idée qu’il existe une opposition intérieure réelle. Et je ne parle pas uniquement des assassinats ciblés : les avions incendiés sur des bases réputées ultra-sécurisées, les hélicoptères détruits, les sabotages de navires dans les ports, parfois filmés et diffusés, tout cela prouve qu’il y a une contestation interne. Cela joue directement sur le moral de la population russe et contribue à faire monter ce sentiment que la guerre n’est plus aussi largement soutenue qu’auparavant. Ces opérations ne pourraient tout simplement pas réussir sans un soutien local. Si les Ukrainiens parviennent à frapper avec une telle précision, c’est bien parce que des gens leur fournissent des informations. Ce ne sont pas des agents du SBU qui surveillent chaque site jour après jour : ce sont des relais locaux.</p><p>N’oublions qu’il persiste, en Russie, une opposition de plus en plus flagrante à Vladimir Poutine. Celle-ci ne cesse de croître et elle est d’ailleurs couplée à une ukrainophilie réelle chez tout un pan de la population qui se sent d’ailleurs prisonnière du régime. Celle-là souhaite clairement la chute de Vladimir Poutine. Cette opposition, d’ailleurs, ne se limite pas à la société civile. Elle existe aussi à des niveaux élevés de l’État. On en parlait déjà précédemment : ce n’est pas parce que Navalny a été tué que ces idées ont disparu. Au contraire, on voit aujourd’hui apparaître toute une série de figures qui se révèlent être de véritables opposants. Bien sûr, une partie de la population reste sensible à la propagande. Mais il n’y a aucune raison objective pour que cette opposition régresse alors que la situation militaire se dégrade, que les pertes humaines s’accumulent, que les cercueils reviennent du front et que la situation économique se détériore.</p><p>Ces actions contribuent clairement à désorganiser l’armée russe. Quand des officiers généraux responsables de secteurs entiers du front ou de capacités clés, comme le bombardement, sont éliminés, il faut du temps pour les remplacer. Trouver quelqu’un qui possède la même expérience, la même connaissance des dossiers, cela prend des années. Il y a donc nécessairement une perte d’efficacité de l’armée russe. Entre la peur, le manque de cadres expérimentés et les besoins humains, cette perte est structurelle. Ce sont des personnes centrales dans le fonctionnement de l’institution militaire russe, et leur disparition ne peut pas être compensée rapidement.</p><p><strong>Faut-il s’attendre à une intensification de ce type d’opérations, y compris en profondeur sur le territoire russe ?</strong></p><p><strong>Xavier Tytelman : </strong>Les Ukrainiens font ce qu’ils peuvent avec les moyens et les opportunités dont ils disposent. S’ils ont davantage d’occasions, ils frapperont davantage. Mais il faut aussi noter que, plus le temps passe, plus on observe des cas d’officiels russes qui « tombent de leur balcon », soit parce qu’ils ont été jugés incompétents, soit parce qu’ils étaient profondément détestés par leurs hommes. Il y a de plus en plus de témoignages montrant que certains officiers supérieurs ont été éliminés par leurs propres troupes. On connaît des cas d’officiers qui tenaient des propos ignobles à leurs soldats, allant jusqu’à leur dire qu’après leur mort ils iraient « coucher avec leurs femmes ». Ce type de comportement a parfois conduit à des exécutions internes. On sait aussi que certains officiers ont été dégradés puis envoyés dans des assauts particulièrement meurtriers. Il existe d’ailleurs des comptes spécialisés qui recensent précisément les officiers russes tués en Ukraine, ce qui est plus difficile à dissimuler, car ils sont souvent décorés à titre posthume.</p><p>On dispose d’ailleurs de chiffres précis à ce sujet ! Il existe notamment un compte très suivi, appelé <a href="https://x.com/KilledInUkraine?lang=fr">Killed in Ukraine</a>, qui tient un fichier extrêmement détaillé, avec les noms, les grades et les circonstances de la mort de chaque officier. Selon ces données, on serait aujourd’hui autour de 7 495 officiers russes tués depuis le début du conflit. C’est un chiffre absolument hallucinant.</p><p><em>Propos recueillis par Vincent Nahan</em></p><p>A retrouver ici :</p><p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/assassinats-generaux-russes-cacher-plus-que-de-simples-operations-ukrainiennes-moscou-russie-xavier-tytelman-philippe-jouary">https://atlantico.fr/article/decryptage/assassinats-generaux-russes-cacher-plus-que-de-simples-operations-ukrainiennes-moscou-russie-xavier-tytelman-philippe-jouary</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=cabd3ff68ff3" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[La guerre hybride russe : entretien avec la chaîne La boîte noire]]></title>
            <link>https://medium.com/@PascalJouary/la-guerre-hybride-russe-entretien-avec-la-cha%C3%AEne-la-bo%C3%AEte-noire-c2dd8b869d1f?source=rss-a674e3956ecb------2</link>
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            <category><![CDATA[hybrid-warfare]]></category>
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            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Mon, 15 Dec 2025 17:02:18 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-12-15T17:02:18.360Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Lien de la vidéo</p><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/719/1*wgnHYJDi2M4HeWnvtbdVKw.png" /></figure><p>Ici :</p><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=OhmWmM2eKMg">https://www.youtube.com/watch?v=OhmWmM2eKMg</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=c2dd8b869d1f" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Mes 4 entretiens avec la chaine Cartes du monde]]></title>
            <link>https://medium.com/@PascalJouary/mes-4-entretiens-avec-la-chaine-cartes-du-monde-d64d1ea921da?source=rss-a674e3956ecb------2</link>
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            <category><![CDATA[osint]]></category>
