Pourquoi les producteurs indépendants de contenus doivent connaître la blockchain

Après le secteur de la finance, les blockchains s’attaquent maintenant au secteur culturel et artistique. Tous les acteurs de ce milieu commencent à s’intéresser de plus en plus à cette technologie mais qu’est-ce vraiment ? la blockchain est une technologie permettant le stockage d’informations et la transmission via une multitude d’acteurs. Ainsi la blockchain permet une décentralisation de l’information ainsi qu’une meilleure traçabilité. Dans les secteurs culturels (de la musique jusqu’au cinéma voire l’art) les blockchains constituent une révolution.

La blockchain, l’outil de demain

Comme bien souvent, la révolution du secteur culturel a été initié par la musique. Aujourd’hui, dans ce secteur, les rentrées d’argent peuvent sont multiples : vente de droits d’exploitation, supports matériels (CD) et immatériels (streaming)… Il est parfois compliqué d’y voir clair sur les remontées de recettes…

De plus, les rémunérations dues au streaming sont floues ce qui ne facilite pas la vie des artistes, en proie aux reportings des majors.

Mais grâce à l’utilisation des blockchains, une meilleure gestion des droits est possible. Toute transaction étant tracée, une rémunération plus juste entre les différents acteurs peut exister. Elles permettent donc un renforcement de la position des artistes dans leurs relations avec les maisons de disques.

Ainsi les artistes auront de meilleures rémunérations grâce à celles-ci car ils sont directement en contact avec leurs fans et n’ont plus besoin de passer par un tiers comme Netflix dans le cinéma ou Spotify dans la musique, ils auront la possibilité de créer leurs propres plateformes d’écoute. De plus les micro-paiements sont possibles permettant de mieux réguler son contenu.

On peut prendre l’exemple de l’artiste slovène Gramatik, qui a décidé de mettre en vente sa propriété intellectuelle directement à ses fans en passant par les blockchains. Simplement, telle une société, il ouvre son capital, avec des intérêts financiers (et retour sur investissement) pour ceux qui souhaiteraient investir dans son art.

Son objectif, se libérer des majors et autres maisons de disques tout en donnant plus de pouvoir aux artistes. Il a même créé des tokens d’une crypto-monnaie pour ne plus passer par les banques, les GRMTK. Ceux-ci ont été vendus à plus de 2,5 millions de dollars en 24 heures. Inspirant non ?

Les avantages de la blockchain pour les producteurs indépendants

Mais les blockchains permettent bien plus :

  • une meilleure protection de la propriété intellectuelle. A qui appartenait ce film de 1942 dont le studio de production a coulé ? Cette musique d’un inconnu ? Les blockchains permettent une traçabilité totale de l’œuvre. Tout est répertorié et on connait la paternité de chaque production.
  • une meilleure redistribution des revenus via les smart contract qui permettent de créer un arrangement entre les différents acteurs (producteurs et réalisateurs par exemple) et ainsi de déclencher automatiquement une redistribution des revenus selon le contrat établi.
  • de mieux endiguer le piratage : grâce à la cryptographie asymétrique, il est possible de partager un fichier complètement crypté, à un grand nombre de personne… Ce fichier ne pourra être décrypté entièrement qu’en effectuant une transaction qui donne une clé de décryptage unique. Ainsi il devient obligatoire de payer pour recevoir le fichier et le téléchargement illégal des films devient plus complexe.
  • un meilleur financement : plus besoin de passer par les éternels studios de productions ou maison de disques, place à un nouveau mode de financement participatif encore plus modulable. Maintenant l’artiste peut directement aller voir ses fans pour y trouver un financement et avec seulement 1000 vrais fans vivre de ses créations est possible.
  • Une désintermédiation de la distribution et de la diffusion : plus besoin de passer par Netflix, Spotify & co, il suffira de distribuer l’œuvre via les blockchains. Étant crypté il faudra obligatoirement payer pour y accéder et les revenus seront mieux redistribués.

Pour résumer, les blockchains vont changer tout pour les artistes, et plus simplement permettre de s’approcher de leur public sans passer par un intermédiaire.

Bon et concrètement la blockchain, qui s’en sert ?

1/ Les startups de la blockchain dans le milieu culturel.

Plusieurs entreprises se sont positionnées sur cette nouvelle technologie. On peut citer SingularDTV, une start-up créée en 2016 qui permet la création de son propre écosystème avec pour monnaie des tokens qui permettent un meilleur contrôle des ses droits et revenus ainsi que de lever des fonds. C’est cette entreprise que Gramatik a choisie.

Ou encore Streamium qui permet une application de streaming payant à l’acte en bitcoin.

C’est un secteur tout nouveau et beaucoup de places sont à prendre, et tout est à inventer !

2/ Les artistes, réalisateurs, producteurs …

Et pour les artistes ça donne quoi ? Le réalisateur Alex Winter par exemple a décidé d’utiliser cette nouvelle technologie. Le réalisateur n’en était pas à son premier coup, il avait déjà réalisé deux documentaires “Downloaded” et “Deep web” mais pour son nouveau projet il voit les choses en grand. “Untitled Blockchain Film”, comme son nom l’indique parle de cette nouvelle technologie mais surtout s’en sert. Le financement ainsi que la distribution se fera via SingularDTV et l’Ethereum blockchain, offrant à Alex Winter une plus grande liberté artistique.

Ce film sera donc le premier financé et diffusé par la technologie. Ainsi l’artiste est moins exposé aux desiderata des studios, qui pourraient le freiner dans sa créativité. Le film étant diffusé sur la plateforme, le réalisateur pourra choisir son prix de vente pour chaque marché et obtenir une meilleure traçabilité des revenus et ainsi une rémunération plus juste pour les auteurs.

La technologie blockchain en est encore à ses balbutiements mais une chose est sûre, elle va bousculer les codes. La distribution aussi va bouger et les studios vont devoir s’adapter.

Aujourd’hui cette technologie n’est encore que peu répandue pour la VOD, mais il existe néanmoins des solutions comme FlameFy et OKAST permettant aux producteurs de créer en un click leur plateforme de diffusion et distribution et de développer leur propre audience via le big data et les technologies intelligentes. Le tout en une seule solution permettant de grossir et vivre de ses créations. Meilleure rémunération en toute indépendance, c’est déjà pas mal non ? 😉

Ces outils ont déjà permis la diffusion et la distribution d’un film indépendant, les vilains, preuve que ce n’est pas impossible de sortir des sentiers battus. Mais également, plusieurs centaines de plateformes de VOD indépendantes, dont QWEST TV, le Netflix du jazz, porté par l’artiste Quincy Jones.