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Former un “O”, être unique et une.

Introspections new-yorkaises. En chemin vers la belle pomme, mes rencontres me replongent dans les tumultes du couple, entre passion et raison. Envie profonde d’union individuelle et collective. Réflexions inspirées du roman “La Prophétie des Andes” sur notre capacité à transformer notre “C” personnel en “O”.

Profils Walt Disney, 10 années à s’aimer…

Sur le chemin de l’aller, joyeux covoiturage, je suis accompagnée par un canadien anglophone et un couple de jeunes français en PVT. Nous partageons ensemble nos passés, nos envies, notre culture, nos rêves, nos vies aux quatre coins du monde. Presque dix ans qu’ils sont ensemble les deux amoureux. Ils se sont connus au lycée et ne se sont plus jamais quittés. Soudain, mon esprit me ramène dix années en arrière. Comment serait ma vie aujourd’hui si j’étais restée avec mon amour de jeunesse ? Tout défile sous mes yeux, ou derrière mes yeux devrais-je dire. J’essaie de nous imaginer aujourd’hui ensemble, si un matin de février j’avais décidé de continuer. Tout se floute, difficile d’inventer, de créer, d’imaginer le présent sous un autre aspect. Ça aurait été différent, c’est certain. Je n’aurais jamais vécu tout ça, les départs à l’étranger répétés, qui m’ont fait devenir celle que je suis. Je souris. J’aime ma vie, je n’en changerais absolument rien.

En peu de temps, c’est le second couple de mon âge que je rencontre qui fête leur décennie à deux. Ils continuent de réaliser leurs rêves ensemble, d’avancer dans la même direction, d’avoir de l’ambition, des carrières et des plaisirs. Ces deux couples voyagent d’ailleurs en ce moment même autour du globe. Démonstration implacable, c’est donc possible !

Profils romans-télés, cœurs éparpillés.

Je débarque dans la colocation new-yorkaise de mon amie d’enfance. Des françaises en V.I.E, stages, ou en recherche d’expériences. Schéma inverse de couples au bord de la dérive, séparés par la distance, la langue, la culture, leurs ambitions personnelles. Les histoires de filles autour d’une raclette, un verre de rouge à la main, se succèdent et se ressemblent. Je passe mon tour, je n’ai rien à dire. Finalement, mon année de célibat me réconforte après avoir entendu les complaintes de leur petit cœur blessé, incompris, perdu, ligoté. Dilemme et trahison, non merci, j’ai déjà donné.

Je suis passée par là tellement de fois, je ne peux que les comprendre. Pourtant, je ressens au plus profond de moi que les histoires que j’ai vécues et que j’entends me fatiguent et m’attristent rien que d’y penser. Passer des heures à relire chaque texto après une dispute, me demander si je dois répondre, lui lancer une énième perche ; ces discussions à n’en plus finir où chacun se justifie et campe sur son ego. Gérer la distance physique, émotionnelle, mentale. Me sentir prise en otage, obligée de plier sur mes désirs, mes ambitions, mes valeurs, de courber le dos pour relancer la machine de l’amour envers et contre tout. Tout ça, c’est fini.

Un an de célibat où j’ai cherché à compléter seule celle que je suis.

Comme le conte si bien le roman « La Prophétie des Andes », nous pensons que nous sommes un « C » qui se complètera dès lors qu’un autre « C » fusionnera avec nous. A deux nous croyons former un tout, un « O », un cercle continu. Ainsi, nous ne sommes complets qu’à travers l’autre, exclusivement grâce à l’autre. Dès que naissent les premières tensions, nous pensons perdre notre union. Dès que l’autre s’en va, une partie de nous-même manque. Nous redevenons une moitié incomplète et insatisfaite, déchirée et évidée. Alors que la raison « d’être » est de trouver en nous-même notre propre « O ». Indépendamment de l’autre. Etre son « tout », être un cercle fluide, équilibré, infini pour soi-même. Ainsi, nous partageons notre complétude, et devenons complémentaires en ce sens que nous échangeons le fait d’être complets individuellement et collectivement. Seuls et ensemble. Séparés et réunis.