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            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Fri, 12 Dec 2025 19:10:51 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-12-12T19:10:51.182Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/697/1*xGjiZBWjSqb7nEq0daEJlg.png" /></figure><p>Voici les liens vidéo</p><h3>Enquêter avec l’OSINT — Interview avec Cartes du monde</h3><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=a_qnOo84WJA">https://www.youtube.com/watch?v=a_qnOo84WJA</a></p><h3>Entretien avec Cartes du monde sur Palantir</h3><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=WubTMIUT17Y&amp;t=1808s">https://www.youtube.com/watch?v=WubTMIUT17Y&amp;t=1808s</a></p><h3>Entretien avec Baptiste Robert : Pavel Durov et l’affaire Telegram</h3><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Jq5n8FfiV2Y&amp;t=963s">https://www.youtube.com/watch?v=Jq5n8FfiV2Y&amp;t=963s</a></p><h3>Entretien avec Cartes du monde sur le secret defense</h3><p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=XO3FB8BpTZ0&amp;t=4s">https://www.youtube.com/watch?v=XO3FB8BpTZ0&amp;t=4s</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=d64d1ea921da" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
        </item>
        <item>
            <title><![CDATA[Mon entretien à Atlantico sur le séisme géopolitique du moment !]]></title>
            <link>https://medium.com/@PascalJouary/mon-entretien-%C3%A0-atlantico-sur-le-s%C3%A9isme-g%C3%A9opolitique-du-moment-bd23ed8efa42?source=rss-a674e3956ecb------2</link>
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            <category><![CDATA[russia]]></category>
            <category><![CDATA[ukraine]]></category>
            <category><![CDATA[usa]]></category>
            <category><![CDATA[trump]]></category>
            <category><![CDATA[geopolitics]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Fri, 21 Feb 2025 10:14:59 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2025-02-21T10:14:59.789Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Mon entretien à Atlantico sur le séisme géopolitique du moment !</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/652/1*VndyVrkjWyIHJx1dvmTFuA.png" /></figure><p><strong>Atlantico : Les positions de Donald Trump sur l’Ukraine, la Russie et ses récents propos sur Volodymyr Zelensky suscitent l’inquiétude en Europe. Quels ont été les principaux mensonges et les approximations de Donald Trump sur le dossier ukrainien, sur Volodymyr Zelensky et la Russie ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary :</strong> Donald Trump a beaucoup menti récemment sur la guerre en Ukraine. Il a affirmé que Volodymyr Zelensky n’aurait que 4 % de popularité, alors que le chiffre réel se situe entre 54 et 57 %. Le président américain a tenu des propos assez extravagants. Ce ne sont même pas des mensonges subtils. Ses propos concernent des faits assez évidents au début de la guerre, ce qui est assez étrange. Donald Trump a affirmé que la Russie n’a pas déclenché la guerre. Or, il existe de nombreuses preuves montrant les premiers signes d’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, suivis des chars. Donald Trump a clairement dit que l’Ukraine était responsable du début de cette guerre, ce qui constitue un mensonge majeur.</p><p>En temps de guerre, il est normal de ne pas organiser d’élections, cela est même prévu par la loi. Ainsi, lorsque Donald Trump qualifie Zelensky de dictateur pour ne pas avoir organisé d’élections, cela n’est pas juste. Le régime ukrainien est bel et bien devenu de plus en plus démocratique, contrairement à la Russie, qui est une véritable dictature, dépourvue d’élections. Donald Trump à l’intention de rencontrer Vladimir Poutine, un dirigeant qui n’organise pas d’élections libres, et il le soutient, tandis que Trump passe son temps à critiquer un pays qui se rapproche de plus en plus de la démocratie et qui se situe à côté de la Russie qui, elle, est bien moins démocratique.</p><p>Donald Trump a aussi précisé qu’un négociateur débutant aurait pu arrêter la guerre dès le début, qu’il s’agissait d’un jeu d’enfant. Pourtant, tout le monde sait que ce conflit est extrêmement complexe à résoudre. Le président américain en parle avec mépris.</p><p>En ce qui concerne l’impopularité de Zelensky, il a critiqué le dirigeant ukraine en assimilant son régime à une dictature.</p><p>Quant à l’aide américaine envers l’Ukraine, Donald Trump a mentionné un montant de 350 milliards, alors qu’en réalité, les estimations varient entre 100 et 130 milliards. De plus, il a déformé les propos de Zelensky, qui a indiqué qu’une partie de l’aide promise n’était pas encore arrivée, et que l’aide militaire et l’aide financière humanitaire étaient dissociées. Trump a transformé cette déclaration en une accusation, insinuant que l’argent avait disparu, sous-entendant de la corruption.</p><p>La question de la corruption mérite d’être abordée. L’Ukraine lutte contre la corruption et il y a eu plusieurs arrestations importantes de personnalités haut placées, encore récemment. Ces affaires sont presque hebdomadaires. Il est clair que les autorités ukrainiennes essaient de se débarrasser des vestiges du système russe. Cependant, accuser l’aide américaine d’être détournée ainsi ressemble vraiment à de la propagande russe. Tout ce que Donald Trump a dit se rapproche du narratif russe, ce qui est frappant et assez surprenant.</p><p>Les déclarations de Donald Trump à l’égard de l’Ukraine et de Volodymyr Zelensky constituent un séisme géopolitique. Ceux qui croyaient qu’il s’agissait d’une stratégie pour amadouer Vladimir Poutine en vue de le piéger derrière se trompent. Il y a trop d’éléments qui s’alignent, comme la nouvelle responsable du renseignement américain, qui a plusieurs dossiers, et ses déclarations qui font écho aux propos de Trump. De plus, l’équipe en charge de cibler les oligarques russes et des sanctions a été dissoute, entre autres.</p><p>Les déclarations de Trump illustrent une nouvelle stratégie et participent à un véritable tremblement de terre sur le plan géopolitique.</p><p><strong>- Donald Trump, à travers sa stratégie en Ukraine, ne veut-il pas absolument arracher la Russie à la sphère d’influence de la Chine ?