Le « design thinking », ou la « pensée design » en français… Mais quel est ce phénomène dont vous avez surement entendu parler depuis quelque temps ?

Je vous propose de comprendre cette méthodologie en 5 min top chrono !


Origine du terme “design thinking”

Le concept et le terme de design thinking est récent, il nous vient de deux pionniers du design thinking : Tim Brown et David Kelley. Ce sont les fondateurs de l’entreprise IDEO, une des premières agences de design née en 1991 aux États-Unis.

“Nous avons commencé à désigner ce nouveau domaine de compétences par le terme de « design avec un petit d », afin de le distinguer de l’objet sculptural présenté […] dans les musées d’art moderne. Mais cette formule ne nous satisfaisait pas. Un jour, lors d’une conversation, mon ami David Kelley, professeur à Stanford et fondateur d’IDEO, attira mon attention sur un détail qui l’avait frappé : chaque fois qu’on l’interrogeait sur le design, la forme verbale thinking (« penser ») lui venait immanquablement à l’esprit pour expliquer ce que font les designers. 
Le néologisme design thinking était né. Je l’utilise désormais pour décrire un ensemble de principes applicables par un large éventail d’acteurs dans la résolution de problématiques variées.” [Tim Brown, fondateur d’IDEO]

Définition du design thinking

Le design thinking est un processus utilisé par les designers pour innover à partir d’usages existants ou à inventer.

On peut également parler de « méthodologie » d’intelligence collective qui place l’humain, ses usages et besoins au centre de la réflexion. Concrètement, l’idée est de mettre en place une équipe pluridisciplinaire et volontaire, composée de communicants, d’ingénieurs, de dirigeants, de consommateurs ou usagers par exemple, afin de solutionner une problématique donnée par une marque ou une entreprise.

Le design thinking permet ainsi de résoudre des problèmes en partant des besoins des utilisateurs et en développant des solutions pour y répondre. Ces solutions peuvent être de natures complètement différentes : produits, services, expériences, nouvelle forme de management etc.

Méthodologie du design thinking

Le travail du designer consiste à « convertir un besoin en demande ». Simple vous me direz ? Effectivement, il « suffit » de déterminer ce que les consommateurs ou utilisateurs veulent et de leur donner. Mais cela est en fait bien plus compliqué que cela n’y parait.

Le problème fondamental est que les gens s’adaptent très facilement et avec ingéniosité à toutes sortes de situations. Il est donc difficile de comprendre leurs besoins en leur demandant « de quoi auriez-vous besoin ? »

“Ce n’est pas le travail des consommateurs de savoir de quoi ils ont envie. Le client est incapable de savoir qu’il veut quelque chose qui n’existe pas encore.” [Steve Jobs]

Le design thinking permet ainsi de détecter ces besoins centrés sur les consommateurs ou usagers, et d’y répondre simplement grâce à un nouveau service, produits etc.

Le travail des adeptes du design thinking ne consistent donc pas à inventer une voiture plus rapide ou un clavier plus ergonomique mais il consiste à aider les gens à reformuler leurs besoins, dont ils ne sont souvent même pas conscients.

Les 5 étapes du design thinking

Il n’existe pas de recette miracle à suivre qui garantirait le succès à tous les projets, mais il existe néanmoins une démarche permettant d’amener à la réussite d’un projet de design.

ÉTAPE 1 : Empathize (compatir)

Un aspect très caractéristique du design thinking est qu’il est centré sur l’humain. Il a pour mission d’organiser ses solutions autour des gens, des utilisateurs ou consommateurs.

C’est pourquoi il ne suffit pas de questionner les personnes afin de comprendre leurs comportements. Il est indispensable de faire preuve d’empathie, de les observer et de se mettre à leur place, afin de voir les choses de leur point de vue, de penser à la manière dont les solutions proposées peuvent s’intégrer concrètement à leur vie quotidienne.

