Obama, soft power musical

Le président des États Unis va t-il continuer sa carrière dans l’univers de la musique ?

On peut le croire, tellement le président Obama, de manière souple et régulière, affirme son affection pour les artistes et leurs musiques. Un goût dont il use à la perfection dans sa communication politique, mais qui paraît étonnant et unique si on se réfère aux autres présidents en exercise actuellement.

Pour réaliser ce tour de force, il a commencé par bien définir son sujet, son territoire musical d’expertise. Obama s’aventure que très rarement dans un univers qui ne soit pas lié à la musique noire américaine : classique, funk, soul ou hip hop. Bien calé dans ses références, il absorbe les idées que ce répertoire intégre et les ajoute à sa vision politique. La playlist va se charger de diffuser le message auprès d’un public royalement dégoûté par cet univers.

Une présidence écrite en musique

Dès son investiture, on a vu Beyoncé chanter, les larmes du président ont coulé lors de l’intervention d’Aretha Franklin à la cérémonie des 38ème Kennedy Center Honors.

Et on l’a vu pousser la chansonnette sur le mythique “let’s stay together !” d’Al Green et au cours de ses discours « Slow jammé » chez Jimmy Fallon accompagné par les Roots.

Obama est une star et semble être à l’aise dans cette posture ; un talent unique pour un homme politique, un talent qu’il diffuse chaque année au cœur de l’été.

Grâce à 2 playlists (Day / Night), la maison blanche nous propose la vision musicale de l’été signée par le président.

Pas ridicule et plutôt cohérente, on enchaîne les titres de manière logique et dans l’univers musical propre au président. Du vieux mais classe, du jeune pointu et ce qu’il faut de future star.

Des playlists qui deviennent évidement dans les mains du président des États-Unis des outils de communication. La presse en parle (et en bien) et le compte Spotify « White House » affiche plus de 54 000 abonnés.

En France un tel outil pourrait-il être utilisé par le président Hollande ?

Si on se réfère à l’univers musical que peut dégager la présidence de la république française, il y a encore du travail avant que ça puisse paraître naturel.

20 minutes c’est amusé à créer la playlist du président Hollande.

Les présidents français sont assez loin de dégager la coolitude nécéssaire, la culture musicale ou même la connaissance du show-business pour être légitime dans l’exercice. Si on s’en tient aux prises de positions des 3 derniers présidents en matière de musique, on préfère qu’ils oublient jusqu’a l’existence de ce média afin de ne pas être ridicules aux yeux du monde.

Pour Obama, le média est moderne, en pleine croissance ; ça devient donc naturellement un moyen d’expression pour promouvoir son storytelling, le business et la culture U.S.

On ne peut pas dire que le compte Spotify de la maison blanche soit pour le moment un média fort, mais c’est une brique de plus dans le mur du soft power américain.