Celui qui voulait être millionnaire à 30 ans

Un vent de liberté

Aujourd’hui, j’ai exactement 30 ans, j’estime être à un tiers de ma vie et qu’il me reste au moins 20 000 jours pour continuer d’accomplir tous mes rêves ! D’ailleurs, c’est fou comme les rêves changent au fur et à mesure que l’on grandit. Ma conscience du monde a évolué et mes objectifs aussi. Quand j’avais 25 ans, j’avais un rêve, un objectif que je voulais atteindre pour mes 30 ans : être millionnaire !

Arrêtons le suspens tout de suite, je suis très loin d’être millionnaire. Pour être exact, j’ai 2 % de la somme. Je n’ai d’ailleurs aucun actif et n’ayant pas travaillé depuis 2 ans, mon compte en banque commence à tirer la gueule. J’ai échoué — enfin, c’est ce que certains diront — et je m’en fiche littéralement, car cela fait longtemps que je ne rêve plus d’avoir des millions. Non que j’estime que c’est impossible — TOUT est possible — mais j’ai compris ce que je cherchais, je voulais ÊTRE LIBRE !

Faut-il être millionnaire pour être libre ? Vous avez 3 heures.

J’étais bien décidé à gagner des millions et le chemin le plus logique qui s’offrait à moi : créer une startup et la revendre. En 2011, avec mon associé Michael j’ai créé ma première boite : Etudinfo, le 1er site d’avis sur les écoles post-bac. Le site marchait bien, très bien, il était visité par 1 demi-million d’étudiants chaque mois. J’étais sur une autre planète, je n’avais pas de patron et nous gérions notre boite à distance tout en voyageant. J’étais nomade digitale— l’expression n’existait même pas à l’époque — et j’avais un seul objectif : la croissance.

Ce besoin de toujours faire plus était crucial au début, il fallait qu’on arrive à vivre de ce site. Ça a pris 2 ans avant de pouvoir toucher un SMIG mensuel. On était loin d’être riche, mais quelle fierté de voir notre « bébé » grandir et de pouvoir vivre du fruit de notre travail. Puis, nous avons visé les étoiles, le site avait tellement de potentiel… Nous voulions faire plus, toujours faire plus. Arrêter cette connerie de tour du monde et se consacrer exclusivement à ce projet. Nous avons arrêté de voyager pour nous concentrer pleinement à la croissance de la boite. Retour à Paris, accompagnement par des coachs (L’Accélérateur), recherche de locaux, nos premiers clients, les premiers stagiaires et enfin les salariés. Nous étions une dizaine. La boite tournait. Ma tête aussi.

L’équipe Etudinfo avec l’équipe Pixopolitan

Je suis passé de l’entrepreneur libre au chef d’entreprise. J’étais devenu esclave de ma propre société. Aller au bureau était devenu une contrainte, je ne prenais plus de plaisir à me lever le matin. J’avais reproduit le modèle que j’essayais de fuir. Pourtant, personne ne m’y contraignait. C’est ça aussi vouloir gagner beaucoup d’argent, on rentre dans un tourbillon sans fin. Les journées défilent et on ne s’en rend même plus compte. On veut toujours plus, et on travaille toujours plus. Je passais mes week-ends à décompresser — boire comme un trou — pour recommencer dès le dimanche soir à travailler. Tout ceci n’avait plus de sens.

Moi qui avais vécu sur les routes du monde pendant 2 ans, je ne prenais même plus de vacances.

Le plan était clair : on continue 2 ans et d’après notre business plan de la mort qui tue, la boite vaudra dans les 1 000 000 d’euros ! BINGO !! On y croyait dur comme fer et c’était largement possible vu les chiffres qu’on avait. On avait juste oublié quelque chose dans l’équation : L’ENVIE.

L’envie de gagner plus avait disparu. Je vivais très bien avec mes 1800 euros NET par mois, je ne savais même pas quoi en faire. Je m’étais tellement habitué à avoir une vie minimaliste, loin du consumérisme, que toucher plus me paraissait condescendant. Tout ce que nous aspirions, ce n’était pas avoir plus d’argent, mais avoir plus de temps. La solution était évidente, pourtant nous avons mis du temps à l’accepter, il fallait passer à autre chose.

En moins de 6 mois, nous avons réussi à trouver un repreneur. J’avais 28 ans et je revendais ma première boite. Je me retrouvais du jour au lendemain, sans contrainte et avec 50 000 euros sur mon compte bancaire. Je sais que parler d’argent est tabou en France, mais je préfère vous donner les chiffres.

Que feriez-vous avec 50 000 euros ?

Les idées ne manquent pas : investissement dans l’immobilier, nouvelle voiture, faire un beau voyage, etc.

Moi, j’ai décidé d’être libre, complètement libre. On dit que le temps ne s’achète pas, mais avec cette somme d’argent, j’ai acheté 5 ans de ma vie (10 000 euros par an), 5 ans qui vont me permettent de me construire et me déconstruire, d’avoir un regard différent sur la société, de comprendre un peu plus qui je suis et à quoi j’aspire. Je pense qu’il n’y a pas meilleur investissement qu’investir en soi. J’ai du temps pour lire, pour me former, pour discuter, pour voyager, pour apprendre, pour créer, pour écrire… La liste est longue !

Aujourd’hui, j’ai 30 ans. Je n’ai jamais été aussi épanoui qu’aujourd’hui. Je ne suis pas millionnaire mais je suis libre.


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Faire le tour du monde

Capitaine Rémi a décidé d’être le capitaine de sa vie. Il est parti aux 4 coins du monde réaliser ses rêves sous forme de défis : traverser l’Atlantique en voilier, faire Paris-Bruxelles en Vélib, apprendre la salsa et faire un show en Colombie, marcher le GR20 Corse en 8 jours, faire l’ascension d’un volcan au Chili, faire Paris-Budapest en autostop, etc.

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