S’émouvoir d’un rien…

Peut-on parler de “jeu” pour qualifier Journey, disponible sur PS3 et PS4 ?


Beaucoup vous diront que non. Certains y trouveront une expérience, d’autres un passe-temps spirituel, quand ce n’est pas une analogie à l’histoire de la vie, ce cycle éternel…

Ainsi, par facilité, on pourra surtout dire que Journey est ce que vous voulez qu’il soit, pour autant que vous ayez l’esprit ouvert.

Pour moi, il sera à jamais associé à cette anecdote.

Celle qui raconte qu’un soir de juillet 2015, quand, dans les derniers mètres qui me séparaient de la “fin” de l’aventure, je rechercherais une autre âme avec qui parcourir cette ultime distance.

Sur le dos de cette créature céleste, je m’émerveillais une fois de plus de la beauté des lieux enneigés, tout en me disant que c’était quand même fou de trouver de la poésie dans des formes, des couleurs, des pixels accompagnés par une jolie musique triomphante.

J’avais déjà vécu ce moment, trois ans auparavant, seul, en pleine nuit. C’était donc un déjà-vu, un déjà-vécu, une madeleine de Proust qui ne disait pas son nom.

Et à un moment, en plein vol, je me suis arrêté.
J’attendais que Journey m’invite dans le périple d’une autre personne.
Ou l’inverse, que quelqu’un vienne me rejoindre.

J’ai vu son écharpe juste à côté de moi.
Puis elle a disparu pour réapparaître au loin, une seconde après.
C’était sûrement un bug d’affichage, un problème de réseau, mais pour moi, c’était surtout la peur d’avoir déjà perdu un compagnon de route, aussi brève soit-elle.

Alors, je me mets à poursuivre cet(te) inconnu(e).


On se pose tous les deux sur un flanc de la montagne.
On se met à marcher, à se positionner l’un par rapport à l’autre, puis l’un à côté de l’autre.
Et on essaye de communiquer.

On marche ensemble, doucement, vers la fin de l’aventure.

Voilà.
Là, à ce moment précis, je me dis qu’il n’est pas si ridicule de s’émerveiller d’un rien.
Même à 35 ans.
Même en plein milieu de la nuit.
Même avec un(e) inconn(e) qu’on vient de croiser il y a dix secondes à peine.

On marche, ensemble.
Puis le chemin se resserre, faisant de nos deux avatars une seule âme.

Et tout devient blanc.


Pendant quelques secondes, j’ai “peut-être” cru naïvement que tout n’était pas moche dans ce petit monde.

Ça s’est résumé à ça.
Une pause, une respiration, un espace de quelques secondes pendant lequel je me suis dit “C’était… Je ne sais pas ce que c’était en fait…”.

Je n’ai pas souri, mais c’était tout comme.


Puis il y a eu ce générique de fin.
Et les noms des personnes que j’avais croisées pendant mon périple.

Arbitrary_James, Ottebrand, Mullog69, Otatop96, GoGi2555, JackieEstacado25, Tofla…

Et il semblerait que quelque part donc, un(e) certain(e) Mucho-Oso ait vécu ce moment avec moi…
Alors, qui que tu sois, quelque soit ton âge, ta vie et ce que tu as pu ressentir de ton côté : merci.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.