</strong></p><p>Cette question est complexe et il est difficile de connaître la vérité et les réelles intentions de Donald Trump vis-à-vis de la Chine par rapport à la Russie. Les agissements de la nouvelle administration américaine sont parfois difficiles à décrypter. Il est difficile de savoir avec précision si cela fait partie d’une stratégie visant à créer une sorte de brouillard de guerre ou si tout cela relève du chaos total. À certains moments, l’action des équipes d’Elon Musk et de Trump semble vraiment incohérente. Les conflits judiciaires et les déclarations du président des Etats-Unis révèlent que Donald Trump a franchi les limites.</p><p>Concernant la stratégie vis-à-vis de Pékin, de nombreux experts de la Chine ont exprimé leur scepticisme. Ils affirment que si les États-Unis pensent être en mesure d’éloigner Moscou de l’influence du régime chinois, la Russie ne fera que manipuler les Américains en réalité. Instinctivement, et en suivant de près les dossiers chinois, l’alliance entre la Russie et la Chine semble être difficile à déstabiliser. Cette alliance existe depuis longtemps et repose sur des bases idéologiques solides. Le rapprochement entre les États-Unis et la Russie semble davantage être une manipulation de la part de la Russie, qui a toujours su tirer parti des ouvertures. Les pays occidentaux ont fait des affaires avec Moscou par le passé, mais en réalité, la Russie avait tout calculé pour réussir à nous infiltrer. Cela s’est manifesté via notre dépendance en Europe au gaz et au pétrole, et par l’intégration de l’argent russe dans nos systèmes financiers, qu’il s’agisse du Royaume-Uni, des îles Vierges ou d’autres paradis fiscaux. Les Russes ont su brouiller les pistes et s’intégrer à notre système, ce qui montre leur volonté d’utiliser ces ouvertures pour mieux s’infiltrer. Je pense que la Russie manipulera Trump. Cette alliance a peu de chances de fonctionner réellement. Les plans de Trump sont difficiles à prévoir mais ses déclarations constituent un véritable séisme géopolitique pour l’Europe, pour les pays baltes. Cette stratégie américaine envoie un signal à tous ceux qui veulent conquérir un territoire, en leur montrant que la guerre est récompensée. Poutine a mené une guerre et son initiative de se rapprocher des Etats-Unis a été accueillie positivement en Arabie saoudite, avec des compliments et des félicitations. Taïwan devrait s’inquiéter, car Donald Trump est tout à fait capable d’adopter la même approche avec la Chine. De plus, Elon Musk est impliqué en Chine, ce qui engendre une certaine dépendance.</p><p>Il y a encore beaucoup de personnes influentes au sein de l’administration américaine et la Chine reste clairement une menace. Cependant, Elon Musk, qui a des affaires en Chine et qui a affirmé que Taïwan fait partie de la Chine, a également rencontré des dirigeants chinois et russes. Il a même eu des échanges téléphoniques avec Vladimir Poutine. Il existe ainsi un alignement des objectifs au sein de la nouvelle administration américaine.</p><p>A travers la question géopolitique, il ne faut pas négliger l’aspect idéologique. Il est évident que Trump et ses soutiens partagent des valeurs communes avec la Russie de Vladimir Poutine. La religion occupe une place importante dans leur discours, et ils s’opposent au progressisme, au “wokisme”.</p><p>Idéologiquement, Donald Trump et Vladimir Poutine sont très proches. Il n’y a pas de chantage exercé à l’encontre de Donald Trump. Il n’a jamais été gêné par la Russie, et il semble même avoir de nombreuses affinités avec elle, notamment au niveau des valeurs. En écoutant les discours des deux dirigeants, il y a de fortes ressemblances. Il n’y a pas de kompromat ou de chantage dans cette relation. Trump a de nombreux dossiers avec les Russes. Il est entouré de juristes et d’avocats et il sait ce qu’il fait. Trump a eu par le passé des dizaines de clients russes dans ses affaires : certains sont des associés, d’autres sont des clients. Certains ont eu de l’argent sale. En tout cas, il a eu énormément d’échanges avec des Russes. Si l’on met tout cela en perspective, avec l’idéologie similaire et les affaires, Donald Trump semble réellement vouloir établir une nouvelle alliance avec la Russie, mais cela se ferait au détriment de l’Europe, de l’Ukraine en priorité, et des pays baltes, qui pourraient être les prochaines cibles.</p><p><strong>- Est-ce que les Russes tiennent Donald Trump soit par chantage ou par vanité ?</strong></p><p>Il n’y a pas de preuve de kompromat. Il donne l’impression de manquer de reconnaissance, tellement il va dans le sens de la Russie. Mais, en y regardant de plus près, après avoir revu ses discours, je me suis rendu compte qu’il fait des affaires avec la Russie depuis plus de 40 ans. Il y va régulièrement, lui et sa famille. Ses enfants sont invités à Moscou et connaissent de nombreuses personnes là-bas. Le KGB puis le FSB l’ont surveillé pendant longtemps, c’est certain. Il semblerait même que ce soient eux qui lui aient suggéré de faire de la politique. Ce lien avec la Russie remonte à très loin. Le premier voyage de Trump a été organisé par le KGB, bien qu’il ne le sache pas à l’époque. À Moscou, des enquêtes ont été menées, que ce soit le documentaire de Antoine Vitkine ou le livre de Régis Jeantet, qui prouvent une collusion importante. Cependant, prendre de l’argent russe n’est pas illégal, tant que ce n’est pas de l’argent provenant de personnes sous sanctions. Mais il est avéré que, dans l’argent russe qu’il a reçu à plusieurs reprises, notamment pour des appartements qu’il a vendus, comme ceux de la Trump Tower ou d’autres résidences, il y avait de l’argent en provenance de la mafia russe. Or, la mafia russe est liée au FSB.