Le double xx

Ça fait un moment que je cherche à travailler sur un projet créatif; un exercice qui m’engagerai socialement et artistiquement dans un processus de, pourquoi pas, toute une vie.

J’ai toujours un million d’idées, mais par manque de temps, par peur de me lasser du sujet et ainsi succomber à un manque de motivation, par manque de conviction aussi, je n’ai, durant ces dernières années, soumise comme tout à chacun à la pression quotidienne de répondre présente à des occupations hyper chronophages à vocations alimentaires-prévoyance-loisir, pas eu LE déclic, ni trouvé le bon sujet.

C’est à force d’épuisement et de nécessité, qui m’ont amenés sans cesse à réfléchir sur le sujet et exprimer ma préoccupation à diverses occasions à un ami proche, que les choses ont fini par se décanter et la révélation m’arriver tranquillement.

Le chemin a été long. Cela a pris des années. Absorbée par le terre-à-terre du quotidien je l’ai dit, qui m’a entrainé dans une inquiétude casi permanente de l’insécurité financière par vraiment résolue par des heures considérables de travail abrutissant à étudier, créer, proposer et corriger du design sans interêt et, écrire et défaire des lignes de code. 
Une passion est devenue une corvée. 
Comme un jeu de domino, le phénomène de lassitude s’est écroulée sur mes autres passions: la musique, la photo, la danse, le ciné… Une défaite totale. Une petite mort déprimante, cruellement lente et vicieuse. Elle s’est installée malgré moi, sans que je ne puisse jamais l’identifier clairement. Sans que je ne puisse rien y faire.

Ce que m’ont apportées ces années de carence d’enthousiasme, sont un instinct de survie et une volonté véritablement énorme, une fatigue et un manque de confiance en moi grandissants ainsi qu’une sensibilité extravertie qui est devenue avec le temps violemment consciente. À mesure que cette pénibilité et ce mal-être commençaient à faire de mon moral, de mon être et de mon corps son terrain de jeu, la femme en moi grandissait. 
J’ai découvert le plaisir charnel et l’amour. J’ai découvert le sentiment amoureux. J’ai découvert le genre de femme qui m’interpèle et me fait succombé. J’ai appris que j’aimais faire la court, j’ai appris à plonger mon regard dans les yeux de l’autre, à caresser lentement un corps, à le découvrir, à l’aimer plusieurs fois. J’ai appris à aimer une seule fois. J’ai appris à me libérer d’une préconception étriquée que j’avais sur mes capacités à partager. J’ai appris à ne plus avoir peur. Lá est la clef de ma vie d’adulte. Alors que je suis rongée par le mal-être au quotidien, forcée d’avoir un travail alimentaire dans un milieu qui me déplait fortement, je n’ai jamais été aussi sûre de moi et libre avec Elles. Je m‘y suis trouvée. J’y suis moi-même.

Maintenant que j’ai réalisé cela, que je l’ai enfin exprimé, se dessine le projet que je commence ici. Je ne peux plus m’interdire de vivre une vie qui censure la personne que je suis, qui ne me permet pas de m’exprimer.

Les femmes sont celles qui m’ont révélé à moi-même. Elles sont la source de mon bien être et de mes envies. Elles m’inspirent et comme bon nombre d’entre elles, celles que j’admire, je dessinerai aussi la vie qui me fait sens.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.