De l’intérêt d’être ambitieux

Votre évolution à long terme est probablement animée par votre ambition. L’ambition, qui n’a pas toujours bonne presse, c’est ce désir ardent d’obtenir ou de réussir quelque chose. Les personnes ambitieuses sont généralement perçues comme des individus prêts à tout pour arriver à leurs fins, quite à dézinguer les autres. Comment nait l’ambition ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Autant de questions qui se posent et s’imposent.

Les moteurs de l’ambition

Le développement de l’individu est déterminé par deux composantes : l’inné et l’acquis. L’inné, c’est ce que vous êtes spontanément, votre “moi” originel. L’acquis résulte des interactions que l’être humain va avoir avec son environnement tout au long de son existence et qui vont le façonner telle une poterie. Notre identité est donc un savant mixe de ces deux ingrédients, qui fait que chaque être humain est unique. Est-ce que l’on naît ambitieux ? Probablement pas.

L’ambition est insufflée par les parents dès le plus jeune âge et débute généralement avec la question :”Que veux-tu faire quand tu seras grand(e)?”, ce à quoi les enfants répondent “pilote”, “pompier” ou “maitresse”… Moi-même je voulais être comédienne, sinon caissière, car je trouvais très amusant de taper sur les touches de la machine. Dès l’enfance, on inscrit donc dans l’esprit des enfants qu’ils doivent trouver une fonction à occuper à l’âge adulte, les incitant à une forte projection dans l’avenir. L’ambition va donc être soutenue par le cadre environnant, et généralement éprouvée par l’école. Car l’ambition est le moteur de la motivation, motivation qui pousse l’individu à persévérer malgré la difficulté ou la souffrance.

Mon expérience propre

Pour ma part, j’étais peu ambitieuse par le passé. J’accordais plus d’intérêt aux interactions sociales, à la culture, aux voyages, et pour moi l’activité professionnelle ne servait qu’à financer ces centres d’intérêt. Avoir occupé des emplois un peu ingrats tels qu’équipière au Mac Donald ou encore hôtesse d’accueil m’ont incitée à poursuivre des études mais j’étais pressée de finir mes cinq années d’école pour accéder enfin au statut de salarié, afin de rentrer chez moi le soir et n’avoir plus aucune obligation.

Et lorsque ce jour est arrivé, après deux ou trois ans, je me suis rendue compte que je m’ennuyais. Je ne pouvais m’empêcher de lire tout un tas de contenus, d’écrire, je n’arrivais pas à rester inactive. J’avais soif d’apprendre. C’est là que j’ai pris concience que même si les challenges étaient parfois difficiles, ils avaient le mérite d’être stimulants. Ma grand-mère me disait il y a quelques jours : “Tu dois être fatiguée ma chérie” (car je suis actuellement un Master en Gestion, j’ai débuté en parallèle une activité libérale, et j’effectue toujours quelques gardes en tant que salariée), ce à quoi j’ai répondu : “Je préfère être fatiguée mais faire des choses qui me plaisent plutôt que d’être en pleine forme mais m’ennuyer”.

Plus récemment, j’ai assisté au licenciement injustifié de ma mère, qui occupait un poste de direction et qui vu son âge ne retrouvera jamais de travail. Je me suis rendue compte que je n’étais pas la seule dans ce cas puisqu’en dicutant avec des proches, plusieurs de leurs parents avaient connu le même sort. Comment travailler jusqu’à 65 ans lorsqu’on est licencié à 50 ? L’une de mes collègues, une fille pourtant fiable et travailleuse mais à priori pas assez aseptisée, s’est également faite licencier cette semaine. Sans compter tous ces gens qui vont bosser à reculons. Regarder le monde m’a incitée réfléchir, beaucoup réfléchir. Plus que jamais, il est important, primordial pour chacun d’anticiper ce que sera le monde de demain.

Mon ambition se nourrit jour après jour de ce que je vis, de ce que je ressens, de ce que j’observe, de ce que je comprends.

Deux types d’ambition

Il y a deux types d’ambition. L’ambition animée par le pouvoir, et l’ambition animée par l’envie de changer les choses.

L’ambition animée par le pouvoir a une finalité essentiellement personnelle. Elle est généralement très peu productive, et peut s’avérer nocive pour les personnes qui se trouvent dans son champ. C’est d’ailleurs bien le principe originel de la démocratie, parce que l’on a considéré que le régime dictatorial est rarement orienté vers le bien-être du peuple. La question à poser, c’est évidemment celle du “pourquoi”. Si le “pourquoi” n’est pas sain, le comment et les résultats ont peu de chance de l’être.

La deuxième source d’ambition, bien plus rare et bien plus claire (donc bien plus chère, car ce qui est rare est cher), est celle qui est nourrie par l’envie de changer les choses. C’est généralement de celle-ci dont se rappelle positivement l’Histoire. C’est selon moi le Graal. C’est celle à développer, à faire grandir en soi, jusqu’à se dire que rien n’est impossible, et se donner les moyens d’y parvenir.

Je ne pense pas que, n’en déplaise à certains, l’ambition soit quelque chose de négatif. Je pense que c’est un moteur aussi fort que la foi, qui peut pousser à accomplir des choses extraordinaires. Sans hommes ambitieux, il n’y aurait pas d’avions, d’ordinateurs, d’électricité… Il faut choisir un cadre familial et amical qui comprenne cette ambition et les contraintes sous-jacentes. Et il faut trouver l’équilibre.

Etre ambitieux… ou pas

On peut au contraire choisir de vivre simplement, en se contentant de ce que la vie nous donne spontanément. C’est tout aussi honorable. C’est une conception différente, davantage centrée sur l’environnement privé et l’épanouissement dans un poste qui ne nécessite pas d’ambition particulière. L’ambition n’est pas une fin en soi, mais si vous en avez envie et besoin, cultivez-la !