Décryptons la belle histoire que Google nous raconte avec “Alphabet”

La nouvelle a surpris tout le monde lundi soir et continue encore d’animer de nombreux débats : Google devient la filiale d’Alphabet, une société créée par ses fondateurs Sergey Brin et Larry Page. Si les raisons derrière cette (r)évolution sont multiples (financières, juridiques…), je tiens dans cet article à me pencher sur l’histoire que nous raconte Google avec ce nouveau projet et tenter de décrypter ses choix-clés de communication.

1. De A à Z, on s’occupe de tout…

Le premier élément de langage qu’apporte Google avec sa nouvelle compagnie est également celui qui fait le plus parler : son nom. Alphabet.
D’une simplicité déconcertante, il exprime deux choses.
Premièrement qu’Alphabet ne s’interdit rien, aucun domaine d’activité, aucune innovation. Puisqu’un Alphabet peut par définition former n’importe quel mot, cette société est capable d’abriter toutes les start-ups qui pourront un jour être imaginées. Ainsi, on ne s’éttonera plus de voir l’entreprise de Mountain View investir dans des domaines tels que la santé, la robotique, le décryptage de l’ADN…

C’est dans ce nouvel espace de jeu que vient s’inscrire le Google que l’on connaît déjà. “G is for Google” clame le site. Voici la seconde idée majeure derrière le nom Alphabet : Google n’est qu’une infime partie de la compagnie. Une lettre parmi d’autres, qui désigneront elles aussi des sociétés gigantesques. Google, à la puissance 26 en somme. Vertigineux.

Il est amusant de noter que Google est un nom à l’origine mathématiques (le mot Google renvoie au terme “Googol”, soit 10 à la puissance 100), là où Alphabet se veut inspirer de notre langage de tous les jours. Ce serait donc une entreprise plus humaine, moins froide, qui souhaite être comprise par tous les utilisateurs… Pour ne plus les effrayer ?

Petite anecdote : Steve Jobs aimait le nom “Apple” car il lui
permettait d’être devant “Atari” dans l’annuaire.
Avec Alphabet, Sergei et Larry passent en tête…
C’est aussi ça, l’art du référencement !

2. Non, je n’ai pas changé…

Comme Dalida l’a chanté avant eux, les fondateurs de Google nous racontent dès le début du billet publié sur le site d’Alphabet qu’ils n’ont pas changé.

As Sergey and I wrote in the original founders letter 11 years ago, “Google is not a conventional company. We do not intend to become one.”

Voici une référence directe à l’histoire de la marque. Preuve que même une entreprise aussi jeune peut avoir des valeurs historiques à défendre pour prouver son authenticité. Visuellement, on retrouve également l’univers ludique de Google à travers le site d’Alphabet, son fond blanc et ses couleurs bariolées.

Mais quel est ce message que Google ne veut pas oublier en route en donnant naissance à sa maison mère ?

We are still trying to do things other people think are crazy but we are super excited about.

C’est ça l’ADN de Google. Les “Crazy things”. Des projets considérés comme fous, avant qu’ils ne se transforment en succès. Maps, Android, Youtube… Beaucoup n’y croyaient pas à l’époque, mais ces outils font désormais partie de notre quotidien. Une belle philosophie, qui nous rappelle un discours tenu par une autre grande marque de l’informatique en 1997…

En effet, avant Google, Apple a déjà utilisé jusqu’aux pépins l’ideé de la pensée disruptive, son fameux “Think different”. Mais là où la marque à la pomme souhaitait dire à ses clients à quel point ils étaient uniques, Google s’adresse à une autre cible tout aussi importante : ses investisseurs.

3. Investisseurs… Investissez !

Avant de s’adresser à nous, simples internautes, Alphabet s’adresse aux investisseurs qui se posent une question schizophrène : Google a-t-elle encore la capacité d’innover en 2015 sans mettre en danger les succès existants ?

Parce qu’on ne gagne pas la guerre de l’innovation sans prendre de risques, Google choisit avec Alphabet de séparer son trésor de guerre de ses projets plus incertains. D’un côté, une marque historique qui rapporte des milliards grâce à la publicité, en toute sécurité. De l’autre, une myriade de tentatives de créer un nouveau diamant, quitte à perdre beaucoup d’argent.

Avec Alphabet, Google redistribue ses propres cartes et montre son jeu à ses investisseurs. Libre à eux de tenter leur chance dès maintenant ou de se mordre les doigts quand il sera trop tard…

Lancé en 1998, Google devient une filiale d’Alphabet en 2015. En 17 ans, l’entreprise a révolutionné internet, la cartographie, la diffusion de vidéos, la publicité… Avec cette nouvelle page de son histoire, la marque ambitionne de se diversifier toujours davantage tout en gardant son identité. Rendez-vous dans 17 ans pour découvrir si elle a tenu son pari !