“Le jour où une toute jeune entreprise, nommée Apple Computer, nous a demandé de l’aide à créer un ordinateur “pour tout le monde”, nous avons appris la valeur de l’empathie.” [Tim Brown, fondateur d’IDEO]

ÉTAPE 2 : Define (définir)

Cette seconde étape consiste simplement à reformuler la problématique en quittant le traditionnel questionnement “comment faire” pour se demander “pourquoi faire?”.

C’est à cette condition que les solutions apportées pourront être pertinentes. Le designer se doit donc de requestionner le problème de départ et de le reformuler de manière pertinente par rapport aux besoins parfois inconscients de la cible.

“Un problème bien posé est à demi résolu.” [Albert Einstein]

> ÉTAPE 3 : Ideate (imaginer & concevoir)

Pour explorer et créer de nouvelles possibilités, il faut utiliser ce que l’on appelle “la pensée divergente”. La pensée divergente consiste à multiplier les options pour créer des choix, autrement dit, générer un maximum d’idées afin d’augmenter la possibilité de trouver la bonne solution.

“Pour avoir une bonne idée, il faut d’abord en avoir de nombreuses.” [Linus Pauling]

Afin de créer un maximum d’idées, il est possible d’utiliser une des techniques les plus connues et génératrice d’idées : le brainstorming. Le brainstorming est une technique de recherche d’idées originales fondée sur la communication réciproque dans un groupe.

Chaque brainstorming peut avoir ses propres règles, mais il y a une règle qui devrait être universelle : celle de construire à partir des idées des autres, de ne pas juger les autres, d’encourager les idées les plus folles afin d’alimenter un réel discours créatif d’une grande richesse.

ÉTAPE 4 : Prototype (prototyper)

Le prototypage est une étape clé du process du design thinking. Il possède un pouvoir fédérateur très puissant : c’est la démonstration par la preuve.
Réaliser des prototypes, ébaucher, maquetter, modéliser ou construire accélère l’avancée du projet et permet d’explorer plusieurs idées en parallèle. 
Les problèmes à résoudre sont souvent complexes, et les expérimenter le plus tôt possible permet d’itérer très rapidement.
En matérialisant une idée par un objet, on peut très facilement l’évaluer, la perfectionner et se concentrer sur la solution la plus adaptée.

« Le prototypage, c’est le fait de penser avec les mains. »
[David Kelley]

ÉTAPE 5 : Test (tester)

Enfin, la dernière “étape” du processus d’un projet design est de tester. 
Lancer le projet ou le prototype est l’opportunité d’apprendre en sollicitant des retours des utilisateurs et d’itérer sur le produit, service ou expérience conçue.

La force du design réside dans son principe “d’échouer vite pour réussir encore plus vite.” Ce principe de valorisation de l’erreur est très puissant en termes de conception rapide de solutions pertinentes.
Lorsqu’un prototype est testé, les commentaires et réactions des utilisateurs ou consommateurs fournissent des informations susceptibles d’ouvrir de nouveaux marchés insoupçonnés bien plus prometteurs et rentables.

“Échouer tôt pour réussir plus vite.” [Tim Brown]

Le design thinking, un outil d’innovation à adopter d’urgence !

La pensée design est un processus exploratoire : c’est-à-dire qu’il est normal de déboucher sur des découvertes inattendues pouvant troubler le parcours initial. Il peut donc sembler chaotique à ceux qui en font l’expérience la première fois mais la méthodologie finit par devenir une évidence dans le cours du projet et permet d’aboutir à des résultats qui se
démarqueront de manière significative des processus linéaires dans de nombreuses entreprises.

C’est une méthodologie simple, qui accélère l’innovation et modifie profondément les comportements dans les entreprises.

Le design thinking peut s’appliquer à des secteurs très variés, des produits aux services, du marketing et des médias au management.
Essayer, c’est déjà avancer !

Vous êtes à présent parés pour introduire au mieux le design thinking au sein de vos entreprises ou de vos marques ! :)

Source : “Innovation : les atouts du design thinking” - Aurélie Marchal