Épisode 1 — Départ

Carnet de voyage en famille au Canada

Dimanche 3 avril 2016

Il y a quelque temps, j’évoquais nos péripéties au bout du monde, sur une petite île perdue dans l’océan indien, l’île Maurice. Depuis, même si un certain nombre de séjours auraient mérité qu’on s’y attarde davantage, il est un voyage qui nous a transportés bien au-delà de tout ce que nous aurions pu imaginer. Cet extraordinaire voyage, c’est celui d’accueillir un petit être parmi nous.

Certains vous diront que devenir parent signifie bien des responsabilités, des heures de sommeil en moins et surtout, fini les voyages pour un temps ! Mais c’était mal nous connaître, car du moment que nous avons su que nous allions devenir parents, nous nous sommes promis une chose, le fait que cela ne devrait jamais nous empêcher de profiter et de voyager. Pour nous, tout n’était qu’une question d’organisation.

C’est donc avec de nouvelles responsabilités et des heures de sommeil en moins, certes, que nous nous sommes décidés de tenter l’aventure du voyage accompagné d’un petit garçon d’un an à peine. Et pour cette année, nos pérégrinations nous amèneront donc, entre autres, au Canada puis en Australie cinq mois plus tard. Deux destinations que nous ne connaissons pas encore et que notre petit bonhomme découvrira également avec nous. Mais en termes de découverte, cela commencera dès le départ puisqu’il s’agira de son premier voyage en avion.

Le départ est prévu pour dans un mois tout juste, jour pour jour. D’ici un mois, nous serons en train de survoler l’océan Atlantique, un petit garçon sur les genoux. Car oui, nous avons opté pour le vol sans billet pour le jeune homme, et c’est peut-être cela qui nous préoccupe le plus aujourd’hui. Comment va se passer ce vol ? Comment va se passer son vol ?

Chaque parent connaît ce moment où, quoi que vous fassiez, votre enfant n’arrive pas à se calmer et hurle à tue-tête. La hantise serait que cela arrive en plein vol, avec bien peu de marge de manœuvre et en compagnie d’autres passagers qui voudront, eux, dormir… Mais peu importe, je me dis que si jamais cela devait mal se passer, cela ne durerait qu’un temps et l’arrivée serait là bien assez vite.

Après ça, il n’y a aujourd’hui que des questions d’ordre logistique. Si la préparation des valises peut prendre un certain temps pour soi, imaginez avec un enfant en plus ! L’angoisse c’est d’oublier le truc indispensable dont vous avez absolument besoin. Allez expliquer à un petit que ce n’est pas si grave s’il n’a pas son hochet favori pour les deux semaines à venir…

Malgré tout cela, il nous reste un peu de temps pour essayer d’imaginer ce que sera ce séjour au Québec. Je connais un peu les États-Unis pour y être allé à plusieurs reprises. Alors je me dis que Montréal devrait me rappeler ces grandes villes américaines.

L’image la plus facile qui me vient, c’est bien entendu le froid glacial de ces hivers rigoureux au cours desquels le mercure frôle les quarante degrés au-dessous de zéro. Nous y serons en mai, il n’y a donc guère de soucis à se faire de ce côté-là.

Ce qui me vient à l’esprit également, c’est un lac bordé d’une végétation parée de ses splendides couleurs d’automne qui viennent se refléter sur le miroir de la surface de ces eaux. Le vent est léger et fait frémir le lac de petites rides venant troubler la quiétude de l’eau. Je me représente de grands espaces sauvages et d’une force brusque et authentique. Des routes en longues lignes droites à n’en plus finir au milieu de cette végétation. Des clichés. Évidemment toutes ces représentations ne sont que des caricatures jusqu’à tant que nous soyons confrontés à la réalité, jusqu’à tant que nous les ayons confrontés à notre réalité.

Jeudi 28 avril 2016

Nous ne sommes plus qu’à quelques jours du départ tant attendu. L’excitation est palpable et depuis quelque temps maintenant nous comptons ces quelques moments qui nous séparent de cette petite aventure en famille. Les valises commencent à se remplir peu à peu, il est temps de penser à toutes ces affaires qu’il ne faudra pas oublier. Malheureusement, notre bébé est tombé malade à nouveau, juste avant de partir. Il est grand temps de changer d’air et de se reposer un peu pour que tout le monde puisse récupérer.

Plus que deux jours de travail et même s’il y a beaucoup à faire, l’attente et l’excitation du départ sont suffisantes pour faire passer ces derniers instants. Nous y sommes presque, nous sommes bientôt là et en fin de compte, peu importe la destination, seul compte le voyage.

Mardi 3 mai 2016

Ça y est, cette fois nous y sommes, le grand jour du départ pour le Canada est arrivé. Nos valises sont quasiment bouclées depuis la veille, nous sommes presque prêts. Il y a un peu d’appréhension de cette aventure avec notre petit bout, mais il y a surtout de l’excitation !

Je charge la voiture et à peine le temps d’y penser que nous voilà sur la route. À ce moment précis, je crois qu’aucun de nous ne réalise le départ.

Le trajet est rapide, une fois arrivé à proximité de l’aéroport, l’excitation monte d’un cran. Partir en vacances avec un bébé demande une tout autre logistique. Les deux valises sont bien remplies et ça me rappelle les départs en vacances avec mes parents quand j’étais enfant.

Une fois nos bagages enregistrés, les contrôles de sécurité franchis, c’est déjà l’heure du repas de notre petit bonhomme. En ce qui nous concerne, nous avons tout juste le temps d’engloutir un sandwich et de répondre à quelques messages que vient le moment d’embarquer. Vol TS193-A310 à destination de Montréal. L’aventure commence.

Toute la famille est du voyage

Il s’agit du premier vol que nous effectuons avec notre bébé, premier vol de huit heures. Bien qu’il soit malade au moment du départ, tout se passe bien, il a l’air content d’être là. Pas de pleurs au décollage, c’est tout juste s’il se rend compte que l’on bouge. Une fois en l’air, le vol passe finalement assez vite. Le temps de lire quelques chapitres du dernier Robin Hobb, quelques siestes du petit font que finalement le temps s’écoule rapidement. Puis, environ huit heures après notre départ de Lyon, nous atterrissons au Québec, à Montréal.

Le petit est fatigué, mais, chose assez surprenante, il tient très bien le coup. Malheureusement, il lui faudra patienter encore avant de dormir puisqu’au moment où nous arrivons à l’immigration, je vois en contrebas une file d’attente interminable qui serpente entre les trop nombreux cordons d’un labyrinthe digne de Disneyland. Les minutes s’égrènent et nous progressons très lentement. Plusieurs vols ont été retardés, tout le monde arrive en même temps, voilà la cause de notre malheur.

Disneyland

Puis, une heure trente minutes après notre atterrissage, des agents se décident à ouvrir une file pour les familles ayant des enfants et nous pouvons enfin atteindre le guichet et le franchir sans encombre. Nous voilà au Canada.