les opinions et convictions qui donnent sens au vécu sont comme une toile d’araignée. elle n’a pas de forme préconçue, mais doit être tissée en fonction de l’endroit où elle doit s’établir, et cela pour s’y adapter d’une manière qui permettra à l’araignée d’attraper efficacement ses proies. une fois achevée, tout ce qui tombe sur la toile est immédiatement évalué, conservé si utile, laissé si inutile. cette toile elle-même fait partie de l’araignée, chaque fil est aussi sensible que ses pattes, ce qui lui donne une portée aussi vaste que l’espace couvert. mais une fois hors de sa toile, l’araignée n’est pas plus que les fourmis qui périssaient dans ses domaines, elle est inoffensive et impuissante tant qu’elle est à la dérive, état dans lequel tout ce qu’elle fait est soumis à la recherche d’un endroit propice pour se mettre au travail de tissage. on peut dire que l’araignée sans toile n’est pas encore tout à fait une araignée.