Les 3 raisons pour lesquelles je conseillerais à n’importe qui d’apprendre à coder.

Si certains ambitionnent enfant de devenir médecin, pompier, avocat, moi c’est adulte que je me rêvais en Aaron Swartz ou en membre du collectif secret Telecomix. Des heures passées à parcourir toutes sortes d’articles, de livres, de vidéos sur ces énigmatiques codeurs, développeurs, hackeurs. Je fantasmais tout un monde abscons au bout de leurs dix doigts. La programmation informatique comme super pouvoir d’une dimension totalement ésotérique. Pas un instant, je n’imaginais qu’il m’était possible d’intégrer cet univers, qu’apprendre à coder n’était pas réservé aux seuls petits surdoués pré-pubères.

L’envie d’apprendre plus forte que la peur de l’échec, je décidais il y a un an de mettre ma vie pro entre parenthèse pour suivre un bootcamp de coding intensif, deux mois, dix heures par jour. Apprendre plusieurs langages informatiques, construire un programme et sortir du stage avec un site entièrement codé de mes mains.

Des objectifs bien ambitieux au regard de mon profil, aux antipodes du bon petit geek. J’étais sceptique mais je me suis inscrite sans hésiter alors que je cumulais les “tares”. Déjà je suis une fille ;-), de plus ma trentaine était déjà bien entamée mais surtout j’étais journaliste. Un parcours plutôt sciences humaines et politiques que sciences dures.

Bref, j’avais en tête beaucoup de stéréotypes sur le code. J’avais tout faux. J’en ai sué, j’en ai cauchemardé, j’en ai été obsédée mais j’en ai plus appris en neuf semaines qu’en vingt ans à l’école. Voilà ce que m’ont enseigné ces deux mois… et pas que sur le code.

1. Apprendre à coder n’est pas simplement apprendre à coder, c’est apprendre à apprendre.

J’attendais que l’on m’apporte la connaissance et les techniques sur un plateau comme on nous l’apprend à l’école. Je faisais fausse route. Apprendre à coder c’est apprendre à chercher les bonnes infos, méthodes, techniques tout seul grâce à ton ami Google. D’une, car l’informatique change tous les jours et qu’il faut être en mesure d’actualiser seul ses connaissances, de deux car le champ d’étude est si grand, qu’il ne sera jamais possible d’en couvrir suffisamment en cours. Autant t’y faire dès le départ. Coder c’est apprendre à apprendre. Si les premières semaines c’est extrêmement déstabilisant comme méthodologie, très vite on se demande pourquoi ce n’est pas cette pédagogie qui est appliquée à l’école. Cela ferait de nous des élèves beaucoup plus actifs, investis, curieux, cultivés.

2. Etudier une langue qu’elle soit informatique ou étrangère, c’est formater son cerveau à un nouveau mindset.

Les deux premières semaines les énoncés des exercices du Bootcamp étaient du type “Implémente un programme qui te permette de compter les calories à partir des menus McDonalds” ou encore “Ecris en méthodes informatiques les énoncés du Black Jack”. Outre le fait de ne pas comprendre les exercices, je ne saisissais pas comment pouvait-on traduire une phrase littérale en langage informatique. Comment un “compte les calories du menu” ou un “tirage de la banque” pouvait-il bien se transformer en une sorte de :

def end_game_message(player_score, bank_score) / if player_score > 21 /“You are over 21… you lose.” / elsif player_score == 21 / “Black Jack!” / elsif player_score > bank_score/ “You beat the bank! You win.” /end/end

Inutile de chercher à retranscrire littéralement ou phrase par phrase, apprendre une langue c’est apprendre une nouvelle manière de réfléchir, de voir les choses, de conceptualiser son environnement. C’est adopter un nouveau point de vue sur le monde. Et c’est bouleversant.

3. Quel que soit ton parcours, ta profession, le code peut t’être utile.

J’ai partagé ces deux mois avec d’anciens assureurs, avocats, communicants, commerciaux, financiers, marketeux, hôteliers, journalistes… Tous ont suivi le bootcamp pour décliner leur profession sur le web, disrupter leur sphère professionnelle ou tout simplement automatiser des process de travail. Le croisement entre la connaissance d’un secteur particulier et celle du code est une réelle plus-value professionnelle. Mais si cette qualité est aujourd’hui une option, nul doute qu’elle deviendra vite pour bon nombre de professions, une compétence exigée, obligatoire. Autant prendre les devants.

Evidemment, outre ces trois enseignements qui ont littéralement changé ma vision sur beaucoup de choses, je retiendrai également tout un tas d’autres découvertes et plaisirs apportés par l’apprentissage du code. Parmi lesquels :

  • celui de fabriquer quelque chose de ses mains
  • la liberté de pouvoir concrétiser ses idées en programme (tout du moins en prototype)
  • découvrir une communauté de passionnés qui rendent le code de plus en plus accessibles grâce à des tuto, des mooc, prêts à répondre à tes questions…
  • les indescriptibles joie, fierté et adrénaline qui te boostent lorsque tout un pan de ton code fonctionne. Inégalable, tu te sens dieu le père.

Je ne sais pas encore précisément comment j’optimiserai toutes ces nouvelles connaissances. Mais je sais toutefois qu’il y a désormais un avant et un après Bootcamp, que rien ne sera plus jamais tout à fait pareil :-)

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