Montage en épingle

Image : http://www.canalplus.fr

Ce billet est un cri d’agacement. Je vais m’atteler à ce que je fais de mieux : parler de mon humeur.

Lundi soir, en toute première partie du talkshow Le Grand Journal, JoeyStarr était invité. J’ai raté le début et Maïtena Biraben a vaguement évoqué, en toute fin, un prochain album, je crois, à venir. Était-ce la raison de sa venue sur le plateau ?
Quoi qu’il en soit JoeyStarr était dans la place. On lui a posé quelques questions sur son arrivé dans le jury de la Nouvelle Star ou un passage chez Drucker (??), évoqué les débuts et NTM, maitre Gims, et de fil en aiguille le traitement de l’information dans les media.

De ce passage éclaire de moins de 10 minutes j’ai retenu trois points :

“L’humeur ça s’explique pas toujours… et tu comptes les points après” #JoeyStarr— Elise Richard ☆ (@MissERichard) 19 Octobre 2015

Ça c’était pour expliquer sa tendance au parlé vrai, toujours assumé, même si parfois sous le coup de l’humeur. J’ai bien aimé l’idée qu’on compte les points après coup.

“Le traitement (de l’information), c’est toujours très gênant, le choix, tout…” #JoetStarr — Elise Richard ☆ (@MissERichard) 19 Octobre 2015

Ça c’était moi qui ne sait pas faire des hashtags corrects dans le feu de l’action (salut Joet), et surtout un extrait en moins de 140 caractères d’une parole qui me semblait bien juste sur la nécessité de prendre du recul avec le prisme des media dans notre accès à l’info.

“Nous a chaque fois qu’on jouait, ça sentait la MJC derrière” #JoeyStarr— Elise Richard ☆ (@MissERichard) 19 Octobre 2015

Et ça, enfin, c’était JoeyStarr essayant de mettre du contexte à une comparaison de Maïtena Biraben : Maitre Gims aussi il a dû se battre pour en arriver là où il est et être écouté comme il l’est aujourd’hui.

Avant de s’attarder sur les nouveaux rois du RAP (sans trahir de secret, c’était mieux, avant), revenons au traitement de l’information.
On ne peut pas en vouloir aux questions, c’est JoeyStarr qui s’est lancé sur le sujet. Dans le fond de son intervention, finalement, je n’ai pas entendu grand chose de différent à ce que j’ai lu hier dans la newsletter du pureplayer en construction Les Jours (créé par des ex de Libération). Chaque semaine ces journalistes reconnus font le point sur l’avancement de leur nouveau projet. Et cette semaine, ils ne brossaient ni plus ni moins qu’un tableau de l’information que nous pouvons recevoir au quotidien. “L’actualité est surtout devenue ce flot continu et non-hiérarchisé d’informations et de non-informations propulsé au Kärcher par les chaînes d’info en continu et les réseaux sociaux. Une bouillie indigeste qui semble devoir s’écraser implacablement sur les pages papier et web des médias, laissant mécaniquement moins de place à toute autre information qui ne serait pas sortie de ce tuyau d’arrosage automatique.”

Les Jours et JoeyStarr disent à peu près la même chose. Je ne suis pas certaine en revanche que la prestigieuse équipe éditoriale du site se voit mise en avant dans un post du site media “OZAP” avec un titre comme celui-ci : “JoeyStarr fustige les chaînes d’informations”. La combinaison magique JoeyStarr + Fustiger = clic. Quelque part, c’est mathématiques. C’est là qu’on l’attend. Sauf que sa réflexion est finalement intéressante et que sans chercher la petite bête, ça pourrait servir un débat !
Encore faudrait-il vouloir le mener. Le titre est là pour faire du clic, le fond, on verra plus tard.

Revenons-en à Monsieur Gims. C’est Maïtena Biraben qui l’a relancé sur la polémique quand, il y a quelques mois le chanteur / acteur / producteur / etc. avait posté sur son compte Instragram une photo qui (et il l’a rappelé lundi soir) n’était pas de lui. Une histoire d’unité de mesure de la musique de “merde”… Bref. Quoi qu’il en soit le buzz est parti au quart de tour fin août sur le sujet, repris dans plusieurs media évidemment. Lundi, ça n’a pas manqué, la question est revenue. Et JoeyStarr d’assumer ce qu’il classait lui même lors du post initiale comme “#HUMOURDEMERD MAIS J AIME ÇA!!! #MECHANTMAISBON!!!!!” en expliquant par ailleurs que “quand on fait de la musique de merde il faut accepter d’avoir un peu d’humour”. Il a alors évoqué les fans (du maître) qui lui avaient répondu sur Instagram : “tu sens que leur éducation musicale commence par ça mais si tu prétends aimer la musique, tu cherches, t’es curieux un peu. […] Musicalement il y a un attrait, après quand t’es chef de file t’essaye de faire évoluer les choses […] Aujourd’hui les mecs ont le costume, la posture. Mais ils ont plus la posture que le reste. Et c’est ce qui me dérange.

Bon.
Bon bon bon.

JoeyStrarr n’aime pas maitre Gims, jusque là rien de nouveau. Mais il y a surtout derrière ce point une argumentation qui vaut ce qu’elle vaut sur les artistes, la curiosité de ceux qui écoutent, l’importance de ceux qui proposent. Un débat qui ne me semble pas trop con. Là non plus. Mais depuis hier matin que ce soit dans le grand direct des media de JMM sur Europe 1 ou plus généralement, il suffit de tapoter “JoeyStarr” sur google pour voir apparaitre ça : JoeyStarr attaque / tacle (encore) vivement / violemment Maître Gims “ça plait aux prépubères” : Clash
J’aurais peut-être dû mettre ça en titre de post, ça m’aurait surement générer plus d’audience.

Une nouvelle fois, on élude le fond pour faire du clic en appliquant les mots qui sonnent. On se concentre sur l’anecdotique pour éviter le débat.
On disait quoi déjà, sur le traitement de l’information ?
Allez, circulez, y a rien à voir. Sauf que dans ce cas là, c’est bien dommage.

ER


Originally published at www.therevolutionwillnotbetelevised.fr on October 21, 2015.