L’Etna vu de Taormine en Sicile — Photo : Anaëlle Grondin

5 raisons de partir en voyage en solo

… de temps en temps

Cinq clics et hop, mon séjour en Sicile était réservé. Quand j’ai su — très tardivement — que j’allais avoir quelques jours de vacances avant de me remettre aux choses sérieuses dans une nouvelle rédaction, j’ai immédiatement pensé à partir en voyage. Et si possible emmagasiner un peu de chaleur en cet hiver pluvieux et gris à Paris. Après quelques recherches en ligne et sur les conseils de plusieurs anciens collègues (<3), j’ai choisi une destination que je ne connaissais pas encore : la Sicile. Évidemment, à une semaine du départ, en cette période, malgré la météo radieuse et la dolce vita que promettait Syracuse, aucun de mes proches n’était disposé à me suivre. Tant pis ! J’ai pris mes billets pour ce qui allait être mon deuxième voyage en solo en trois ans.

En apprenant mon départ imminent, plusieurs personnes m’ont demandé si je n’avais pas peur — “vu les événements dans la presse”, j’imagine les agressions sexuelles récentes à Cologne — , et si je n’avais pas peur de m’ennuyer aussi. Si j’allais vraiment apprécier ce séjour n’ayant aucun être cher avec qui partager mes découvertes et ressentir l’atmosphère qui règne sur l’île italienne en cette saison (très creuse et particulièrement agréable). Je me posais déjà moi-même ces questions avant de franchir le cap et de partir avec mon sac à dos en Allemagne en 2013 puis il y a une semaine. Après cette deuxième escapade en solitaire en Sicile, je suis en mesure de confirmer que cette manière de voyager a de très bons côtés.

Si vous vous tâtez à partir en vacances seul.e, voici 5 bonnes raisons de voyager en solo :

1. Vous concocter le programme de vos rêves

Lever de soleil à Syracuse — Photo : Anaëlle Grondin

Vous êtes très matinal en vacances et avez envie de voir le soleil se lever avant d’aller à la découverte de la destination choisie grâce aux notes que vous avez soigneusement prises avant le départ ? Ou au contraire, vous préférez flirter avec la grasse matinée en vous disant que vous verrez plus tard ce qu’il y a à faire ? En solo, personne pour vous tirer du lit ou vous y retenir. Vous avez exactement zéro compromis à faire avec un ou des partenaires de voyage. Vous profitez pleinement de votre temps libre et pouvez vous concocter le programme de vos rêves. Amateur de photographie, imaginez pouvoir rester trente minutes sur un site pour trouver le meilleur angle sous le meilleur éclairage possible sans être pressé par quelqu’un ou avoir le sentiment qu’il s’impatiente (sans soupirer, parce que c’est votre pote ou votre amoureux.se et qu’il/elle est sympa).

L’Etna vu des vestiges de Taormine — Photo : Anaëlle Grondin

2. Rattraper les lectures et/ou séries télévisées

Lecture sur le site du théâtre grec antique de Syracuse — Photo : Anaëlle Grondin

L’après-midi, le temps d’une pause café, ou le soir, à votre hôtel ou AirBnB, vous avez ENFIN le temps de vous consacrer aux lectures et aux épisodes de séries que vous aviez mis de côté depuis des lustres. J’ai englouti Broadchurch en deux soirées au cours de mon premier voyage en solo à Cologne. Cette semaine en Sicile, j’ai pu me plonger successivement avec bonheur, des heures et des heures sans interruption, dans deux romans que j’avais très envie de lire mais que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir ces dernières semaines.

Le salon de l’hôtel Algila’ Ortigia de Syracuse — Photo : Anaëlle Grondin

3. Progresser dans une autre langue

En groupe ou même à deux, l’entre-soi est quasi systématique en voyage. On s’amuse, on mange, on boit, on commente le séjour, on fait la fête ensemble. Dans un pays étranger, on ne sort souvent le guide de conversation qu’au restaurant pour être certain de ne pas être en train de commander des endives cuites ou pour demander timidement son chemin, et on est tenté de laisser dire celui de la bande qui se débrouille le mieux. En solo, on est obligé de s’y mettre ! En cinq jours, je suis passée d’un zéro pointé en italien à débutante pas trop mauvaise (si si), et pourtant deux précédents séjours en Italie (accompagnée) n’avaient rien donné niveau linguistique. Et surtout, lorsque l’on voyage seul, on parle pour de vrai aux gens du coin. Ne serait-ce parce qu’ils vous voient arriver les yeux écarquillés avec votre sac à dos flashy plus haut que vous ; ils vous demandent avec la plus grande curiosité ce que vous venez bien faire là en solitaire et en cette saison, qui plus est.

Pause déjeuner sur le marché d’Ortigie à Syracuse — Photo : Anaëlle Grondin

Au restaurant, les occasions ne manquent pas lorsque la tablée d’à côté vous dévisage en train de prendre des notes dans votre guide de voyage, avec pour unique présence en face de vous un plat traditionnel et un verre de vin de la région.

Sur un site réputé, si vous demandez gentiment, les locaux vous parlent avec plaisir de ce qu’ils en savent. On ne noue pas forcément des amitiés éternelles, mais c’est toujours très sympathique et enrichissant… et on progresse forcément dans la langue !


4. Sortir de votre zone de confort

Ayant toujours été de nature réservée (je me soigne, merci), je trouve ce genre d’expérience exceptionnel et essentiel. Loin de chez vous, vous êtes obligé de sortir de votre zone de confort. De parler à des gens que vous ne connaissez pas, et dans une autre langue que la vôtre. De vous adapter à une autre culture et à d’autres mœurs. De vivre quelques jours dans un lieu où vous n’avez aucun repère en arrivant. Ce saut vers l’inconnu peut être effrayant (vous pourrez peut-être vous demander en levant les yeux au ciel, paumé.e dans une ruelle mal éclairée à 23h30, «pourquoi j’ai décidé de faire ça, déjà ?») mais c’est aussi et surtout très excitant.

Vers le centre-ville de Syracuse, la nuit — Photo : Anaëlle Grondin

5. Vous vider la tête

A-t-on vraiment le temps de faire le vide lors d’un séjour en amoureux ou entre amis ? Personnellement, je n’y arrive pas. Même lors d’un récent séjour en famille à l’Île Maurice les doigts de pied en éventail avec le lagon à l’horizon. A plusieurs, généralement, on rigole, on disserte en admirant nos cocktails depuis nos transats avant de s’interroger avec excitation sur les prochaines activités de la journée. Ce sont toujours des moments inoubliables et exquis. Mais de temps en temps, il est aussi très agréable, entre deux publications frénétiques sur Instagram, de pouvoir admirer des chefs oeuvre architecturaux, photographier des montagnes enneigées ou respirer l’air marin dans le plus grand silence…

Vue sur Taormine depuis son théâtre grec antique. — Photo : Anaëlle Grondin

Ces instants rares sont très reposants pour l’esprit. Surtout si vous habitez un endroit comme Paris, où, au quotidien, aucun moment de répit n’est permis.

Anaëlle Grondin


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