</p><p>Toute cette connivence remonte à de nombreuses années, mais cela ne signifie pas qu’il soit sous chantage. Donald Trump n’a jamais été gêné par la Russie. Cela ne veut pas dire qu’il existe un complot avec les Russes pour accomplir tel ou tel objectif, mais plutôt qu’ils sont sur la même longueur d’onde. L’ennemi commun est l’islamisme. Je ne crois pas qu’il ait perçu les Russes comme des ennemis. Quant à l’Ukraine et à l’Europe, Trump semble s’en désintéresser. Il voit désormais un moyen de se faire de l’argent avec la Russie mais il se moque de la cause ukrainienne. L’Europe, quant à elle, représente une sorte de concurrence. Il semble vouloir nous affaiblir, mais il oublie quelque chose d’essentiel. Il est en train d’affaiblir la puissance des États-Unis. L’USAID et les aides apportées dans le monde entier font partie du soft power. Or, il prévoit de réduire le budget du Pentagone de 40 % sur cinq ans. Et il déclare que sa priorité est désormais les cartels mexicains, et non la Russie ni la Chine. Donald Trump est en train de tuer la puissance américaine.</p><p>En ce qui concerne les liens financiers, il est possible de faire une comparaison avec Marine Le Pen et son prêt russe. Idéologiquement, ils peuvent se retrouver. Mais si en plus il y a de l’argent et des services, cela prend une autre dimension. Nous nous souvenons tous des services, notamment lorsqu’il s’agit de 6 millions d’euros dans le cas de Marine Le Pen. En ce qui concerne Trump, il s’agit d’une somme bien plus importante. Il fait des affaires avec différentes personnes, dont certaines sont proches du pouvoir, et il se rapproche de ce pouvoir. Il a essayé de faire des affaires à Moscou, rêvait d’y construire un hôtel. Cependant, cela ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’un conflit d’intérêts ou d’actes illégaux. Trump a été sauvé financièrement grâce à de l’argent étranger, beaucoup d’argent russe, et principalement de l’ancienne Union soviétique.</p><p>Le fils de Trump, Donald Trump Junior, déclarait en 2008 que la Trump Organization prospérait à nouveau, mais que l’argent russe représentait une part disproportionnée de leurs actifs. Alan Lapidus, ancien architecte de Trump ayant travaillé sur plusieurs projets immobiliers, a également abordé ce point de vue dans une interview à l’AFP. Il a déclaré, après avoir évoqué les problèmes financiers antérieurs de Trump, que ce dernier n’avait pu obtenir de prêt de quiconque aux États-Unis et que tout venait de Russie. Son implication avec la Russie était plus profonde qu’il ne l’avait reconnu. Ainsi, Trump a bénéficié de nombreux financements russes. Cela n’a pas toujours été facile à prouver ou attaquer, mais il est évident qu’il a reçu de l’argent russe de plusieurs manières : des clients venant aux États-Unis, des prêts qu’il a contractés et des dizaines de clients russes.</p><p>Cependant, ce qui explique avant tout ses actions actuelles, c’est un choix géopolitique assez surprenant, un véritable tremblement de terre qui n’est pas uniquement dû à ses rapports financiers avec la Russie. Je pense que l’aspect idéologique est le plus important. Il se sent proche de la Russie. Ils partagent une vision idéologique. Pour lui, la Russie n’est non seulement pas l’ennemi, mais en plus l’Ukraine ne semble pas être une priorité. Cela coûte beaucoup d’argent et ce n’est pas populaire. La méthode Trump consiste à exercer des pressions, c’est-à-dire qu’au lieu de soutenir, il propose de reprendre les terres rares.</p><p>Cela soulève une certaine imprévisibilité, qui pourrait mener à des résultats désastreux. Toutefois, il est également capable de revirements et de revenir à une position plus classique. Des conseillers pourraient lui faire comprendre qu’il est en train de saper la puissance américaine. Trump pourrait donc être capable de revenir en arrière.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=bd23ed8efa42" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Mon entretien à Atlantico sur le coup d’éclat du SBU à Moscou]]></title>
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            <category><![CDATA[moscou]]></category>
            <category><![CDATA[jouary]]></category>
            <category><![CDATA[bus]]></category>
            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Sat, 21 Dec 2024 15:02:04 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-12-21T15:02:04.672Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/488/1*RrmQyUUwvo1iJXdY6u86vQ.png" /></figure><p><strong>Guerre psychologique</strong></p><h3>Coup dur pour le Kremlin : pourquoi l’assassinat du chef des armes chimiques russes Igor Kirillov est plus qu’un simple revers militaire</h3><p><a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/coup-dur-pour-le-kremlin-pourquoi-lassassinat-du-chef-des-armes-chimiques-russes-igor-kirillov-est-plus-quun-simple-revers-militaire-russie-poutine-zelensky-kiev-moscou-Pascal-Jouary">Coup dur pour le Kremlin : pourquoi l&#39;assassinat du chef des armes chimiques russes Igor Kirillov est plus qu&#39;un simple revers militaire</a></p><p>Gratuitement (avec l’autorisation d’Atlantico) :</p><p>Coup dur pour le Kremlin : pourquoi l’assassinat du chef des armes chimiques russes Igor Kirillov est plus qu’un simple revers militaire</p><p><strong>Atlantico : L’assassinat du chef des armes chimiques russes Igor Kirillov est-il bien plus qu’un simple revers militaire pour la Russie ? Quelles sont les conséquences pour la Russie de la disparition de Igor Kirillov ?</strong></p><p><strong>Pascal Jouary :</strong> L’assassinat de Igor Kirillov est un atout et une réussite pour l’Ukraine dans le cadre de la guerre psychologique. Cette élimination intervient au cours d’une période assez délicate pour Kiev. Les Ukrainiens étaient fragilisés et l’arrivée de Donald Trump faisait planer une véritable incertitude sur le conflit au regard de ses futurs choix entre la Russie et l’Ukraine.</p><p>Certains analystes estiment que l’élimination de Igor Kirillov est assez similaire aux opérations menées par Israël. Cette offensive impressionnante dans le territoire ennemi a visé une cible très importante dans la hiérarchie militaire russe. D’autres opérations similaires avaient été menées par le passé, notamment lors de l’assassinat de Daria Douguina et de Vladlen Tatarsky. Les forces ukrainiennes avaient déjà réussi des opérations impressionnantes et frappé des cibles en Russie. Le SBU et les autres services ukrainiens ont déjà fait des opérations impressionnantes. Igor Kirillov était aussi dans le viseur de l’Angleterre, à cause de la désinformation. Il était un propagandiste en chef mais il était surtout responsable du programme radiologique et d’armes chimiques qui ont été utilisées notamment en Ukraine. Igor Kirillov était vraiment dans les cibles prioritaires de l’Ukraine et du SBU. Réussir cette opération à seulement six kilomètres du Kremlin est spectaculaire.