Un bleu dans l’espace

Le compte à rebours a commencé pour Thomas Pesquet. Dans trente jours, l’ingénieur aéronautique français rejoindra la Station spatiale internationale (ISS), qui flotte à 400 km au-dessus de nos têtes, en compagnie de cinq colocataires russes et américains pour une mission de six mois. Départ imminent.

Depuis qu’il est entré à l’Agence spatiale européenne en 2009, ce père de famille normand âgé de 38 ans parcourt la planète, de Houston à Moscou, pour se préparer à la contempler dans sa globalité depuis là où personne ne vous entend crier… L’ancien pilote de ligne a troqué l’Airbus pour un Soyouz, vaisseau qu’il a appris à piloter car, même s’il sera accompagné de cinq autres astronautes qualifiés, tout le monde doit pouvoir manier ce taxi spatial en cas de pépin. Souvenons-nous de Sandra Bullock dans Gravity

Gravity, réalisé par Alfonso Cuarón / 2013

À un mois du décollage, celui qui sera le dixième français (et le premier depuis huit ans) à séjourner à bord de l’ISS, a passé les sept dernières années à s’entraîner pour faire partie de cette Expedition 50 qui constitue le cinquantième roulement de l’équipage permanent de l’ISS.

Au programme de ce séjour all inclusive : des activités manuelles enrichissantes comme mener 200 expériences scientifiques à bord de ce laboratoire en apesanteur où progressent les recherches en biologie, physique et météorologie ; des excursions à couper le souffle avec quatre sorties extravéhiculaires soit littéralement dans l’espace et, enfin, des sensations fortes puisque la vitesse de croisière à bord de l’ISS, placée sur une orbite basse légèrement elliptique, est équivalente à 20 km par seconde, le tout dans la sérénité et le silence absolu.

À partir de 19 heures, c’est quartier libre. Pesquet confie à France Info : « J’aurai avec moi un petit bagage d’1,5 kg. Ce qui part vraiment avec moi, ce sont des affaires personnelles […] Je n’ai pas encore renoncé à mon saxophone. Il y a encore une chance qu’il me rejoigne pour jouer un peu le dimanche en regardant la terre ! »

Alors on souhaite bon voyage à notre fier compatriote qui quittera le sol du Kazakhstan, le 15 novembre prochain, pour un voyage vertical de six heures avant de s’amarrer à l’ISS. Le même jour, Arte diffusera le documentaire « Thomas Pesquet : profession astronaute », et c’est les pieds sur Terre mais la tête dans les étoiles, que nous assisterons au départ de cet adulte qui réalise nos rêves d’enfant…