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L’égalité des sexes que nous n’aurons pas

Je considère la ville de Londres comme un véritable kaléidoscope de gens issus de différentes ethnies. J’ai eu la chance de faire la connaissance de femmes venues d’Inde, du Brésil et même d’Arabie saoudite. Le féminisme et l’égalité des sexes ont souvent été des sujets qui ont enflammé nos conversations autour d’un café.

Même si nos expériences personnelles se ressemblaient, nous vivions toutes dans des pays où la femme pouvait jouir de droits et de libertés qui variaient.

Certaines d’entre nous tombions d’accords sur certains points, alors que d’autres étaient choquées lorsque nous évoquions des situations vécues dans notre quotidien.

Après ces discussions très enrichissantes, j’ai décelé quelques vérités un peu dures à encaisser. Et j’en ai aussi conclu que, le jour où les femmes se sentiront à pied égal avec les hommes, est très loin d’être arrivé.


Notre époque nous offre des privilèges que les précédentes sociétés peinaient à avoir.

La révolution de ceci, être libre de faire celà…

Mais en prenant du recul, on se rend compte que nos libertés ont un prix, surtout pour nous, les femmes.

Prenez les magazines qui se cachent ouvertement derrière la liberté d’expression ou l’art.

Au nom de la mode, ils n’auront aucune honte à mettre une femme presque entièrement nue sur une couverture.

Parce que ça fait vendre, ça excite aussi — mais surtout, ça fait rêver.

Nous sommes de vulgaires morceaux de viande, qu’on expose fièrement pour faire couler l’argent à flots.

Forcément, quand on nous balance des justifications qui nous caressent dans le sens du poil, c’est plus facile de fermer les yeux et d’accepter.

Parce que oui, c’est ce qu’on veut toutes : être libres d’être une femme.


La femme perçue dans les médias est une femme fière d’elle et qui aime exposer sa nudité sans complexes.

Alors qu’en vrai, dehors on galère à se faire respecter dans une jungle où, d’innombrables porcs écervelés s’autorisent des choses qui ne devraient pas.

La fiction ne doit pas dépasser la réalité.

Ce n’est pas parce qu’une femme se fait violer dans une série, que ça doit être vu comme normal. Ce n’est pas parce qu’une femme se fait prendre de tous les côtés dans un porno, que nous aimons ça. Et plus que tout, ce n’est pas parce qu’on nous respecte pas à l’écran, qu’on a pas droit au respect dans la vie de tous les jours.

Certains se trouvent drôles à nous mettre la main au cul, parce qu’on est “bonnes.” À nous faire des commentaires vulgaires dans les transports en commun.

Pour ne citer que ça.

Parce que ceci, n’est que le côté soft du cauchemar auquel énormément de femmes sont confrontées au quotidien.

Est-ce que c’est ça, le fameux prix à payer pour notre liberté ?


L’une des raisons pour lesquelles je ne deviendrai jamais une féministe radicale, c’est parce qu’elles accusent les hommes de tous les maux.

La belle hypocrisie.

Il existe des hommes éduqués, avec des principes et qui respectent les femmes.

En rabaissant les hommes comme ça, on fait exactement la même chose que certains d’entre eux nous font subir.

Je ne veux pas que les femmes surpassent le sexe masculin.

Peut-être que c’est idiot mais je crois fermement que si notre société était égale vis-à-vis des sexes, on avancerait plus sereinement.

Au fond, mis à part râler et s’indigner face au énième hashtag #harcèlement, qu’est-ce qu’on a vraiment fait pour faire avancer l’égalité des sexes ?

Je vous laisser méditer avec ces dernières lignes.

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