Estrosi s’impose,

Muselier rit (jaune)

Politique / UMP / avril 2015 / Olivier-Jourdan Roulot

Ce devait être Muselier — ou Ciotti —, ce sera Estrosi pour conduire la bataille de Paca. En réglant le bal à sa façon, Estrosi a évité trop de travail à la commission d’investiture de l’UMP, qu’il préside. S’il est tout sourire après ce camouflet, Muzo vient de manquer un rendez-vous avec son destin. Une habitude.


L’affaire n’a pas fait un pli. Jeudi matin, elle a été expédiée comme une lettre à la poste, sans que la Commission nationale d’investiture de l’UMP ne se donne la peine de faire semblant de débattre. Après tout, c’est mieux ainsi. C’est vrai, quoi, le débat est une perte de temps — salutations distinguées au passage pour ces messieurs et ces dames membres de la CNI, qui savent désormais qu’ils ne servent (parfois) à rien. Car Sarkozy et Estrosi, bonnes âmes, se sont chargés de tout à leur place, pour leur éviter trop de travail. C’est sans doute à cela qu’on reconnaît qu’un parti est dirigé.

En politique, si la vengeance se consomme froide, la couleuvre est pour certains un plat du quotidien. Ainsi, une Christiane Taubira vient de souffler récemment à l’oreille du couple Montebourg/Filipetti que celles qui lui étaient réservées à la table du gouvernement étaient « de plus en plus épaisses ». Pour Renaud Muselier également, elle est plat qui repasse (très) souvent.

En 2014, l’ex-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères avait laissé passer sa chance pour les municipales à Marseille. Après sa retraite de 2012 (consécutive à son échec aux législatives face à Marie-Arlette Carlotti), il attendait que ses anciens camarades de la majorité le supplient de revenir au conseil municipal. Evidemment, l’appel du pied n’était jamais venu. Pour une raison toute simple : ceux qui espèrent jouer un rôle dans l’après Gaudin n’avaient aucune envie de voir l’ex-héritier putatif à nouveau dans la course à la succession. Et voilà comment, à trop vouloir se faire désirer, Muzo avait vu le train lui passer sous le nez — ce qui pourrait se révéler ballot, si d’aventure Gaudin changeait d’avis en 2017, quand il s’agira de choisir entre son bureau de l’hôtel de ville et le moelleux de son fauteuil de sénateur pour poursuivre sa sieste, loi sur le cumul oblige.

« Ce sont mes amis politiques, j’ai contribué à les fabriquer et les faire élire, mais je leur fais peur, m’avait confié Muselier, à propos de ce manque d’enthousiasme criant pour son retour aux affaires municipales. Ils ne me veulent pas, ils me l’ont montré, ils l’ont fait : la seule chose importante c’était surtout de ne pas me demander d’y aller ».

Une bouderie que son ami le sénateur-maire Bruno Gilles, avec qui le descendant de l’amiral a mené par le passé tant de batailles, avait tenu à relativiser, remettant quelques points sur les i alors que je l’interrogeais : « Renaud ne s’est pas mis en situation, m’avait confié Gilles. Ce n’est pas en janvier qu’on débarque comme ça : le programme, ce n’est pas le sien, la méthode n’est pas la sienne, les hommes non plus ».

Finalement, en échange d’un soutien couci-couça au candidat Gaudin (relativement enthousiaste en public, nettement plus réservé en off), l’ex-président de l’Institut du monde arabe avait hérité de la tête de liste aux Européennes dans le Sud Est.

Visiblement, l’incorrigible Muzo n’a pas retenu la leçon de l’année dernière. Cette fois encore, il échoue à prendre le bon wagon faute d’avoir joué sa carte à fond. En effet, Muselier a mis un temps fou à se décider à briguer la tête de liste pour ces régionales. Il aura fallu des semaines pour qu’il se laisse convaincre par ses conseillers, qui lui soufflaient à l’oreille qu’il y avait là une formidable opportunité.

