Ma campagne des 1000 trônes

Sam Metzener
Jun 26, 2018 · 7 min read

Dans un précédent article, je revenais sur la déception que j’éprouvais à chaque fois que je relisais « Les 1000 Trônes », une campagne en deux tomes pour Warhammer que j’aurais pourtant adoré aimer. À l’époque, un ami m’avait fait une remarque absolument pertinente : au lieu de me complaire dans un abîme de râlerie et de vaine procrastination, il ne tenait qu’à moi d’écrire la campagne dont je rêvais. Ah ah ah, la bonne blague… Enfin, pas tant que ça. En mars dernier, la sortie du bourrin mais exigeant Vermintide 2 m’a replongé dans le Vieux Monde, ainsi que les différentes annonces liées à la future V4 du jeu (V comme version et pas comme la taille de missiles nazis pour les moins rôlistes mais les plus historiens d’entre vous). Une chose en entraînant une autre, la machine à idées s’est mise en marche.

La fameuse campagne.

Je vous propose ici un survol de ce que je compte faire avec cette campagne. Soyons clairs : il ne s’agit pas de la campagne de VOS rêves mais des MIENS. Elle correspond à mes goûts du moment et ma manière d’envisager l’univers de Warhammer. Peut-être que je ne la ferai jamais jouer, faute de temps, mais peut-être que si. Peut-être que je la changerai plus ou moins en profondeur encore une ou deux fois, mais peut-être pas. Mais quoiqu’il en soit, l’envie de transformer l’essai et d’aller au bout du match est bien présente ; autant ne pas la laisser partir. Attention, ça va spoiler sévère. Cet article s’adresse prioritairement aux personnes qui ont au minimum lu les 1000 Trônes.

Avant toute autre chose, la contrainte sine qua non que je me suis fixée, étant un rôliste avec un temps de jeu moins open bar que dans sa prime jeunesse, c’est une limitation de taille et de durée. Je prévois 6–7 grosses aventures, et c’est tout. Avec mon groupe, au-delà, ça devient vraiment difficile de garantir motivation et disponibilité. Il m’a donc fallu tailler dans le vif et faire des choix. Ces derniers sont parfaitement subjectifs et correspondent à la réorientation de la campagne dont le fond me plaît (une croisade pour faire reconnaître une potentielle réincarnation de Sigmar) mais pas la forme.

Les différents choix

Exit donc la prophétie vampirique qui donnait son nom à la campagne. C’est une décision radicale mais paradoxalement la moins difficile à prendre. Les prophéties, c’est un oreiller de paresse et c’est un cliché en format mondial d’une partie de jeu de rôle médiéval fantastique. Donc ma campagne des 1000 trônes ne s’appellera plus comme ça. Il n’y aura plus la moindre trace d’une canine pointue.

J’irai revoir ma Sylvanie…

À la place, je me focaliserai sur le culte de Sigmar qui est divisé depuis le retour de son chef, le grand théogone, suite à la tempête du chaos. Il a été fait prisonnier, d’aucun le disent changé. Les plus paranoïaques prétendent qu’il aurait été corrompu, voir serait même devenu un mutant. Les faits ne sont hélas pas là pour les rassurer : le plus haut dirigeant sigmarite ne sort quasiment plus. Pourquoi donc ? Pour la simple et bonne raison qu’il est à bout de force, quasi mourant, qu’il le sait mais s’accroche. Avec une proche faction loyaliste, il entend trouver le meilleur successeur possible pour assurer une continuité sans heurt.