</p><p><strong>- Les autorités russes ont arrêté un Ouzbek en lien avec l’assassinat de Kirillov. Le Service fédéral de sécurité russe, le FSB, a diffusé une vidéo dans laquelle le suspect semble avouer avoir posé une bombe. La réaction du FSB et cette arrestation rapide témoignent-elles aussi d’une tentative de contre-feu et des difficultés du pouvoir et du régime russe ?</strong></p><p>Selon de nombreux analystes, il y a peu de crédibilité à accorder à ce genre d’arrestations aussi rapides. En arrêtant un suspect en l’espace de 24 heures, les autorités espèrent tourner la page et que ce revers ne soit plus au coeur des esprits. L’Ukraine a choisi d’éliminer une cible stratégique. Les services ukrainiens ont revendiqué l’attaque mais ce n’est pas forcément eux directement qui étaient en charge de cette opération. Le SBU a pu être aidé par plusieurs services occidentaux. Réussir une telle opération témoigne de la fragilité des services russes. Les équipes ayant mené cette opération ont réussi à poser une trottinette piégée avec une caméra pour cibler un haut gradé russe. Cette mission nécessitait un très haut niveau d’expertise.</p><p><strong>- Cet assassinat ciblé témoigne-t-il de la capacité de l’Ukraine à cibler le territoire russe ? La mort de Igor Kirillov souligne-t-elle les failles des dirigeants ou de la sécurité intérieure russes ?</strong></p><p>Selon la chercheuse Olga Lautman du Centre d’analyse des politiques européennes (CEPA), l’assassinat de Kirillov démontre la vulnérabilité des services russes. Cette opération participe à la guerre psychologique. Au niveau opérationnel, parvenir à éliminer une personnalité qui a de telles responsabilités constitue un fait de guerre important. Kirillov était un personnage clé au niveau des armes chimiques et de la désinformation.</p><p>Les hauts gradés militaires russes qui participent à la guerre, qui ont des choses à se reprocher savent qu’ils seront les prochaines cibles. Ils ne seront plus sereins dans les rues de Moscou. Cette opération permet de déstabiliser psychologiquement la Russie comme lors de l’opération des bipeurs menée par Israël. Ce type d’actions et d’opérations marquent les esprits.</p><p><strong>- Ces attaques non conventionnelles sont-elles bénéfiques pour les objectifs de Kiev sur le champ de bataille ? Est-ce qu’il n’y a pas une volonté de démontrer que la Russie n’est pas à l’abri d’une guerre sur son sol et de frappes qui pourraient cibler les vulnérabilités de son système de défense ?</strong></p><p>Cette opération vise à intimider la Russie, comme le souligne Olga Lautman. Mais il faut rappeler que la guerre sur le sol russe a commencé depuis bien longtemps.</p><p>Les Ukrainiens se sont permis d’attaquer juste derrière la frontière et puis de plus en plus loin. Avec l’accord des occidentaux et grâce aux armes occidentales, il a été possible de viser des cibles de plus en plus éloignées. La Russie a fait monter la température. Kiev ne fait que répondre et se défendre.</p><p>Les principales cibles étaient essentiellement des militaires, des raffineries. Des soldats nord-coréens ont même été visés sur le front dans le cadre de la guerre en Ukraine. Dans le cadre de ces opérations, Kiev cible des objectifs militaires, logistiques, symboliques ou propagandistes.</p><p>Les assassinats ciblés s’inscrivent dans la guerre de l’information, notamment lors de l’attaque contre Daria Douguina. Ces éliminations servent à faire peur et s’inscrivent dans le cadre de la guerre psychologique.</p><p><strong>- Faut-il craindre une escalade d’éliminations ciblées de ce type entre la Russie et l’Ukraine après l’élimination de Igor Kirillov ? La Russie serait-elle en capacité de mener de telles attaques ?</strong></p><p>Depuis que Donald Trump a été élu, il y a eu une bascule. Alors qu’il n’est pas entré en fonction, les conséquences de son élection sont déjà visibles. L’incertitude autour de Donald Trump représente une incertitude pour la diplomatie du monde entier. Personne ne sait ce qu’il va faire et de quoi il pourrait être capable vis-à-vis de la Chine et de l’Iran. Donald Trump va-t-il prendre le parti de Poutine dans les négociations et mettre la pression à Kiev qui est l’agressé ? Poutine sent qu’il est en train de gagner et avec l’arrivée de Trump, il sait que les Américains sont fébriles en période de transition. Vladimir Poutine pourrait être tenté d’en profiter. Le chef du Kremlin considère que l’Ukraine n’est pas la priorité de Donald Trump. La Russie vient de bombarder Kiev avec des missiles balistiques. Six ambassades ont été touchées. Un emballement pourrait se produire. Kiev et Moscou pourraient être tentés de mener de nouvelles opérations et de se livrer à des coups d’éclat. Kiev a voulu montrer que les forces ukrainiennes étaient en capacité de cibler et de tuer un général à Moscou, à six kilomètres du Kremlin. Cela fait peser une menace sur Vladimir Poutine.</p><p><strong>- Avant l’arrivée de Donald Trump, chaque camp tente d’avancer ses pions. Cet assassinat participe-t-il à cette ultime tentative de faire avancer ses pions juste avant l’arrivée de Trump ? Pourrait-il y avoir une forme d’escalade violente sur le front ?</strong></p><p>Il pourrait se reproduire, tous les deux jours, un événement comme cet assassinat ciblé en Russie et il pourrait se reproduire des attaques encore plus massives qu’avant en Ukraine. Des opérations inédites pourraient aussi être menées dans le cadre de la guerre hybride qui est en cours. Il pourrait y avoir des surprises et des événements inédits. La Russie veut-elle véritablement en découdre ? La période actuelle est véritablement inquiétante. Certains observateurs sont rassurés par l’arrivée de Donald Trump. Le président américain va-t-il pouvoir imposer un gel de la situation ? L’Ukraine peut compter sur ses nombreux alliés, notamment les Etats-Unis, la France, l’Angleterre, l’Allemagne, Israël. La société Palantir vient aussi en aide à l’Ukraine.</p><p>La crainte d’un emballement entre la Russie et l’Ukraine est plus que probable. L’assassinat de Kirillov en est un exemple comme les attaques russes qui ont évolué avec le fait que des ambassades aient été touchées. Les deux camps montent d’un cran dans les menaces et dans les actes.</p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=c230f297a815" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
