4808,73m

Gravir le Mont-Blanc

Vous donner envie de vous surpasser ? C’est le but de ce billet.

Un moment qui vous marque à vie mais qui reste invisible aux yeux des autres.

C’est avant tout l’histoire d’une équipe Evariste (30 ans), Vincent (40 ans), Clément (27 ans) et moi-même (26 ans). Une équipe pas comme les autres.

Après notre premier semi-marathon en 2011 nous rêvions d’un défi plus grand, plus mythique. Un marathon, un trail… cela viendra.

L’ascension des 4809 mètres, le Mont-Blanc, un mot et un lieu magique.

Juillet 2012,

direction les Contamines pour 4 jours.

  • 2 jours d’acclimatations,
  • 2 jours pour le Mont-Blanc.

Ascension de l'aiguille du Tour 3540m

Vendredi 6 juillet 2012 et Samedi 7 juillet 2012.

2 jours, une nuit au refuge Albert 1er (2600m), premier cramponnage, premier piolet, premier glacier, première escalade d'une aiguille (300m à pic)... L'aventure est belle, le temps est magnifique. Une étape essentielle pour l'apprentissage (rapide) de la montagne. Nous sommes fin prêt pour notre objectif.

Dimanche 8 juillet 2012.

Après une nuit de 12h (vive les grasses matinées !!), préparation du sac, remplissage des bouteilles d’eau et autres poches, vérification du matériel.

Enfin prêt, le sac sur le dos. Il est lourd, les coeurs s’emballent, le stress est présent, la route est dangereuse mais belle.

Départ en voiture pour les Houches où nous attendent nos 2 guides : Zavatte et Mouche (sans commentaires 😊). 1700m, le départ est lancé, bâtons dans la main. Il est 14h.

Après 4h de montée et de franches rigolade avec les guides dans la pieraille, nous arrivons à notre refuge de Têtes Rousses (3167m). Belote, soupe et viande. Le repas est bon mais pas le temps de s’attarder à table. 21h direction le dodo dans le dortoir. Le stress, l’altitude et les ronflements nous empêche de bien dormir. Somnolent, le réveil sonne... il est 1h30 du matin ! Je ne me souviens pas m’être déjà levé à cette heure là.

D-day. Lundi 9 juillet 2012.

Fatigué, casque sur la tête, gants, frontale, mousqueton, nous nous encordons (2 + 1 guide). Nous avons 2 heures d’escalade en pleine nuit. Un mur de 700m, soit 2 fois la Tour Eiffel à gravir pour arriver au refuge du Goûter (3818m). Pour info nous aurions dû dormir au Goûter comme n’importe quelle personne faisant le Mont-Blanc. Comme il était plein nous avons dû dormir plus bas. La journée est donc rallongé de 2h.

Mais il faut dire que ce moment fût magnifique, avec ces multiples frontales dans la montagne. L’attaque de ce mur se fait assez tranquillement et toujours très bien épaulé par nos guides. Seul une pierre tombé sur mon sac nous aura fait peur : quelle taille, quel poids, quel dégât ? Je ne sais pas...mais la surprise était de taille, elle ! Il ne faut pas s’attarder dans ce couloir le plus meurtrier du Mont-Blanc.

A 4h nous arrivons au Goûter, un fort vent nous accueille et nous faire dire que l’ascension sera plus rude que dans notre imaginaire. Doudoune sur les épaules, sur-pantalon, sur-mouffle, cache-nez. On part en pente douce au départ puis arrive l’interminable montée vers le Dôme du Goûter (4258m).

L’ascension est difficile, il fait froid mais il faut suivre le mouvement... Le vent nous agresse. Nous atteignons enfin le refuge de Vallot (4362m) après une courte descente du Dôme, puis une remontée plus raide mais courte. C’est la cabane de secours, la dernière. Une pause nécessaire .

Il faut boire, manger, prendre des forces, se réchauffer les mains. Evariste n’est pas au mieux, ce n’est pas physique, c’est le plus sportif de nous quatre. Son corps rejette l’altitude tout simplement . Les guides se renseignent sur les conditions météo. Le vent est très puissant par rafale (60km/h). Plusieurs cordées ont rebroussés chemin. Nous continuons. Prochaine étape, l’arête des bosses (4547m). La pente est plus raide voir un peu vertigineuse à certain endroits et c’est là que beaucoup de gens s’essoufflent.

Le Mont-Blanc est si proche. Les pas sont lents, le souffle est court. Je suis obligé de découvrir mon nez et ma bouche pour prendre plus d’oxygène. Je monte avec mon piolet main gauche, bâton main droite. Le guide est devant moi, Clément derrière. La corde doit rester tendue pour notre sécurité. Nous faisons une pause et attendons la deuxième cordée avec Vincent et Evariste. Il n’est pas bien mais persiste. Quel mental !

Le vent est un peu moins fort, une cordée qui redescend nous confirme que nous pouvons y aller. Encore quelques bosses. La corde tire derrière moi, Clément est à bout de force, comme moi. Il demande une pause que le guide refuse. Il nous pousse au maximum, dans nos derniers retranchements. Je n’ai jamais senti telle faiblesse, telle difficulté, tel manque d’oxygène. Les cuisses et les mollets tirent. Où est la deuxième cordée ? Je ne sais pas, je ne les vois plus. Nous continuons.

4700m….4750m… c’est long mais la victoire est au bout. On pense à plein de choses. Il est 9h30, nous sommes partis à 2h. Encordé, il n’est pourtant pas possible de parler, c’est un moment solitaire. La respiration est toujours difficile, l’effort physique est intense, la température négative. Pas à pas le rêve se rapproche.

4800m… nous y sommes, une bosse longue et large, la neige est fraiche, blanche. Ca y est ! 4808,73m !

L’émotion nous prend, nous nous sautons dans les bras avec Clément. Une franche poigné de main avec Mouche (notre guide). Nous nous écroulons par terre, tout est lent. La vue est incroyable. Il n’y a rien de plus haut autour de nous. Je sors mon appareil photo pour immortaliser ce moment. Clément ne se lève pas. Il reste assis pour contempler les Alpes coté italienne. Où sont Vincent et Evariste ? Nous avons besoin d’eux pour profiter au maximum. Ca y est ! Eux aussi à bout de force, le visage marqué par l’effort, ils sont là. Vincent s’écroule sur Clément puis sur moi. Evariste est resté debout. Il est vraiment au plus mal. Son corps et son esprit ne sont pas en accord, mais il y est arrivé ! Le guide nous explique ce que l’on voit, les différentes montagnes. Mais franchement peu importe, nous sommes au sommet du Mont-Blanc. C’est une victoire personnelle et moment d’équipe. Quelques photos, il est temps de redescendre, déjà !

La descente est très longue et difficile. Les cuisses sont dures. Nous sommes fatigué par la monté et tendu par la descente. Evariste va mieux en descendant.

C’est trop long, trop fatiguant. Nos caractères ronchons ressortent bien ces moments là. 17h30, retour à la voiture. On déchausse, on lance le sac dans le coffre, on souffle ! Une bonne bière, l’aventure est terminée.

✔️ Semi-marathon

✔️ Mont-Blanc

⏺️ Kilimanjaro

⏺️ Basecamp Everest


un cœur si le cœur vous en dit

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Simon Guerri dall'Oro

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https://lesnageursdudimanche.blogspot.com

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