vous ne voyez jamais un oiseau essayer de vivre sous l’eau ou un chien qui se met au vol, et encore moins on les verra déprimés ou enragés en raison de cette incapacité. le grand vol ne peut être atteint que par l’oiseau et les grandes profondeurs ne peuvent être connues que par le poisson. c’est pareil dans ce cas. au lieu de nous mettre à rêver de ce que l’on n’est pas, de le chercher en vain, de le mimer ou de plonger dans la frustration, il vaut mieux simplement connaître notre propre condition, ce que l’on est avant action, la base sur laquelle on peut agir. connaître, non pas quelle voie choisir, mais ce qui permet de faire ce choix. une fois cela clair, on pourra atteindre des hauteurs imprévisibles et inconnues auparavant, des nouvelles expériences et possibilités s’ouvriront d’elles mêmes comme la plante qui fleurit après que la graine a germée. mais ce seront nos propres hauteurs, celles qui correspondent à ce que l’on est. par contre, si l’on reste attachés à ces désirs leurrés qui n’ont aucune relation avec notre condition on sera frustrés à jamais, et quoi qu’on fasse, cela ne sera vécu que comme un pis aller. on restera comme un poisson qui gargouille sur terre en rêvant de courir ou voler. bien sûr, on pourrait dédier sa vie à la survie dans un tel état, mais cela est une autre histoire. ici, tout est dans la conception que l’on a de nous mêmes, du monde qui nous entoure et de la relation entre eux.