Les 5 dysfonctionnements du politique
à ne pas reproduire en entreprise
Le gouvernement français est un formidable laboratoire anti-management qui ne doit inspirer que ceux qui veulent tout mettre en œuvre pour couler la boutique.
Faut-il s’attendre à la réussite d’un prochain gouvernement? Ou bien sommes-nous les contemporains de la chute de la République Française? Les politiques actuels sont-ils ceux qui redresseront le pays?
Je dresse un diagnostic tranché. On me dira ce qu’il a de faux. Mais je suis positif et j’espère bien une prise de conscience et une réaction positive à l’avenir.
1. Pas de projet commun
Les politiques sont des bêtes de foires, hyper disciplinées lorsqu’il s’agit de gagner les élections, mais qui reprennent très vites leur liberté de pensée quand il s’agit d’agir, à tel point que certains refusent de participer au gouvernement qu’ils ont contribué à faire élire.
Dans une organisation saine, il doit y avoir une place au débat lors de la construction de la stratégie. Ce débat permet d’une part de prendre en compte des informations de différents horizons (tenir compte de la complexité du monde), d’autre part de permettre d’entendre une pluralité de point de vue et d’avoir l’occasion d’y répondre, et enfin de faire un véritable choix dans la pluralité des options. Une fois que la décision est prise, elle s’impose à tous et les débats doivent cesser. Même pour ceux qui avaient d’autres options.
2. Tout est prioritaire
En politique, on fait plaisir à tous. Il n’y a pas de priorité entre l’image de la France dans le monde, l’intégration et la cohésion sociale, les retraites, l’emploi, l’éducation, la santé, la sécurité, les droits de l’homme, l’autosuffisance alimentaire ou énergétique, les départements, les régions, les communes, les intercommunalités. De fait, il faut du budget pour tout le monde. Et on s’étonne quand ça dérape?
En entreprise, la stratégie est de dire ce qu’on choisit de ne pas faire. A ce stade, peu importe que le choix soit le meilleur: le tout est qu’il y en ait un et que toute l’énergie soit mise à exécuter cette stratégie.
3. Pas de cohésion d’équipe
Ceux qui entrent au gouvernement s’en servent comme une tribune pour faire entendre leur voix. Après tout ils se font inviter par la presse, alors autant en profiter. Et la presse fait ses choux gras des dissonances au sein du gouvernement ou au sein des partis.
Ce qui permet à une organisation quelle qu’elle soit (un hôpital, les Restos du Cœur, une entreprise) d’être efficace c’est le travail commun de ses équipes. Les organisations sont avant tout des espaces où on construit ensemble des choses extraordinaires. L’organisation est un lieu fabuleux d’aventure humaine. Evidemment, ce n’est pas comme cela qu’on est invité au 20h.
4. Absence de totale de responsabilité
Que l’on soit un gouvernement ou un parti, persévérer dans l’erreur est autorisé. Les dirigeants de l’UMP ne sont pas capables de gérer un budget de 30 millions d’euros mais ils sont persuadés qu’ils sauront gérer le budget de la France. On fait carrière en politique, quel que soit les résultats. C’est tellement vrai qu’on soupçonne les magistrats de partialité quand ils mettent en cause un politique.
De ce côté-là, il faut s’inquiéter des primes et parachutes dorés versées à certains dirigeants de grandes entreprises virés pour mauvais résultats. Les PME ont rarement ce type de problème.
5. Aucun souci des résultats
Le politique fait des lois, y compris l’exécutif (on me dira qui exécute pendant ce temps). Mais il ne mesure pas leur efficacité, sauf pour ce qui concerne la sécurité. Il y a débat sur les chiffres, mais au moins il y a des chiffres. Dans la prochaine constitution, il faudrait interdire les lois qui n’auront pas d’objectif chiffré et supprimer les lois qui ne donneront pas les objectifs escomptés. Puisque je suis en plein rêve, je demande à ce que l’on chiffre le coût de l’exécution des lois. J’ai dit.
De son côté, l’entreprise fait essentiellement des mesures financières, pour lesquels on dispose d’unités quasi-universelles. En revanche, il n’y a pas d’indicateurs sociaux ni environnementaux standards: seuls ceux qui sont pour le nucléaire mettent en avant l’emprunte carbone. Et avant d’être économique, la crise est aussi écologique et sociale.