Le jour où j’ai voulu m’engager.

La semaine dernière, je suis allée pour la première fois à une réunion politique.

J’ai 30 ans et si la politique m’intéresse depuis toujours, je n’ai jamais réussi à franchir le cap de l’engagement.

Pas par manque de volonté, plutôt par découragement anticipé.

Par où commencer ?

Que faire ?

Qui soutenir ?

Et pour quoi ?

Toutes ces questions me faisaient repousser toujours à plus tard l’idée d’aller me renseigner sérieusement.

Mais ces derniers temps, des choses ont changé.

Des évènements internationaux majeurs ont rompu le pacte invisible qui semblait y avoir entre des gouvernants indéfiniment impunis et des populations qui faisaient semblant de croire à leurs fables. Aujourd’hui, le désintéressement des citoyens pour la politique n’a d’égal que leur ras-le-bol, la déconnexion de nos représentants avec la réalité et leur incapacité à changer les choses est devenue intolérable.

En même temps, en France, alors que la période pré-électorale s’ouvre sur une offre politique réchauffée et passéiste, une proposition politique nouvelle tente de se mettre en marche.

Les idées ne sont pas vraiment révolutionnaires, mais la méthode peut l’être. Sortir des clivages et des oppositions systématiques, essayer de prendre le meilleur là où il est, sans tomber dans la tiédeur du compromis à tout prix, entendre vraiment ce que les citoyens ont à dire.

Loin du fonctionnement autarcique des partis traditionnels, on peut adhérer en deux clics, pour rien et si on veut les rencontrer, ils sont là, partout, à deux pas de chez soi.

C’est malin, l’engagement qui n’engage à rien à l’heure où tout va si vite, l’utilisation indispensable d’Internet et des réseaux sociaux pour les générations Y et Z qui n’ont que ça à la main.

“Oui, mais après quoi ?”

Par curiosité, je me suis inscrite à la première « soirée-débat » de mon arrondissement. Pour voir. Mais pas que, peut-être.

Dans ce bar populo-branché du 18e, les gens se connaissaient déjà, certains arboraient des t-shirts aux couleurs du mouvement. C’était chaleureux et décontracté, si on était là, finalement, c’était parce qu’on partageait les mêmes idées. La référente s’est présentée, puis chacun des animateurs des comités locaux de l’arrondissement, micro-entités réunissant plusieurs adhérents, cellules souches du mouvement.

On sent bien qu’un truc nouveau est en train d’émerger. Et qu’il y a de la place pour tout le monde. On repère très vite ceux déjà engagés et qui l’ont toujours été, ailleurs forcément, ceux qui n’attendaient que ça, être à l’initiative et se mettre en avant et ceux qui profitent de l’occasion pour simplement rencontrer du monde. Finalement, il semblait y avoir assez peu de gens comme moi, venus sans but précis mais paradoxalement avec peut-être les plus grandes attentes.

C’était beau de voir tous ces gens réunis, croyant que quelque chose peut se passer. Quelque chose de différent, qui peut faire bouger les lignes. Quelque chose qui redonne espoir.

C’était beau mais à mesure que la soirée avançait et malgré les discussions intéressantes, je me demandais comment l’engagement politique pouvait aujourd’hui avoir un sens.

Toutes les personnes présentes étaient déjà convaincues, à quoi cela peut-il servir de débattre ? Toutes sont déjà sensibilisées aux problématiques politiques et toutes votent, comment cela va t-il faire venir les Français dans les isoloirs ?


Je ne connais rien au fonctionnement d’un parti politique, ses codes, ses traditions et ses hiérarchies.

Je me demande simplement s’il n’y a pas là une partie de l’explication de la crise de la représentation politique actuelle. Un fonctionnement tellement institutionnalisé et formaté qu’il en est sclérosé.

Y’ a t-il de la place pour la contradiction et le débat utile quand on s’engage ? Y’ a t-il une volonté d’entendre vraiment ceux qu’on est censé représenter ?

Et ce mouvement qui fait ces premiers pas, saura t-il être dans son fonctionnement « anti-système » comme il le proclame ?

Je n’y connais rien en politique, mais je voudrais comprendre et qui sait, peut-être y croire.

Je me lance dans l’aventure.

Je vous tiens au courant.