Problème, Muzo semblait heureux avec sa nouvelle vie à Bruxelles, au milieu des dossiers, de la technicité européenne, pour ne pas écrire technocratie. Vrai, quoi, une vraie nouvelle vie pour celui qui n’attendait plus rien de la vie publique : « Je ne quitte pas mon pays, je découvre un continent », peut-on ainsi lire le site internet du député européen.

A l’écouter aussi lyrique, en lui ouvrant les bras, Bruxelles lui avait fait découvrir un monde autrement plus passionnant que les basses histoires de politique locale à la petite semaine. Forcément, quand on est ainsi parti à la conquête des continents, revenir aux micro-affaires régionales peut sembler bien fade. Jusqu’à ce que le même finisse par se dire que, tout de même, il serait trop idiot de laisser passer l’occasion, tant la porte de la région Paca semble ouverte aux grands vents — en clair, promise à la droite républicaine. En attendant, Muselier a perdu un temps précieux, qui aurait pu lui permettre de consolider sa candidature à la candidature.

La semaine dernière, celle précédant la visite décisive d’Estrosi dans le bureau de Sarko, ce mardi, Muselier en était encore à jouer la discrétion. Alors que je l’interrogeais sur la tournure des évènements par texto, il m’avait répondu de façon très évasive. Visiblement, dans son esprit, il ne fallait pas « en parler ». Résultat, le lendemain de nos échanges, un papier dans La Provence évoquait sur une pleine page sa candidature… Pour rester discret, c’était loupé. Sans compter que c’était aussi, visiblement, la mauvaise stratégie.

« Il aurait dû se mettre en avant bien en amont, prendre son bâton de pèlerin pour faire un vrai travail de lobbying pendant des semaines, voire des mois, constate un responsable UMP. En disant à Sarko : « cette tête de liste je la veux, tu dois me la donner ! » Là, il est parti tard en se laissant désirer. Du Muselier tout craché ».

Résultat, une fois encore l’ex-fils de Paca passe à côté d’une vraie opportunité qui aurait pu le remettre définitivement en selle. Désormais, il fera campagne derrière Estrosi, pour le compte de celui-ci, après avoir expliqué s’être rallié à ses côtés « avec ferveur » — on n’est pas obligé de le croire. Sans doute en échange, pour récompenser sa bonne humeur et son rire éclatant, d’une première vice-présidence. Un poste dont il vaut mieux ne pas trop attendre, si on s’en tient à l’exemple de l’actuel détenteur du siège, Patrick Allemand, premier vice-président d’un Vauzelle qui lui aura seulement laissé jouer les utilités — au point d’ailleurs que ses camarades du PS ont acté ce peu de poids en lui préférant Christophe Castaner pour tenter de sauver la citadelle assiégée en décembre.

Le motodidacte niçois lui est déjà en campagne. Il fonce plein gaz sur les routes de la région. Il a déjà ouvert une page sur Internet pour sa campagne — pour quelqu’un assurant s’être décidé au dernier moment par esprit de « devoir », cette réactivité force le respect. Il s’est offert une première sortie à Marseille jeudi, de retour de Paris avec Gaudin, à l’occasion des commémorations du génocide arménien. Il était suivi par un Muselier toujours tout sourire.

L’occasion pour Dominique Tian, député et premier adjoint à la mairie de Marseille, de souffler à l’oreille d’un journaliste de La Provence son admiration pour Estrosi le sauveur.

« Il m’impressionne, quand il part on ne le rattrape plus », remarquait Tian, en évoquant une course à pied où il avait pu voir Estro à l’œuvre.

Un motodidacte lancé plein gaz. Dominique Tian n’en est toujours pas revenu…

Muselier et les occasions manquées… Cette nouvelle déconvenue m’en rappelle une autre. Elle appartient à l’anthologie de la politique marseillaise : le 17 avril 2008, le socialiste Eugène Caselli avait été porté à la tête de la communauté urbaine de Marseille (CUM) à la surprise générale, et dans la plus grande confusion. Sur le papier, l’affaire était pliée. Gaudin venait d’être réélu maire de Marseille, en l’emportant sur Jean-Noël Guérini, et le rapport de force politique promettait la présidence à Renaud Muselier, qui avait sans regret choisi de laisser sa place de 1er adjoint à la mairie. Muselier était donc imbattable. C’est bien simple, personnellement, j’avais décidé de zapper ce non-évènement, tant le résultat était connu d’avance. Je ne vous raconte pas ma surprise quand j’avais reçu un coup de fil dans la matinée pour me prévenir de la drôle de tournure des choses. Face à un Muselier groggy et fou de rage.

