ces processus qui ont lieu à notre insu, et qui nous donnent les bases pour l’action au sein du social, sont donc la manière d’être au monde qui nous est propre. avant toute opinion ou action consciente, cela reste un fait incontestable. et même si ces manières peuvent prendre des formes aussi nombreuses que les groupes humains qui ont pu exister, une fois concrétisées, elle sont aussi fixes que la pesanteur, ou presque. en tout cas, dans l’espace d’une vie humaine. il n’y aurait pas une seule manière correcte ou supérieure, car si elle a pris une forme concrète qui perdure, cela est déjà signe qu’elle est adaptée au milieu où elle a vu le jour; par contre, ce qui pourrait être jugé ainsi seraient les façons concrètes que les individus forgent pour perpétuer les principes qu’ils ont hérités et qui les permettent de vivre ensemble. ces concrétisations doivent être vécues avec une foi inébranlable, en y étant complètement submergé. le maintien de cela est ce qui donne de la force à une société. la puissance de l’esprit humain y trouve son plus haut défi… et à en juger ce que les hommes peuvent arriver à faire, il est à la hauteur.
à l’échelle de la conscience donc, la connaissance pratique de cette condition est tout ce à quoi nous pouvons aspirer, et une fois la chose faite avec succès, rien de ce que l’on fera ne pourra vraiment nous nuire, sauf si cela est l’intention. les faux pas, tant individuelles que collectifs, trouvent sa source dans toutes les entraves et déviations au cours de cette tache, qui vont, non pas l’empêcher -chose impossible- mais la réaliser sur une fausse base qui prendra, plus tard, des formes complètement décalées par rapport aux limites et possibilités humaines, formes qui auront tout de même du sens pour ceux qui les auront forgés, sans que les contradictions pratiques puissent les faire se questionner sur ces modèles, mais simplement les pousser jusqu’à ses dernières conséquences et, soit périr, soit être forcés à en forger des nouveaux.