Le Mauvais Combat

L’heure est sombre. Toute la famille s’est réunie pour la triste occasion. Une fois que tout le monde s’est recueillit près du cercueil, la cérémonie commence. La musique débute. Mais au lieu du Clair de Lune de Debussy qui était convenu pour accompagner le premier discours, ce sont les Village People qui résonnent dans toute l’église.

It’s fun to stay at the Y-M-C-A!!

Bon, bah ça, c’est une mauvaise musique.

Et au même titre qu’il y a des mauvaises musiques, il y a des mauvaises réactions, des mauvais choix, des mauvaises pensées.. Et il y a des mauvais combats.

YMCA n’est pas une mauvaise musique en soi. Elle est mauvaise dans le sens où elle est inadaptée à ce moment-là.

Le bien, la mal, c’est donc très relatif (boom, on fait de la philo avec les Village People !)

Le mauvais combat est donc celui qui n’est pas le notre. Celui qui ne nous correspond pas à ce moment-là de notre vie. Ou encore celui qu’on mène aveuglément sans se rendre compte que c’est celui d’un autre.

Par exemple

Tout faire pour réussir dans un certain domaine pour combler les ambitions de ses parents (au lieu de tout faire pour trouver sa propre voie),

S’investir émotionnellement pour faire fonctionner une relation à sens unique (au lieu de partir et apprendre à être heureux soi-même),

Rechercher de l’approbation et de la reconnaissance auprès de personnes qui n‘ont pas d’intérêt réel pour ce que l’on fait (au lieu de… je vous laisse compléter celui-là).

Bref, vous avez saisi le principe.

Note : cet article est une réflexion personnelle sur la question. Il a pour but d’ouvrir le débat et est sujet à remise en question. N’hésitez pas à donner votre opinion dans les commentaires.

Comment savoir si on mène un mauvais combat?

Comme on l’a vu juste au-dessus, le combat n’est pas mauvais en soi. Il est mauvais car il ne correspond pas à notre situation, nos ambitions réelles ou nos compétences.

Notez qu’un mauvais combat n’est pas nécessairement quelque chose de majeur qui sous-tend toute notre existence. Ca peut aussi être quelque chose de mineur qui compte à un moment de notre vie.

Chez les autres

En fait, c’est souvent plus facile de détecter le mauvais combat de quelqu’un d’autre que le sien.

C’est quelque chose qui se ressent quand on parle à quelqu’un. C’est quelque chose qui s’entend quand on prend le temps d’écouter.

J’ai souvent tendance à poser deux questions aux personnes qui me racontent ce qu’elles font dans la vie :

  • Qu’est-ce qui t’a décidé à faire ça ?
  • A quel point est-ce que ça te rend heureux ?

Et c’est intéressant de voir que, quand on écoute vraiment la réponse (avec les yeux et les oreilles), on ressent rapidement le malaise chez quelqu’un qui n’est pas épanouit dans ce qu’il fait.

Oui, parce que mener un combat qui nous correspond est quelque chose d’épanouissant. Et ça se ressent.

Et chez soi ?

C’est une autre histoire. On a déjà oublié comment vraiment écouter les autres. Mais, paradoxalement, on a surtout oublié comment s’écouter soi-même.

Ce qui est marrant, c’est que l’Homme a plusieurs fois traversé des périodes où il s’est recentré sur lui-même dans son histoire.

Mais loin de tout ça, j’ai parfois l’impression que le XXIème siècle est celui où on oublie qu’on a une histoire et où on trouve ça “has been” de s’en rappeler et d’en tirer des leçons.

Tirer des leçons du passé, non mais ALLO quoi, c’est comme si je te dis, t’es un être intelligent, et t’apprends des conneries de tes pairs pour ne plus les refaire — Putain, même cette référence appartient déjà au passé.

Tout ce qui compte c’est d’avoir accès à tout, partout, rapidement. Ca à l’air génial. Sur le papier. La connaissance du Monde entier accessible en un clic depuis n’importe où sur Terre. BOOM !

Enfin.. Dommage que notre activité principale soit de faire des selfies et de regarder sa propre gueule (avec ou sans filtre) sur un écran tactile pour pouvoir la partager avec le Monde entier instantanément.

Je caricature. Parfois on fait aussi des photos avec d’autres personnes dessus. D’ailleurs, “Ok elle est bien celle-là” = “Ok je suis bien sur celle-là”.

Bienvenue dans l’Ere Selfaire.

On se regarde, mais on ne se voit pas
On s’entend, mais on ne s’écoute pas.

Et pour détecter un mauvais combat et se diriger vers le combat qui nous correspond, on doit se voir. On doit s’observer. Genre, pour de vrai.

Ca demande de l’introspection. De l’honnêteté envers soi-même. Et une putain de double dose de remise en question.

On peut passer toute sa vie à se mentir à soi-même. On peut passer toute sa vie à faire quelque chose par défaut, à rester avec quelqu’un qui ne nous correspond pas, à se bourrer la gueule le samedi et à balancer des selfies de la soirée le dimanche en notant la qualité de la beuverie sur le nombre de likes qu’on reçoit.

Ou on peut décider d’apprendre à se connaître vraiment, et trouver le bon combat pour soi.

Trouver le bon combat

Ca peut prendre du temps. Parfois tout semble évident. Parfois on se dit qu’on est incapable de se comprendre soi-même.

Ce qui compte pour commencer, c’est l’état d’esprit.

Accepter qu’on fait peut-être fausse route est déjà un bon point de départ. Et remettre un choix en question, quand bien même il est bon, ne peut être que positif. Notamment pour savoir s’il est — toujours — bon.

On est pas forcément censé faire la même chose toute sa vie. Ni savoir ce qu’on veut vraiment faire instinctivement.

On est éduqué pour faire ce qu’on est capable de faire, au lieu d’être stimulés pour aller vers ce qu’on veut faire.

Du coup, ça prend parfois du temps de vraiment se rendre compte de ce qui nous plaît.

Un exercice que j’aime bien consiste à se demander ce qu’on ferai de nos journées si l’argent n’avait absolument aucune valeur, puis à l’écrire. L’idée est de se sentir libre d’écrire vraiment tout ce qu’on veut. Tout ce qu’on aimerait vraiment faire.

La première fois que j’ai fait cet exercice, je n’ai rien été capable d’écrire sur la feuille, tant était ancrée profondément la notion de “oui mais bon, faut bien faire quelque chose qui permette de gagner sa vie”.

Ca prend 15 minutes maximum.

C’est ce genre d’exercice qui m’a permis de me rendre compte de ce qui me plaisait vraiment il y a quelques années, et je continue à le faire et à le refaire de temps en temps pour me rendre compte si je suis toujours sur une voie qui me correspond, ou si je suis en train de mener un mauvais combat.

Comment est-ce que vous savez que vous menez un combat qui vous correspond ? Qu’est-ce que vous ressentez quand vous vous rendez compte que vous avec trouver votre propre voie ?

N’hésitez pas à échanger sur la question dans les commentaires :)


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Je suis actuellement en Caroline du Nord, en train de voyager autour du Monde à vélo, après avoir commencé en France il y a bientôt 1 an.

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