Ce jour-là, d’ailleurs, il n’était pas le seul à se demander ce qui se passait. Ainsi un socialiste du cru m’a raconté s’être retrouvé dans le bureau de la présidence, seul et un peu perdu, quelques minutes après le vote ayant acté la chute de l’archi-favori. Un moment surréaliste, surtout quand un livreur est venu déposer par terre un… écran de télévision neuf : une commande passée par l’équipe Muselier, qui avait fait ses emplettes en anticipant sur une élection qui devait n’être qu’une formalité.

Ce jour-là, un homme affichait un grand sourire. Il était sans doute le seul parmi tous ces élus à avoir les clés nécessaires pour savourer pleinement le moment. Au faîte de sa puissance, Jean-Noël Guérini venait de faire la démonstration éclatante de son savoir-faire. Des jours durant, il avait mené une campagne sous-terraine, avec l’aide de son frère Alexandre et de sa cassette de président du Conseil général des Bouches du Rhône, pour retourner, un à un, une poignée d’élus de droite. Alors que Muselier, déjà sûr de son destin, n’avait pas pris la peine de faire campagne, notamment auprès des élus de droite des petites communes, exaspérés par la puissance marseillaise et l’arrogance de son candidat.

Le 17 avril 2008, Eugène Caselli devenait président de la CUM en lieu et place de Muselier

Au sortir de cet incroyable coup de théâtre, une petite équipe turbulente s’était retrouvée attablée dans un restaurant populaire du côté de la place du 4 septembre, à deux pas de la plage des Catalans, histoire de fêter le bon tour jouée à la droite. A la table, une dizaine de convives entourent Jean-Noël Guérini : parmi eux, Eugène Caselli, élu quelques minutes plus tôt président de la CUM presque à son corps défendant, Patrick Mennucci, à l’époque proche du patron des socialistes, ou encore Franck Dumontel, mari de Samia Ghali, qui sera bombardé directeur de cabinet de Caselli (après avoir été débarqué quelques temps plus tôt de celui de Vauzelle à la Région).

Au Vesuvio, Guérini est chez lui. Ce restaurant napolitain tenu par Salvatore a été sa cantine pendant toute la campagne des municipales, son QG étant juste voisin. Comme toutes les fois, Jean-Joël a commandé une moitié/moitié, une pizza anchois/mozzarella préparée de main de maître par Antoine, le pizzaiolo corse. Et, pour le dessert, il n’a pas dérogé à la règle, non plus : il adore la célèbre cassata de la maison — un excellent gâteau à la ricotta, à la pâte d’amande et aux fruits confits.

Ils sont donc tous là, les vainqueurs du jour. Alexandre, le petit frère de Jean-Noël — au rôle devenu central depuis les municipales — est même passé se joindre un instant au petit groupe. Guérini est survolté, comme dopé par le formidable coup politique qu’il vient de réaliser. Et le voilà, dans une scène digne du Parrain de Coppola, en train de secouer sans ménagement ce brave Caselli, qui ne se déride pas et ne sait décidément pas profiter des bons moments de la vie, en lui envoyant de grandes et viriles bourrades dans le dos. « Oh présideeeeeeeeeeeeent, Eugèneeeeee ! ». Pan : nouvelle tape dans le dos d’un Eugène Caselli qui semble un peu dépassé par les évènements, le regard plongé sur ses chaussures.

