la conscience… elle n’est possible qu’après un certain développement. elle n’est pas donnée, elle n’est pas là au début. et à son tour, ces modèles qui structurent notre monde sont aussi construits au cours d’un développement, au cours de la rencontre avec le monde. ces deux voies sont parcourues au même temps -je ne sais pas si elles sont la même, si elles se touchent parfois, ou si elles n’ont aucun contact-, raison pour laquelle on n’est pas spontanément conscients d’aucune d’entre elles ni de ses produits. elles ne peuvent pas être entravées dans son évolution, elles se poursuivront quoi qu’elles trouvent sur le terrain, elles ont la fonction de s’y adapter. et une fois achevée une forme fonctionnelle, la force de sa base est presque inébranlable, elle est ce qui fonde la personne même et son action. tout changement de cette base ne sera fait qu’après tous les changements de surface essayés, tous les moyens pour sa conservation appelés, car cela est une chose qui a besoin d’un arrêt général. c’est cela la raison pour laquelle toute mention de la base est prise comme une menace, car on est toujours occupés avec ce qui est sur la base, chose qui a évidemment besoin de sa stabilité. 
cette construction, donc, est faite avec une efficacité inimaginable la première fois, et cela non pas seulement parce qu’il n’y a rien sur place, mais surtout parce qu’on n’en est pas conscients, car cette conscience même est en train d’émerger de son coté. mais si, plus tard, ce modèle arrive au point où il doit être remplacé, une entrave importante dans ce processus est la conscience qu’on en a et toutes les habitudes qu’elle a prise. dans cette fabrication, ce qu’on pourrait appeler l’imagination est un outil, elle est le principal moyen -le seul?- dont se sert l’esprit pour édifier nos chères modèles. mais elle est aussi une puissante ressource pour assouplir cette nouvelle construction, et cela en raison de son caractère non-direct, de sa capacité de structuration à travers de situations concrètes, de sa capacité d’intégration de principes généraux par le biais de circonstances spécifiques où la personne est motivée par des intérêts très éloignés dudit processus. voilà l’attrait immense des histoires qu’on raconte, et de son immense puissance. et voilà aussi la réticence aux discours trop arides, trop ‘directs’ qui ne font appel qu’à l’intellect et non pas à l’imagination. elle est justifiée car ils n’ont aucun effet sur les esprits. c’est la même différence entre un fruit bien mûr et sucré et un fruit vert et dur. ils ont tous les deux le même contenu, mais il n’y a que le fruit mûr qui est attirant et susceptible d’être utilisé par l’organisme. on pourrait dire que les histoires et métaphores sont des nutriments organiques pour l’esprit, en contraste avec ces mêmes nutriments à l’état inorganique tels que trouvés dans le sol ou à l’état complexe et pas assimilable du fruit vert. mais on pourrait aussi dire qu’elles sont plutôt des métaphores de deuxième ordre, car ces discours ‘objectifs’ sont aussi des métaphores, mais elles sont prises pour des descriptions; ce sont celles-là les métaphores les plus puissantes. quelle est la relation entre ces deux niveaux? sont-ils vraiment des niveaux différents? quelle est la différence entre le processus de construction en toute conscience et hors conscience? y en a-t-il? quels sont ses limites? [tout cela était déjà là, ‘en tête’? on le ressent comme ça, mais cet exercice d’écriture, au lieu de le concrétiser, l’a peut-être introduit. impossible à décider… toujours un pas en arrière…]

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