        </item>
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            <title><![CDATA[Mon entretien à Atlantico : “Guerre psychologique : la Russie fait planer un vent de panique en…]]></title>
            <link>https://medium.com/@PascalJouary/mon-entretien-%C3%A0-atlantico-guerre-psychologique-la-russie-fait-planer-un-vent-de-panique-en-b0449d04d9e1?source=rss-a674e3956ecb------2</link>
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            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Fri, 08 Nov 2024 09:31:16 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-11-08T09:31:16.300Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>Mon entretien à Atlantico : “Guerre psychologique : la Russie fait planer un vent de panique en Europe et aux Etats-Unis avec l’envoi de colis piégés et des projets de sabotage dans des avions”</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/792/1*ewUc78INOnE60lcOP8NTMw.png" /></figure><p><strong>1/ Un colis, décrit comme un “engin incendiaire”, a récemment explosé au Royaume-Uni. D’aucuns soupçonnent qu’il s’agissait d’un exercice préparatoire visant à permettre une attaque contre les États-Unis ou le Canada. Que sait-on exactement de l’affaire ?</strong></p><p>Pascal Jouary : L’affaire dont on parle ici n’a pas été particulièrement médiatisée, ce qui n’est guère étonnant compte tenu de la situation actuelle. En période électorale, particulièrement quand on parle de l’élection présidentielle américaine, il y a beaucoup de sujets à couvrir. Ce que l’on peut néanmoins affirmer, c’est que deux colis similaires, en provenance de Lituanie, ont été envoyés respectivement vers l’Allemagne et l’Angleterre. Les deux étaient supposés finir leur course en Angleterre mais l’un d’entre eux a été intercepté avant d’y arriver. L’autre a explosé sur le sol britannique, bien que nous ne soyons pas encore sûrs de pourquoi il a été envoyé au Royaume-Uni. Nous avons des raisons de penser qu’il s’agissait d’une opération visant à s’entraîner avant un assaut programmé contre les États-Unis d’Amérique ou contre le Canada. La situation est d’autant plus inquiétante que l’explosion en question, de l’aveu du chef des services de renseignement, est susceptible de détruire un avion de ligne.<br>À l’heure actuelle, ce sont les services russes qui sont soupçonnés d’avoir organisé cette opération. Si c’est bel et bien le cas, nous pourrions alors affirmer que la Russie est prête (ou au moins qu’elle se prépare) à faire exploser nos avions de ligne. C’est particulièrement inquiétant.<br>Des individus soupçonnés d’avoir participé à l’opération ont été arrêtés en Europe de l’Est. En tout et pour tout, quatre personnes ont été interpellées et deux étaient encore recherchées au moment de la publication du rapport couvrant l’événement. Les deux individus qui n’avaient pas encore été arrêtés sont ceux qui sont aujourd’hui soupçonnés d’avoir posté les colis en question. Notons également que le Wall Street Journal rapporte des détails intéressants concernant la composition chimique de l’explosif. Celui-ci est constitué d’un mélange à base de magnésium, ce qui signifie qu’il n’est pas possible d’éteindre l’incendie provoqué avec de l’eau. Quiconque s’y essaierait verrait la flamme gagner en ampleur. Il faut donc prévoir un extincteur à mousse pour éviter d’aggraver la situation.</p><p><strong>2/ Que cache exactement cette affaire ? Quels en sont les enjeux ?</strong></p><p>Ce qu’il faut bien comprendre, avec cette affaire, c’est que l’on entre dans un conflit dit “hybride”. Au lieu d’attaquer frontalement son ennemi comme on pourrait le faire en envoyant un avion de chasse abattre un autre avion (fût-il militaire ou civil), l’assaillant peut ici compter sur l’anonymat et prétendre qu’il n’est pas responsable des dégâts causés. Bien que nous soupçonnions aujourd’hui la Russie d’être à l’origine de cette opération et que nous supposions qu’elle souhaite, in fine, s’attaquer au “Grand Ennemi”, rien ne permet de l’affirmer formellement avant la confirmation de ces soupçons par une enquête. Or, comme c’est également le cas dans le cadre des cyberattaques, l’attribution de telles opérations peut s’avérer très complexe. Bien souvent, il n’est tout simplement pas possible de remonter avec certitude jusqu’à l’assaillant quand celui-ci ne revendique pas son attaque (ce qu’ont tendance à faire les terroristes mais ce que la Russie ne ferait probablement pas dans ce cas de figure).<br>Il n’est pourtant pas étonnant de soupçonner la Russie, ainsi que le fait l’essentiel du monde occidental aujourd’hui. C’est elle qui a le plus à gagner dans cette histoire et nous savons qu’elle est prête à procéder de la sorte. Nous connaissons également ses méthodes et nous n’ignorons pas la réalité du contexte actuel. À partir de là, tout converge. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de flou (il y en a souvent dans ces milieux) et c’est d’ailleurs le propre de la guerre hybride que de comporter des zones d’ombre. Le travail des services de renseignement consiste à les réduire autant que faire se peut tant et si bien que l’on finit parfois par apprendre qui a pu commanditer ou organiser pareille opération quelques années après l’attaque initiale. Ce à quoi nous faisons face aujourd’hui, c’est à une forme de guerre fantôme et le soupçon posé sur la Russie est corroboré par de nombreux autres éléments parmi lesquels les déclarations de différents services de renseignement qui n’hésitent pas à affirmer que le Kremlin est prêt à nous faire la guerre, à organiser des opérations de sabotage, voire des meurtres.