Ville-Marie 09.29.016

Autant de Montréalais du centre

Ville-Marie

L’arrondissement centre de Montréal c’est aussi un milieu de vie pour 90 000 montréalais résidents. En effet, Ville-Marie regroupe plusieurs quartiers résidentiels agglutinés autour du vieux Montréal, du quartier des affaires, du quartier du détail de la mode et du quartier latin. Ce sont ces mêmes quartiers qui rendent l’arrondissement vivant, et qui distinguent Montréal des grandes villes américaines qui ferment les lumières à 17h et les week-ends.

Scènes urbaines

Autant de Montréalais présente depuis ses débuts des scènes urbaines de quartiers résidentiels. Nous en remettons aujourd’hui (ci-haut, rue Sainte-Catherine Ouest, frontière entre le Village Shaughnessy et le secteur Concordia dans Ville-Marie).



Faubourg Saint-Laurent

Le Faubourg Saint-Laurent présente pour moi une charge émotive importante car j’y est passé beaucoup de temps pendant l’adolescence. Ce quartier était pour moi le théâtre de la grande ville alors que je grandissait dans la grande banlieue abrutissante. Faire l’expérience d’Eva.B, du surplus d’armée et des Foufounes Électriques un Samedi après-midi représentait une vacance de la folie des chicanes de haies.

Red-Light

La créativité du Red-Light était une bouffée d’air frais que je m’efforçai de prolonger le soir venu en jouant des vinyles de The Smiths et a-ha sur mon stéréo au sous-sol du duplex familial à LaSalle. Quitter ce lieu étroit d’esprit était devenu une priorité quotidienne. Depuis maintenant vingt cinq ans j’habite les quartiers centraux de la métropole, et depuis plus de trois ans le faubourg Saint-Laurent. Appelez-ça un retour aux sources émotionnelles et culturelles.


Square Dorchester & Place du Canada

Ces deux grandes places sont les seules de #Montréal que l’on pourrait comparer aux grandes places européennes, ou à celles des métropoles américaines. Leur récente mise à niveau rendent à ce secteur de Ville-Marie sa prestance d’antan. Il faut le dire quand c’est bien fait.


Libres penseurs et anarchistes rue Saint-Laurent

Ce secteur de la Main m’a toujours paru exceptionnel de part ses commerces uniques mais aussi et surtout de part sa marginalité et son authenticité. Enclavé entre le secteur glamour du Plateau et le quartier chinois, ce bout du boul. Saint-Laurent entre Sherbrooke et René Lévesque est comme le schizoïde de l’autobus, celui qu’on évite du regard mais qui nous fascine. Pour moi, l’observer de près est un plaisir toujours aussi grand qu’à l’époque de mes 16ans, et ce malgré les nombreux changements qu’il a subit. Ce n’est plus tout à fait l’époque du Dutchie’s ou du Loft, mais tout de même, St-Lo dans le Red Light demeure authentique. On y retrouve la même essence qu’avant avec des lieux comme la librairie anarchiste, les bazars douteux d’électroniques, le Montreal Pool Room, Bottes Boulet, le Café Cléopâtre etc. etc.


Les couleurs du Quartier Latin, du ghetto McGill et de Milton Parc

Trois quartiers historiques assez mal préservés, dommage. Néanmoins, ils constituent autant de quartiers résidentiels encore fascinants. Je ne peux qu’imaginer l’envergure qu’ils auraient aujourd’hui n’eût été des nombreux assauts des démolisseurs, à l’image de la Mission District à San Francisco, qui attire une masse de touristes toujours plus nombreuse. En 2015, la ville de San Francisco s’est dotée d’un outil d’urbanisme sous forme d’un plan législatif. Celui-ci redéfinit l’héritage culturel des quartiers centraux de la ville et jette les balises en terme de préservation des richesses sociales et architecturales. L’organisation qui le chapeaute est aussi chargé de stimuler la création de valeurs mobilières qui s’incarneront par l’encadrement de projets d’intégration du patrimoine construit qui à son tour contribuera à l’augmentation des investissements locaux et du tourisme.



Quartier des Spectacles & Red Light

L’omniprésence de l’art urbain dans ce quartier fait du bien. Cet art et son déploiement par la Ville et par Québec est autant une politique économique qu’une politique culturelle. Il engendre de l’achalandage et conditionne l’atmosphère au point où le quartier est redevenu une destination immobilière autant qu’une destination touristique. Bien sûr, on ne peut pas attribuer le succès du quartier des spectacles uniquement à l’art urbain. Il aura aussi fallu des investissements en infrastructures, en mobilier urbain et en subventions aux artisans. Il ne manque plus que le commerce de proximité dans le faubourg Saint-Laurent. Encore trop de locaux vacants subsistent et la population résidente subit les inconvénients d’un désert alimentaire monopolisé par quelques détaillants grande surface.

Commerce de proximité

Je suis à la tête d’un projet citoyen sur l’îlot Voyageur Sud qui propose de créer un marché public vert et inclusif qui ferait la promotion des produits québécois dans l’ancienne Gare Voyageur. L’organisme serait porteur d’un programme de réinsertion sociale dans les métiers de l’agriculture urbaine, du développement durable et de la ville intelligente ainsi qu’un ‘think tank’ en réalisation d’édifices net zéro. Le Marché Voyageur répondrait à plusieurs besoins sociaux-économiques dans le quartier latin et le secteur Émilie-Gamelin. Il offrirait des espaces de toit vert, une ferme urbaine, des aliments frais à prix abordables, une image de marque moderne à l’entrée de la ville et des emplois. Pour appuyer ce projet porteur pour Montréal rendez-vous sur la page web du Marché Voyageur.

Photos & Texte : Eric Soucy

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