Guérini, hilare, prend la tablée à témoin, pointant du doigt celui dont le sort vient aussi de basculer : « Il faut l’appeler présideeeeeenntttttt ! Hein, Eugène ? Maintenant tu vas faire ce qu’on te diiiit !!! » Et pan : le président Caselli de se ramasser à nouveau une grande tarte dans le dos, secoué comme un pantin par un Guérini intenable. Qui n’a pas envie qu’on lui gâche son plaisir, et entend montrer qui est le faiseur de roi — et que chacun ici est une poupée dans sa main. « Allez, souris un peu ! »

Après les camouflets d’hier, retour à la couleuvre de la semaine. Si on a bien compris, en choisissant l’incontestable Estrosi, il s’agissait d’éviter que la situation ne s’envenime, certains dirigeants de l’UMP expliquant rétrospectivement que l’affaire menaçait de tourner à la foire d’empoigne. On aurait donc, de peu, évité du sang sur les murs. Diable… En réalité, de sang sur les murs, il risquait surtout d’y en avoir entre Ciotti et Estrosi.

La semaine précédente, le match paraissait devoir s’écrire entre Muselier le fils de Paca et Ciotti — pour l’équivalent en « fils de », n’ayant pas trouvé, je laisse l’option ouverte à l’imagination de chacun. Muselier semblait tenir la corde. A l’UMP des Bouches du Rhône, officiellement, on suivait « Renaud ». « Il faut qu’il y aille », me confiait ainsi Bruno Gilles, le « frère » de Muzo. Avec quelles chances ? « Avantage RM avec soutien Estrosi, Falco, Gaudin… ». Oui… Pour Gaudin, on pouvait légitimement avoir un doute sur son degré d’enthousiasme, tant les relations entre le « Vieux » et son ex-héritier sont branchées sur courant alternatif. Concernant le soutien d’Estrosi…

Dans le jeu de Muselier, sa proximité avec Sarkozy restait sa meilleure carte. Même s’il avait depuis pris ses distances, on se souvient que Ciotti avait rejoint Fillon, l’homme qui déjeune avec Jouyet, au moment de la guerre Fillon/Copé. Muzo pouvait aussi espérer un coup de pouce d’Estrosi, soucieux d’éviter que Ciotti ne prenne trop de poids dans son jardin nissart. Sauf qu’Estrosi, qui jurait ses grands dieux que la région ne l’intéressait pas — déclarant en décembre dernier à L’Opinion qu’elle « ne sert à rien et ne servira à rien demain » — a décidé de régler l’affaire en prenant lui-même la place. Car à l’UMP, on considère que les régions sont le creuset des grands barons locaux de demain.

Pour Estrosi, la fête continue

Pour ne pas donner l’impression de se dédire, Estrosi explique désormais s’être dévoué pour empêcher Marion Maréchal-Le Pen de devenir « une star » (en cas de victoire aux régionales). Une grande cause qui valait bien un tel sacrifice.

L’ancien ministre de l’Industrie s’est donc pointé mardi dans le bureau de l’ex-président de la République, deux jours avant la réunion de la CNI. Pour poser sur sa table une feuille : un sondage. Estrosi connaît la dépendance de Sarko aux études d’opinion — ce n’est pas Buisson qui démentira. Ce sondage, il disait quoi ? Principalement qu’Estrosi était le plus connu, avec le plus fort taux de notoriété.

Et voici l’objet, récupéré par la rédaction d’Europe 1 :

Muzo s’est donc cassé les dents sur un foutu sondage. Amusant, au passage, de rappeler une petite anecdote… Elle renvoie en 2013, quand Gaudin faisait mine d’hésiter à se représenter à sa succession. Avec un Guy Tessier qui, comme avant chaque municipale, resservait le même numéro du mec bien décidé à jouer sa chance, avant de se coucher et rentrer dans le rang — un grand classique. Pour régler la question Tessier, Muselier avait soufflé une petite idée à Gaudin, pour rabattre le caquet de ce dernier : glisser son nom dans le sondage qu’il s’apprêtait à faire réaliser…

Résultat, non seulement Tessier était devancé par Gaudin, mais il sortait aussi après un Muselier même pas candidat. Autant dire que la question de la candidature de l’homme prêt à faire un malheur avait été pliée sur le champ…

Cette semaine, dès l’annonce de la décision de Sarkozy, les commentateurs ont globalement validé le choix de placer Estrosi en première ligne. Parce que celui-ci affiche un pedigree (nettement) plus droitier qu’un Muselier. Et que, face à la poussée du FN, il faut des arguments de même niveau, pour résister.

