La newsletter revient

Face aux réseaux sociaux, la newsletter ringardisée depuis quelques
années apparait à nouveau sur le devant de la scène.


Trop d’informations ?

Pendant de nombreuses années, j’ai consommé beaucoup de flux RSS. Au départ, je suivais quelques sites et, de fil en aiguille, je me suis retrouvé à lire beaucoup d’articles chaque jour. Puis, les réseaux sociaux sont arrivés. J’ai ajouté Facebook et … Twitter. Je me suis intéressé à Google Plus, à Instagram.

Facebook a pris une place importante dans ma vie quotidienne au point de devenir une véritable addiction. Un effet similaire s’est produit avec Twitter.
La peur de manquer une information intéressante, de ne plus “être au courant”.

J’ai décidé de réfléchir à la place que prenait tous ces outils et de les comparer aux bénéfices que je retirais de tout le temps passé en leur compagnie. Le constat a été rude et j’ai décidé de revoir complètement la façon de m’informer. Je n’ai conservé qu’un seul réseau social : Twitter.

J’en ai profité pour réduire le nombre de personnes suivies pour tomber à moins de 40. J’étais tout à fait conscient de ne plus suivre des personnalités partageant des liens passionnants. Pour autant, peut-on passer la journée à consommer de l’information ?

Parallèlement, je travaillais avec un ami sur un outil pour mieux gérer nos emails et j’ai découvert que la newsletter n’était pas morte, loin de là. Face à la masse des données disponibles sur les réseaux sociaux, certains ont souhaité la trier et fournir un document plus visible en y ajoutant leur style. Je pense à launchticker.com, brief.me, ben-evans.com.

J’ai donc pris la décision de stopper la lecture de mes flux RSS pour ne m’informer qu’au travers de newsletters. Je me suis débrouillé pour recevoir les quelques flux RSS indispensables par email.
Je suis d’ailleurs allé encore plus loin en consultant de moins en moins Twitter.

Est-on moins bien informé sans les réseaux sociaux ?

J’ai eu besoin d’un temps d’adaptation car les réflexes sont tenaces. J’ai supprimé les applications natives liées aux réseaux sociaux pour éviter la tentation. Lorsqu’on se retrouve avec un nouveau temps libre, c’est déroutant. Suis-je pour autant moins bien informé ? Honnêtement, je ne crois pas. Effectivement, je rate probablement plein d’articles intéressants mais c’était déjà le cas. Une journée complète ne suffirait pas pour étudier l’ensemble des documents publiés chaque jour sur la toile. De plus, comment mémoriser l’ensemble des informations que l’on consulte sur les réseaux sociaux ? Je préfère m’informer moins mais mieux.

Pourquoi la newsletter ?

La newsletter permet de s’informer plus sereinement, plus calmement. L’auteur vous transporte dans son univers, avec son propre style. Le choix éditorial met en avant certaines informations, en occulte d’autres. Il est possible de la recevoir à heure fixe en évitant les interruptions successives au cours de la journée. L’urgence disparait alors pour laisser place à un moment de détente, une découverte différente du contenu. A trop consommer, la saveur vient à disparaitre.

Faut-il bannir les réseaux sociaux ?

Je ne crois pas que ce soit nécessaire. C’est pourtant le choix personnel que j’ai fait pour utiliser mon temps différemment. En revanche, il faut être prudent dans son utilisation quotidienne. L’addiction arrive vite sans que l’on s’en rende vraiment compte. Prendre un peu de recul et observer son propre comportement semble la méthode la plus efficace pour prendre les bonnes décisions.

Pourquoi ne pas profiter de notre temps libre pour créer au lieu de consommer ?

Crédit photo : Dmitry Kalinin / zen (CC)