Autant de Montréalais

Série b — Verre de ville ©

Verre de ville

matière transparente cassante fabriquée avec des silicates.

Les villes ont beaucoup de verre. On ne s’y arrête pas trop mais le verre est un matériau dominant dans la ville, spécialement dans les quartiers les plus denses, évidemment. Le verre influence beaucoup la photographie de rue, parfois pour le mieux, parfois pour le pire. Quand la lumière et le verre décident qu’ils seront votre ami une journée donnée, ce sera une bonne journée. Sinon, ils peuvent vous distraire et vous faire perdre votre précieux temps à essayer de faire des jeux de reflets qui dénature l’art de la photograhie de rue. Avec le verre c’est tout ou rien, en trompe l’œil, cinématique ou cliché, le verre est à prendre de front ou à revers.


Au niveau de la rue

Le verre est partout, même en mille morceaux au sol parfois. Je ne suis pas un exploitant du verre en photographie de rue mais ils est néanmoins incontournable. On doit composer avec lui presque sur chaque prise. Il me gêne dans ma recherche de scènes urbaines pures, avec des volumes monochromes, des angles droits, minimalistes. Je cherche aussi à composer avec des interventions humaines comme des graffitis ou des détritus, avec des lieux plutôt cachés ou anodins, et je cherche l’action quotidienne des Montréalais bien entendu. Le verre et ses reflets ont souvent un effet polluant sur ces thèmes. Ils produisent du bruit, des flares, et désavantagent souvent l’architecture des immeubles . Je pense que seul le reflet du ciel est facile à gérer dans le verre. Mais on ne verra pas ces clichés ici. Je suis beaucoup au niveau de la rue et au premier degré du sujet avec Autant de Montréalais, pas dans les ti-nuages cutes.


Un privilège qui pourrait s’avérer indiscret.

En photographie de rue je préfère de loin le verre translucide, celui qui laisse voir ce qui se trouve de l’autre côté. Des silhouettes humaines à travers le verre exercent une part de mystère. Les fenêtres ouvrent une autre dimension dans la ville, littéralement. Elles permettent de saisir une impression de la vie qui s’y déroule de l’autre côté. Elles donnent accès à une dimension plus privée, même quand il s’agit de lieux publics, qu’il satisfait de photographier. Elles produisent souvent des scènes impressionnistes. Les photographier est une action qui pourrait s’avérer très indiscrete. C’est pourquoi je photographie très peu ces scènes. Déjà que la photographie de rue est une forme d’indiscrétion, je me garde une petite gêne, surtout que ce n’est pas l’objectif de ma démarche.


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Les verres de la diversité

La ville présente plusieurs verres. Oui, comme la population humaine, la population de verre est diversifiée 😉. Il y a le verre translucide, le verre santin, le verre miroir, le verre fumée, le verre de fenêtre et de baie-vitrée, le verre d’automobile et d’autobus, le verre de vitrine, le verre de séparateurs et d’escaliers roulants, le verre de lampadaires et de feux de circulation, le verre d’oeuvres d’art et d’écrans publics, le verre des verres d’établissements licenciés, le plus important de tous 😉. Parce qu’après-tout une ville sans verre de toute sorte ne serait qu’un amas de brique et de béton sans âme. Vous pouvez faire une analogie directe avec les Montréalais 😎.


mots et photographies : eric.soucy

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