Le bon choix, pour autant ? Ça reste à voir. D’abord parce que c’est oublier la configuration très particulière de la région Paca, coupée en deux blocs qui se tournent le dos. Pour résumer rapidement, Paca, c’est Nice contre le reste du monde. Dans le Var, par exemple, ou à Manosque, on accepte et juge naturelle la domination marseillaise. En revanche, la suprématie niçoise n’a elle rien d’évident. Sur le terrain électoral, ça signifie une chose : quoi qu’en dise le sondage qui a donné l’avantage à Estrosi, pas certain que celui-ci fera le plein des voix à droite en dehors des Alpes maritimes, dans des territoires où une candidature niçoise n’est pas le meilleur des arguments. Alors qu’une hypothèse contraire (une tête de liste marseillaise) aurait, elle, élargi l’assiette, plus mobilisatrice dans ces départements de la région qui, ne l’oublions pas, restent les principaux pourvoyeurs de voix.

A la réflexion, le calcul retenu par les stratèges de l’UMP n’a donc rien évident. En effet, on peut estimer qu’un Marseillais en tête d’affiche n’aurait en revanche pas enregistré trop de déperditions à Nice et dans les Alpes Maritimes, où la droite est suffisamment installée et chez elle pour qu’elle sorte de toute façon en tête…

Enfin, ce choix dévoile aussi de quel bois on va nous chauffer cette bataille : à droite toute. Il montre clairement que l’UMP en fin de cycle et le futur parti appelé à lui succéder en mai se placent à la remorque du FN. Le choix d’Estrosi a bien été dicté par les évènements intervenus au sein de la firme de la famille Le Pen. Ainsi, la décision de la CNI a été repoussée pour coller au tempo du FN et voir comment allait se dénouer la crise familiale qui s’y jouait — et le remplacement du patriarche par sa petite-fille. Les frontistes auront beau jeu de penser et d’affirmer que ceux sont bien eux qui donnent le la, aujourd’hui plus que jamais.

A ce sujet, une photo que Stéphane Ravier a fait circuler sur son compte twitter cette semaine est symptomatique. Postée mercredi, on y voit le patron du FN à Marseille poser bras dessus dessous avec une Nora Preciozi très souriante. Pour ceux qui ne le savent pas madame Preciozi est adjointe de Jean-Claude Gaudin et conseillère régionale. Le contraste entre les tenues vestimentaires des deux amis donne un caractère amusant à la photo — très relâché, le sénateur-maire frontiste est en maillot de l’OM, bas de jogging et baskets, très bien comme il faut, Preciozi en petit chemisier blanc, lunettes Persol, ceinture Hermes.

Visiblement, les deux, le FN et l’élue UMP, sont à tu et à toi. Pourtant, lors de la campagne des municipales, Nora Preciozi avait eu des mots très durs contre les socialistes, dénonçant leur responsabilité dans l’élection du même Ravier à la mairie du 7ème secteur, pour ne pas s’être retirés avant le second tour.

« En se maintenant pour le second tour des élections municipales, avait-elle lâché, Garo Hovsepian sous les directives de Patrick Mennucci et de Harlem Désir a permis au Front National de remporter l’élection dans le 7e secteur. Comment ont-ils pu prendre cette décision alors que le risque de voir le Front National accéder à la mairie des 13e et 14e arrondissements était réel ? La responsabilité des socialistes est lourde de conséquences. »

On ne sait pas si c’est l’air de la future campagne des régionales qui fait son effet, mais Nora Preciozi semble très bien se faire désormais de ce qu’elle dénonçait hier avec véhémence. Mais peut être que madame Preciozi prépare un… futur ralliement au FN ? L’avenir le dira.

« C’est carnaval à la mairie des 13–14 », écrit pour sa part Ravier, pour légender sa photo sur son tweet. Carnaval… A l’évidence, le mot est on ne peut plus à propos.

Et la référence, là non plus, ne déplaira pas à Estrosi.

Olivier-Jourdan Roulot