Arrêtez de courir après la réussite — Faites ça à la place

La réussite, c’est pas compliqué… c’est avoir une Rolex avant 50 ans.

Attendez… Comment ? On me dit dans mon oreillette que… HEIN ? Mais si… Une Rolex, un emploi du temps plein à craquer, 100000 contacts Facebook… C’est ça la réussite !

D’ailleurs mes parents me l’ont toujours dit : « Travaille bien à l’école si tu veux réussir ».

Ensuite mes profs m’ont dit : « Fais des études si tu veux un travail bien payé ».

Puis mon chef m’a dit : « Dépasse tes objectifs si tu veux progresser… et fais mieux que les autres ! ».

Il faut avoir l’esprit de compétition !!

Ça vous dit quelque chose cet impératif de réussite ?

La vision de la réussite imposée par la société, la famille, l’école et l’entreprise implique souvent de se comparer aux autres. Elle se résume généralement à l’argent, la carrière, la notoriété… et un agenda bien rempli — c’est bien connu : plus on est actif et multitâche, mieux c’est !

Le problème, c’est que beaucoup des gens prennent ce genre de définition de la réussite comme une boussole. Et cette boussole détermine le travail qu’ils choisissent, la façon dont ils se comportent, qui ils fréquentent et finalement leur trajectoire de vie… Jusqu’au jour où certains se rendent compte (parfois tardivement) qu’ils ont fait fausse route.

OK, là vous vous dites :

« Ah mais c’est vrai ça, je ne me suis jamais vraiment demandé ce que réussir voulait dire pour moi »

(Mais si, je suis sûr que vous vous dites ça).

Comme dirait l’autre, si on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne risque pas de le trouver (ou en tout cas ça peut mettre plus de temps). Du coup, comment « réussir » si vous n’êtes pas clair sur ce que cela signifie pour vous ?

Et puis réussir, c’est « réussir » quoi ? Est-ce gagner beaucoup d’argent ? Est-ce faire un métier qui vous passionne ? Est-ce avoir un poste « à responsabilité » ? Est-ce aider les autres ? Est-ce être entouré de personnes qui vous aiment — et que vous aimez ? Est-ce tout ça à la fois ? (après tout, rien de l’interdit !)

Répondre à ces questions est crucial si vous voulez redéfinir votre job (ou simplement donner plus de sens à ce que vous faites).

Voici 5 mythes sur la réussite pour tenter de trouver un sens à votre réussite — et éviter de suivre le chemin imposé par quelqu’un d’autre.

(Note : le contenu de cet article est tiré de l’excellent livre Success, Your way de G. Richard Shell — non traduit).


Mythe #1 : la réussite… c’est la réussite. Point.

Ben non… Réussir, c’est aussi se tromper.

Vous ne pourrez trouver votre propre définition de la réussite qu’au travers d’un processus de type essais-erreurs. Méditer sur le sujet ne suffit pas. Vous devrez tenter, vous engager, prendre des risques. Vous devrez expérimenter, vous tromper, puis recommencer.

Celui qui ne s’est jamais trompé n’a jamais rien fait !

Mais le but n’est pas de passer sa vie à se tromper !

Et c’est là qu’intervient la notion de rôle.

Nous exerçons tous une multitude de rôles. Un rôle est une fonction, une posture, quelque chose que nous faisons — souvent en interaction avec les autres. Par exemple je suis un fils, un père, un mari, un frère, un ami, mais aussi un blogueur, un ingénieur, un sauteur à la perche (non, c’est pas vrai). Bref, un rôle est une facette de votre personnalité que vous avez choisie d’exprimer… ou bien une étiquette qu’on vous a collée.

Le sentiment d’échec ou de malaise vient souvent d’une inadéquation entre un de nos rôles (plus précisément ce que les autres attendent de ce rôle) et qui nous sommes vraiment.

Si vous avez des difficultés professionnelles, c’est peut-être simplement que votre poste actuel et les responsabilités qu’on vous demande d’assumer ne vous correspondent pas.

Ayez le courage d’essayer de nouveaux rôles et d’admettre que certains ne sont pas faits pour vous. Continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez le bon. Pour reprendre les termes de Gilles Deleuze, l’authenticité est peut-être cet alignement entre l’apparence et la manière d’être…

N’hésitez pas à improviser, puis à ajuster le tir. Vous connaissez le slogan de Nike : « Just do it ». En voici une variante : « Faites d’abord, apprenez ensuite ».

C’est d’ailleurs ce qui est au cœur des démarches entrepreneuriales de type Lean Startup. Quand vous voulez vérifier qu’une idée d’entreprise correspond à un besoin réel, vous faites des hypothèses sur ce que les gens attendent, vous construisez un prototype qui permet à minima de tester vos hypothèses et vous demandez aux gens ce qu’ils en pensent. Si nécessaire, vous adaptez.

Quels rôles occupez-vous ? Lesquels vous aimez et lesquels vous n’aimez pas ? Qu’est-ce que les gens attendent de vous ? Est-ce que cela vous convient ?

Bref, qu’est-ce qui vous plaît vraiment et qu’est-ce qui ne vous plaît pas (ou plus) ?

