La banalisation de la violence

Merci à Karam Al Masri pour son travail et son courage

J’ai commencé à écrire ce texte en lisant cet article sur la Syrie.

Nous y assistons tous les jours et cela ne nous fait plus rien

Voilà cinq ans que la guerre fait rage en Syrie. Ce n’est pas un scoop ; on en entend parler tous les jours. La guerre s’importe peu à peu ici. Ce n’est ni un fantasme, ni une simple image sur un écran, rapportée de l’autre bout de l’Europe. Non, elle est bien réelle cette guerre, bien présente et nous implique qu’on le veuille ou non, malgré nous, dans la tourmente de ce que nous avons créé.

Tant qu’il y aura des hommes, il y aura la guerre.

J’en suis convaincu depuis mon passage à l’armée. Rien n’empêchera jamais l’homme de s’autodétruire, c’est ainsi. Mais ce qu’il y a de grave, c’est de subir. C’est de ne pas agir, de rester dans notre confort et de regarder quotidiennement l’autre mourir C’est ce que nous faisons, hélas. Nous assistons, impuissants, à des hommes qui donnent la mort et c’est une banalisation de la violence qui s’installe tranquillement.

Que pouvons-nous faire ?

Peshmerganor, vétéran de l’Afghanistan, ancien militaire norvégien engagé au Kurdistan Irakien

Certains, comme Pershmerganor, s’engagent et partent combattre. Ce vétéran de l’armée Norvégienne, que je suis sur Facebook depuis quelque temps maintenant, poste tous les jours le récit de son combat auprès des Peshmergas dans le Kurdistan Irakien contre Daesh.

Jusqu’où avons-nous du courage ?

Je suis bien conscient que nous ne pouvons (et ne voulons) pas tous faire la guerre. Nous ne sommes pas tous prêts à risquer nos vies pour une cause et surtout si celle-ci ne nous concerne pas. Et quand bien même ! Qu’arrive-t-il à ceux qui décident de partir combattre et exterminer Daesh ? J’ai entendu dire qu’ils peuvent finir en prison.

Mais il faut comprendre que cette guerre nous concerne que nous le voulions ou non.

Et la violence aussi, nous concerne tous

En 2012, j’ai entendu un économiste (dont j’ai oublié le nom), lors d’une conférence à Londres, déclarer cette phrase :

Il faut être naïf pour croire qu’il n’y aura plus jamais de guerre en Europe.

Mon dieu, cette phrase résonne encore dans ma tête tant elle était vraie. Je crois que nous nous sommes enfoncés dans l’idée que la paix était acquise, que nous étions une démocratie intouchable et que nous n’aurons jamais à renoncer à tout ce qui a été construit jusqu’à présent.

Arrêtons de croire que nous n’avons que des amis ; nous avons aussi des ennemis.

La vérité, c’est que nous avons de grandes chances de revivre la guerre un jour car l’histoire humaine a prouvé qu’elle fonctionne par cycle. A ce moment-là, il faudra choisir: subir où résister.

J’aime bien cette phrase que j’entendais souvent, à l’armée : « Je préfère mourir debout que de vivre à genoux. »

Guillaume Duhan

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