✵ Moment de grâce

Paradis et Biolay sur un Rempart

Il y a des musiques qu’on écoute et qu’on laisse de côté, dans un coin poliment oublié du cerveau…et puis il y a celles qui reviennent, les tenaces, les délicieusement récalcitrantes. Parmi celles-là, pour moi, il y a ce Rempart, chanté par Vanessa Paradis sur l’un de ses albums.

Mais ce n’est pas sur son album que j’ai découvert cette chanson. C’est là qu’internet nous propose parfois une magie qui n’a pas d’égal.

Je me ballade un soir sur la toile, en retour de diner parisien — — sympa, mais aux grises couleurs de la grande capitale meurtrie. Par quel détour ? Par quel lien ? Je ne sais plus, mais voilà que je tombe sur cette vidéo :

…Un décors de simili-cave aux arrières saveurs de Prohibition,…des applaudissements pris en cours de route, qui laissent comprendre qu’il s’agit d’une capture de concert live en plein déroulement… je crois comprendre en quelques images : concert de Vanessa Paradis qui invite Benjamin Biolay à la rejoindre pour une chanson.

Il arrive de son regard pudique et feutré. Les musiciens se préparent puis attendent. Elle soupire, tourne, sourit d’avance au plaisir qui s’annonce. Le silence s’étiiiiiiiiiire. Presque jusqu’au malaise… mais comme c’est délicieux d’approcher la faille intime sans qu’elle n’arrive de justesse !

Quelques notes de guitare électrique. Elle danse, féline. Quelques notes à l’exotisme discret, mais parfait. Les voix arrivent et fascinent. Dès lors, plus rien d’autre n’existe que ces retrouvailles en arpèges. Accords feutrés, puis guitares en chorus subtilement saturé-crade…

Tout est là pour s’enfuir…loin.

Mes hommages à M‘sieur Boogaerts pour avoir pondu cette merveille.

“ J’ai peur de me perdre, il est tard” , dites-vous cher Paradis en fond de nuit… Tu ne le sais peut-être pas, mais l’errance que tu chantes est une lumière guide. Celle de la douceur. Pas la seule au monde, mais une douceur précieuse. Un instant de grâce, volé à notre époque en chute de joie.

Je m’enfonce dans l’obscurité avec les couleurs de ce duo aux airs clandestins. La chanson rappelle “..la nuit du hasard”, le regard trouble, la silencieuse attraction de fond de ruelle, les décadentes valses perdues d’un Genet en rémission, la “chaleur-groove” d’une séduction tout juste acquise, qui se révèle, et fleurit en pétales lumineux.

La voix de Benjamin-Magnifique réveille les profondeurs du sable qui danse en subtiles volutes. Sourires-sépia.

“j’aimerais qu’on se serre …….. puis qu’on se sépare”

à celle ou celui qui lira ces lignes… si cela t’emmène vers un large tout doux, clique-moi sur le “coeur” ou le “Like” ci dessous… parle moi de ce que cette chanson te raconte….et si tu n’a pas le temps ou que la vie va trop vite…ne fais rien de tout ça, mais enregistre ce lien et garde le juste là, dans un coin du coeur, pour y revenir un jour, quand il faudra du soleil dans une de tes nuits…

rien pour changer la tournure des choses…

rien pour guérir du reste…

mais du paysage lointain à enfourner dans tes rêves d’ailleurs…

Ecoute ! …et file

“C’est un mystère”

Délicieux