vous ne pourrez rien faire si vous continuez à prendre vos outils comme les seuls en place ou les seuls possibles et susceptibles d’être utiles. car, ce faisant, vous ne verrez rien d’autre que ce que ces outils permettent de faire, en écartant toute autre voie, ce qui vous fermera des portes qu’il vous sera impossible de franchir, même si elles sont ouvertes devant vous. mais cela ne peut être vu qu’en prenant distance par rapport à soi, ce qui n’est possible qu’en éprouvant un contraste qui nous fera voir tout ce que l’on prend d’habitude soit comme évident soit comme non pertinent, pour ensuite voir nos propres actions d’un jour nouveau. c’est-à-dire, rien ne change vraiment que la vision qu’on a sur nous et sur ce qui nous entoure, car à vrai dire il n’y a que cette vision que l’on puisse changer… et cela même pas de manière directe. ces évidences qui nous permettent de vivre sans trop réfléchir -ce qui est nécessaire pour la vie en commun- sont comme l’alphabet. on ne peut le mettre en question ni essayer de le changer de manière arbitraire, il doit rester fixe pour que les échanges se déroulent sans entrave, mais si l’on croit qu’il est le seul on ne pourra accepter comme langage que ceux qui partagent cet alphabet, et à la rencontre d’un langage complètement différent, avec un autre alphabet ou une autre forme, on ne pourra le voir que comme le produit d’un dérangement, ou comme une blague, ou comme une tentative inachevée d’arriver à notre forme, ou que sais-je encore… l’imagination humaine n’a pas de limites lorsqu’il s’agit de justifier ses propres créations. mais alors, cette conscience, quand est-elle nécessaire? quand est-elle possible? le fait qu’elle ne soit pas tout à fait spontanée et que la voie pour l’atteindre soit si longue et pleine d’obstacles est déjà un signe très fort dans la quête de ces réponses.

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