Conseil : vous pouvez commencer par appliquer la loi des 80/20. Concentrez-vous d’abord à supprimer de votre vie les 20 % qui vous procurent 80 % de désagréments (choses, situation, demandes, relations, etc.)

Si vous voulez suivre ce conseil, vous pouvez télécharger ce guide.

Cliquez ici pour télécharger le guide


Mythe #2 : la « success story »

Vous connaissez l’histoire… Celle du self-made man (ou woman) qui réussit contre vents et marées à faire de sa grande vision une réalité.

Ça vous dit quelque chose ?

Ces « success stories » ont un rôle (et elles le tiennent) : elles inspirent. C’est déjà bien !

Le truc c’est que… pour vous, ça ne marche pas !

D’abord parce que vous n’avez pas de « grande vision » — tout au plus des petits projets. Et puis vous ne savez pas trop comment vous y prendre. Et puis personne n’y croit vraiment. Et puis il faut faire les courses et payer le loyer (et vider le lave-vaisselle… ça fait 3 fois que vous demandez à vos enfants et c’est toujours pas fait!).

Du coup ces success stories peuvent aussi être un peu décourageantes.

Evidemment, vous n’êtes pas idiot, vous savez parfaitement que ces récits sont scénarisés. D’ailleurs ce n’est pas grave… nous aimons tous les histoires !

Le vrai problème c’est que ces récits comportent un biais.

Toutes les « grandes réussites » artistiques, spirituelles, scientifiques, littéraires, industrielles, etc. s’accompagnent effectivement d’une vision. Des Picasso, Eiffel, Jobs, Gandhi avaient sans aucun doute une vision.

Mais ces récits font l’impasse sur ce qui se passe avant la vision.

En réalité, on ne naît pas avec une vision. Elle se construit — lentement. Même ceux qui ont connu les plus grandes réussites ont connu des années d’errance, de tâtonnement, d’incertitude… avant de trouver leur voie et d’exprimer leur véritable talent.

Déterminer ce qu’on attend de la vie et savoir exactement ce qu’on veut faire est une des questions les plus difficiles. Mais c’est aussi une des questions les plus importantes.

Donc ne vous découragez pas si vous n’avez pas encore de vision de ce que vous voulez faire ou devenir. Explorez les possibles et soyez attentif à votre ressenti…


Mythe #3 : la réussite, c’est une histoire de choix

Oui, nous avons le choix… dans une certaine mesure. Comme tout ce que nous pensons et faisons, notre définition « par défaut » de la réussite est largement conditionnée par notre héritage culturel. Vos désirs, vos ambitions et vos objectifs ne sortent pas de nulle part.

Nous cherchons tout le temps à répondre aux attentes de notre famille et de la société. Nous cherchons à faire en sorte que les autres aient une bonne image de nous-mêmes. Cela conditionne en retour notre amour-propre, ce que nous faisons dans la vie et la façon dont nous nous comportons avec les autres.

Pour définir votre propre notion de la réussite, vous devez arriver à vous détacher des attentes que les autres placent en vous. Cela passe généralement par un travail d’introspection pour savoir ce que vous voulez — vous — sincèrement.

C’est votre seule chance de pouvoir choisir votre vie. Ce qui signifie vivre selon des valeurs que vous aurez choisies librement (et pas des valeurs que les autres vous auront imposées).


Mythe #4 : « Tu gagnes combien ? » (variante : « Tu fais quoi dans la vie ? »)

Evidemment, c’est la grande question. Brut ou net ?

Sauf que la réussite est multidimensionnelle. Elle englobe toutes les sphères de la vie : famille, relations sociales, travail, émotions, passions, etc.

En fait, la réussite recouvre deux aspects :

  • La satisfaction interne : êtes-vous fier de ce que vous faites ? Est-ce que cela a un sens ?
  • Les réalisations : ce qui est visible par les autres, mais aussi ce que vous en tirez (statut social, reconnaissance, etc.).

Nous avons tous besoin d’exprimer ces deux facettes et les deux sont importantes. La différence entre vous et votre voisin est une différence de degré.

Quelle facette est plus importante pour vous et où placez-vous le point d’équilibre ?


Mythe #5 : quand il s’agit de réussite, c’est le résultat qui compte

Vous avez sans doute déjà lu ou entendu cette phrase : la réussite n’est pas la destination, mais le voyage.

Bon… ça ne veut pas nécessairement dire que la destination compte pour du beurre. Mais c’est une invitation à être plus attentif au moment présent. Tout voyage comporte des étapes, des obstacles, des égarements, des phases de repos. Chaque voyage est une transformation.

La boucle est bouclée : c’est bien chemin faisant qu’on expérimente, qu’on apprend et qu’on fait les rencontres déterminantes.

Et vous, où en êtes-vous ? Quelle est votre définition de la réussite ?

Que comptez-vous faire pour pouvoir vous retourner et dire « J’ai plutôt réussi ma vie » ?

Qu’est-ce qui vous manque pour arriver à poser votre propre définition et pour passer à l’action ?

N’oubliez pas de recommander cet article si vous l’avez aimé ! (merci !)


Copyright image de couverture : Vector Image by StockUnlimited


Originally published at www.goodmorningsuccess.fr on April 19, 2016.