© Eaters Collective

5 Clés pour Bouffer la Bouffe de ta Bouffe

Tout est lourd en ce moment, et là j’avais envie d’un post léger comme une mousse de betterave, moelleux comme une omelette au tofu basilic, express comme un cappuccino au lait d’amande.

Y a de plus en plus de gens autour de moi que j’prends en flagrant délit de curiosité culinaire, d’enthousiasme gourmand et d’achat de lait d’amande en lousdé dans leur enseigne de supermarché.

Moi, ces gens, ça fait dix ans que j’bouffe la bouffe de leur bouffe. Si je devais garder pour eux le meilleur de ces dix ans, leur dire tout de go les 5 secrets imprévus, les 5 révélations impromptues qui m’ont changé la vie et révolutionné l’assiette, ce serait que...

L’huile, ça se mange.

Ca fait dix ans que l’tournesol tire la gueule dans ma cuisine. Je lui ai fait plein d’infidélités. Huile de lin, de chanvre, d’avocat, j’me suis éclatée, j’ai tout essayé. Finalement, c’est huile de cameline qui l’a emporté. Je la mélange souvent à l’huile d’olive, et c’est 3 cuillères à soupe par jour obligatoires, sur mon riz, mes pâtes, mes patates, mes salades, mes smoothies, ou carrément (ouep !) à la p’tite cuillère si j’ai pas trouvé l’moyen d’la caser.

L’huile, dans mon végétarisme, c’est plus du tout l’truc que j’mets au fond d’la poêle pour pas qu’ça attache, ni l’truc que j’ajoute sans y penser pour graisser les autres aliments. C’est un aliment à part entière. Un truc qui s’mange. Nômnômnôm.

La compote est un oeuf.

C’était un dimanche après-midi et j’avais envie d’un gâteau. J’avais ma tablette de chocolat, ma farine, mon lait d’amande, même ma levure alors que d’habitude j’suis toujours en rade du p’tit sachet rose. J’ouvre le frigo, et le croirez-vous ? Ouep, le drame : pas d’oeufs.

Alors que l’hypoglycémie me gagne, j’passe un appel d’urgence à Google. Le petit coquinou veut me faire croire que 60 gr de compote de pommes (sans sucre ajouté) + 1 pincée supplémentaire de levure, ça remplace un oeuf. Je rigole.

Après une récolte de baies, à Whitehorse, Yukon. Avoine et lait d’amande. © Carrie Speaking

Vingt minutes plus tard, je rigole moins. J’ai faim.

Je retourne au frigo, j’empoigne mon bocal de compote sans sucre ajouté. M’en fous. Ce sera un gâteau pas-aux-pommes aux pommes. J’aime les pommes. Mangez des pommes.

Eh bien, le croirez-vous ? 3 oeufs, j’veux dire 180 grammes de compote + 1 demi-cuillère à café de levure, ben ça a plus du tout l’goût d’pomme après cuisson.

Disparute, la pomme ! A p’us !

Mon gâteau, ’l avait la même consistance, épaisseur, texture et saveur que si j’y avais mis des oeufs. Depuis, je suis fan de ce tour de magie, et je l’fais sur tous mes gâteaux : cakes, muffins, cookies, etc. Y paraît que pour les mousses, par contre, c’est l’tofu blanc battu qui remplace l’oeuf. Quel coquinou, ce Google !

Les laits la lère.

Moi j’mets du lait d’amande dans mes céréales, mes boissons chaudes et mes gâteaux, du lait d’noisette dans mes crêpes (avec du rhum à l’orange, ouuuuuhhh), du lait d’soja dans mes plats salés et mes smoothies, du lait d’coco dans ma soupe de lentilles, et pis du lait d’avoine dans tout ça quand c’est budget ric-rac. J’ai toujours trois bouteilles de laits (avec un s, t’as vu !) en même temps dans l’frigo. Et je m’éclate avec mon petit kit d’alchimiste. Donne-moi ton plat et je te dirai ton lait. Prépare-toi à révolutionner tes risottos, tes gratins et tes road trips. Oui, tes road trips. Parce que quand t’as pas d’frigo, que t’es on the road again, eh ben les laits végétaux ça se garde mieux une fois ouverts et l’seul truc que ça t’fera péter, c’est la forme (si toi aussi t’es randonneur, tape dans tes mains !)

Les graines font craque-craque.

Ouais je sais, j’en fous partout. Y en a même de collées sous mes chaussettes-moumoutes de la maison, là, à l’instant même où je tape ces lignes (p*tain, minuit, dodo !).

© Noah Silliman

Ouais donc comme je disais hier les graines c’est comme les huiles : je les cuis pas. Je les mange toutes crues. Comme ça, pif pouf, j’les jette sur mes plats. A ma table t’as pas que l’sel et l’poivre ! T’as les graines de lin, les graines de tournesol, les graines de chia ou de pavot (le chia c’est pas cher en Amérique du Nord, mais en France ça coûte une blinde), le gomasio et surtout la levure de bière. Une cuillère de chaque, dans l’assiette fraîchement servie. Ca fait un tas, comme un machin des termites, là. Ouep, un tas. Parce qu’en plus d’être bavarde, je suis coquette, et j’aime qu’on me dise que j’ai le poil lisse, la peau d’une jeune fille, la muqueuse intestinale douce comme un cul de bébé et l’oeil alerte. Ca y est je craque. Craque craque dans ta gamelle.

Les rutabagas font des chips.

T’as vu c’est la cinquième clé et je suis pas encore tombée dans les lieux communs, dans l’classique de comment tu remplaces ta viande alors, ni dans le coming out (ovo, lacto, vegan, avec ou sans glaçons ?), ni dans la compèt’ pour savoir qui mange le plus de fruits et légumes différents par jour, qui a le plus de zinc, de fer et de plutonium dans le sang, qui stocke le plus d’omégas 3 dans sa matière grise, ou qui a la meilleure recette de cookies sans gluten. Parce que voilà, on s’en fout. Qu’on débatte, qu’on s’étripe (le comble) ! Moi, je mange. 4 fois par jour. Et l’essentiel, le voilà : le rutabaga, ça s’mange en chips.

En chips !

Ca t’hallucine pas, ça ? Tu l’pèles, tu l’coupes en tranches un peu fines (un peu hein, y passe pas trois heures non plus), tu essaies de te r’mettre brièvement en couple avec ton huile de tournesol le temps d’la cuisson, et paf, ton rutabaga, tu l’passes à la poêle. Ca grille, tu couvres, ça ramollit, tu découvres. Et quand ça caramélise, fleur de sel. Bim !

Bon app’ !

C.I.D
alias CARRIE SPEAKING,
Auteure de voyage, Blogueuse.
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