04.2017 — 3 jours, 300 photos

‘autant de montréalais’ ©

Au fil du temps

Depuis que le concept ‘autant de montréalais’ s’est précisé en 2015 pour n’inclure au portfolio que les meilleures photos du projet, le blogue a quant à lui continué de diffuser un maximum de contenu, photos et texte. Tous ce contenu a pour but d’intéresser le lecteur au style de photographie de rue que j’ai développé, de l’intéresser à Montréal, et d’améliorer ma rédaction.


Éditorial

Les habitués du blogue auront certainement remarqué un éditorial dans le propos. Bien qu’il ne soit pas présent sur chaque épisode, il est néanmoins fréquent et calculé. J’accorde une grande importance aux changements que vit Montréal car c’est mon milieu de vie. Je suis aussi un des Montréalais de ‘autant de montréalais’, celui qui est derrière la caméra. Et, puisque les Montréalais sont le sujet principal de ce projet photographique, leur ville, ses quartiers, les changements qu’elle subit et le citoyen sont selon moi indissociables dans l’ensemble. C’est pour cette raison que j’accorde toujours beaucoup de place au propos sur le blogue, et aussi à la scène autour du sujet. En quelque sorte, la ville est peut-être plus le sujet que son citoyen dans ‘autant de montréalais’ — le titre du projet est cependant immuable 😉. Mais à la base, c’est un projet à la recherche d’un esthétisme bien défini en photographie de rue. Là aussi, il y a beaucoup à dire sur le style ‘autant de montréalais’. Justement, ma photographie de rue, parlons-en un peu.

Raconter des histoires avec l’image

On pourrait croire que je fais de la photo touristique parfois. Montréal occupe une grande place dans l’esthétique c’est vrai. Ça témoigne de l’influence que ma ville a sur moi. Et puis, ce besoin de mettre de la viande sur le blogue dilut un peu le concept photo forcément — c’est à dire la pureté du concept photo ‘autant de montréalais’ — mais c’est le prix à payer pour raconter des histoires. Le blogue est une valeur ajoutée au produit disons. Raconter des histoires avec l’image est la véritable rhétorique de ce projet. Plus le projet avance, plus je deviens exigeant avec moi-même sur les textes et la photos. Je vous avouerez que c’est un peu fatiguant de maintenir un rythme de trois publications par semaine.

Les meilleures photos seulement

Les photographies qui pour moi se classent dans un produit final ‘autant de montréalais’ doivent présenter une scène quasi-parfaite qui inclut un graphisme minimaliste, bien composé, sans pollution commerciale ou matérielle. C’est à dire sans voitures surtout, à moins qu’elles ne soient remarquables, ce qui est plutôt rare, et sans cônes oranges ou pancartes de stationnement, ce qui est plutôt fréquent ! Oui, il y a bien l’enseigne publicitaire culte ici et là qui s’intègre bien dans le concept parce qu’elle est urbaine et montréalaise, ou qui n’est juste pas possible d’enlever dans une belle scène — après tout, ça fait partie de la ville. Je suis trop idéaliste des fois et ça ressort sur les photos. On me fait souvent la remarque : « où vois-tu ces places. Je passe là souvent et je n’ai jamais vu ça ! » Il y a deux raisons pour ça: je m’arrête pour bien observer, et je cadre judicieusement. Je peux faire paraître la ville très bien, ou très mal, c’est moi qui décide. Vous verrez seulement ce que je veux vous montrer. Ça paraît un peu machiavélique je sais. Je suis un communicateur formé après tout. J’aime les minous. 😉


Icônes populaires

Les icônes urbaines sont souvent surexploitées à tort dans l’art de la photographie de rue et urbaine. Ça donne des clichés dont on se lasse vite, à moins de capter une scène vraiment très vivante. La ‘shot’ du Five Roses en arrière plan c’est du réchauffé. J’en suis moi-même coupable. Je fais attention de ne pas montrer la même chose que tout le monde et de la même manière. Et puis de toute façon, je me demande qui réussit à être créatif en s’imaginant d’avance des scènes à photographier. La photographie de rue c’est avant tout l’exploration à la rencontre de la vie urbaine au moment où elle se produit. C’est une spontanéité nécessaire à toute bonne photographie de rue. Pour ma part, la ville de Montréal est si présente dans le concept que les icônes sont incontournables. La discipline de la photographie de rue vit une explosion de popularité sans précédent. L’essor des appareils numériques et des médias sociaux ont fait d’un peu tout le monde un photographe de rue. Une raison de plus de rechercher une esthétique unique.


Le selfie

Une des nouveautés que j’ai apportée à mon blogue ces dernières semaines est la publication d’autoportraits obtenus en utilisant les reflets de verre. J’ai voulu mettre un visage sur ‘autant de montréalais’. C’est la motivation derrière ce geste je suppose, aussi une intention de participer davantage comme sujet, et puis de me donner un peu de crédit, même si les photos sont très abstraites. On s’oublie à force d’être derrière la caméra. J’ai d’ailleurs publié toute une série de selfies en début d’année, une sélection d’autoportraits abstraits que j’ai cumulés pendant l’année 2016. Narcissisme réfléchi.


Le mouvement de la ville.

Je dois dire que dès le début de la démarche plus sérieuse du projet je suis passé de l’état d’inconscience à l’état de conscience sur l’esthétisme recherché. Ça peut paraître étrange, même un peu prétentieux, mais après plus de 50 000 photographies de rue en cinq ans, je recherche une motivation pour continuer. C’est à dire qu’au début, je savais ce que j’aimais avoir comme scène mais sans savoir pourquoi, alors que maintenant je connais la motivation précise du traitement des scènes. Je ne pars jamais vers des coins de rues précis pour obtenir ce que je veux. Je recherche cependant un esthète bien précis et une lumière favorable ou spéciale lors de mes sessions. Je retrouve parfois ces conditions sur des lieux et sur des coins de rue que j’ai déjà photographiés des dizaines de fois lors de mes promenades sans destination, et j’obtiens toujours des photos uniques. C’est possible grâce à la nature de la ville, elle bouge et elle vit grâce aux Montréalais et à la lumière changeante. En d’autres mots, je chasse les moments de vie dans la ville peu importe où je me trouve, pourvu qu’ils soient empreints d’ambiance. J’attends que la ville me parle, si elle ne me parle pas, je n’obtiendrai rien. Ça arrive la plupart du temps. Il faut être patient pour faire de la bonne photographie de rue.


Seul les très spéciales font la coupe

Sur une moyenne de 150 photos par session, je récolte une ou deux, tout au plus trois, ‘autant de montréalais’. J’en utilise cependant une douzaine pour le blogue, mais pour le portfolio, seul les très spéciales font la coupe.


Expo

J’espère pouvoir réaliser une expo ‘autant de montréalais’ pour le 375e de la ville. Si le financement réussi, elle aura lieu sur deux endroits pendant 4 semaines. Objectif 10 000$ — Pour participer ou contribuer c’est ici : kick starter expo ‘autant de montréalais’ pour le 375e.

Photographies et mots Eric Soucy / e.soucy.artiste.photographe

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