</p><p><strong>3/ Comment informer sur ces sujets sans prendre le risque de provoquer une panique au sein de la population civile ?</strong></p><p>C’est une question légitime. Un certain nombre des assauts et des attentats déjoués ne font l’objet d’aucune couverture médiatique précisément pour éviter d’inquiéter la population. L’absence de couverture plus poussée sur ce sujet précis relève sans doute du fait (pour partie au moins) que l’on cherche à limiter le risque d’une panique chez les civils. Titrer, au 20 h de TF1, sur la volonté du Kremlin de faire exploser des avions de ligne européens, c’est l’assurance de provoquer une véritable angoisse au sein de la population. Parler de ces sujets est donc très délicat. La plupart du temps, ce sont des thématiques qui sont abordées dans des articles plus discrets, que tout le monde n’a pas tendance à lire mais qui n’échappent pas nécessairement aux journalistes.<br>Bien sûr, la presse parle des assauts “réussis” par les puissances étrangères ou par les terroristes.</p><p><strong>4/ Quelle est l’ampleur du risque auquel nous sommes aujourd’hui confrontés ?</strong></p><p>C’est là toute la question ! Personne, malheureusement, n’est en mesure d’y répondre avec précision aujourd’hui. Sauf à disposer, peut-être, d’un Palantir et d’être en mesure de lire l’avenir comme les magiciens des contes. Là encore, ce que l’on peut dire c’est que la Russie a fait montre qu’elle était prête à faire la guerre à l’Europe et rares sont ceux qui, en Europe, s’y attendaient et s’en remettent. L’invasion de l’Ukraine par le Kremlin laisse des traces. D’aucuns estiment aujourd’hui que Vladimir Poutine, peut-être, souhaite la guerre avec l’OTAN précisément parce qu’il sait que l’OTAN ne tient pas à entrer en conflit avec lui. À quoi servent les armes, si nous ne voulons pas faire la guerre ? On peut donc penser qu’il joue de la résignation des Européens et compte tenu du caractère très difficile à cerner du personnage, les incertitudes s’accumulent.<br>Ce que fait aujourd’hui le Kremlin relève, à mon sens, de la guerre psychologique. Cette opération à base de colis explosifs a dû inquiéter l’ensemble des services de renseignement européens qui doivent désormais s’interroger sur la nécessité (et la faisabilité) ou non de contrôler l’intégralité des colis. En somme, le régime de Moscou a su créer une panique européenne et il n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai. Plusieurs des événements récents survenus en Hexagone témoignent de sa capacité en la matière. Il est capable de générer davantage de buzz qu’une entreprise spécialisée et il peut s’appuyer sur une propagande en ligne assez efficace ; quand bien même nous devenons de plus en plus bons à la réfuter et la dévoiler. L’exemple, en Suède, des Corans brûlés revient mécaniquement en tête quand on sait qu’une partie des citoyens présents avait été payée par la Russie.<br>À certains égards, on pourrait même arguer que la Russie se comporte de manière similaire à certaines organisations terroristes, comme cela a pu être le cas de Daesh, par exemple. Elle emploie des méthodes terroristes, qui visent à effrayer la population visée, et c’est d’autant plus inquiétant qu’elle peut s’appuyer sur des millions, sinon des milliards, de ressortissants et de citoyens russes pour faire son ouvrage.</p><p><strong>5/ Que pouvons-nous faire pour nous protéger contre de tels assauts à l’avenir ?</strong></p><p>Il faut d’abord commencer par dire que la France — et l’Europe de façon générale — est très douée en matière de sécurité. Nous disposons de capacités de contrôle élevées, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais de faille. L’exemple des colis piégés en est la plus récente illustration et il témoigne d’un changement d’approche de la Russie, qui se sent désormais autorisée à utiliser des méthodes proprement terroristes. Rien ne permet d’exclure qu’elle embauche un jour un islamiste pour aller faire exploser un pan du métro parisien tout en laissant penser qu’il s’agissait là d’une opération coordonnée par l’État islamique, par exemple.<br>Fort heureusement, nous pouvons nous appuyer sur les services de renseignement de nos pays alliés, qui sont également très doués. C’est le cas des États-Unis d’Amérique, notamment, mais aussi d’Israël, par exemple, ou de l’Angleterre. Sans doute faudrait-il aussi investir davantage sur ces sujets de sorte à renforcer nos services de renseignement et leur capacité à répondre aux menaces, mais force est de constater que la France fait face à une crise budgétaire qui ne le permet peut-être pas en l’état.</p><p>Ici : <a href="https://atlantico.fr/article/decryptage/guerre-psychologique-la-russie-fait-planer-un-vent-de-panique-en-europe-et-aux-etats-unis-avec-lenvoi-de-colis-pieges-et-des-projets-de-sabotage-dans-des-avions-pascal-jouary">https://atlantico.fr/article/decryptage/guerre-psychologique-la-russie-fait-planer-un-vent-de-panique-en-europe-et-aux-etats-unis-avec-lenvoi-de-colis-pieges-et-des-projets-de-sabotage-dans-des-avions-pascal-jouary</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=b0449d04d9e1" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
        </item>
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            <title><![CDATA[« Darktrace avait peu fait parler d’elle, mais il semble que ce soit une sorte de Palantir, un…]]></title>
            <link>https://medium.com/@PascalJouary/darktrace-avait-peu-fait-parler-delle-mais-il-semble-que-ce-soit-une-sorte-de-palantir-un-d7689f768255?source=rss-a674e3956ecb------2</link>
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            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Tue, 24 Sep 2024 12:39:10 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2024-09-24T12:39:10.627Z</atom:updated>
