Mes enfants seront métis, quelles questions devrais-je me poser ?

Le visage du monde prend une nouvelle, teinte, de nouveaux mélanges se font et notre planète bleue devient une peinture magnifique. Des métis, on en voit à l’écran, dans la mode, dans les publicités. Le métis est vu comme une personne séduisante et présentable, cependant, il faut voir au-delà de ça, ce sont des individus qui doivent faire face et faire la synthèse entre deux cultures en plus de trouver leurs places dans cette société. Par respect, je ne considérerai pas ces personnes comme de simples canons de beauté car c’est trop réducteur ; par respect, je les traiterai comme des individus ; par respect, j’écris cet article pour les représenter et non exploiter leur image.
Il y a quelque chose de magique dans le métissage, de l’ordre de la potion : deux individus différents s’unissent et le résultat est surprenant. Celui qui m’a le plus marquée jusqu’ alors c’est de voir une femme d’origine africaine et chinoise, une vision qui ravit l’âme.
L’éducation.
L’étape cruciale dans la vie d’une personne métissée est l’éducation comme pour tout un chacun me direz-vous, mais dans ce cas, les parents devront apporter un soin particulier à la transmission de leurs deux cultures, sinon l’enfant tout naturellement s’en chargera lui-même : au moment de l’adolescence, période de la construction de l’identité, il cherchera obstinément à mettre des réponses sur des interrogations, à vouloir savoir d’où il vient, simplement.

Cette transmission peut se véhiculer par la nourriture, par la langue, par des valeurs, etc.
Pour ma part, je n’hésiterai pas à faire écouter à mes enfants les musiques africaines qui ont rythmé mon enfance, à leur cuisiner des plats que ma mère m’a appris à concocter, à leur inculquer les valeurs et l’éducation de mon pays, je les porterai au dos comme on le fait dans mon pays quand ils sont petits. L’Afrique chantera sur leurs papilles, dans leur cœur et dans leur esprit. Je n’hésiterai pas non plus à leur faire connaître la culture française avec leur père : la France, son Histoire et ses combats, ses auteurs fabuleux et engagés, ses paysages enchanteurs n’auront plus de secrets pour eux.
Nous ferons tout ça pour assurer à nos enfants qu’ils aient tous les outils pour développer leur identité, qu’ils se nourrissent de leurs deux cultures, pour leur faire prendre conscience que c’est une richesse incroyable qui fera d’eux des êtres ouverts d’esprit.
Eviter les clichés et les écueils.
Des mères fières de la beauté de leurs enfants n’hésites pas très tôt à poster des photos d’eux sous toutes les coutures, sur les réseaux sociaux : ce geste égocentrique vise juste à dire « regardez c’est moi qui l’ai fait ». Chers parents, un enfant ne vous appartient pas, alors n’exploitez pas son image.
Laissez-le trouver sa propre beauté, son propre style. Ne transposez pas vos envies sur lui : nul besoin de le maquiller, de l’habiller comme un adulte, de le comparer à vous, accordez -lui le droit de vivre son enfance.
Pour finir, votre enfant ne sera pas exceptionnel parce qu’il est métis et que c’est beau ; il le sera car il sera riche de deux cultures, parce qu’il sera le symbole de l’amour triomphant sur les différences.
Nous pouvons tous devenir métis.
Vous l’aurez compris, être métis n’est pas seulement une histoire de couleur de peau, c’est un état d’esprit : une capacité à s’ouvrir sur d’autres manières de vivre qui amoncelées, font le cocktail de notre personnalité. J’ai développé une fascination pour la culture française alors que j’étais adolescente, ensuite je suis retournée à ma culture ivoirienne, pour après découvrir les cultures asiatiques, hindous, arabes constatant que bien que différentes, des points communs les lient. Au cours de ce parcours initiatique, j’ai pu me nourrir des pays du mondes et je ne suis pas encore à la moitié de mon périple. Découvrir d’autres mondes est un voyage d’une vie, parfois il est inutile de s’y rendre, le seul véhicule indispensable est l’ouverture d’esprit.