Il existe au sein du culte plusieurs factions dissidentes. Certains sont mécontents des choix théologiques du théogone (il était plutôt interventionniste, n’hésitant pas à porter le fer à l’extérieur de l’empire) et préfèreraient un dirigeant isolationniste. D’autres ont des visées plus politiques et aimerait que le culte de Sigmar prenne de l’importance par rapport aux autres, voire deviennent le seul autorisé (unitariens). À l’inverse, d’aucuns souhaiteraient un rapprochement notamment avec les fidèles de Shallya (tempérés). Enfin, certains ont simplement des ambitions personnelles (intrigants). C’est le cas d’un membre du haut clergé sigmarite qui a été exilé à Marienburg quelques années auparavant, peu avant la tempête du chaos, en raison de son opposition à la politique belliciste du théogone. Il rêve plus que tout de retrouver sa place et le seul moyen d’y parvenir, c’est de chambouler la hiérarchie du culte. Rien que ça…

En ce qui concerne le petit Karl, on garde exactement la même histoire que le début de la campagne. C’est un jeune mutant avec le pouvoir de galvaniser les gens et de les amener à l’aimer et à vouloir le protéger. Sauf que ce secret sera donné moins tôt et de manière moins évidente que dans la campagne, où il suffisait de visiter un orphelinat et de causer avec les nonnes pour découvrir le pot-aux-roses, ou pas loin. Les religieuses ET tous les autres témoins de l’enfance du gamin auront une vision moins monolithique de sa nature (un mutant, un élu de Sigmar, Sigmar en personne, un être malfaisant, un suppôt du chaos, etc.). Je veux du doute car ce doute aura de l’importance en fin de campagne, lors du concile (cf. plus bas).

En raison de son pouvoir, Karl se fait remarquer très vite par le Chaos. Des suivants de Nurgle aimeraient le rallier à eux et s’en servir pour leurs propres desseins de destruction du Vieux Monde tel que nous le connaissons OU pour devenir leur chef et mener des rituels complexes et dégueulasses dans une finalité échappant au commun des mortels. Sauf que je ne veux pas que le Chaos soit l’ennemi de la campagne. Je le refuse catégoriquement (cela a été vu et revu tellement de fois). Au contraire. J’ai envie de leur donner le rôle de joker pouvant potentiellement venir en aide aux personnages, voire même des alliés.

En plus de la religion et de la politique, je veux du pognon. Une croisade, ça se finance et c’est une occasion… en or pour introduire les marchands de Marienburg, puissance économique incommensurable, désireux de profiter de l’événement pour étendre leur influence et leurs comptoirs à Altdorf, la capitale impériale. Evidemment, les familles se tirent dans les pattes sinon ce ne serait pas drôle. Et puis ce sera l’occasion de réutiliser le supplément de la première édition consacré à Marienburg qui est à mon humble avis un des meilleurs bouquins du jeu (toute édition confondue). On répète souvent que « qui paie commande ». De là à dire que certains financiers tenteront de détourner la croisade de son but initial, il n’y a qu’un pas que je vais franchir avec une célérité digne d’Usain Bolt.

Croisade des pastoureaux (XIIIe siècle)

La croisade constituera le ciment de la campagne et le liant entre les scénarios. Elle ne se fera pas supplanter par du surnaturel. Et tous les thèmes rattachés à l’idée de croisade seront traités à travers ses participants (piété, fanatisme, réformisme, millénarisme, idéalisme, instrumentalisation, etc.). Au final, le but reste le même : rallier Altdorf et faire reconnaître Karl comme réincarnation de Sigmar par les autorités du culte.

Evidemment, le théogone tentera de reprendre la main et organisera un concile pour déterminer l’origine de l’enfant. S’il est réellement le réceptacle de l’âme de Sigmar, il le reconnaîtra comme tel, sinon il le fera enfermer (et mettre à mort discrètement). Il pourrait aussi s’arranger pour faire proclamer la divinité du môme en sachant bien que ce n’est pas vrai et le faire nommer avec un tuteur proche de sa vision du culte (ou un ensemble de tuteurs issus de mouvances diverses).

Si je résume, nous aurons les forces en présence qui suivent :

  • Un grand théogone à bout de force mais pas encore enterré. Et ses proches ainsi que le courant interventionniste et énergique qu’il incarne.

C’est donc une campagne qui devient bien plus politique et qui se débarrasse de ses éléments les plus surnaturels. J’ai conscience que ça en plaira pas à tout le monde, car on y perdra sans doute un peu en bagarre. Mais moi, ça me motive à fond et ça me donne envie de me lancer après des années d’atermoiement. Et, après tout, je crois que c’est l’essentiel.

Flanc à la critique

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