Se déconnecter pour mieux se reconnecter

Vivons dans le moment. S’il vous plaît.


Okay Google, qu’est-ce que je pourrais raconter de beau sur Medium à présent ?

Pourquoi pas partager mon expérience d’utilisateur hyper connecté ? Oui, on me propulse souvent au rang de “geek du groupe” parce que je travaille dans le “domaine de l’informatique” et que j’en connais un rayon.

Cela dit attention, le magasin est grand. Des rayons il y en a beaucoup et même des assez communs. C’est peut-être ça le truc qui cloche. Le geek aujourd’hui n’est plus aussi marginal qu’il ne l’était il y a quelques années car le numérique s’invite partout. Au travail, chez vous, à la télévision, au restaurant, dans votre poche, sur votre bureau, sur votre table à manger, sur votre table basse, sur votre table de nuit, à votre poignet… oui partout.

Du coup, n’importe qui est un geek maintenant. Tout le monde est connecté, tout le temps. Non ?

  • Ne dit-on pas qu’on a geeké quand on a passé sa soirée seul avec son PC à stalker sur Facebook ?
  • Ne dit-on pas d’un gamin qui sait très bien se servir d’un iPad à 4 ans qu’il est un futur geek ?
  • Ne dit-on pas d’une personne qui vient d’acheter le dernier modèle d’iPhone pour se faire plaisir que c’est un geek ?

Je m’écarte un peu du sujet pour en venir au fait qu’il nous est de plus en plus difficile de ne pas être connecté. Nous, nos parents, nos enfants. Ce n’est pas une question de génération mais d’époque, de style de vie et de mode de consommation.


Être connecté, au bon endroit, au bon moment

Maintenant que j’ai votre attention, parlons de choses qui fâchent :

  • Le FOMO :
La peur de manquer quelque chose (FOMO, acronyme de l’anglais fear of missing out) est une sorte d’anxiété sociale caractérisée par la peur constante de manquer une nouvelle importante ou un autre événement quelconque donnant une occasion d’interagir socialement. — Merci Wikipedia
  • Le phubbing :
Le phubbing, mot-valise anglais formé à partir de phone (« téléphone ») et de snubbing (« snober, repousser ») et qui peut se traduire par « télésnober », est l’acte d’ignorer des personnes physiquement présentes en consultant son téléphone plutôt que de communiquer avec elles. Celui qui se comporte de la sorte est appelé un phubber. — Merci Wikipedia encore

Je crois qu’à eux-seuls ces deux termes expriment ce qui m’agace le plus chez mes contemporains accros à leur smartphone et aux réseaux sociaux.

Franchement, qui n’a jamais été agacé pendant une discussion lorsque l’interlocuteur sort son téléphone parce qu’il a une notification puis se perd dans les limbes de son appareil en mode multitâche : l’index swipant Facebook, l’oreille attentive à la discussion, les yeux rivés sur l’écran, et vous répondant quand même à demi-mesure à l’aide de “hm”, de “ok”, de brefs “oui” & “non” ? Je ne blâme personne, ou tout le monde — parfois je fais encore parti des gens qui font ça. Mais maintenant que je m’en suis rendu compte, j’essaie de faire attention. ☺

Première anecdote

Quand je discute avec quelqu’un et que ma montre connectée m’envoie une notification, parfois la personne me prévient. “C’est pas grave tu sais. Je l’ai senti vibrer. Je regarderais ça au bon moment. On peut continuer de parler.” Syndrome de FOMO envers autrui ? Si je m’amuse à regarder ma montre à chaque notification, on est pas couché.

Pour en revenir au FOMO, Je vous invite à lire l’article de Malo :

On pourrait associer ce comportement au fait de ne pas être sûr d’être au meilleur endroit, au meilleur moment, et de profiter un max (oui, j’ai schématisé un peu). Grande nouvelle : même avec la plus grande volonté du monde, il va vous être difficile de profiter du moment présent en étant fixé sur votre appareil.

Seconde anecdote

J’ai visité Barcelone avec ma compagne récemment et nous avons été impressionnés de voir des personnes passer sur des lieux touristiques, se prendre en selfie, ne pas regarder le lieu en question, ne pas écouter l’audio-guide qu’ils avaient, et partir vers le lieu suivant.

Ils ont loupé quelque chose, pas nous. Nous avons profité du moment en prenant quelques photos, en écoutant, en regardant, en admirant, en pensant (, en vivant).

Au final, c’est qui le geek ?

Les photos restent plus facilement que les souvenirs sauf s’il n’y a pas de bons moments à mettre derrière. Non ? Alors prenons aussi soin de profiter du moment présent au lieu de vivre à travers nos écrans.

Troisième anecdote

Hier matin, j’ai fait pareil. Je me suis posé à la boulangerie avec un café & un croissant et puis c’est tout. Et bien vous savez quoi… j’avais vraiment envie de sortir mon mobile. Oui, nous n’avons plus l’habitude de perdre notre temps, de laisser notre esprit voguer tout seul à travers toutes ces pensées présentes dans notre cerveau, de se concentrer totalement sur ce que l’on fait même si ce n’est pas la chose la plus palpitante au monde. Au final mon petit déjeuner était très bon et cette micro coupure était reposante.

Quatrième anecdote : 1 mois sans Facebook

Oui, j’ai essayé LA désintoxication. Comme Tom (son article) et Thomas Despin (son article), j’ai essayé. Je savais très bien que cela ne serait pas définitif : mon cercle familial est présent et actif sur ce réseau et j’aurais l’impression de louper quelque chose (FOMO quand tu nous tiens) si je n’y suis pas moi aussi. Ça a d’ailleurs un peu été le cas.

J’avais pris de mauvais réflexes :

Mon comportement était mécanique et non plus réfléchi. Comme quand on ne se souvient plus de quelque chose et qu’on le recherche tout de suite sur Google. Nous transformons nos réflexions en réflexes.

J’ai donc désinstallé l’application et me suis déloggé sur les navigateurs.

Cela n’a pas été très simple mais justement je me suis encore plus rendu compte que ces réflexes étaient bien là. J’ai trahi 2 fois mon serment en partageant des articles Medium. Psychologiquement, c’était pour la bonne cause. J’ai aussi squatté un peu plus Twitter à l’occasion — ce que je voulais faire depuis longtemps.

Résultat des courses, aujourd’hui je me suis reconnecté dessus et je l’utilise moins. L’expérience est positive. Je suis moins multitâche, donc plus productif.

Si vous n’êtes pas prêt à abandonner ce réseau social (ou un autre) ne serait-ce qu’un mois, c’est peut-être justement le bon moment de le faire. Loin de moi l’idée aussi de vouloir que tout le monde supprime son compte Facebook. C’est une plate-forme extraordinaire.


Pour finir…

Internet, c’est magnifique. Les objets connectés sont géniaux. Ce sont des outils d’apprentissage, de communication et de création extraordinaire. Il faut juste savoir les utiliser aux bons moments pour profiter des moments (bons, mauvais, amusants, ennuyeux) justement.

Essayons de nous connecter plutôt que d’être connecté.

J’ai beau être celui qu’on qualifie de geek, en attendant je suis peut-être celui qui sait le mieux se séparer de la technologie lorsqu’elle n’est pas utile. C’est probablement aussi parce que c’est mon domaine que je sais m’en écarter et prendre un peu de recul.


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