Pour compléter en soi, la partie du « C » manquant, évidemment nous avons besoin d’être inspirés, guidés, accompagnés par d’autres.

Tout au long du chemin, la construction vers notre être accompli est plurielle et multiple. Elle est bien loin ma phase de révolte « je n’ai besoin de personne ». Depuis mes voyages, j’ai compris que j’avais besoin de tout le monde. Pourtant, ces autres « C » ne seront jamais une partie de moi-même ayant pour but de venir assouvir mon besoin d’ensemble au sein de mon individualité. « Je nais seul, je vis seul, je meurs seul ». Je peux être entourée tout au long de ma vie par des centaines de personnes à chaque instant, et cependant me sentir aussi seule que si j’étais perdue au milieu d’un désert.

Trouver la flamme qui est la mienne.

Dans les tréfonds du « C » manquant en chacun de nous se trouve une lumière particulière qui nous distingue et nous assemble en nous-même. Former un « O » pour m’offrir la sérénité d’être unique et une. Former un « O » pour donner en cadeau l’unité à ceux qui m’entourent. Leur montrer cette lumière qui m’anime, lueur singulière et distincte. Leur proposer ma différence, mon équilibre, ma puissance.

Tu n’es pas à mes côtés pour me compléter d’un vide, mais pour m’accompagner avec ce que tu es dans ton ensemble.

Je n’ai pas besoin de toi pour me soutenir. Tu n’es pas la béquille sur laquelle je m’appuierai pour avancer, au risque de tomber si tu t’en vas. Tu n’as pas besoin de poser tes briques à la place de celles qui me manquent. Je n’ai pas besoin de toi pour vivre. Je choisis de vivre avec toi. Je choisis d’échanger nos ombres et nos lumières. Nos joies et nos blessures. Pour se nourrir. Partager. Se partager. Vibrer d’une énergie commune. Entrer en communion. S’aimer.

Je choisis de t’aimer parce que tu fais vibrer en moi un espace où je me sens déployer mes ailes vers encore davantage d’authenticité, de simplicité, de liberté, de puissance. Tu es mon amie, tu es mon inspiration, tu es un inconnu, tu es mon amoureux, tu es mon amant, tu es ma collaboratrice, tu es mon patron, tu es toi. Mais tu n’es pas ma vie. Je suis la vie. Je suis la vie pour moi et en moi.

Je me choisis.

Je choisis de conserver ce courant d’énergie qui me distingue de toi dans les moments où l’on ne se retrouve plus. Je choisis de préserver la vie en moi dans ces instants où tes vibrations appellent mes démons intérieurs. Je choisis de continuer à faire résonner cette vie en moi si tu n’es plus là. Je me choisis moi si le « nous » brûle nos complétudes respectives. Je fais le choix de la reconnaissance de ce que je suis, indépendamment de toi, indépendamment de nous. Je suis.

Peut-être qu’il me faudra attendre des mois, voire des années avant de pouvoir partager celle que je suis avec quelqu’un qui a cette même vision du couple. Avant d’être prête à la vivre pleinement aussi. A ne pas laisser mes peurs, mes schémas émotionnels et mentaux reprendre le dessus. La vie n’a cessé de m’apprendre et de me guider au travers de mes rencontres et de mes expériences, afin que je puisse venir compléter mon propre « C ». Jusqu’ici tout s’est enchainé parfaitement. Je n’ai pas peur, lorsque je serai complète et prête, un autre « C » complété, entier, distinct viendra à moi pour partager nos ensembles.


Globe-trotteuse et auteure du livre “Hémisphères en mouvement”, le voyage est pour moi une quête de sens et d’identité, une initiation à des prises de conscience et des transformations. En route vers un voyage intérieur !

J’anime également des ateliers qui associent intelligence collective et émotionnelle, afin de se (re)découvrir sous différents aspects de notre potentiel.

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