            <content:encoded><![CDATA[<h3>« Darktrace avait peu fait parler d’elle, mais il semble que ce soit une sorte de Palantir, un mastodonte de la cybersécurité qui collabore avec de nombreux services secrets », explique Pascal Jouary.</h3><h3>Naufrage du « Bayesian » : Coffres-forts, services secrets… Le point sur l’enquête sur le voilier de luxe : L’article où je suis cité dans 20 Minutes.</h3><figure><img alt="" src="https://cdn-images-1.medium.com/max/710/1*vMjOSgUuG1nSO6s38YNaEA.png" /></figure><p>L’entrepreneur Mike Lynch, mort dans le naufrage de son voilier, avait des liens avec les services secrets occidentaux, et dans les coffres-forts de son voilier surveillé de près par la justice italienne, deux disques durs sont recherchés</p><h4>L’essentiel</h4><ul><li>Dans la nuit du 18 au 19 août, le <em>Bayesian</em>, un super voilier de luxe, sombrait au large de la Sicile balayé par une tempête.</li><li>Son propriétaire Mike Lynch ainsi que six autres personnes ont péri dans ce naufrage express et survenu à une poignée de kilomètres des côtes.</li><li>Aujourd’hui, l’enquête fait état de liens troubles entre Mike Lynch et les services secrets occidentaux ainsi que la présence de coffres-forts étanches à bord. Dedans se trouveraient deux disques durs aux données sensibles, ont indiqué les autorités italiennes.</li></ul><p>Les scénaristes en quête d’inspiration feraient bien de se tenir à l’affût. Un mois après<a href="https://www.20minutes.fr/monde/4106590-20240822-naufrage-sicile-cinquieme-corps-repeche-celui-milliardaire-mike-lynch-identifie"> le naufrage du luxueux voilier de 56 mètres dans lequel est mort Mike Lynch</a>, son propriétaire, ainsi que six autres personnes l’attention se porte sur une éventuelle intervention ou intérêt de services secrets à voir le bateau et certains de ses occupants disparaître, a repéré notamment <a href="https://www.parismatch.com/actu/international/naufrage-du-bayesian-ses-mysterieux-coffres-forts-recherches-lepave-etroitement-surveillee-241889"><em>Paris Match</em></a>.</p><p>« Cette hypothèse n’a plus rien de complotiste », estime auprès de <em>20 Minutes</em> Pascal Jouary, spécialiste du monde des renseignements et auteur de <em>Secret défense, le livre noir</em>. Les autorités italiennes ont ouvert une enquête criminelle et ont indiqué placer l’épave sous surveillance renforcée. De sources proches de l’enquête, <a href="https://edition.cnn.com/2024/09/21/europe/bayesian-yacht-watertight-safes-intl/index.html">CNN</a> et le quotidien italien <a href="https://palermo.repubblica.it/cronaca/2024/09/17/news/naufragio_palermo_giallo_hard_disk_mike_lynch_bayesian-423504667/?ref=RHLF-BG-P4-S1-T1"><em>La Repubblica</em> font état de deux disques durs cryptés</a> aux données sensibles qui se trouveraient à bord et par quinze de mètres de fond dans des coffres-forts étanches.</p><h3>Un défilé d’anciens des services secrets chez DarkTrace</h3><p>La nuit du drame, Mike Lynch fêtait officiellement sa relaxe dans un procès pour des malversations financières avec sa société de la tech Autonomy. Mais c’est <a href="https://darktrace.com/fr">Darktrace</a>, une autre de ses sociétés, qui intéresse et interroge.</p><p>Fondée en 2013 par Mike Lynch et Stephen Huxter, ancien chef du service cyberdéfense du MI5, Darktrace se définit comme « un leader mondial de l’IA en matière de cybersécurité ». Dans <a href="https://darktrace.com/fr/news/darktrace-federal-announces-ceo">un communiqué de presse du 8 juin 2022</a>, la société annonçait la nomination d’un ancien officier de la CIA comme PDG. Aussi, DarkTrace a vu défiler dans ses rangs d’autres anciens employés venus des eaux troubles des services secrets britanniques ou américains, observe <a href="https://www.politico.eu/article/missing-tech-tycoon-mike-lynchs-ties-to-uk-spy-chiefs/">Politico</a>.</p><h3>Une épave étroitement surveillée par les autorités italiennes</h3><p>« Darktrace avait peu fait parler d’elle mais il semble que ce soit une sorte de <a href="https://www.20minutes.fr/monde/4079448-20240304-pourquoi-offensive-americain-palantir-services-publics-europeens-pose-probleme">Palentir, un mastodonte de la cybersécurité</a> qui collabore avec de nombreux services secrets », relève Pascal Jouary. Présenté ainsi, de nombreuses nouvelles questions émergent du fond de la Méditerranée et du large de la Sicile. « Darktrace aurait aidé notamment l’Ukraine dans son incursion de Koursk », poursuit le spécialiste, selon qui la présence de services secrets dans cette histoire plaide pour l’existence de zones d’ombre dans l’explication de ce naufrage et des décès survenus.</p><p>« Je pense qu’il y avait forcément à bord des gens qui étaient plus que ce qu’ils étaient », conclut Pascal Jouary. L’enquête italienne a déjà pu déterminer que <a href="https://edition.cnn.com/2024/08/24/europe/bayesian-yacht-sicily-sinking-manslaughter-intl/index.html">le <em>Bayesian</em> n’a pas sombré à cause de la mauvaise météo de cette nuit-là</a>, mais du fait du comportement des gens présents à bord. Partant de là, toutes les hypothèses restent ouvertes, sans exclure qu’on ne sache jamais avec certitude la réalité des événements. Cela expliquerait également pourquoi l’épave du <em>Bayesian </em>est continuellement étroitement surveillée par les autorités italiennes qui étudient la possibilité d’un renflouement ou d’une extraction de ses coffres-forts par des plongeurs.</p><p><a href="https://www.20minutes.fr/monde/4111574-20240923-naufrage-bayesian-coffres-forts-services-secrets-point-enquete-voilier-luxe">Coffres-forts, services secrets... Le point sur le naufrage du &quot; Bayesian &quot;</a></p><img src="https://medium.com/_/stat?event=post.clientViewed&referrerSource=full_rss&postId=d7689f768255" width="1" height="1" alt="">]]></content:encoded>
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            <title><![CDATA[Liens]]></title>
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            <dc:creator><![CDATA[Pascal Jouary]]></dc:creator>
            <pubDate>Tue, 29 Aug 2023 18:35:37 GMT</pubDate>
            <atom:updated>2023-09-20T07:46:10.153Z</atom:updated>
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