Être une femme en 2015

J’ai toujours eu un avis réticent sur le féminisme. Parce que dans les médias, c’est souvent représenté par le féminisme radical façon Femen. Même s’il est fondamental de réclamer nos droits en tant que femme, vouloir écraser tous les hommes, sous prétexte que certains nous piétinent, ça ne vaut pas mieux que ce qu’on subit au quotidien.

Je soutiens l’égalité des sexes.

Il faut que vous compreniez que j’ai été élevée en étant égale à mon frère. Ma mère ne m’a jamais interdit de jouer avec les voitures de mon frère parce que c’était pour les garçons. Si j’avais eu une folle envie de devenir astronaute, mes parents ne m’auraient jamais dit que ça allait être très difficile parce que j’étais une fille. Et j’avais pas peur de me bagarrer contre les garçons, parce que je savais que j’étais comme eux, que je pouvais me battre autant qu’eux — même si j’ai une chatte et des nichons. [oops]

La femme est hypersexualisée dans les médias — et j’ai vraiment du mal avec ça.

Toutes ces images qu’on montre sur la femme accessible, soumise et faible ont un impact sur notre société. Je trouve ça lamentable d’allumer ma télé et de voir Nicki Minaj presque à poil, en train de se trémousser avec des bananes partout. Je suis arrivée au point où ça ne m’étonne même plus de voir un personnage de série TV subir un viol—clin d’œil à Games of Thrones. Bryan Fuller, un des créateurs de la série Hannibal, s’est exprimé sur le sujet lors qu’une interview.

Entertainment Weekly: What bothers you about the way other shows approach this subject?
Bryan Fuller: There are frequent examples of exploiting rape as low-hanging fruit to have a canvas of upset for the audience. The reason the rape well is so frequently used is because it’s a horrible thing that is real and that it happens. But because it’s so overexploited, it becomes callous. That’s something I can’t derive entertainment from as an audience member — and I’m the first person in the audience for Hannibal. My role, as a showrunner, is to want to watch the show we’re creating. And if something feels exploitative or unnecessary, I’ll try to avoid it.
“A character gets raped” is a very easy story to pitch for a drama. And it comes with a stable of tropes that are infrequently elevated dramatically, or emotionally. I find that it’s not necessarily thought through in the more common crime procedurals. You’re reduced to using shorthand, and I don’t think there can be a shorthand for that violation — it’s an incredibly personal and intimate betrayal of something that should be so positive and healthy. And it’s frequently so thinly explored because you don’t have the real estate in 42 minutes to dig deep into what it is to be a victim of rape. It appears over and over again in crime procedurals without upping the ante and without exploring everything that happens. All of the structural elements of how we tell stories on crime procedurals narrow the bandwidth for the efficacy of exploring what it is to go through that experience.

Durant ces derniers mois, j’ai vraiment eu l’impression que toutes ces choses dont on ose pas parler, sortent enfin. L’harcèlement sexuel dans les transports, par exemple. Y’a carrément un collectif qui a été créé : stopharcelementderue ! Et le Project Unbreakable sur Tumblr, ça m’a choquée.

Putain, c’est hallucinant de voir qu’à notre époque, on en est arrivé là : que les femmes modernes doivent lutter pour se faire respecter et d’avoir le droit d’exister au sein de notre société.

Si au moins les choses pouvaient réellement changer.

Mais quand tu vois des absurdités comme la polémique sur la taxe tampon, tu te demandes vraiment si c’est pas voulu tout ce bordel ?