Start-up,
ce Nouveau Monde…
« Tu es plus active en tant que chômeuse qu’en tant qu’employée ! » me fait remarquer Victor de NetRecrute, expert en recrutement dans le secteur du numérique, avec qui je partage mes péripéties.
Depuis une semaine, je ne bosse plus chez cette PME “ancienne génération”. Depuis une semaine, j’enchaine deux fois par jour des entretiens chez des start-up. « Qu’est-ce qu’une start-up si ce n’est une jeune entreprise ? » me demandait mon père. Voilà ce que ce marathon de recherche d’emploi m’aura appris ; une start-up, « jeune entreprise à fort potentiel de croissance et qui fait la plupart du temps l’objet de levée de fond », ne se réduit pas à sa définition Wikipédia. Elle apporte avant tout, un regard nouveau sur le monde du travail. Nous pourrions presque parler d’idéologie. « L’esprit start-up c’est la volonté de penser différemment », Pierre Kosciusko-Morizet, Fondateur de PriceMinister.com.
Pour comprendre ce phénomène montant, il faut s’intéresser à son précepteur : la nouvelle génération, dite Y, voire Z. Ces enfants du numérique, adeptes du « tout, tout de suite et maintenant », génération du zapping et de la surinformation, se lassant très vite.
Je me rappelle d’un cours de Serge Le Strat à ce sujet, professeur de communication à l’EFAP ; il y a quelques années de ça, la société émettait déjà une forte peur quant à l’apparition de ces jeunes dans le monde du travail. Comment ces « je m’en foutistes » allaient pouvoir s’y intégrer ? Cette génération tanguy reflétant le syndrome Peter Pan par la crainte de devenir adulte ; responsabilités, chômage, autorité… avec l’idée de l’adulte, rabat-joie rongé par les soucis*1.
Et si nous assistions à une mutation de ce monde du travail ? A une nouvelle organisation du travail, comme ce fut le cas avec le Taylorisme et le Fordisme par exemple ? Peut-être même qu’un jour, nous en parlerons dans le programme éco’ de terminale ! L’ancienne génération voyait le problème à l’envers en réfléchissant à comment intégrer ces jeunes ; eux, se le sont appropriés. Une horizontalité managériale contrairement à la verticalité présente dans les mœurs, de la transparence (il n’y a plus du tout deux camps distincts comme à l’époque avec le patronat et le salarié, grappillant de chaque côté à propos de ses avantages propres), le partage des connaissance, être multitâche, etc… Selon des chercheurs de l’Australian School of Business, il existe une forte corrélation entre le « leadership compassionnel » et la productivité des équipes. « Les start-up sont la nouvelle vague du renouvellement des entreprises » déclare Philippe Lemoine dans son rapport sur la transformation numérique de l’économie française.
La sociologue Wanessa Dali, directrice du planning stratégique chez Zenith Optimédia parle de génération C : parce que c’est la génération du Contrôle (impulsion pour aller toujours de l’avant), de la Communauté (ils ne sont pas égocentrés, même s’ils tiennent à leurs particularités individuelles), de la Curation («It ‘s not attention problem, it’s an 8-second filter », Jeremy Finch*2), du Care (prendre soin de soi et des autres), de la Confiance en soi, de la Consommation différente (experts en marketing, lui même a un effet moindre, fini la société de surconsommation !), plus de Clés, d’audace, ils vivent dans le présent et dans le Concret. En fait, ce sont là de nouvelles valeurs qui apparaissent.
Happy is the new rich ! « Hédonistes, ils savent que la vie est courte et se mettent en quête de bien-être » affirme Marie Le Marois*3. « J’écoute mes désirs, j’ose, je fonce…quitte à me tromper. Je préfère prendre des risques plutôt que d’être dans le regret. De toute façon je n’ai rien à perdre. On galère tous, même les utradiplômés ». Adèle, co-fondatrice du food truck La Petite Vadrouille. Cette génération, née dans la crise et les plaintes perpétuelles de leurs parents, qui se sont « saignés » pour eux, alors qu’ils ont surtout manqué de leur présence, ne veut surtout pas reproduire les mêmes erreurs et, a appris, plus loin qu’à s’adapter, à agir. D’où cette nouvelle économie durable, éco-responsable, et même « positive », qu’Attali explique. On ne travaille plus pour gagner de l’argent et nourrir sa famille, comme nos grands parents, ni pour la liberté et l’indépendance de la femme, comme nos parents, mais d’abord pour s’épanouir soi même et apporter sa contribution au monde de demain. « I’m a confused entrepreneur — the confusing bit is I don’t do it for the money », Will McInnes, founder of Social Business Consulting.
Le monde est en pleine mutation, de part et d’autre. Non seulement il se digitalise, mais naît de ces enfants du digital une toute autre façon de voir els choses : penser responsable, altruiste, et surtout, utile. « Je veux changer le monde » y a-t-il de marqué sur la description LinkedIn deDavid Robert, fondateur de BeNext.
Références :
Magazine Clef n° 94 / Avril-Mai 2015
Psychologies magazine, hors série Février-Mars 2015
« What Is Generation Z, And What Does It Want? », Fast Company, 4 Mai 2015
« L’esprit start-up, c’est la volonté de penser différemment. », tankpresse.eu
« Why happiness should be your business model ? », Laurence McCahill, medium.com 19 Juin 2013
« Introducing the Happy Startup Canvas », Laurence McCahill, medium.com 23 Juin 2013
« Start with values, not your idea », Laurence McCahill, medium.com 13 Dec. 2013