Le mythe du CDI

“Tu fais comme dans l’infanterie et tu te tires ailleurs!”

Il suffit de partir vivre à l’étranger quelque temps pour se rendre compte de l‘obsession qu‘ont les français pour le CDI. Et pour cause! Dans l’imaginaire collectif, le CDI est associé à “emploi à vie”, “sécurité financière” et “possibilité d’obtenir un prêt”. Mais cette idée selon laquelle un contrat de travail aurait une durée éternelle est devenue absurde! Surtout dans la société contemporaine où ma génération — la génération Y et certainement les suivantes— changera certainement de travail tous les dix ans.

Champagne! J’ai signé mon CDI!

Je ne comprends pas qu’on puisse dire ça. En France, ce genre de phrase sous-entends souvent: “Je ne peux pas être viré, je suis enfin tranquille.” Que m’inspire ce genre de réflexion? Peut-être suis-je le seul à penser de cette façon mais pour moi, un travail, c’est déjà l’épanouissement, un cadre, une motivation et si on pousse un peu plus la recherche d’un objectif à atteindre. Mais ce n’est pas exclusivement l’idée d’avoir de l’argent.

Et c’est là qu’intervient le problème.

Car, en réalité, si avoir un CDI dans les années 70 (si ça existait) garantissait la sécurité, aujourd’hui, nous savons que ce n’est absolument plus le cas. Pourquoi? Pour de nombreuses raisons mais surtout parce que CDI ne signifie pas salaire convenable.
Prenez Macdo, une entreprise qui recrute exclusivement en CDI. Quel est le salaire moyen d’un employé? 1153 euros pour un 35h et il faut savoir que les heures supplémentaires ne sont pas payées, elles sont retirées sur la semaine suivante. Un CDI avec 1153 euros par mois, on peut à peine vivre dans une grande ville.

Je conclue sur cette idée.

Le CDI est devenu un contrat aux conditions ridicules qui n’a plus de sens de nos jours et qui, en réalité, ne garantie pas grand chose et certainement pas de vivre décemment. C’est une illusion à laquelle, nous, français, nous nous accrochons pour ne pas faire face à l’inévitable changement de société — qui a déjà eu lieu — véhiculé et alimenté par la mondialisation.

Ce qui reste constant, c’est qu’en France, on travaille plus pour gagner de moins en moins.

Guillaume Duhan